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Garanties de qualité dans les exploitations agricoles : exemple de l’élaboration du référentiel Quali’Terre® en Picardie


Cahiers Agricultures. Volume 14, Numéro 3, 313-22, Mai - Juin 2005, Étude originale


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Christine Aubry, Marie-Béatrice Galan, Armelle Mazé , Institut national de la recherche agronomique, Unité mixte de recherche Sad-APT (Sciences pour l’action et le développement–Activités, Produits, Territoires), 16, rue Claude Bernard, 75231 Paris cedex 05, Agro-Transfert Picardie, Domaine de Brunehaut, 80200 Estrées-Mons.

Résumé : Cet article analyse les fondements méthodologiques et les principes, parfois implicites, qui ont servi de support pour l’élaboration d’un référentiel ayant inspiré celui qui a été retenu dans le cadre de l’agriculture raisonnée, à savoir le référentiel de bonnes pratiques Quali’Terre®. Nous montrons que les innovations introduites par ce référentiel sont de trois natures : i) un changement d’échelle en se plaçant au niveau de l’exploitation agricole, et non de la parcelle ou d’une production donnée \; ii) l’utilisation de la méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) pour l’identification et surtout la hiérarchisation des risques et des mesures préventives \; iii) l’introduction de la notion de boucle d’amélioration continue pour l’agriculteur. Même si d’un point de vue agronomique, l’application d’un tel référentiel ne paraît pas insurmontable, nous montrons à partir d’une enquête auprès d’une centaine d’exploitations agricoles que sa transversalité fait aussi sa difficulté. Nous discutons alors son positionnement par rapport à d’autres référentiels ou d’autres manières d’évaluer ou d’améliorer les pratiques agricoles.

Mots-clés : Systèmes agraires, Méthodes et outils, Qualité et sécurité des produits.

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) :, Christine Aubry1, Marie-Béatrice Galan2, Armelle Mazé1,*

1Institut national de la recherche agronomique, Unité mixte de recherche Sad-APT (Sciences pour l’action et le développement–Activités, Produits, Territoires), 16, rue Claude Bernard, 75231 Paris cedex 05
2Agro-Transfert Picardie, Domaine de Brunehaut, 80200 Estrées-Mons

Le développement des éco-labels ou autres signes de qualité en agriculture constitue une tentative pour faire de la gestion environnementale, au même titre que la qualité des produits, un instrument de différenciation des produits agricoles et un moyen de faire rémunérer par le marché les efforts des producteurs en la matière [1]. La prise en considération des pratiques de gestion environnementale des agriculteurs s’est inscrite dans une logique de revalorisation du métier d’agriculteur et de promotion d’une agriculture citoyenne. Les débats récents sur l’agriculture raisonnée s’inscrivent très directement dans cette logique. Néanmoins, ces débats n’ont pas suffi à épuiser la question de la méthode et des outils nécessaires pour faciliter l’adoption de ce type de démarche par les agriculteurs et faire évoluer leurs pratiques.Cet article se propose d’examiner les principes méthodologiques et scientifiques sur lesquels s’est appuyée l’élaboration du référentiel Quali’Terre®, dont s’est largement inspiré le socle technique retenu en France pour l’Agriculture raisonnée [2]. Trois innovations marquent ce référentiel : i) la transversalité, c’est-à-dire qu’il ne considère pas une production ou un risque particulier (environnemental, par exemple) pris isolément, mais adopte une approche globale du fonctionnement de l’exploitation agricole ; ii) l’utilisation de la méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point : analyse des points critiques pour détecter les dangers et les maîtriser) pour analyser les lieux de progression des pratiques et orienter les préconisations ; iii) l’introduction de la notion de boucle d’amélioration continue de la qualité pour l’agriculteur.Après un bref rappel des objectifs initiaux de cette démarche et des partis pris qui en découlent, nous analyserons les modalités d’application de la méthode HACCP et son adaptation au contexte agricole. La méthode suivie pour la conception du référentiel Quali’Terre® nous permettra de mettre en évidence l’intérêt et les contraintes associées à ce type de méthode. Enfin, nous proposerons une évaluation de la faisabilité de ce type de démarche par les agriculteurs à partir des résultats de tests réalisés auprès d’exploitations agricoles de Picardie avant de discuter du positionnement de ce type de démarche par rapport à d’autres méthodes.

Origines et objectifs initiaux de la démarche Quali’Terre®

À la différence d’autres régions en France, la production agricole en Picardie s’appuie peu sur des stratégies de valorisation fondées sur les appellations d’origine ou sur des labels. Le programme initialement intitulé « Garanties de qualité dans les exploitations en Picardie » est ainsi né à la fin de l’année 1996, à l’initiative des chambres d’Agriculture de cette région, d’un double constat :
  • 1. La multiplication des cahiers des charges par produit émis par l’aval, l’agriculture et l’élevage picards étant depuis longtemps reliés aux industries agroalimentaires très représentées localement. Un souhait se faisait jour de tenter d’harmoniser ces exigences diverses et de redonner l’initiative aux agriculteurs en terme de qualité.
  • 2. Une prise de conscience de la nécessité de redonner confiance aux consommateurs dans les processus de production agricole. Ce questionnement intégrait des préoccupations liées à une meilleure protection de l’environnement.

