ARTICLE
Auteur(s) : Patricio Mendez del
Villar1, Lucilio RA Alvez2, Manda Sadio
Keita3
1Unité de recherche « Action collective,
marchés, rénovation politiques publiques (politiques &
marchés) », Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (Cirad), TA 73/09, Avenue
Agropolis, 34398 Montpellier cedex 5 France
2Centro de estudos avançados em economia aplicada
(Cepea)/Escola superior de agricultura “Luiz de Queiroz” (Esalq)
Université de São Paulo, Av. Pádua Dias, 11 CP 9, Piracicaba - SP,
CEP 13418-900 Brésil
3Institut d’économie rurale (IER), Programme Ecofil, BP
258, Rue Mohamed V, Bamako Mali
Les effets négatifs des subventions américaines sont souvent
dénoncés par les producteurs et exportateurs du Sud qui rendent les
États-Unis responsables de la baisse tendancielle des prix mondiaux
due à une surproduction créée artificiellement, alors que
parallèlement les producteurs doivent faire face à des hausses du
prix des intrants qui renchérissent les coûts de production.Face à
ces pratiques considérées comme déloyales par les pays du Sud, et
dans les perspectives d’une réduction des subventions à la
production et à l’exportation, il est apparu intéressant d’analyser
la question de la compétitivité1 des
filières, et plus spécifiquement celle des exploitations
cotonnières afin d’en évaluer les facteurs de performance.Le choix
des exploitations ayant des différentiels techniques peut poser des
problèmes d’homogénéité pour comparer leur compétitivité, compte
tenu des différences structurelles, foncières et productives, dans
chacun des pays. Ces comparaisons permettent néanmoins de mesurer
la durabilité des productions de plus en plus capitalistiques dont
est issue une partie croissante de la production cotonnière
mondiale.Le choix des pays s’est fait aussi en fonction du contexte
international actuel. Au Brésil, premier producteur de coton de la
région et cinquième exportateur mondial, la question posée relève
de la diversité des modes de production et de l’évolution
géographique de la production cotonnière, du Sud vers la région du
Centre-Ouest. Ainsi, il est apparu pertinent d’étudier plusieurs
zones de production ayant des systèmes de production différenciés,
dans le Mato Grosso, le Paraná et la Paraíba. L’intérêt des données
de la Paraíba dans le Nordeste brésilien était de les rapprocher de
celles du Mali où les systèmes de culture sont a priori
comparables. Aux États-Unis, deuxième producteur mondial de coton
et premier exportateur mondial, le choix s’est porté sur les cinq
grandes régions cotonnières du pays (Heartland, Prairie Gateway,
Southern Seaboard, Fruitful Rim et Mississippi Portal). Enfin, au
Mali, premier producteur de coton de la région et sixième
exportateur mondial, les données sont issues de la région Sud du
pays avec quatre niveaux d’intensification différenciés, de la
culture attelée avec plus ou moins d’intrants jusqu’à la culture
manuelle avec très peu d’intrants (cf. notes 2 à 5, page 26).
Méthodologie
L’analyse des performances des différentes productions agricoles
suppose de calculer des coûts de production détaillés par
exploitation et de les ramener à l’hectare pour faciliter la
comparaison des pays. Ces coûts de production peuvent varier en
fonction de plusieurs facteurs et notamment de la localisation
géographique et de la taille des exploitations. Les coûts de
production par hectare ont été calculés pour le coton graine. Puis,
pour les comparaisons des coûts de revient, l’analyse a été faite
en cents par livre de coton fibre. Une première difficulté
méthodologique a été de considérer que l’égrenage était fait pour
le compte du producteur, ce qui est le cas au Brésil et aux
États-Unis. En revanche, au Mali, la transformation est prise en
charge par l’opérateur aval.
Un autre souci méthodologique a été le choix des régions et des
types d’exploitation. Il s’agissait de prendre en compte la
représentativité sur le plan national, et la relative ressemblance
sur le plan technique et sur la taille des exploitations pour
justifier les comparaisons entre les pays. Ces critères n’ont pas
pu être aisément pris en compte en particulier pour le Mali où les
surfaces cotonnières moyennes ne dépassent pas les
10 hectares, variant de 3 à 14 hectares (tableau 1( Tableau 1 )), contre 80 et
250 hectares aux États-Unis, ou encore entre 800 et 3 000
hectares dans le Mato Grosso. En revanche, l’intérêt du Brésil
résidait dans la très grande diversité de situations permettant de
comparer à la fois les systèmes les plus mécanisés et intensifs
(comparaison entre les États-Unis et les exploitations cotonnières
du Mato Grosso et du Paraná) et des systèmes fondés sur la
main-d’œuvre familiale et faiblement consommateurs d’intrants
(comparaison entre le Mali Sud et la Paraíba au Nordeste du
Brésil).
Tableau 1 Régions retenues et tailles des
exploitations.Table 1. Regions selected and size of cotton farms.
|
Brésil
|
États-Unis
|
Mali
|
|
Surfaces cotonnières
|
- Mato Grosso :
- 800-3 000 hectares
- Paraná :
- 15-250 hectares
- Paraíba :
- 1 à 5 hectares
|
- Heartland
- Prairie Gateway
- Southern Seaboard
- Fruitful Rim
- Mississippi Portal
- 80 – 250 hectares
|
Mali Sud : 3-14 hectares
|
Poids des pays étudiés dans la production mondiale de
coton
La production mondiale de coton représente un volume moyen de
20,5 millions de tonnes, avec un volume record de
21,5 millions en 2001-2002 grâce à l’augmentation de la
production chinoise et nord-américaine, les deux principaux
producteurs mondiaux, suivis par l’Inde, le Pakistan et le Brésil
(tableau 2( Tableau 2 )). Quant à la
production cumulée des trois pays étudiés, elle représente plus du
quart du volume mondial.
