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Faune sauvage mammalienne et alimentation des populations holli et fon de la forêt classée de la Lama (Sud‐Bénin)


Cahiers Agricultures. Volume 13, Numéro 4, 341-7, Juillet-Août 2004, Étude originale


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Jean T. Claude Codjia, Achille Ephrem Assogbadjo , Faculté des sciences agronomiques, Université d’Abomey‐Calavi, 01 BP 526 Cotonou Bénin <jtccodjiayahoo.fr> Aménagement et gestion des ressources naturelles, Faculté des sciences agronomiques, Université d’Abomey‐Calavi, 05 BP 1752 Cotonou Bénin <assogbadjoyahoo.fr> .

Résumé : Au Bénin, très peu de recherches se sont intéressées à la contribution de la faune sauvage mammalienne à l’alimentation des populations. Les études réalisées se limitent essentiellement à l’importance des rongeurs dans l’alimentation des ménages. La présente étude réalisée dans la forêt classée de la Lama est une étude de cas portant sur deux ethnies (Holli et Fon) vivant autour de cette forêt. Elle vise à mettre en exergue l’importance de la faune sauvage mammalienne de cette forêt pour l’alimentation des populations riveraines. Elle a été conduite en deux phases : une enquête de consommation alimentaire dans les villages et des relevés de terrain en milieu naturel. Dans les deux localités étudiées, une liste de 29 espèces de mammifères consommées par les populations locales a été établie. Ces espèces ont été réparties dans plusieurs ordres parmi lesquels on peut citer les rongeurs (12 espèces), les artiodactyles (7 espèces), les primates (4 espèces). Malgré la diversité des espèces de mammifères servant de nourriture dans les deux localités, les populations manifestent des préférences nettement marquées pour les viandes de potamochère, d’aulacode et de cricétome.

Mots-clés : Productions animales \; Alimentation, Consommation, Nutrition.

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Jean T. Claude Codjia1, Achille Ephrem Assogbadjo2

1 Faculté des sciences agronomiques, Université d’Abomey-Calavi, 01 BP 526 Cotonou Bénin
<jtccodjia@yahoo.fr>
2
 Aménagement et gestion des ressources naturelles, Faculté des sciences agronomiques, Université d’Abomey-Calavi, 05 BP 1752 Cotonou Bénin
<assogbadjo@yahoo.fr>

Lhomme préhistorique n’avait d’autre source de protéines que les animaux sauvages. L’avènement de l’élevage et de l’agriculture sédentaire l’a en partie affranchi de cette dépendance. Cependant, dans un certain nombre de sociétés modernes non végétariennes, la faune sauvage en général, et celle des mammifères en particulier, contribue encore de façon marquée aux disponibilités en protéines animales [1]. Plusieurs auteurs ont abordé la contribution directe de la faune à l’alimentation, voire à la sécurité alimentaire, des populations rurales en Afrique [2-7]. Au Bénin, quelques travaux seulement s’y sont consacrés [8-12]. De plus, les études réalisées portent sur un petit nombre d’espèces, notamment les rongeurs. Pourtant, la viande de brousse semble y représenter un élément vital du régime alimentaire, et ce pour un ensemble complexe de raisons : manque d’autres sources de viande, contraintes financières, préférences et valeurs culturelles. La présente étude, réalisée de juin à octobre 1999 dans la forêt classée de la Lama, porte sur deux villages. Elle avait pour objectif de mettre en évidence la contribution de la faune sauvage mammalienne à l’alimentation des populations riveraines.