De ce double constat est apparue la nécessité de développer un nouveau concept. Dès le départ, plusieurs partis pris ont ainsi été retenus pour cadrer la démarche :

  • une approche d’emblée transversale de la qualité au niveau de l’exploitation et non pas d’un produit ou d’un processus ;
  • la volonté affirmée que cette démarche soit un outil de développement régional et d’accompagnement des agriculteurs, et non une contrainte supplémentaire imposée.

Il s’agissait au travers de ces deux éléments : i) de rendre a priori accessible cette démarche au plus grand nombre d’agriculteurs sans privilégier quelque système de production ou capacité économique que ce soit ; ii) de valoriser l’expertise détenue par les conseillers agricoles en réalisant une coconstruction du référentiel, étape probablement importante pour que cette méthode soit facilement appropriable par ces conseillers ; iii) de ne pas faire une opération ponctuelle, mais d’entraîner les exploitations dans une progression continue et une adaptabilité accrue à l’évolution des demandes sociétales. La définition de ces objectifs a largement orienté la démarche dans son ensemble.

Comme pour toute autre organisation, la qualité d’une exploitation peut être définie de façon générique comme son aptitude à satisfaire les besoins et exigences des « clients », entendus ici comme l’ensemble des interlocuteurs avec lesquels les agriculteurs sont aujourd’hui amenés à interagir dans le cadre de leur activité. C’est en partant de cette idée que nous avons cherché à décliner ce que pouvait être la « qualité globale » d’une exploitation.

La traduction de cette approche sous forme d’un cahier des charges « transversal » de bonnes pratiques (tableau 1( Tableau 1 )) répond au souci de fournir aux agriculteurs et aux conseillers agricoles des outils de diagnostic et d’amélioration des pratiques relativement faciles à mettre en place. L’une des difficultés rencontrées pour la définition de bonnes pratiques agricoles tient en effet au choix d’indicateurs qui soient pertinents et aisément manipulables par les acteurs chargés de la mise en application.

Après un processus de concertation entre les promoteurs de la démarche, trois thèmes principaux ont été retenus : i) les pratiques agricoles, vues de façon générique, comme devant garantir conjointement des objectifs de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement ; ii) l’accessibilité à un tiers (consommateur, entreprise, visiteur…) d’informations sur l’exploitation et ses modes de production dans une optique de transparence ; iii) l’insertion de l’exploitation dans son environnement local et dans ses relations à l’extérieur (limitation des gênes de voisinage, accueil, etc.). Plusieurs raisons justifient la prise en considération de la globalité de l’exploitation pour la conception de ce référentiel de bonnes pratiques.
Tableau 1 Contenu et transversalité du référentiel Quali’Terre®.Table 1. Contents of the Quali’Terre® GAP Guidelines.

Le référentiel Quali’Terre® est structuré en trois parties : a) la gestion de l’exploitation ; b) les productions végétales ; et c) les productions animales. Pour les productions animales, un principe d’équivalence a été adopté par rapport à la charte de bonnes pratiques d’élevage, élaborée au niveau national. Le référentiel intègre également des thèmes comme la sécurité sanitaire des aliments, la sécurité des personnes, la transparence des modes de production, le bien-être animal.

A – Gestion de l’exploitation

B – Productions végétales

C – Productions animales

  • Transparence et traçabilité
  • Relations externes
  • Formation et compétences
  • Matériel et installations
  • Gestion des déchets produits sur l’exploitation
  • Érosion des sols
  • Maintien de la biodiversité et aspects paysagers de l’exploitation


  • Protection phytosanitaire
  • Fertilisation
  • Irrigation et gestion quantitative de l’eau
  • Stockage des récoltes


  • Identification
  • Suivi sanitaire
  • Alimentation
  • Environnement et accès à l’élevage
  • Hygiène et bien-être


Une approche transversale

La plupart des guides de bonnes pratiques, tant en France que dans d’autres pays européens, ont été élaborés pour une production particulière (blé, pomme de terre, production bovine, porcine…) ou pour un groupe de productions (céréales) et souvent par un des maillons de la filière considérée. Ils servent de référence pour l’élaboration de cahiers des charges ou de référentiels privés dont les objectifs, variables, ne sont pas nécessairement, d’un point de vue agronomique, compatibles entre eux. Par exemple, certaines cultures visant un créneau particulier (blé à taux de protéines élevé) nécessitent un niveau de fertilisation azotée important à certains stades de croissance, à des périodes où les risques de lessivage de l’azote ne sont pas négligeables dans certaines régions.

La multiplication de ces référentiels, mais aussi des cahiers des charges mis en place par la grande distribution et les industries agroalimentaires, donne, du point de vue de l’agriculteur et à l’échelle de l’exploitation agricole, l’impression d’une multiplication de mesures et de contraintes à respecter, sans que ces dernières ne se recouvrent complètement ni soient nécessairement toutes cohérentes entre elles. Pour répondre aux attentes de la société, ces référentiels affichent de plus en plus à la fois des objectifs de qualité des produits et des objectifs de protection de l’environnement [3, 4].

Si l’on vise une approche transversale de la qualité d’une exploitation, ces référentiels sont ainsi insuffisants et les additionner dans une exploitation n’apporte pas de garantie supplémentaire contre des risques transversaux. Ils ne s’expriment, en effet, que par des prescriptions normatives sur les pratiques culturales, notamment sur la fertilisation azotée ou la protection phytosanitaire, d’une production donnée, élaborées à l’échelle de la parcelle à partir de connaissances agronomiques centrées sur les fonctionnements écophysiologiques et sur les relations plante-sol-climat.