Tableau 2 Production mondiale de coton-fibre et dans
les principaux pays, en millions de tonnes.Table 2. Lint cotton
production worldwide and in the main producing countries.
|
2002-2003
|
2003-2004
|
2004-2005
|
|
Monde
|
19 106
|
20 702
|
25 966
|
|
Chine
|
4 920
|
4 855
|
6 272
|
|
États-Unis
|
3 747
|
3 974
|
5 025
|
|
Inde
|
2 310
|
3 005
|
3 915
|
|
Pakistan
|
1 697
|
1 688
|
2 502
|
|
Brésil
|
847
|
1 310
|
1 372
|
|
Mali
|
180
|
261
|
240
|
Poids des régions étudiées et variabilité interrégionales des
rendements
Aux États-Unis, la production cotonnière est localisée dans
17 États situés d’est en ouest en passant par le sud du pays
[1]. Parmi les principaux producteurs, on trouve le Texas, dans la
région de Prairie Gateway, où se concentre plus du quart de la
production nationale, avec un volume moyen de 1 million de
tonnes, suivi par la Californie, dans la région de Fruitful Rim,
avec une moyenne de 0,50 million de tonnes. Vient ensuite le
Mississippi, dans la région de Mississippi Portal, avec une moyenne
de 0,46 million de tonnes, puis la Géorgie, dans la région de
Southern Seaboard, avec une moyenne de 0,41 million de tonnes,
et enfin, l’Arkansas, dans la région de Portal Mississipi, avec une
moyenne de 0,39 million de tonnes.
Quant aux rendements par hectare, les différences
interrégionales outre-Atlantique [2] peuvent être importantes selon
les pratiques culturales et les niveaux d’intensification (tableau
3( Tableau 3 )). Ainsi, par exemple, la
région de Fruitful Rim obtient les plus hauts rendements (presque
deux fois plus élevés par rapport à la moyenne nationale) grâce,
notamment, à une forte proportion (74 %) des exploitations qui
pratiquent l’irrigation. Elle est suivie par les régions de
Mississippi Portal et de Heartland où les rendements sont de 32 à
36 % supérieurs à la moyenne nationale. En revanche, au Texas
(Prairie Gateway) les rendements sont les plus bas
(- 42 %) en raison d’une plus faible utilisation
d’intrants. L’importance de la production de cette région au niveau
national (plus du quart de la production du pays) contribue à faire
baisser la moyenne générale du pays, alors que partout ailleurs les
rendements moyens sont plus élevés.
Au Brésil, la production cotonnière se concentre essentiellement
dans la région du Centre-Ouest avec près des trois quarts de la
production nationale. Le Mato Grosso (MTS) représente à lui seul
plus de 50 % du volume, avec une production moyenne de coton
fibre de 610 000 tonnes, suivi par le Goiás avec
180 000 tonnes, soit 13 % du total national. Le restant
se répartit entre les États de Bahia, São Paulo, Mato Grosso do Sul
et Paraná, avec une production moyenne de 100 000 tonnes
chacun.
En ce qui concerne les rendements par hectare, les différences
interrégionales au Brésil sont, comme aux États-Unis,
significatives. Elles dépendent des niveaux d’intensification et
des conditions climatiques, plus favorables dans certaines régions
(tableau 4( Tableau 4 )). On observe
ainsi que les exploitations cotonnières du Mato Grosso sont les
plus productives avec des rendements supérieurs de 30 % à la
moyenne nationale [3], et supérieurs de 54 % à la moyenne des
États-Unis. Dans le Paraná, les rendements se situent autour de la
moyenne nationale, variant de 2 500 kg/ha (Paraná2 – récolte
manuelle) à 3 000 kg/ha (Paraná1 – récolte mécanisée). Quant
au système cotonnier traditionnel pratiqué dans la Paraíba, les
rendements moyens sont presque de 50 % inférieurs à la moyenne
nationale et inférieurs de 60 % aux rendements des
exploitations les plus performantes du Mato Grosso.
Au Mali, la production cotonnière se concentre, depuis plus de
40 ans, au sud du pays. Cependant, ces dernières années, la
production tend à s’étendre vers le sud-ouest, notamment dans la
région de Kayes dans la zone de Kita. Le Mali est le premier
producteur de coton en Afrique grâce à un niveau record de récolte
en 2003 et 2004, dû au relèvement des prix payés aux
producteurs qui ont augmenté les surfaces emblavées avec des
rendements meilleurs. Ces rendements varient aussi selon les
niveaux d’intensification [4]. Les exploitations de type A2 et B3 sont
les plus performantes sur le plan technique. Elles sont aussi les
plus représentatives à l’échelle nationale, ce qui explique des
rendements proches de la moyenne nationale, alors que les
exploitations de type C4 et D5 sont à la fois peu productives (rendements
de 20 à 40 % en dessous de la moyenne nationale) et faiblement
représentatives (tableau 5( Tableau 5
)).
De ces comparaisons, on retiendra que les rendements cotonniers
maliens sont en moyenne de 63 % en dessous des rendements
moyens brésiliens et inférieurs de 58 % à la moyenne de ceux
des États-Unis. Cette donnée a une incidence directe sur les
résultats d’exploitation, en particulier dans les faibles revenus
dégagés par hectare au Mali, et cela, malgré des charges
financières plus faibles, mais avec des prix aux producteurs plus
bas (Annexe 1) : environ 46 cents par livre en
équivalent coton fibre contre 63 cents par livre au Brésil
pour les grandes exploitations et 50 cents par livre pour les
petites exploitations du Nordeste, et enfin, une moyenne nationale
de 66 cents par livre aux États-Unis.
Tableau 3 Rendement coton-graine par hectare* dans les
régions cotonnières aux États-Unis.Table 3. Cottonseed yields per
hectare in cotton-growing regions in the USA.
|
Rendement en kg/ha
|
% moyenne nationale
|
|
États-Unis
|
1 846
|
–
|
|
Heartland
|
2 429
|
+ 32
|
|
Prairie Gateway
|
1 076
|
– 42
|
|
Southern Seaboard
|
1 988
|
+ 8
|
|
Fruitful Rim
|
3 555
|
+ 93
|
|
Mississippi Portal
|
2 511
|
+ 36
|
Tableau 4 Rendement coton-graine par hectare dans les
régions cotonnières au Brésil.Table 4. Cottonseed yields per
hectare in cotton-growing regions in Brazil.
|
Rendement en kg/ha
|
% moyenne nationale
|
|
Brésil
|
2 848
|
–
|
|
Primavera do L-MT
|
3 600
|
+ 26
|
|
CN dos Parecis-MT
|
3 750
|
+ 32
|
|
Paraná 1
|
3 000
|
+ 5
|
|
Paraná 2
|
2 500
|
– 12
|
|
Paraíba
|
1 500
|
– 47
|
Tableau 5 Rendement coton-graine par hectare dans les
exploitations cotonnières au Mali Sud.Table 5. Cottonseed yields
per hectare in cotton farms in Southern Mali.
|
Rendement en kg/ha
|
% moyenne nationale
|
|
Mali*
|
1 066
|
–
|
|
Exploitation A
|
1 127
|
+ 6
|
|
Exploitation B
|
1 109
|
+ 4
|
|
Exploitation C
|
859
|
– 19
|
|
Exploitation D
|
621
|
– 42
|
Coûts unitaires par hectare
La comparaison des coûts totaux par hectare révèle des situations
relativement proches entre les États-Unis et le Brésil, tandis
qu’au Mali, les coûts par hectare sont en moyenne trois fois moins
élevés [5]. Le Brésil détient cependant des avantages comparatifs
par rapport aux deux autres pays grâce à des rendements plus
élevés. Aux États-Unis la production cotonnière apparaît nettement
déficitaire, et ne doit sa survie que grâce aux subventions
publiques. Au Mali le bas niveau de coûts par hectare ne compense
pas la faiblesse des rendements, ce qui rend la rentabilité des
exploitations extrêmement aléatoire.
