ARTICLE
Auteur(s) : Maurice
Vaissayre1, Germain O
Ochou2, Omer SA
Hema3, Mamoutou
Togola4
1Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (Cirad)-Cultures annuelles (CA),
Unité propre de recherche (UPR) « Systèmes cotonniers
paysans », Avenue Agropolis, TA 72/09, 34398 Montpellier cedex
5 France
2Centre national de recherche agronomique (CNRA), 01 BP
1740 Abidjan Côte d’Ivoire
3Institut national de l’environnement et de la recherche
agricole (Inera), Programme Coton, 01 BP 910, Bobo Dioulasso
Burkina Faso
4Institut d’économie rurale (IER), Programme Coton, BP
178 Sikasso Mali
En Afrique subsaharienne, le complexe des ravageurs du cotonnier
est particulièrement riche. Les Lépidoptères (chenilles de la
capsule et chenilles phyllophages), les Homoptères (pucerons,
jassides et aleurodes) et les Hétéroptères (mirides et punaises
vraies) exercent des nuisances considérables qui peuvent se
traduire par des pertes de récolte ou affecter la qualité de la
fibre produite. Pour faire face à ce complexe important et
diversifié, les insecticides, qui bénéficiaient dans les années
1950 à 1960 d’une image positive, ont été considérés alors comme
une arme à privilégier. La culture du cotonnier a bénéficié à ce
titre de subventions importantes pour permettre la réalisation
d’une protection chimique. La recherche a proposé un itinéraire
technique simple et uniforme, qui comprenait un nombre relativement
modeste d’applications (de quatre à sept selon les zones
parasitaires) réalisées sur calendrier pour pallier au manque de
technicité des milliers de petits agriculteurs concernés. La
simplicité et l’efficacité des recommandations techniques diffusées
par les services de vulgarisation ont permis une croissance
remarquable des surfaces, mais aussi de la productivité, au cours
de la période 1960-1990. Pendant cette période, à chaque remise en
cause de la lutte chimique (abandon du DDT, résistance des insectes
aux organochlorés), les solutions alternatives envisagées par la
recherche (lâchers inondatifs d’entomophages, applications d’agents
entomopathogènes) se sont révélées incapables de rivaliser sur le
plan économique avec la puissance d’innovation de l’industrie
agrochimique.Aujourd’hui, cette source d’innovation semble se
tarir. On observe une certaine désaffection de l’industrie
phytosanitaire pour l’introduction, sur un marché de taille réduite
et aux faibles marges, de molécules nouvelles à des coûts
supportables, alors que des résistances aux pesticides vulgarisés
depuis 25 à 30 ans apparaissent. Si la résistance aux
pyréthrinoïdes exprimée par la noctuelle Helicoverpa armigera
(Hübner) semble à ce jour maîtrisée grâce aux efforts conjoints de
la recherche et du développement réunis au sein du Projet régional
PRAO (prévention de la résistance en Afrique de l’Ouest) [1], elle
a pour conséquence un coût accru des pesticides et de nouveaux
équilibres de faune. C’est ainsi que la place laissée par la
Noctuelle est en passe d’être comblée par d’autres chenilles de la
capsule, telle Diparopsis watersi Rothshild ou Earias sp., tandis
que le puceron Aphis gossypii Glover ou l’aleurode Bemisia tabaci
Gennadius accèdent progressivement au rang de ravageurs principaux
du cotonnier.La situation de crise que vit épisodiquement la
filière coton du fait des tendances baissières des cours de la
fibre s’est traduite à partir des années 1990 par la volonté de
réduire les coûts de production. Cette réduction a porté sur les
crédits consacrés à la recherche et à la diffusion de l’innovation,
d’une part, et aux achats de pesticides par les sociétés
para-étatiques d’autre part, privilégiant ainsi les génériques,
mais aussi des formulations de qualité douteuse. Les effets pervers
de cette quête systématique d’une réduction du coût des intrants
ont été dénoncés de longue date [2] et leur manifestation la plus
évidente réside dans la stagnation des rendements observée depuis
une dizaine d’années. Des études récentes ont permis de
réactualiser les coûts des intrants utilisés en culture cotonnière
[3, 4]. Les chiffres obtenus pour trois pays (Burkina Faso,
Cameroun et Mali) situent les coûts de la protection phytosanitaire
à un peu moins de 20 % de la valeur de la fibre produite. La
récente publication par l’International Cotton Advisory Committee
(ICAC) des résultats d’une enquête sur les coûts de production
montre que la position de l’Afrique, souvent citée en exemple pour
ses faibles coûts de production à l’hectare, n’est en fait
aujourd’hui guère favorable en termes de coûts par kilo de fibre
produite (tableau 1).