Certaines études ont cependant souligné le manque de connaissances scientifiques adéquates par rapport aux processus écologiques et environnementaux à un niveau local [4], mais aussi la nécessité de surmonter l’arbitraire de ces seuils normatifs afin de mieux s’adapter aux variations du milieu. Ces prescriptions normatives ne tiennent en effet pas compte des conditions de mise en œuvre des techniques, ni des dangers que ces mises en œuvres peuvent entraîner. Par exemple, le risque de débordement de produits lors du remplissage d’un pulvérisateur concerne toutes les cultures. Ils ne disent généralement rien des actions correctives ou préventives à mettre en œuvre pour se prémunir de ces risques.

Or l’application d’un même cahier des charges ne se traduit pas de la même manière selon les exploitations agricoles du fait des contraintes spécifiques que l’agriculteur doit gérer dans l’organisation de son système de production. Par exemple, pour une production de pommes de terre de consommation haut de gamme exigeant l’absence complète de taches sur la peau, la protection phytosanitaire est moins intense lorsque l’agriculteur peut intégrer cette culture dans un type de sol et une succession de cultures limitant les risques de gale [5] ; cependant, si les cahiers des charges spécifiques ne stipulent rien quant aux terrains et aux précédents culturaux, en revanche ils tendent de plus en plus à exiger une teneur faible en résidus de pesticides, sans vraiment guider l’agriculteur sur les moyens concrets d’y parvenir.

Pour mieux prendre en considération ces contradictions et la cohérence des choix techniques de l’agriculteur, certains référentiels privilégient aujourd’hui une approche transversale, et non par type de production [6]. Prendre en considération les logiques d’action des agriculteurs est donc essentiel pour l’élaboration des cahiers des charges et la conception d’outils d’aide à la décision en matière de gestion des risques environnementaux ou d’autres types de risques [7]. En effet, la plupart des exploitations agricoles ne sont pas spécialisées sur une seule et unique production ou culture. L’adoption d’une approche transversale conduit ainsi non seulement à prendre en considération les interdépendances dans la manière dont sont conduites ces différentes cultures ou productions [8-10], mais aussi à s’intéresser aux pratiques des agriculteurs dans des domaines plus larges, encore trop souvent négligés, que ceux qui concernent directement la conduite des processus techniques comme la gestion de l’information.

La méthode HACCP : théorie et adaptations

L’adoption d’une démarche transversale oblige néanmoins, pour fournir un guide de bonnes pratiques, à hiérarchiser les risques de « non-qualité » dans les processus productifs et dans ces autres domaines. C’est pour réaliser d’une manière systématique cette hiérarchisation que nous nous avons choisi d’adapter une méthode d’analyse des risques, la méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point), au contexte de l’activité agricole et aux objectifs de la démarche.

La méthode HACCP en théorie

La méthode HACCP est un système de maîtrise des risques reposant sur la prévention. Ce système est censé conduire à une diminution des pertes de produits en fin de ligne de production, à une gestion des ressources techniques plus efficace en se focalisant sur la gestion des points critiques pour leur maîtrise. L’intérêt de la méthode HACCP repose sur une décomposition de l’analyse en différentes étapes à suivre (encadré 1). Cette analyse est, en général, menée pour un processus de production donné et aboutit à une matrice (tableau 2( Tableau 2 )).

L’utilisation de la méthode HACCP est aujourd’hui une référence pour la maîtrise des risques, notamment dans le domaine de la sécurité sanitaire [11, 12]. Ses principes ont ensuite été étendus à d’autres domaines, comme la sécurité des personnes au travail ou la protection de l’environnement. Pour tout ce qui a trait à la sécurité des produits, l’analyse des dangers est habituellement faite produit par produit, à partir des diagrammes de fabrication. Dans le cas de l’environnement par exemple, l’analyse des dangers doit prendre en compte de façon transverse l’ensemble des productions de l’entreprise.

L’intérêt de la méthode HACCP est de mettre l’accent sur les modalités de hiérarchisation des risques et des mesures préventives ou correctrices prioritaires à mettre en place. Elle paraît donc ainsi répondre bien aux objectifs et choix initiaux du programme mis en place en Picardie pour la conception de la démarche Quali’Terre®.
Tableau 2 Le tableau de maîtrise HACCP (d’après [11]).Table 2. Procedure for risks identification and control with the HACCP method (from [11]).