Les résultats synthétiques (Annexe 1) montrent la structure de
l’ensemble des coûts en valeurs absolue et relative par pays et
selon les régions ou systèmes.
En systèmes de production intensifs6, les États-Unis apparaissent faiblement
compétitifs avec des charges totales de 30 % plus élevées
qu’au Brésil et 5 fois plus élevées qu’au Mali. Ces résultats
s’expliquent en partie par les coûts de l’irrigation dans la région
californienne de Fruitful Rim, alors que dans les deux autres pays,
on pratique des systèmes pluviaux. En revanche, lorsqu’on compare
les systèmes intermédiaires7 et les
moins intensifs8, le Brésil présente
des coûts de 10 à 12 % plus élevés qu’aux États-Unis et 3,5
fois plus importants qu’au Mali (tableau 6( Tableau 6 )).
Une réserve doit cependant être apportée compte tenu de l’effet
lié au taux de change. Dans le cas du réal brésilien (R$) par
rapport au dollar américain, l’étude a considéré le taux de change
moyen pour l’année 2004, soit 3,0368 R$ pour 1 dollar US.
Pour le Mali, on a considéré un taux moyen de
494,00 F CFA pour 1 dollar US. Or, à la mi-2005, les
taux de change étaient respectivement de 2,4360 R$ et de
550,55 FCFA pour 1 dollar US. Une simulation faite pour
l’année 2005, toutes choses égales par ailleurs, montre
(tableau 7( Tableau 7 )) un
renchérissement des coûts de production au Brésil, devenant
proches, pour les systèmes les plus intensifs, des coûts
américains, et supérieurs de près de 30 % dans les deux autres
systèmes (intermédiaires et moins intensifs). Au Mali, en revanche,
la dépréciation du franc CFA par rapport au dollar, a
contribué à accroître l’écart des coûts par rapport aux deux autres
pays.
Tableau 6 Coûts totaux par pays et par système.Table 6.
Total costs per country and system.
|
US$/ha
|
Brésil
|
États-Unis
|
Mali
|
|
Plus intensif
|
1 720
|
2 208
|
452
|
|
Intermédiaire
|
1 502
|
1 347
|
424
|
|
Moins intensif
|
1 162
|
1 035
|
314
|
Tableau 7 Simulation des coûts totaux par pays et par
système au taux de change de 2005.Table 7. Simulation of total
costs per country and system at currency exchange rates for year
2005.
|
US$/ha
|
Brésil
|
États-Unis
|
Mali
|
|
Plus intensif
|
2 144
|
2 208
|
406
|
|
Intermédiaire
|
1 872
|
1 347
|
380
|
|
Moins intensif
|
1 449
|
1 035
|
282
|
Facteurs économiques et techniques de performances
L’efficience technico-économique des systèmes de production
(excédent du produit ou chiffre d’affaires ou encore la marge
nette) dépend du coût des facteurs de production (intrants,
capital, travail foncier…) et du prix des produits vendus.
À cela s’ajoutent des facteurs techniques tels que les
rendements obtenus et les quantités de facteurs de production
utilisés. D’autres facteurs non marchands tels que la main-d’œuvre
familiale peuvent, ou non, être pris en compte. Cette main-d’œuvre
a été comptabilisée pour les exploitations cotonnières aux
États-Unis et au Mali. Au Brésil, en revanche, elle était déjà
incluse dans la main-d’œuvre salariée et/ou dans les frais de
gestion de l’exploitation agricole. Seuls les facteurs qualitatifs
(qualité de la fibre) n’ont guère été pris en compte en tant que
facteurs de différenciation et de compétitivité entre les trois
pays étudiés.
Part des consommations intermédiaires et autres charges
variables
On a distingué ici deux cas de figure : i) les coûts relatifs
du coton fibre (frais d’égrainage compris) ; ii) et les coûts
relatifs du coton graine (hors frais d’égrainage). Globalement, les
charges variables représentent une part bien plus importante au
Brésil, en raison d’une utilisation plus intensive des fertilisants
et des produits phytosanitaires que dans les deux autres pays, le
Mali ayant des charges variables relativement les plus faibles.
Au Brésil, les consommations intermédiaires, selon qu’on
considère ou non les frais d’égrainage, représentent en moyenne,
dans le Mato Grosso entre 77 et 84 % des charges
totales (tableau 8( Tableau 8 )).
Dans le Paraná, ces charges tournent entre 55 et 60 % (frais
d’égrainage compris) du coût total et autour de 45 à 50 % hors
frais d’égrainage (Annexe 1). Le Paraná se rapproche ainsi de la
structure des coûts observée aux États-Unis où la moyenne nationale
est de 53 %, et de 42 % hors frais d’égrainage. Au Mali,
les consommations intermédiaires représentent en moyenne, dans les
exploitations les plus intensives (types A et B),
47 % des charges totales et 37 % hors frais
d’égrainage.
Tableau 8 Coûts et charges relatives des consommations
intermédiaires.Table 8. Relative input costs and expenses.
|
États-Unis*
|
Brésil**
|
Mali***
|
|
CI avec T en US$
|
719
|
1346
|
207
|
|
CI avec T en %
|
53
|
84
|
47
|
|
CI hors T en US$
|
572
|
1,243
|
163
|
|
CI hors T en %
|
42
|
77
|
37
|
Part des charges fixes
Pour les exploitations intensives, nous avons considéré les charges
en main-d’œuvre salariée et familiale, les charges sur le capital
d’exploitation (équipement et matériel agricole), les charges sur
le foncier (ou le coût d’opportunité de la terre) et les autres
charges générales de gestion.
Aux États-Unis et au Mali, les charges fixes tournent autour de
50 % des charges totales, alors que dans le Mato Grosso au
Brésil elles ne représentent environ que 16 % des charges
totales (tableau 9( Tableau 9 )).