Des innovations pour une gestion durable de la culture
cotonnière
( Tableau 1 )Pour assurer un revenu
décent et durable aux petits producteurs de coton en Afrique de
l’Ouest et du Centre, un certain nombre de pratiques doivent être
remises en question, et la dépendance de la culture cotonnière
vis-à-vis de la lutte chimique doit être absolument réduite. La
recherche, publique comme privée, propose aujourd’hui des
innovations dans les domaines des pratiques culturales, du choix
variétal ou de l’aide à la décision en matière d’interventions, qui
permettraient d’obtenir un tel résultat, et contribueraient ainsi à
la rentabilité et à la durabilité de la culture cotonnière. Le
frein essentiel à l’adoption de ces innovations demeure la question
de leur diffusion en milieu paysan.
Diversifier l’itinéraire technique
Avant tout recours aux pesticides, la gestion des populations de
ravageurs affectant la production cotonnière, tant en quantité
qu’en qualité, doit être raisonnée en fonction des pratiques
culturales (dates de semis, densité, lutte contre l’enherbement et
fertilisation), des choix variétaux et des cultures associées à
celle du cotonnier.
De nombreuses observations font état de l’importance du calage
du cycle du cotonnier par rapport à celui des différents éléments
du complexe des ravageurs [6]. On peut aujourd’hui prévoir quelle
sera la pression exercée par les ravageurs et estimer l’importance
des pertes liées à chaque période de semis. De même, agir sur la
densité permet, au-delà d’une plage de réponse assez plate, de
modifier la structure de la plante et la dynamique de sa mise à
fruit. Un contrôle précoce des mauvaises herbes est un élément clé
de la production. Une fertilisation équilibrée, parce qu’elle
autorise la plante à compenser les premières pertes de récolte,
d’une part, et qu’elle limite l’exubérance végétative, d’autre
part, contribue à réduire l’incidence du parasitisme. Mieux encore,
un écimage en fin de cycle, détruisant des organes fructifères
condamnés en termes de production, mais qui offrent des refuges aux
populations d’insectes les plus nuisibles, contribue non seulement
à détruire ces ravageurs, mais aussi à accélérer le cycle de
maturation [Renou, communication personnelle]. Dans les zones où
les insectes producteurs de miellat représentent une menace,
l’écimage est une alternative à l’usage de défoliants pour
combattre le collage [7, 8].
L’effet des cultures associées au cotonnier - qu’il s’agisse de
cultures adjacentes ou de cultures intercalaires - qui consiste à
attirer ou à détourner les ravageurs hors du champ de coton, est
connu dans un certain nombre d’écosystèmes [9], mais encore
largement ignoré en Afrique, sauf dans les régions à saison
pluvieuse bimodale de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Bénin où le
coton peut être précédé par un maïs [10]. Si le potentiel de
production du cotonnier s’en trouve a priori réduit, l’intérêt
pour le paysan est de disposer d’une production de vivres, de
réduire la pression de certains ravageurs de début de cycle, et de
disposer de résidus de culture pour assurer une couverture
naturelle du sol. En disposant côte à côte plusieurs espèces
cultivées, on peut utiliser leur attractivité relative vis-à-vis
des ravageurs : certaines espèces très dommageables au
cotonnier (H. armigera, Cryptoplebia leucotreta Meyrick) sont
en effet beaucoup mieux tolérées par le maïs ou le sorgho, et
peuvent détourner du cotonnier des populations importantes à
certaines phases du cycle de production.