  • Étape du
  • process


  • CCP


  • Analyse
  • Danger


  • Mesure
  • préventive


  • Limite
  • critique


Surveillance

  • Action
  • corrective


Responsabilité

  • Phases non intégrées dans le référentiel de
  • Bonnes pratiques Quali’Terre®


Adaptations de la méthode HACCP au contexte agricole

L’application de la méthode HACCP au contexte agricole, notamment avec une approche transversale à l’échelle de l’exploitation agricole, a nécessité certaines adaptations pour tenir compte des spécificités liées à l’activité. Les risques environnementaux en particulier peuvent n’être perceptibles et mesurables que sur des temps longs (plusieurs années) et des échelles spatiales dépassant le territoire de l’exploitation agricole (bassins-versants). De plus, l’expression de certains risques est fortement influencée par le milieu naturel (climat, sol), mais aussi par les systèmes de culture adoptés par l’agriculteur : c’est le cas pour les risques de pollution nitrique, pour lesquels un classement des situations à risque peut être fait en fonction de ces deux facteurs [13]. Compte tenu de ces spécificités, deux stratégies, ne présentant pas les mêmes avantages et inconvénients (tableau 3( Tableau 3 )), se présentent pour étendre la méthode HACCP au contexte agricole :
  • Stratégie 1 : appliquer classiquement la méthode HACCP au niveau de l’exploitation agricole individuelle. On analyse dans ce cas les dangers et les points critiques, on identifie les points critiques et les mesures préventives les plus adaptées à l’exploitation considérée par une démarche simplifiée d’analyses des risques tenant compte du manque local de références techniques et de la difficulté à relier la nature et les lieux d’expression des risques à l’échelle de l’exploitation. La réalisation d’une analyse environnementale, ou Diagnostic Agri-Environnemental (DAE), prévue par la norme ISO 14000 sur le management environnemental, s’inscrit dans cette logique.
  • Stratégie 2 : appliquer une liste de mesures préventives ou correctives, identifiées préalablement lors d’une analyse des dangers réalisée à une échelle locale ou régionale, par un groupe d’experts. Dans ce cas, l’application de la méthode HACCP se traduit par l’élaboration d’un référentiel de bonnes pratiques : les points du référentiel correspondent à un ensemble de mesures préventives ou correctives prédéfinies par le ou les groupes d’experts, en valorisant notamment leurs connaissances des milieux et des systèmes de production à l’échelle régionale. C’est alors ce référentiel qui est le résultat de la méthode HACCP. C’est la stratégie retenue pour l’élaboration du référentiel Quali’Terre® pour permettre l’application de la méthode à un grand nombre d’exploitations.

Signalons cependant que les stratégies d’adaptation et de simplification de la méthode HACCP ne remettent pas en cause la validité de l’analyse pour plusieurs raisons. Un grand nombre d’activités culturales sont communes aux différentes productions de l’exploitation. La simplification à l’échelle de l’exploitation est possible car certaines étapes du processus de production sont communes à différentes cultures et/ou de nature répétitive (stockage des produits phytopharmaceutiques, remplissage de la cuve du pulvérisateur, etc.). Le risque lié à ces étapes est donc fonction de leur fréquence d’occurrence dans l’exploitation, laquelle peut se déduire de la connaissance des productions. Une extension de l’analyse à l’échelle régionale est également possible, si la diversité des systèmes de production et des milieux est connue.

En agriculture, les processus de production reposent sur un ensemble d’activités (préparation du sol, semis, traitements, récolte), dont les séquences et les risques potentiels qu’elles entraînent sont souvent suffisamment similaires d’une exploitation agricole à l’autre au sein d’une même région et pour des milieux et des systèmes de production voisins pour que le choix de réaliser cette analyse à une échelle régionale soit pertinent. Dès lors, une bonne connaissance de la diversité régionale des milieux et des systèmes de production, souvent détenue par les conseillers techniques locaux, peut permettre une bonne analyse des risques à l’échelle régionale.
Tableau 3 Analyse des coûts/bénéfices des stratégies d’adaptation de l’HACCP.Table 3. Cost/benefit analysis of the alternative strategies for adapting the HACCP method.

Coût de conception à l’échelle de l’exploitation

  • Stratégie 1
  • HACCP simplifiée


  • Stratégie 2
  • Traduction en référentiel
  • de bonnes pratiques


Degré de précision/risques d’erreurs

+

-

Réduction des coûts de conception

-

++

Conception du référentiel

La conception du référentiel Quali’Terre® s’est faite en trois étapes (tableau 4( Tableau 4 )). La première étape a conduit à la réalisation d’une analyse HACCP « théorique » à partir des connaissances agronomiques les plus récentes applicables aux systèmes de grandes cultures et aux systèmes d’élevage pertinents localement1. Il s’agissait d’identifier a priori et à partir de la consultation d’experts scientifiques, un ensemble de risques potentiels.

La deuxième phase a permis de hiérarchiser ces risques par rapport à la situation régionale observée en Picardie. Un second groupe d’experts (essentiellement des conseillers de chambres d’agriculture) a alors été consulté pour leur connaissance du milieu régional et des pratiques des agriculteurs. Le recours à ces experts régionaux a permis de prendre en considération l’existence d’une variabilité des pratiques selon les agriculteurs, mais également l’existence de différences régionales dans les pratiques de conseil et de recommandations techniques formulées par les organismes de développement agricole.

La troisième et dernière phase, que nous détaillerons ci-dessous, a validé la faisabilité du référentiel à partir d’une série de tests en exploitations agricoles. L’objectif de la démarche ainsi adoptée était de pouvoir proposer des indicateurs qui restent pertinents et faciles à mettre en œuvre au niveau de l’exploitation.

Analyse théorique des dangers et identification des actions possibles

Dans les analyses HACCP standard, l’analyse des dangers est réalisée produit par produit en s’appuyant sur des diagrammes de fabrication. En raison des interdépendances entre productions au sein d’un grand nombre d’exploitations agricoles [8], la méthode suivie par Aubry et Mousset [14] a utilisé deux entrées différentes selon le type de problèmes. L’analyse des dangers environnementaux a été réalisée, en adoptant une entrée « activité » (semis, apport d’engrais, protection phytosanitaire, etc.), puis pour chaque activité, une entrée « étape du processus » comme dans l’industrie.