L’intensification des exploitations cotonnières au Brésil
reposerait ainsi essentiellement sur les charges opérationnelles.
Au Mali, plus de la moitié des charges fixes correspondent à des
frais en main-d’œuvre, alors qu’aux États-Unis 40 % des
charges fixes sont dues à des frais financiers et 30 % des
charges sont liées à la main-d’œuvre (Annexe 1).
Tableau 9 Charges fixes par hectare.Table 9. Fixed
expenses per hectare.
|
États-Unis*
|
Brésil**
|
Mali***
|
|
Charges fixes US$
|
628
|
265
|
231
|
|
Charges fixes en %
|
47
|
16
|
53
|
Prix de vente des produits agricoles
L’un des facteurs explicatifs de la performance des exploitations
cotonnières au Brésil réside dans la bonne valorisation des
produits. Le prix de vente du coton fibre payé au producteur [6]
est à peine inférieur de 4,5 % à celui payé au producteur
nord-américain (tableau 10( Tableau 10
)). En revanche, les producteurs maliens seraient pénalisés par un
prix de vente inférieur de 30 % à celui du producteur
nord-américain et de 25 % environ à celui du producteur
brésilien. Cette faiblesse est néanmoins à relativiser, ce prix de
vente ne tenant pas compte, au niveau du producteur, du coût du
transport depuis la parcelle jusqu’au lieu de stockage. En
revanche, pour les besoins de la comparaison, ce prix inclut la
transformation en coton fibre, alors qu’en réalité, ces charges
sont assumées par l’opérateur aval et répercutées sur l’ensemble de
la filière cotonnière.
Tableau 10 Prix de vente du coton-fibre.Table 10. Lint
cotton selling price.
|
États-Unis
|
Brésil
|
Mali
|
|
Prix de vente US$/livre
|
0,66
|
0,63
|
0,46
|
|
Diff // Prix États-Unis en %
|
0
|
– 4,5
|
30
|
Facteurs techniques : importance des rendements
Les rendements au Brésil sont, dans l’ensemble, supérieurs à ceux
obtenus dans les deux autres pays (tableaux 3 à 5). En système de
production intensif, la moyenne brésilienne dépasse généralement
les 3 000 kg/ha, tandis qu’aux États-Unis, les rendements
moyens sont en dessous des 2 000 kg/ha ; seuls les
rendements obtenus en système irrigué dans la région de Fruitful
Rim en Californie, sont comparables aux meilleurs rendements
observés dans le Mato Grosso. La région de Fruitful Rim est
d’ailleurs la seule à dégager une marge positive, avant subvention,
comme on verra ci-après. Quant aux rendements au Mali, les
exploitations cotonnières les plus performantes dépassent à peine
les 1 000 kg/ha.
Coûts de revient
La comparaison des coûts de revient moyens du coton fibre en cents
par livre, dans les exploitations les plus intensives, fait
apparaître, une fois encore, des différences entre les trois pays
(tableau 11( Tableau 11 )). Les
États-Unis ont un coût de revient deux fois supérieur
(84 cents par livre, soit 185 cents/kg) à celui du Mali
(42 cents par livre, soit 93 cents/kg) et deux tiers plus
élevé qu’au Brésil (54 cents par livre, soit
119 cents/kg). À titre de comparaison, les données de
l’International Cotton Advisory Committee (ICAC) pour l’année 2004
[7] indiquaient un coût de production net de 148 cents/kg aux
États-Unis, de 105 cents/kg au Brésil (cerrados) et de
125 cents/kg au Mali. Ces différences entre nos évaluations et
celles de cette source internationale peuvent s’expliquer par la
méthodologie retenue dans les calculs, et notamment dans
l’intégration ou non du coût de la main-d’œuvre familiale et de
celle du foncier.
Aux États-Unis, la variabilité interrégionale est importante [8,
9] avec un coût maximum de 114 cents par livre dans la région
de Prairie Gateway (la plus importante région cotonnière des
États-Unis) et un minimum de 70 cents par livre dans les
régions de Fruitful Rim et Heartland (Annexe 1). Au Brésil, cette
variabilité est relativement moindre entre les régions cotonnières
du Mato Grosso et du Paraná avec une fourchette comprise entre 50
et 60 cents par livre (Annexe 1). De même, au Mali, les écarts
entre les quatre types d’exploitation sont assez faibles, et
varient entre 39 et 44 cents par livre (Annexe 1).
Tableau 11 Coût de revient moyen du coton-graine et du
coton-fibre.Table 11. Average cost prices for cottonseed and lint
cotton.
|
États-Unis
|
Brésil
|
Mali
|
|
Coût de revient en cents/livre
|
84
|
54
|
42
|
|
Coût de revient en cents/kg
|
185
|
119
|
93
|
|
Diff// Prix États-Unis en %
|
–
|
65
|
50
|
Résultats économiques et financiers des exploitations
cotonnières
La viabilité économique des exploitations cotonnières dépend de la
combinaison des facteurs de marchés et de leur efficience
économique. L’intervention publique a aussi un impact important sur
les résultats d’exploitation, et notamment aux États-Unis où les
subventions accordées aux producteurs permettent de compenser les
revenus bruts d’exploitation (RBE), qui autrement seraient négatifs
dans quatre des cinq régions étudiées. Le tableau 12( Tableau 12 ) montre les différences de revenus par
hectare entre les pays et les variabilités interrégionales, en
prenant en compte les écarts minimum/maximum et la moyenne
nationale.
Aux États-Unis, la subvention, de 338 dollars US/ha en
moyenne, permet d’obtenir un RBE de 52 dollars/ha, soit un
taux de marge de 5 % qui est presque équivalent au taux de
marge moyen du Mali et au taux de marge « minimum »
obtenu au Brésil. En revanche, c’est dans la région californienne
de Fruitful Rim que le taux de marge est le plus élevé
(+ 35 %), grâce aux hauts rendements :
3 555 kg/ha contre 1 845 kg pour la moyenne nationale, et
une subvention presque deux fois plus élevée que la moyenne
nationale. Cette situation s’explique par le fait que les aides aux
États-Unis sont attribuées par unité produite (21 cents par
livre), et non pas par hectare. Dans ces conditions, ce sont les
producteurs les plus « productifs » qui bénéficient le
plus des subventions !