Tableau 1 Coût net de production d’un kilo de fibre
[5]Table 1. Production costs for 1 kilo of fiber [5].
|
Zone de production
|
Coût $/ha
|
Coût $/kg
|
% Moyenne
|
|
États-Unis et Mexique
|
1 090
|
148
|
130
|
|
Amérique du Sud
|
995
|
1,09
|
95
|
|
Afrique (10 pays)
|
513
|
1,40
|
123
|
|
Asie
|
700
|
1,14
|
100
|
|
Australie
|
1 937
|
1,08
|
95
|
|
Moyennes
|
732
|
1,34
|
100
|
Élargir les choix variétaux
Depuis l’origine, la culture cotonnière est conduite en Afrique de
l’Ouest et du Centre avec des cultivars résistants à la bactériose
et à la mosaïque, et pourvus d’une pilosité suffisante pour
dispenser de toute intervention chimique contre les jassides [11].
Compte tenu de la montée en puissance des pucerons et des aleurodes
auxquels cette pilosité est plutôt favorable, et l’identification
récente d’une résistance aux jassides non liée à la pilosité (Renou
et Nibouche, communication personnelle), les programmes de création
variétale se doivent de reconsidérer leurs orientations dans ce
domaine. Pour ce qui est d’autres nuisances (Phyllodie, maladies
vasculaires, pucerons et mirides), la mise en place de programmes
de création de variétés résistantes reste d’actualité.
Les cotonniers génétiquement modifiés, exprimant des toxines aux
propriétés insecticides, constituent aujourd’hui une arme tout à
fait remarquable contre les chenilles de la capsule, comme en
témoigne leur succès spectaculaire chez les petits paysans de Chine
et d’Inde [12, 13], même si leur impact sur l’écosystème est encore
mal connu [14] et si leur rentabilité est souvent associée à une
technicité élevée (irrigation, fertilisation) ou à une réduction de
la dépendance vis-à-vis des pesticides [15]. Leur mise en culture
dans les conditions phytosanitaires et socio-économiques de
l’Afrique va bouleverser non seulement le faciès parasitaire du
cotonnier, mais aussi les données techniques de la culture. On peut
s’attendre en particulier à ce que les semences prennent aux yeux
des paysans une valeur qu’elles n’ont jamais eue, malgré les
progrès réalisés par la sélection, et à ce que la profonde
modification des équilibres de l’entomofaune nécessite une révision
complète des modalités de gestion des nuisibles.
Respecter l’action des auxiliaires
La mise en place des cultures perturbe les équilibres naturels. Les
différents éléments du complexe parasitaire du cotonnier trouvent
des conditions favorables à leur multiplication. De façon analogue,
un ensemble d’auxiliaires va entrer en action, et de nouveaux
équilibres vont s’établir au sein de l’agro-écosystème. Une gestion
raisonnée des ravageurs doit prendre en compte l’effet de ces
auxiliaires, et en particulier celui de la faune entomophage. La
plupart des ravageurs du cotonnier sont indigènes, ou adaptés
depuis de très longues périodes à leur environnement. Dans de
telles conditions, aucune introduction d’auxiliaires ne peut être
bénéfique. Les tentatives visant à renforcer l’action de
parasitoïdes oophages (Hyménoptères Trichogrammes) ou de prédateurs
(Névroptères Chrysopidés) indigènes par des lâchers inondatifs se
sont le plus souvent révélées infructueuses, les taux de
parasitisme obtenus étant peu différents du parasitisme naturel et
sans effet sur la production [16]. La tendance actuelle est donc
plutôt de respecter l’action de cette entomofaune, en retardant et
en réduisant les interventions chimiques qui déciment les insectes
utiles. On peut également la favoriser, en jouant sur les cultures
voisines ou associées au cotonnier dans lesquelles les entomophages
peuvent trouver proies ou nourriture.
De fait, la régulation naturelle des populations de nuisibles
est assurée pour l’essentiel par des agents entomopathogènes :
virus, bactéries et champignons. Leur utilisation peut se concevoir
sous forme d’applications de biopesticides, formulations
commerciales ou artisanales de Bacillus thuringiensis ou de
baculovirus qui ont fait preuve de leur efficacité pour contrôler
certaines populations de lépidoptères [17]. En revanche, les
tentatives de déclenchement d’épizooties chez A. gossypii ou
B. tabaci par pulvérisation de champignons entomopathogènes se
sont soldées par des échecs, la propagation du pathogène étant sous
la dépendance de facteurs abiotiques difficilement contrôlables,
même si densité et architecture de la plante (forme du feuillage)
peuvent apporter une contribution significative à la gestion du
microclimat au sein du peuplement végétal [18].