Pour un certain nombre de problèmes environnementaux une entrée « risques potentiels » (érosion, pollution des eaux…) plus conforme à la méthode généralement adoptée pour les DAE a été retenue. Les activités pour lesquelles un tableau d’analyse des risques a été réalisé sont : la fertilisation azotée, la gestion des effluents d’élevage, l’utilisation de produits phytosanitaires et l’utilisation de boues et matières fertilisantes.

Nous donnons ci-dessous une illustration de l’application de la méthode retenue à partir de l’exemple de la protection phytosanitaire des cultures. Pour cette activité, nos propres connaissances, la consultation d’experts régionaux et nationaux et de la bibliographie, indiquent [14] trois grandes catégories de risques concernant trois grandes étapes du processus productif : certains risques étaient, lors de l’élaboration du référentiel, mieux connus que d’autres et l’évolution des connaissances pourrait aujourd’hui conduire à certaines modifications (tableau 5( Tableau 5 )).

La protection phytosanitaire des cultures est un bon exemple de risques transversaux : ce sont en effet les étapes situées avant et après l’intervention au champ qui sont les principales génératrices de risques, tant pour la sécurité sanitaire que pour l’environnement ou la santé de l’applicateur. Entre 1980 et 1990, l’agence de l’eau Seine-Normandie avait recensé que, pour 356 accidents de pollution par produits phytosanitaires des eaux superficielles, 61 % renvoient à des étapes avant traitement au champ, 17 % après traitement et seulement 6 % pendant le traitement.
Tableau 4 Étapes de conception et de mise en place du référentiel Quali’Terre®.Table4. Design and implementation stages of the Quali’Terre® Guidelines.

Étapes de conception et de mise en place du référentiel Quali’Terre®

Phase 1

Analyse théorique des dangers et identification des actions possibles

  • - Consultation d’experts scientifiques (Inra) : sept-déc. 1997
  • - Réalisation de l’analyse théorique HACCP sur les systèmes de grandes cultures : 1er semestre 1998
  • - Élaboration d’une 1ère version du référentiel : juin 1998


Phase 2

Analyse régionale

- Validation par un groupe de conseillers : hiérarchisation des risques et évaluation des actions possibles à l’échelle régionale : juin à décembre 1998.

Phase 3

Faisabilité

Tests de faisabilité auprès de 110 exploitations pour valider la formulation des questions et leur compréhension : février-juin 1999

Phase 4

Lancement officiel

Lancement de la démarche en Picardie : décembre 1999


Tableau 5 Identification des risques dans la protection phytosanitaire des cultures (d’après [14]).Table 5. Identification of risk exposure for the phytosanitary protection of the crops (from [14]).

Risques

Mécanismes

Étape du processus concerné

Remarques

Santé du consommateur

  • Résidus toxiques dans les produits agricoles
  • Contaminations de l’eau


  • Traitements au champ
  • Traitement post-récolte
  • Avant traitement
  • Traitement, post-traitement


  • Exploitation mais aussi le long de la filière
  • Cf ressources eaux superficielles et profondes


Santé de l’applicateur

Intoxications aiguës ou chroniques par contact ou inhalation

  • Avant traitements (manipulations des produits, préparations bouillies)
  • Traitements (inhalations)
  • Post-traitement (nettoyage)


  • Toutes étapes concernées. Problème souvent méconnu
  • Des certifications « applicateur » donnent des garanties de formation


Risques environnementaux

  • Ressource
  • eaux superficielles


Ruissellement

  • Avant traitement (débordement cuves, fuites stockages)
  • Traitement
  • Post-traitement (vidange, rinçages cuves)


  • Plus risque contamination directe du circuit d’eau lors du remplissage
  • Risque élevé sur sol nu


  • Ressource
  • eaux profondes


Lessivage

Traitement

Solubilité du produit, conditions d’application

Ressource air

  • Volatilisation
  • (codistillation)


Traitement

Volatilité des produits, conditions météo application

Ressource sol

Adsorption

Traitement

Solubilité du produit, rémanence, produits de dégradation

Hiérarchisation des risques et préconisation d’actions à l’échelle régionale

La traduction de cette analyse dans le référentiel de mesures préventives ou correctives a été réalisée en relation étroite avec un groupe d’experts « régionaux ». Ces derniers ont d’abord cherché à définir les principales situations à risque pour un danger donné et à identifier les pratiques les plus pertinentes à mettre en place par les agriculteurs (encadré 2). Ensuite, ce groupe a procédé à une hiérarchisation des pratiques correctives ou préventives pertinentes régionalement en fonction de quatre critères [15] :
  • est-ce un élément de la réglementation ?
  • est-ce un élément efficace par rapport aux objectifs visés ?
  • est-ce facile à mettre en place ou réalisable par l’agriculteur ?
  • ces pratiques sont-elles vérifiables par un tiers ?

Sur ces critères, le groupe a procédé à une notation. Nous montrons (tableau 6( Tableau 6 )) sa traduction pour l’étape avant traitement de la protection phytosanitaire des cultures. Certaines mesures sont considérées par le groupe comme très efficaces pour maîtriser les risques encourus pendant l’étape considérée (note 5) mais plus ou moins facilement réalisables par l’agriculteur (coût, travail supplémentaire, maîtrise technique nécessaire) et plus ou moins faciles à vérifier : par exemple, une surveillance permanente au moment du remplissage des cuves est une mesure très efficace pour éviter des risques de pollution des eaux par fuites ou débordement, facile à mettre en œuvre, mais seul l’engagement moral de l’agriculteur à exercer cette surveillance peut être tenu comme moyen de vérification.