Au Brésil, les RBE sont extrêmement variables selon les régions,
voire entre régions « voisines » de quelques centaines de
kilomètres. Ainsi par exemple, les exploitations cotonnières les
plus performantes de Campo Novo dos Parecis, à l’ouest du Mato
Grosso, ont un taux de marge de 22 %, avec un RBE moyen de
426 dollars US/ha, tandis qu’à Primavera do Leste, au
sud-est de l’État, le RBE « n’est que » de
113 dollars US/ha en moyenne, soit un taux de marge de
6 %. Dans le Paraná, les deux types d’exploitations étudiés
présentent aussi des différences significatives, avec un RBE de
72 dollars US/ha et un taux de marge de 6 % dans les
exploitations en récolte manuelle, un RBE de 293 dollars US/ha
et un taux de marge de 20 % dans les exploitations en récolte
mécanique.
Au Mali, les performances technico-économiques sont plus
homogènes (Annexe 1). Les exploitations de type A seraient
néanmoins un peu moins performantes parmi le groupe d’exploitations
intensives (A, B et C), avec un RBE de
14 dollars US/ha et un taux de marge de 3 %, tandis
que les exploitations de type B et C obtiennent un RBE se
situant entre 24 et 25 dollars US/ha et un taux de marge
qui varie de 5 à 7 %. Enfin, les exploitations de type D
faiblement intensives, mais très peu représentatives en réalité sur
le plan national (moins de 10 % des exploitations cotonnières,
contre 46 % pour les exploitations de type B)
apparaissent faiblement performantes avec un RBE de
4,5 dollars US environ, soit un taux de marge de moins de
2 %.
Tableau 12 Revenus en dollars US/ha et taux de
marge.Table 12. Revenues in US$/ha and margin rates.
|
Mini
|
Moyen
|
Maxi
|
|
États-Unis
|
|
Chiffre d’affaires
|
544
|
1 062
|
2 392
|
|
RBE avant subventions
|
– 491
|
– 285
|
184
|
|
Subventions US$/ha
|
190
|
338
|
661
|
|
RBE avec subventions
|
– 300
|
52
|
845
|
|
Marge % avant subventions
|
– 90
|
27
|
8
|
|
Marge % avec subventions
|
– 55
|
5
|
35
|
|
Brésil
|
|
Chiffre d’affaires
|
1 235
|
1 622
|
1 928
|
|
RBE avant subventions
|
72
|
226
|
426
|
|
Subv. (US$/ha)
|
–
|
–
|
–
|
|
RBE avec subventions
|
–
|
–
|
|
|
Marge % avant subventions
|
6
|
14
|
22
|
|
Marge % avec subventions
|
–
|
–
|
–
|
|
Mali
|
|
Chiffre d’affaires
|
261
|
379
|
339
|
|
RBE avant subventions
|
4
|
17
|
25
|
|
Subv. (US$/ha)
|
–
|
–
|
–
|
|
RBE avec subventions
|
–
|
–
|
–
|
|
Marge % avant subventions
|
2
|
4
|
7
|
|
Marge % avec subventions
|
–
|
–
|
–
|
Conclusion
L’analyse présentée dans cette étude montre que les performances
technico-économiques plus élevées sont fondées sur des rendements
plus élevés au Brésil, et sur la faiblesse des coûts par hectare au
Mali. Ainsi, en termes de coût de revient par livre de coton fibre
produite, le Brésil se situe dans une fourchette comprise entre 50
et 60 cents par livre, tandis qu’au Mali, le coût de revient
moyen est d’environ 40 cents par livre. Quant aux
États-Unis, la moyenne nationale dépasse les 80 cents par
livre.
Les performances brésiliennes et maliennes reposent aussi sur
des coûts relatifs plus faibles en main-d’œuvre salariée et,
surtout à des frais plus bas en capital équipement et foncier.
Toutefois le faible coût en capital d’exploitation au Brésil
(1,5 % seulement du coût total contre près de 20 % aux
États-Unis et 12 % au Mali) pourrait s’expliquer par le fait
que la dépréciation du matériel agricole n’est pas suffisamment
prise en compte. Enfin, en ce qui concerne le foncier, comme le
montrent d’autres études [10], il est vrai que le coût du foncier,
surtout dans le Mato Grosso est particulièrement bas par rapport
aux régions du sud du pays et par rapport aux États-Unis où ce coût
est relativement 2 fois plus élevé qu’au Brésil. Quant au Mali, la
part du coût du foncier a été estimée comme étant nulle ; il
est en effet difficile d’estimer la base des « services
rendus » par les producteurs aux propriétaires traditionnels
de la terre.
Aux États-Unis le poste intrants (semences, fertilisants et
produits phytosanitaires) sauve le bilan économique parce qu’il ne
représente que 25 % du coût total, contre un peu plus de
33 % au Mali et presque 60 % au Brésil. Dans ce dernier
pays, ce sont surtout les produits phytosanitaires, suivis par les
fertilisants qui renchérissent les coûts de production ; en
corollaire, la part du crédit aux intrants apparaît 2,5 fois
plus élevée au Brésil qu’aux États-Unis.
Les comparaisons montrent néanmoins que les États-Unis sont peu
performants en termes de résultats d’exploitation et que les
producteurs ne doivent leur survie que grâce aux subventions
publiques. Le Mali, pour sa part, apparaît dans une situation
intermédiaire, avec les coûts unitaires les plus bas et des marges
positives, mais qui sont extrêmement faibles par rapport aux
surfaces cultivées, en raison de rendements par hectare très bas.
Ce constat laisse néanmoins espérer des marges de progrès
importantes, contrairement aux deux autres pays où les rendements
sont déjà élevés, surtout au Brésil, et tendent à plafonner.
Au Brésil, la « photographie cotonnière »
réalisée en 2004, montre globalement une plus grande efficience
économique dans les grandes exploitations intensives du Mato
Grosso. Mais se pose le problème de la résilience de ces systèmes
dont la rentabilité reste malgré tout aléatoire avec des risques
économiques bien plus grands qu’au Mali. Dans ce pays africain, où
l’essentiel des facteurs de production repose sur la main-d’œuvre,
et qui plus est, sur la main-d’œuvre familiale, source d’ajustement
éventuelle mais aussi facteur social important dans la
redistribution des revenus de l’activité cotonnière. Au Brésil, en
cas de baisse de la productivité en raison d’aléas climatiques, ou
phytosanitaires, tout ajustement ne peut se faire que par une
décapitalisation, voire une faillite des exploitations, à défaut
d’une politique publique de soutien, comme aux États-Unis. Dans ce
pays, une telle politique permet, grâce aussi aux subventions
accordées aux entrepreneurs américains, d’être les premiers
exportateurs mondiaux, tandis que le Brésil et le Mali n’occupent
respectivement que le troisième et le sixième rang mondial.
