ARTICLE
Auteur(s) : Pierre Feuilloley
Les industries de la canne à sucre et du rhum génèrent des sous
produits (bagasse, mélasse) et des déchets (boues, vinasses).
Souvent déversés dans la nature, ces déchets posent des problèmes
environnementaux à cause de leur forte charge polluante. Cette
pratique est désormais interdite en vertu des nouvelles lois sur la
protection de la nature (fermeture des décharges). Or, une partie
de ces déchets peut être valorisée.
La bagasse, résidu fibreux obtenu après extraction des jus, est
utilisée comme source d’énergie. Elle est brûlée dans des fours
pour produire de la vapeur pour la sucrerie et même de
l’électricité. C’est donc une source d’énergie renouvelable et
disponible sur place.
Les mélasses (résidus de la fabrication du sucre) sont utilisées
pour la fabrication du rhum et l’industrie chimique en consomme
pour produire de l’acétone, du glycérol, etc. C’est aussi un bon
amendement pour l’agriculture.
Les boues sont issues de la décantation des jus de canne. Ce sont
aussi d’excellents amendements pour l’agriculture.
Les vinasses constituent les effluents des distilleries et sont
très toxiques. On ne peut les traiter que dans des stations
d’épuration (méthanisation). En revanche, elles contiennent des
cires qui sont extractibles. Ces cires végétales, connues depuis
longtemps (1841), sont utilisées en cosmétologie et en
thérapeutique (traitements des ulcères, propriétés
anti-inflammatoires et analgésiques). Mais elles sont aussi
utilisées en agriculture comme fongicide et insecticide.
Un procédé a donc été mis au point par une distillerie de la
Guadeloupe consistant à filtrer les vinasses, à en extraire les
cires, ce qui réduit considérablement la charge polluante. Le
rendement en cire est de 7 %. Ces cires sont ensuite
valorisées par l’industrie pharmaceutique et chimique. n
Biofutur 2005 ; 251 : 45-8.
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