Raisonner la lutte chimique
Si l’association de cultivars tolérants aux ravageurs et de
pratiques culturales susceptibles de limiter l’incidence des
ravageurs permet d’envisager ici où là une culture cotonnière sans
pesticide, de telles situations restent exceptionnelles. Dans la
plupart des écosystèmes, l’action des auxiliaires est insuffisante
pour contenir tout au long de la saison de culture toutes les
populations de déprédateurs en deçà des seuils de nuisibilité. Le
recours à une lutte chimique raisonnée est alors seul en mesure
d’assurer aux paysans un niveau de revenus correct et régulier.
On sait depuis 20 ans qu’associée à une fertilisation
équilibrée, contrebalançant les exportations minérales à la
récolte, une protection phytosanitaire raisonnée permet au petit
paysannat d’obtenir des revenus convenables [19]. Même si
l’apparition de la résistance aux insecticides a quelque peu
brouillé les résultats des parcelles à trois niveaux de protection
(protection poussée, protection standard et absence de toute
intervention chimique), l’usage généralisé de génériques utilisés à
des doses minimales et à un rythme calendaire permet de penser
qu’il y a encore une marge de progression considérable pour
améliorer la rentabilité de la lutte chimique. Les initiatives
visant à remplacer les interventions sur calendrier par des
interventions sur seuil, fussent-elles partielles, en ont fait la
preuve [20, 21], mais leur adoption reste encore tout à fait
marginale. Depuis quelques années, des propositions plus globales
ont été formulées dans le sens d’une révision du schéma de gestion
des populations de ravageurs en vigueur pour tenir compte de
l’objectif de production de chaque cultivateur et de la pression
exercée par les ravageurs à chaque instant du cycle [22]. Il
s’avère aujourd’hui nécessaire de former l’ensemble des acteurs
concernés à l’identification des ravageurs et à la notion de seuil
d’intervention. En associant le choix d’une matière active efficace
et un meilleur positionnement des interventions, il est possible de
réduire les quantités de pesticides épandues (et par conséquent non
seulement les coûts de production, mais aussi les effets non
intentionnels de ces pesticides sur l’environnement) sans mettre en
péril la production, bien au contraire. En d’autres termes, une
adoption généralisée des seuils d’intervention pourrait augmenter
de façon significative les revenus des producteurs tout en
réduisant les risques pour la santé et les nuisances sur
l’environnement. Ces résultats seront d’autant plus facilement
obtenus que la méthode autorise l’accès à des matières actives
peut-être plus coûteuses, mais à coup sûr plus spécifiques des
cibles visées. En termes de recherche, trois lignes directrices
sont actuellement suivies :
- – à court terme : i) utiliser des modèles pour
mieux adapter les règles de décision proposées au comportement des
ravageurs [23, 24] ; et ii) simplifier les règles de décision
(modèle présence/absence) ;
- – à plus long terme, il faudra définir des seuils pour
des composants du complexe parasitaire qui n’ont pas encore été
pris en compte (d’un côté, les Mirides et les punaises vraies, et
de l’autre, les chenilles à régime endocarpique).
Une gestion durable des innovations
Compte tenu de l’importance de ces interventions sur seuil sur le
bilan financier de la production cotonnière paysanne, le suivi de
la sensibilité des espèces cibles et la mise en place de mesures de
prévention restent des activités indispensables pour anticiper
l’apparition de phénomènes de résistance qui remettraient en cause
l’efficacité des pesticides utilisés.
De la même façon, il est nécessaire d’accorder une importance
toute particulière à l’introduction des cotonniers génétiquement
modifiés pour la résistance aux insectes. Du fait de l’expression
continue de toxines dans la plante, ces cultivars présentent en
effet un risque majeur de susciter des résistances se développer
vis-à-vis des toxines de Bt. Dans ce domaine comme dans le
précédent, la modélisation constitue un outil de choix pour
construire des stratégies de gestion de l’innovation à moyen ou
long terme [25, 26].