Ces considérations renvoient aussi un « effet miroir »
entre le Mali et la situation brésilienne, notamment avec le
Nordeste, où les taux de marge sont extrêmement faibles dans un
système économique bien moins encadré qu’au Mali où l’opérateur
aval (la Compagnie malienne de développement du textile, CMDT)
prend à sa charge une partie des frais, en particulier le transport
du coton graine de la ferme à l’usine, la transformation et le
stockage. Cette constatation amène en définitive à poser la
question du rôle des politiques publiques d’accompagnement et des
productions traditionnelles, certes fragiles, mais socialement
importantes dans la redistribution des revenus issus de l’économie
cotonnière.
Annexe 1. Coûts de production et revenu à l’hectare et par
livre-Brésil.
|
Description
|
Primavera do Leste (G)
|
C. Novo do Parecis (H)
|
Paraná
|
Paraná
|
Paraíba
|
|
(I)
|
(J)
|
(K)
|
|
Rendements (kg/ha) coton raine
|
3 600,00
|
3 750,00
|
3 000,00
|
2 500,00
|
1 500,00
|
|
Semis direct
|
Semis direct
|
Conventionnel
|
Conventionnel
|
Conventionnel
|
|
Système de culture :
|
|
|
|
|
|
|
Irrigué (%)
|
0
|
0
|
0
|
0
|
0
|
|
Pluvial (%)
|
100
|
100
|
100
|
100
|
100
|
|
Type de récolte
|
Mécanique
|
Mécanique
|
Mécanique
|
Manuelle
|
Manuelle
|
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
|
Coûts de production
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Semences
|
61,87
|
3,60
|
50,17
|
3,30
|
19,76
|
1,60
|
19,76
|
1,70
|
6,59
|
1,21
|
|
Engrais
|
294,72
|
17,10
|
272,49
|
18,10
|
137,28
|
11,40
|
137,28
|
11,80
|
0,00
|
0,00
|
|
Produits phytosanitaires
|
624,44
|
36,30
|
570,13
|
38,00
|
171,81
|
14,30
|
171,81
|
14,80
|
73,76
|
13,58
|
|
Équip. carburant, énergie, répar
|
206,92
|
12,00
|
173,23
|
11,50
|
285,04
|
23,70
|
137,35
|
11,80
|
54,84
|
10,10
|
|
Taux d’intérêt sur les intrants
|
121,01
|
7,00
|
110,13
|
7,30
|
40,29
|
3,40
|
40,29
|
3,50
|
1,76
|
0,32
|
|
Transformation
|
100,85
|
5,90
|
107,13
|
7,10
|
165,73
|
13,80
|
138,11
|
11,90
|
31,79
|
5,85
|
|
Frais pour l’irrigation
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
|
|
|
Main-d’œuvre (MO) salariée
|
81,78
|
4,80
|
75,73
|
5,00
|
88,36
|
7,40
|
216,08
|
18,60
|
250,26
|
46,07
|
|
Valorisation de la MO familiale
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
|
|
|
Taux d’intérêt capital Équip ;
|
26,38
|
1,50
|
22,09
|
1,50
|
27,79
|
2,30
|
13,39
|
1,20
|
5,35
|
0,98
|
|
Coût du foncier
|
138,3
|
8,00
|
69,15
|
4,60
|
163
|
13,60
|
163
|
14,00
|
111,14
|
20,46
|
|
Assurances ou assistance tech
|
27,41
|
1,60
|
24,98
|
1,70
|
6,94
|
0,60
|
6,56
|
0,60
|
7,71
|
1,42
|
|
Gestion d’exploitation
|
36,67
|
2,10
|
26,59
|
1,80
|
94,51
|
7,90
|
118,88
|
10,20
|
0,00
|
0,00
|
|
Coût total
|
1720,35
|
100,00
|
1501,84
|
100,00
|
1200,24
|
100,00
|
1162,61
|
100,00
|
543,19
|
100,00
|
|
US$/kg à la ferme coton graine
|
0,43
|
|
0,36
|
|
0,33
|
|
0,40
|
|
0,32
|
|
|
US$/kg à la ferme coton fibre
|
1,30
|
|
1,09
|
|
1,11
|
|
1,31
|
|
1,05
|
|
|
US$/livre à la ferme coton fibre
|
0,58960
|
|
0,49400
|
|
0,50360
|
|
0,59210
|
|
0,4742
|
|
|
Marges (US$/livre) sans subventions
|
0,0393
|
|
0,1422
|
|
0,1258
|
|
0,0372
|
|
0,0198
|
|
|
Marges (US$/ha) sans subventions
|
112,82
|
|
426
|
|
292,89
|
|
72,26
|
|
21,11
|
|
|
Coût par hectare
|
1 720,35
|
|
1 501,84
|
|
1 200,24
|
|
1 162,61
|
|
543,19
|
|
|
Prix de vente coton fibre US$/livre
|
0,6289
|
|
0,6362
|
|
0,6294
|
|
0,6293
|
|
0,4939
|
|
|
Chiffre d’affaires US$/ha
|
1 833,17
|
|
1 927,84
|
|
1 493,13
|
|
1 234,87
|
|
564,30
|
|
|
Prix de revient US$/livre
|
0,5896
|
|
0,494
|
|
0,5036
|
|
0,5921
|
|
0,4742
|
|
Annexe 1 (suite). Coûts de production et revenu à l’hectare et
par livre-Mali.