Un local de stockage isolé et sécurisé est aussi un moyen très efficace pour éviter des fuites de produits, ses caractéristiques sont réglementairement définies (décret de mai 1987) ; cependant, suivre la réglementation à la lettre peut être relativement difficile2 ; en revanche, la vérification est, elle, simple et sans ambiguïté (visite). À titre de comparaison, pour l’étape de traitement, la lutte intégrée est plus efficace que le seul raisonnement de traitements chimiques (diagnostic au champ, adaptation des produits et des doses) pour maîtriser la plupart des risques liés à cette étape (sécurité alimentaire, pollution, santé des applicateurs) ; cependant, elle représente un changement plus important pour l’agriculteur dans ses modes de raisonnement.

À la suite de cette analyse des risques, les mesures préventives ou correctrices ont alors été classées en deux niveaux d’échelle différents (niveau A et niveau B), en fonction de leur efficacité, de leur faisabilité et de leur caractère vérifiable. Les points classés en niveau A sont obligatoires et s’appliquent à toutes les exploitations : ce niveau contient notamment tous les aspects réglementaires, et les mesures les plus simples pour limiter les risques les plus importants. Pour les critères de niveau B, il a été décidé qu’une exploitation doit respecter au minimum 80 % de ces critères, lesquels comprennent non seulement des mesures éventuellement plus difficiles à mettre en œuvre mais très efficaces ou efficaces conjointement sur plusieurs risques, mais aussi des mesures relatives à certains contextes de systèmes de production ou de milieu. Cette distinction permet d’introduire un début de prise en considération des spécificités propres à chaque exploitation.
Tableau 6 Mesures préventives et correctives pour les risques liés à la protection phytosanitaire des cultures : étape avant traitement (d’après [14]).Table 6. Preventive and corrective actions for the risks linked to the phytosanitary protection of the crops: pre-treatment phase (from [14]).

Mesure

Efficacité

Difficulté

Type de vérification

  • Local sécurisé, isolé
  • (réglementaire)


5

3

Visite du local

Rinçage bidons

4

1

Engagement

Système Pic Agri de collecte des déchets

5

2-3

Adhésion

Clapets anti-retour

3

2

Visite

Surveillance permanente

5

1

Engagement

Bac autour cuve de remplissage (réglementaire)

5

3-4

Visite

Port de masque, gant, combinaison

4

2-3

Visite + engagement

Certification applicateur

4

2-3

Diplôme

Application au niveau de l’exploitation agricole

La dernière phase d’élaboration du référentiel s’est appuyée sur une validation in situ de l’application du référentiel dans des exploitations agricoles par des conseillers agricoles. Cette dernière phase a permis d’apporter des améliorations sensibles dans la formulation des points du référentiel et leur compréhension par les conseillers/auditeurs.

Avec l’extension de la démarche au niveau national, ces améliorations ont conduit à la rédaction d’un référentiel plus général, mais dont les conditions d’application et d’interprétation étaient déclinées régionalement dans les notices et guides d’audit mis à disposition des conseillers pour tenir compte des pratiques locales (encadré 3).

L’application de ce référentiel dans d’autres régions oblige cependant à revoir la hiérarchie des risques en fonction des caractéristiques propres à chaque région (milieux, diversité interne des systèmes de production)3. D’un point de vue strictement agronomique, le niveau d’exigence du référentiel Quali’Terre® n’apparaît pas à première vue insurmontable. Une enquête auprès d’un échantillon d’agriculteurs a permis de préciser la nature des difficultés rencontrées.

Coûts de conception et d’application : un test en exploitations

La réalisation d’une analyse des risques à une échelle régionale, plutôt qu’à une échelle individuelle présentait l’avantage de permettre des économies d’échelle sur les coûts initiaux de conception du plan HACCP. Mais le niveau minimum défini par le référentiel Quali’Terre® n’est-il finalement pas trop contraignant pour les agriculteurs, au risque de les dissuader de s’engager dans la démarche ?

Test du référentiel dans les exploitations agricoles

Une étude réalisée en Picardie au cours de l’année 2000 a permis d’évaluer la faisabilité du référentiel dans des exploitations de grande culture et la nature des difficultés rencontrées [16]. Les enquêtes ont été réalisées, en janvier et février 2000, auprès d’un échantillon de 102 exploitations, dont 65 sont des exploitations de polyculture (céréales, betterave, pommes de terre, légumes de conserve) et 37 de polyculture-élevage (laitier, ovin ou bovin allaitant).

Un premier résultat est que, sur un échantillon de 102 exploitations, seulement 6 exploitations répondent au moment de l’enquête aux conditions de la qualification, soit 100 % du niveau A et 80 % du niveau B (( figure 1 )). L’analyse montre qu’aucun système de production ne semble être de manière significative favorisé par le référentiel. Même si les exploitations de polyculture-élevage ont plus d’exigences à remplir que des exploitations de polyculture, elles n’obtiennent pas en moyenne de plus mauvais résultats. Le référentiel ne sélectionne donc pas a priori certains systèmes de production.