La mise en œuvre de la gestion raisonnée des écosystèmes doit se
faire à l’échelle régionale, qui est celle où évoluent les
populations des principaux ravageurs de la culture cotonnière.
À l’instar de projets comme le PR-PRAO (Projet régional de
prévention de la résistance en Afrique de l’Ouest), les programmes
de protection intégrée du cotonnier doivent regrouper l’ensemble
des acteurs de la filière coton des pays d’Afrique de l’Ouest et du
Centre pour valoriser au mieux les acquis scientifiques.
Le problème principal rencontré par la recherche au cours des
dernières années, si l’on excepte les difficultés d’ordre
financier, est de faire diffuser les informations et de former les
agriculteurs. À ce jour, ni les sociétés cotonnières,
confrontées à des difficultés économiques, ni les organisations
paysannes, encore inexpérimentées, n’ont pu doter la filière d’un
outil performant de diffusion de l’innovation. Les rares tentatives
de participation paysanne à la conception et à la diffusion de
messages techniques, inspirées des Écoles paysannes chères à la
FAO, n’ont connu de succès qu’au plan académique, mais n’ont pas
réussi à accompagner les innovations au-delà d’un cercle d’initiés.
C’est probablement ce qui constitue le principal frein à la
valorisation des efforts de la recherche.
Conclusion
Dans l’organisation de la filière qui se dessine, la recherche doit
améliorer sa capacité d’écoute et engager un dialogue direct, voire
un partenariat, avec tous les acteurs pour prendre en compte leurs
attentes. Dans le domaine de la création et de la sélection
variétale, la recherche devra nouer de nouvelles alliances,
alliances d’autant plus nécessaires que les évolutions en cours
annoncent à moyen terme la fin des cessions gratuites de semences
et par conséquent l’ouverture d’un marché semencier concurrentiel
que les structures nationales devront aborder avec des avantages
comparatifs sérieux. Il est indispensable de susciter la mise en
place d’un cadre régional de régulation pour l’introduction du
coton transgénique, et de créer des partenariats avec les firmes
multinationales de l’agrofourniture ou avec d’autres pays impliqués
dans la culture de ce type de cotonnier (Chine, Inde) pour avoir
accès à la technologie. Il faut également conduire des études sur
les impacts agronomiques (au sens large), socio-économiques et
environnementaux de l’innovation. Il faudra enfin initier un
programme de sélection pour transférer les gènes d’intérêt sur des
cultivars adaptés aux conditions locales de culture. Dans le
domaine de la protection phytosanitaire du cotonnier, le principal
défi concerne l’utilisation des pesticides. Il est indispensable
d’établir des accords avec tous les acteurs de la filière pour
promouvoir une utilisation raisonnée de la lutte chimique. Une
priorité est le développement des outils de formation et d’aide à
la décision permettant aux agriculteurs de diagnostiquer les
problèmes et d’intervenir au bon moment avec les produits adaptés.
La durabilité des systèmes de culture à base coton est
aujourd’hui une préoccupation réelle de la part de tous les acteurs
de la filière, non seulement pour les sociétés cotonnières,
égreneurs ou filateurs, en termes de rentabilité économique, mais
aussi pour le petit agriculteur à l’échelle de son exploitation
familiale, Il est nécessaire de concevoir et de proposer une gamme
d’itinéraires techniques adaptés aux contraintes du milieu. Il est
nécessaire de mieux prendre en compte la diversité des objectifs
des agriculteurs, leurs besoins et leurs contraintes. Il faut
permettre aux agriculteurs de pratiquer la culture du coton sans
réduire les surfaces nécessaires aux cultures vivrières ni porter
préjudice à l’environnement, d’accéder aux intrants dans les
meilleures conditions et de les utiliser de manière économe pour
s’assurer d’un revenu décent et régulier.
Le frein essentiel à l’adoption des innovations demeure la
méthode de diffusion. Dans une situation de désengagement de
l’État, les organisations professionnelles ont un rôle essentiel à
jouer dans ce processus de transfert, en appelant les paysans à
participer à l’élaboration et à la diffusion des pratiques
innovantes.
Références
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