|
Description
|
Mali - Class A (L)
|
Mali - Class B
|
(M)Mali - Class C (N)
|
Mali - Class D (O)
|
|
Rendements (kg/ha) coton graine
|
1 127,35
|
1 108,86
|
859,31
|
621,33
|
|
Système de culture :
|
|
irrigué (%)
|
|
|
|
|
|
pluvial (%)
|
100
|
100
|
100
|
100
|
|
Type de récolte
|
Traction Am
|
Traction Am
|
Traction Am
|
Manual
|
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
|
Coûts de production
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Semences
|
40,46
|
8,94
|
23,63
|
5,57
|
5,46
|
1,74
|
3,59
|
1,40
|
|
Engrais
|
67,02
|
14,80
|
68,34
|
16,12
|
37,88
|
12,05
|
29,27
|
11,39
|
|
Produits phytosanitaires
|
47,47
|
10,49
|
39,04
|
9,21
|
42,71
|
13,59
|
14,64
|
5,70
|
|
Équip. carburant, énergie, répar
|
|
0,00
|
|
0,00
|
|
0,00
|
|
0,00
|
|
Taux d’intérêt sur les intrants
|
20,95
|
4,63
|
18,36
|
4,33
|
12,61
|
4,01
|
7,57
|
2,94
|
|
Transformation
|
44,61
|
9,85
|
43,88
|
10,35
|
34,00
|
10,82
|
24,59
|
9,56
|
|
Frais pour l’irrigation
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
–
|
|
Main-d’œuvre (MO) salariée
|
13,66
|
3,02
|
7,59
|
1,79
|
13,66
|
4,35
|
0,00
|
0,00
|
|
Valorisation de la MO familiale
|
144,23
|
31,86
|
151,82
|
35,81
|
119,94
|
38,16
|
153,34
|
59,65
|
|
Taux d’intérêt capital Équip ;
|
52,15
|
11,52
|
52,54
|
12,39
|
35,76
|
11,38
|
17,30
|
6,73
|
|
Coût du foncier
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
|
Assurances
|
22,14
|
4,89
|
18,72
|
4,42
|
12,29
|
3,91
|
6,79
|
2,64
|
|
Gestion d’exploitation
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
|
Coût total
|
452,70
|
100,00
|
423,93
|
100,00
|
314,32
|
100,00
|
257,08
|
100,00
|
|
US$/kg à la ferme coton graine
|
0,40
|
|
0,38
|
|
0,37
|
|
0,41
|
|
|
US$/kg à la ferme coton fibre
|
0,96
|
|
0,91
|
|
0,87
|
|
0,99
|
|
|
US$/livre à la ferme coton fibre
|
0,43359
|
|
0,41280
|
|
0,39495
|
|
0,44675
|
|
|
Marges (US$/livre) sans subventions
|
0,03014
|
|
0,05093
|
|
0,06878
|
|
0,01698
|
|
|
Marges (US$/ha) sans subventions
|
14,27
|
|
23,717
|
|
24,8219
|
|
4,42979
|
|
|
Coût par hectare
|
452,70
|
|
423,93
|
|
314,32
|
|
257,08
|
|
|
Prix de vente coton fibre US$/livre
|
0,4637
|
|
0,4637
|
|
0,4637
|
|
0,4637
|
|
|
Chiffre d’affaires US$/ha
|
466,97
|
|
447,65
|
|
339,14
|
|
261,51
|
|
|
Prix de revient US$/livre
|
0,43359
|
|
0,41280
|
|
0,39495
|
|
0,44675
|
|
|
Marge par hectare hors subventions
|
14,27
|
|
23,72
|
|
24,82
|
|
4,43
|
|
|
Marge hors subventions
|
0,0301
|
|
0,0509
|
|
0,0688
|
|
0,0170
|
|
Annexe 1 (suite et fin). Coûts de production et revenu à
l’hectare et par livre-États-Unis.
|
Description
|
États-Unis
|
Heartland
|
Prairie Gateway
|
Southern Seaboard
|
Fruitful Rim
|
Mississippi Portal
|
|
(A)
|
(B)
|
(C)
|
(D)
|
(E)
|
(F)
|
|
Rendements (kg/ha) (coton-graine)
|
1 846,00
|
2 428,82
|
1 075,99
|
1 988,34
|
3 555,25
|
2 510,64
|
|
Système de culture :
|
|
|
|
|
|
|
|
irrigué (%)
|
33
|
33
|
30
|
11
|
74
|
30
|
|
pluvial (%)
|
67
|
67
|
70
|
89
|
26
|
70
|
|
Type de récolte
|
|
|
|
|
|
|
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
US$/ha
|
Part. %
|
|
Coûts de production
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Semences
|
116,31
|
8,60
|
86.95
|
5,90
|
56,66
|
5,50
|
176,87
|
12,40
|
115,27
|
5,20
|
171,44
|
11,10
|
|
Engrais
|
88,73
|
6,60
|
91,45
|
6,20
|
52,43
|
5,10
|
133,38
|
9,40
|
109,49
|
5,00
|
106,50
|
6,90
|
|
Produits phytosanitaires
|
138,23
|
10,30
|
183,64
|
12,50
|
63,97
|
6,20
|
170,50
|
12,00
|
209,56
|
9,50
|
214,28
|
13,80
|
|
Équip. carburant, énergie, réparation
|
212,58
|
15,80
|
178,50
|
12,10
|
203,66
|
19,70
|
178,23
|
12,50
|
411,76
|
18,60
|
205,91
|
13,30
|
|
Taux d’intérêt sur les intrants
|
2,99
|
0,20
|
2,87
|
0,20
|
1,00
|
0,10
|
3,48
|
0,20
|
5,07
|
0,20
|
3,71
|
0,20
|
|
Transformation
|
147,29
|
10,90
|
179,96
|
12,20
|
95,63
|
9,20
|
168,27
|
11,80
|
287,72
|
13,00
|
175,17
|
11,30
|
|
Frais pour l’irrigation
|
12,70
|
0,90
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
0,00
|
111,96
|
5,10
|
0,00
|
0,00
|
|
Main-d’œuvre (MO) salariée
|
93,82
|
7,00
|
75,09
|
5,10
|
80,23
|
7,80
|
80,50
|
5,70
|
159,38
|
7,20
|
113,29
|
7,30
|
|
Valorisation de la MO familiale
|
82,93
|
6,20
|
57,23
|
3,90
|
86,48
|
8,40
|
100,86
|
7,10
|
94,32
|
4,30
|
60,42
|
3,90
|
|
Taux d’intérêt sur le capital Equipement
|
253,30
|
18,80
|
302,22
|
20,50
|
261,21
|
25,20
|
210,80
|
14,80
|
242,15
|
11,00
|
274,62
|
17,70
|
|
Coût du foncier
|
117,67
|
8,70
|
278,45
|
18,90
|
62,27
|
6,00
|
113,22
|
8,00
|
326,88
|
14,80
|
138,97
|
9,00
|
|
Assurances
|
42,57
|
3,20
|
19,97
|
1,40
|
40,94
|
4,00
|
50,61
|
3,60
|
44,55
|
2,00
|
40,50
|
2,60
|
|
Gestion d’exploitation
|
38,18
|
2,80
|
17,59
|
1,20
|
29,68
|
2,90
|
35,16
|
2,50
|
90,34
|
4,10
|
43,46
|
2,80
|
|
Coût total
|
1 347,29
|
100,00
|
1 473,93
|
100,00
|
1 035,16
|
100,00
|
1 421.89
|