Un second résultat souligne que, contrairement à ce qui était attendu, le référentiel se révèle relativement contraignant pour les agriculteurs inclus dans l’échantillon. On a analysé dans ces exploitations les principaux points de blocage pour l’application du référentiel (tableau 7( Tableau 7 )). Ce tableau montre que les freins proviennent pour partie du coût des investissements nécessaires pour respecter le référentiel (en particulier sur la question de la construction des bacs de rétention autour des cuves de produits polluants, exigence la moins respectée de l’échantillon). Mais ils sont aussi beaucoup le fait de contraintes techniques et organisationnelles, notamment en matière de gestion de l’information (enregistrements à la parcelle des dates et modalité d’opérations culturales, stockage, archivage de ces informations, etc.). La gestion de l’information apparaît comme l’une des principales contraintes rencontrées dans l’application du référentiel par les agriculteurs.
Tableau 7 Principaux points de blocage du référentiel (version 2000), d’après [16].Table 7. Main points of non-compliance with the Quali’Terre® Guidelines (2000 version) for farmers (from [16]).

Points du référentiel

Nb d’exploitations en non-conformité

Nombre d’exploitations concernées

Bac de rétention autour de la cuve d’hydrocarbure

85

88

Bac de rétention autour de la cuve d’engrais azoté liquide (si plus de 100 m3)

75

4

Bidons vides non percés et non stockés dans un lieu spécifique

61

102

Local ou armoire fermé(e) à clé réservé(e) au stockage des produits phytosanitaires

54

102

Autorisation « installation classée » quand plus de 100 m3 d’engrais liquide

50

2

Contrôle du pulvérisateur tous les trois ans

46

101

Mise en conformité des équipements de travail quand présence de main-d’œuvre

45

71

Enregistrement de la date d’implantation et de l’espèce de culture intermédiaire

40

70

Enregistrement pour chacune des parcelles des apports d’amendements et de fertilisants

38

89

Tests sanitaires lors de l’introduction d’animaux dans le troupeau ovin

38

8

Des freins organisationnels et dans la gestion de l’information

Une analyse plus fine a permis de caractériser des difficultés d’application du référentiel en fonction du type de contraintes qu’il impose. Cela concerne plusieurs points : la capacité de l’agriculteur à avoir un raisonnement agronomique (fertilisation, interventions phytosanitaires, observation de l’état des cultures, etc.), l’enregistrement des pratiques, les contraintes organisationnelles et les capacités financières pour les critères dont la mise en œuvre dépend de la réalisation d’investissements ou a un coût de fonctionnement.

Pour les exploitations avec de la main-d’œuvre salariée, l’une des principales sources de blocage provient de la mise en conformité et de la protection des installations techniques. Pour la contrainte financière, un coût moyen a été estimé pour chacun des critères du référentiel. À partir de cette grille, il a été possible d’évaluer le niveau d’investissement moyen que les agriculteurs auraient à réaliser pour respecter les points du référentiel (( figure 2 )). L’analyse des résultats montre que les investissements nécessaires sont pour plus de la moitié des exploitations inférieurs à 3 000 euros. Ainsi, la contrainte financière, si elle est réelle pour certaines exploitations, n’est pas insurmontable. Des simulations réalisées sur ces exploitations montrent que, même en levant cette contrainte financière, la plupart des exploitations n’atteignent pas le niveau requis du référentiel.

La principale difficulté du référentiel reste ainsi son caractère transversal : en effet, il ne suffit pas pour l’agriculteur d’être « bon » sur une culture ou une production particulière, mais il lui faut veiller à appliquer ces bonnes pratiques sur l’ensemble de ses productions et sur les volets transproductions. C’est donc au niveau global de l’exploitation que le niveau d’exigences du référentiel est élevé.

Discussion et conclusion

Le référentiel Quali’Terre® est, on l’a dit, l’un des socles techniques du corpus de l’agriculture raisonnée. Un débat, parfois vif, oppose les tenants des codes de bonnes pratiques aux tenants des indicateurs agrienvironnementaux, voire du diagnostic agroenvironnemental (DAE) ou du management environnemental [17].

Référentiels versus indicateurs environnementaux

Certaines études ont cherché à évaluer l’impact environnemental de ces référentiels et de ces cahiers des charges [4]. Différentes méthodes de diagnostic agrienvironnementaux et d’indicateurs sont aujourd’hui proposées aux agriculteurs pour évaluer l’impact environnemental de leurs pratiques [18-20]. C’est un domaine de recherche en pleine expansion. Ces indicateurs sont en général calculés à l’échelle de la parcelle, puis agrégés à partir de méthodes multicritère pour obtenir une évaluation à l’échelle de l’exploitation agricole. Mais ces méthodes ne permettent en réalité pas de relier ces indicateurs à des pratiques concrètes et à des manières de produire spécifiques des agriculteurs ; elles ne permettent donc pas non plus aisément de préconiser des modifications de pratiques. Ainsi Meynard [17] souligne que l’on manque d’outils permettant « de remonter aux causes » et donc de rendre opérationnels ces indicateurs comme moteurs de changement des pratiques des agriculteurs.

Changement de pratiques et boucle d’amélioration de la qualité

L’application de ce type de référentiel et son évaluation par un tiers repose aussi sur la capacité des agriculteurs à expliciter leurs décisions et les raisonnements agronomiques qu’ils appliquent. Cette préoccupation était déjà présente lors de l’élaboration du référentiel dans la mesure où, par exemple, l’accent est mis sur l’application par l’agriculteur d’un mode de raisonnement plutôt que sur l’utilisation de telle ou telle technique agronomique (par exemple, la méthode Azobil® pour la fertilisation azotée). Ce principe explique l’absence, dans le référentiel, d’obligations sur l’usage de certaines techniques agronomiques, interprétée par certains agronomes comme un niveau d’exigence insuffisant.

Si ce choix semble moins objectif que des critères fondés sur le respect de techniques prédéterminées ou de seuils fixes, il vise à favoriser l’implication de l’agriculteur dans une boucle de progression et d’amélioration continue de ses pratiques [21]. Dans ce cas, l’accent est mis sur la recherche d’un changement d’attitude, d’une plus grande responsabilisation et d’une réflexivité accrue sur ses propres pratiques.

Références

1 Grolleau G. Management environnemental et exploitation agricole. Economie Rurale 2001 ; 262 : 35-47.

2 Paillotin G. Rapport sur l’Agriculture Raisonnée, pour le ministre de l’Agriculture. Paris : , 2000 ; 57 p. http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/paillotin-0.pdf.

3 Pujol D, Dron D. Agriculture, Monde Rural et environnement : qualité oblige. Paris : La Documentation Française, 1998 ; 589 p.

4 Manhoult AGE, ven de Ven GWJ, Udo de Haes HA, De Snoo GR. Environmental labelling in the Netherlands : a framework for integrated farming. J Environ Manage 2002 ; 65 : 269-83.

5 Wünsch J. Intégration des contraintes du marché dans la conduite des cultures : effet de la différenciation des produits sur la conduite de la culture de pomme de terre de conservation dans les exploitations agricoles de Picardie. Thèse de doctorat de l’Institut national agronomique Paris-Grignon, 2004, 160 p + annexes.

6 Mazé A, Aubry C, Papy F. La certification des exploitations agricoles. Economie Rurale 2000 ; 258 : 134-9.

7 Benoît M, Papy F. La place de l’agronomie dans la problématique environnementale. Dossiers de l’environnement INRA 1998 ; 17 : 53-71.

8 Papy F. Interdépendance des systèmes de culture dans l’exploitation. In : Malézieux E, Trébuil G, Jaeger M, eds. Modélisation des agro-écosystèmes et aide à la décision. Paris : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ; Inra éditions, 2001 : 571-4.

9 Aubry C, Biarnès A, Maxime F, Papy F. Modélisation de l’organisation technique de la production dans l’exploitation agricole. Et Rech Syst Agr Dev 1998 ; 31 : 25-43.

10 Aubry C. Une modélisation de la gestion de production l’exploitation agricole. Revue Française de gestion 2000 ; 129 : 32-46.

11 Mortimore S, Wallace C. HACCP, Guide Pratique. Paris : Polytechnica, 1996 ; 288 p.

12 Unnevehr L, ed. The Economics of HACCP. Costs and Benefits. St Paul (Minnesota, États-Unis) : Eagan press, 2000. 412 p.

13 Meynard JM, Sébillotte M. Systèmes de Culture, système d’élevage et pollution azotées. In : Calvet J, ed. Nitrates, Agriculture, Eau. Paris : Institut national de la recherche agronomique (Inra), 1990 : 289-312.

14 Aubry C, Mousset J. Élaboration d’un référentiel de bonnes pratiques. Document de travail INRA SAD-APT - Agro-Transfert Picardie. Paris, 1998 ; 35 p (document non publié).

15 Aubry C, Mousset J, Hopquin JP, Mazé A, Papy F, Galan MB. Garanties de qualité des exploitations agricoles en Picardie. In : Lagrange L, ed. Signes officiels de qualité et développement agricole. Paris : Tech &Doc, 1999 : 201-7.

16 Van den Bossche A. Analyse des freins à la mise en oeuvre du référentiel Quali’Terre® dans les exploitations agricoles de Picardie. Mémoire de fin d’étude, Institut supérieur d’agriculture de Beauvais (ISAB), Beauvais, 2000, 75 p.

17 Meynard JM. Du code des bonnes pratiques au management environnemental. Oléoscope 2002 ; 68 : 15-9.

18 Girardin P, Bockstaller C. Les indicateurs agro-écologiques, outils pour évaluer des systèmes de culture. OCL 1997 ; 4 : 418-25.

19 Girardin P, Bockstaller C, Van der Werf H. Indicators : Tools to evaluate the Environmental Impacts of Farming Systems. J Sustain Agric 1999 ; 13 : 5-21.

20 Bockstaller C, Girardin P. How to validate environmental indicators. Agric Syst 2003 ; 76 : 639-53.

21 Mazé A, Galan MB, Papy F. The Governance of Quality and Environmental Management Systems in Agriculture : New Challenges and Research Issues. In : Hagedorn K, ed. Environmental Co-Operation and Institutional Change. Cambridge : Edwar Elgar, 2002 : 162-82.

2 La présence des trois types d’extincteurs réglementaires dans ce local est plutôt rare à l’échelle nationale !3 Par exemple, la hiérarchie des risques dans le domaine de la fertilisation azotée et de la gestion des effluents serait différente en Bretagne, où le ruissellement de surface joue un rôle plus important que le lessivage en profondeur pour contaminer les eaux en azote. Du coup, certaines préconisations techniques (bandes enherbées, par exemple) peuvent prendre une importance plus grande dans le contexte breton de ce point de vue.1 Les coresponsables de l’élaboration de ce référentiel avaient une connaissance préalable de l’agriculture picarde.


 

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