100,00
|
2 208,45
|
100,00
|
1 548,26
|
100,00
|
|
US$/kg – à la ferme – coton graine
|
0,73
|
0,61
|
0,96
|
0,72
|
0,62
|
0,62
|
|
US$/kg – à la ferme – coton fibre
|
1,85
|
1,54
|
2,52
|
1,74
|
1,55
|
1,58
|
|
US$/livre – à la ferme – coton fibre
|
0,8376
|
0,7001
|
1,1415
|
0,7872
|
0,7015
|
0,7161
|
|
Marges/revenus avec et sans subventions publiques
|
|
Marges (US$/livre) sans subventions
|
– 0,1776
|
– 0,0201
|
– 0,5415
|
– 0,1372
|
0,0585
|
– 0,0561
|
|
Marges (US$/ha) sans subventions
|
– 285,62
|
– 42,35
|
– 491,06
|
– 247,81
|
184,04
|
– 121,28
|
|
Marges (US$/livre) avec subventions
|
0,0324
|
0,1899
|
– 0,3315
|
0,0728
|
0,2685
|
0,1539
|
|
Marges (US$/ha) avec subventions
|
52,19
|
399,75
|
– 300,62
|
131,5
|
845,12
|
332,77
|
|
Coût par hectare
|
1 347,29
|
|
1 473,93
|
|
1 035,16
|
|
1 421,89
|
|
2 208,45
|
|
1 548,26
|
|
Prix de vente coton fibre US$/livre
|
0,6600
|
|
0,6800
|
|
0,6000
|
|
0,6500
|
|
0,7600
|
|
0,6600
|
|
Chiffre d’affaires US$/ha
|
1 061,67
|
|
1 431,58
|
|
544,10
|
|
1 174,08
|
|
2 392,49
|
|
1 426,98
|
|
Prix de revient US$/livre
|
0,8376
|
|
0,7001
|
|
1,1415
|
|
0,7872
|
|
0,7015
|
|
0,7161
|
|
Subventions US US$/ha
|
337,81
|
|
442,10
|
|
190,44
|
|
379,31
|
|
661,08
|
|
454,05
|
|
Subventions US US$/livre
|
0,2100
|
|
0,2100
|
|
0,2100
|
|
0,2100
|
|
0,2100
|
|
0,2100
|
|
Marge par hectare hors subventions
|
– 285,62
|
|
– 42,35
|
|
– 491,06
|
|
– 247,81
|
|
184,04
|
|
– 121,28
|
|
Marge hors subventions
|
– 0,1776
|
|
– 0,0201
|
|
– 0,5415
|
|
– 0,1372
|
|
0,0585
|
|
– 0,0561
|
|
Marge par hectare avec subventions
|
52,19
|
|
399,75
|
|
– 300,62
|
|
131,50
|
|
845,12
|
|
332,77
|
|
Marge avec subventions
|
0,0324
|
|
0,1899
|
|
– 0,3315
|
|
0,0728
|
|
0,2685
|
|
0,1539
|
Références
1 United States Department of Agriculture (USDA). Farm resource
regions. Agric Information Bull 2000 ; 760 : 69-82.
2 Foreign Agricultural Service (FAS) Online. Cotton Statistics
and Reports. Washington : FAS, 2004.
www.fas.usda.gov/cots/cotstats.html, November 2004.
3 Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE).
Sistema IBGE de Recuperação Automática, Agricultura. Rio de
Janeiro : IBGE, 2004. www.sidra.ibge.gov.br/bda/.
4 Kébé D, Bélières JF, Sanogo O. Impact de la
globalisation et de l’ajustement structurel sur les petits
producteurs au Mali. Bamako (Mali) : Food and Agriculture
Organisation (FAO) ; Institut d’économie rurale (IER),
2003.
5 Commission d’application du mécanisme de fixation du prix du
coton graine aux producteurs. Les coûts de production du
coton : Détermination du taux de rémunération de la main
d’œuvre salariée en zone CMDT et OHVN, Campagne 2003/04.
Bamako : Ministère malien de l’Agriculture, de l’Élevage et de
la Pêche, 2004.
6 Companhia Nacional de Abastecimento (Conab). Conjunturas
Agropecuárias. Algodão. Período de 30/08 a 03/09/2004.
Brasília : Conab, 2004. www.conab.gov.br/.
7 Rafiq Chaudhry M. Cost of production in the USA and others
countries. Washington : International Cotton Advisory
Committee (ICAC), 2004.
www.icac.org/cotton_info/speeches/Chaudhry/2005/beltwide_05.pdf.
8 Brooks NL. Characteristics and production costs of U.S.
cotton farms. Stat Bull 2001 ; 974 : 2.
9 National Cotton Council of America. Cotton costs and returns.
Memphis (Tennessee) : National Cotton Council of America,
2004. http ://risk.cotton.org/CotBudgets/cotbudget.htm,
November 2004b.
10 Mendez del Villar P, Gameiro HA, Dabat MH. Os fatores de
eficiência das culturas agrícolas no Brasil : uma comparação
com os Estados Unidos e França nos casos da soja, do milho e do
arroz. Informações Econômicas (São Paulo) 2004 ; 34 :
22-35 www.iea.sp.gov.br/out/iinfecon.htm.
1 Par compétitivité nous entendrons ici au
sens large, la capacité d’une entreprise, en termes de performances
techniques et financières, à générer des revenus qui lui permettent
de maintenir ou d’améliorer ses parts de marchés (internes ou/et
externes).2 Exploitation A : avec
deux unités de culture attelée, ayant au moins un semoir, une
charrette et possédant un troupeau d’au moins 10 bovins, y
compris les deux paires de bœufs de labours.3 Exploitation B : disposant d’une unité de
culture attelée, mais ayant un troupeau de bovins de moins de 10
têtes, y compris la paire de bœufs de labours.4 Exploitation C : non-équipée pour la culture
attelée, mais sachant conduire un attelage et disposant d’un
attelage incomplet5 Exploitation D :
en culture manuelle, ne connaissant pas ou très peu la culture
attelée.6 Plus intensif : région de
Primavera do Leste (Brésil), région de Fruitful Rim (États-Unis) et
exploitation type A (Mali).7 Système
intermédiaire : Campo Novo dos Parecis (Brésil), moyenne
(Etats-Unis) et exploitation type B (Mali).8 Moins intensif : Paraná - manuelle (Brésil),
Prairie Gateway (États-Unis) et exploitation type C (Mali).
|