Milieu d’étude

La forêt classée de la Lama située au sud du Bénin s’étend entre 6° 55’ et 7° 00’ de latitude N et entre 2° 04’ et 2° 12’ de longitude E (figure 1). Elle a une superficie de 16 250 hectares dont 2 hectares de forêt dense en 1999. Elle est entourée d’une vingtaine de villages avec une population estimée en 1998 à 41 500 habitants. Les populations vivant dans cette forêt sont d’ethnies holli, fon et aïzo.
La forêt se trouve dans une cuvette d’une altitude moyenne de 60 m. Les sols de la forêt sont des vertisols de texture argilo-sableuse. Le réseau hydrographique est exclusivement composé de mares et de marigots saisonniers.
Le climat est de type guinéen, de transition entre le climat guinéen bimodal et le climat soudanien humide unimodal. La pluviométrie annuelle est de 1 112 mm en moyenne. La température moyenne annuelle varie entre 25 °C et 29 °C. L’humidité atmosphérique reste fort élevée, même en saison sèche (brouillard nocturne).
L’évaluation écologique de la forêt naturelle de la Lama réalisée en 1998 signale 173 espèces végétales réparties sur 67 familles. Les espèces appartiennent en grande partie à la flore soudano-guinéenne et guinéo-congolaise, ce qui classe le noyau central parmi les forêts denses humides semi-décidues des zones moins pluvieuses.
Malgré des activités intensives de braconnage, le noyau central de la forêt classée de la Lama abrite une faune cyné-gétique relativement variée – mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, mollusques et insectes – et partiellement dense, grâce à la protection dont elle jouit ces dernières années.

Méthode

L’étude a été conduite en deux phases : une enquête de consommation alimentaire dans les villages, et des relevés de terrain en milieu naturel.

Échantillonnage

L’étude a été réalisée au niveau de deux villages : un village d’ethnie holli (Agadjaligbo) et un village d’ethnie fon (Don-Zoukoutoudja). Ces deux villages ont été choisis en tenant compte de la diversité ethnique dans le milieu, de la proximité par rapport à la forêt classée et des relations des populations rurales vis-à-vis de l’exploitation des ressources forestières. Dans chaque village, 13 ménages ont été choisis de façon aléatoire simple, ce qui fait au total 26 ménages pour les deux villages. De plus, des enquêtes parallèles ont été réalisées avec les personnes ressources du milieu (chefs de villages, guérisseurs traditionnels, agents de l’Office national du bois). Au total, 126 personnes dont 53 en milieu holli et 73 en milieu fon ont été interrogées.

Enquête de consommation alimentaire

Au niveau des ménages échantillonnés, une enquête de consommation alimentaire qualitative a été réalisée à l’aide d’un questionnaire structuré. Des entretiens de groupes et individuels, menés en combinant la méthode rétrospective (rappel de mémoire) et les observations directes, ont permis de mettre en exergue les espèces consommées, les espèces de mammifères les plus appréciées par les ménages, et les fréquences de consommation des différentes espèces de mammifères consommées par les ménages. Ces enquêtes ont permis de calculer, pour chaque espèce de mammifère, sa fréquence de consommation exprimée en nombre moyen de fois par semaine et par personne, et ce en considérant l’ensemble des personnes interrogées. Les fréquences de consommation de viande domestique et de poisson ont été également établies. Par ailleurs, le taux de préférence de chaque mammifère consommé par les ménages a été calculé en faisant le rapport du nombre de fois oùl’espèce est citée en première position (si l’on considère la préférence de la personne interrogée) par rapport au nombre total de personnes interrogées.

Évaluation de la faune mammalienne en milieu naturel

Il ne s’agit pas ici d’une estimation de l’abondance de la faune mammalienne, mais simplement d’une évaluation qualitative pour mettre en exergue la diversité spécifique des mammifères au niveau de la forêt et confirmer en même temps la présence effective des espèces de mammifères indiquées par les populations durant les enquêtes de consommation alimentaire. L’évaluation des ressources animales en milieu naturel a été effectuée uniquement pour le noyau central en suivant la méthode du Line Transect. Au total sept transects d’une distance totale de 48 km et séparés les uns des autres d’un kilomètre, ont été explorés à travers toute la forêt (figure 1). Des méthodes directes et indirectes ont été combinées. Ainsi, lors de la marche sur un layon donné, les animaux sont directement observés en cas de rencontre. Les empreintes, chants, excréments, traces et trophées ont également permis de signaler la présence effective de certains animaux. Par ailleurs, seuls les inventaires de jour ont été effectués, les animaux de mœurs nocturnes n’ont donc pu être directement observés. Signalons aussi que chaque layon a été exploré une seule fois, la vitesse moyenne de marche étant de 0,22 m/s. Au fur et à mesure de la marche sur un layon donné, les habitats préférentiels des différents types d’animaux ont été mentionnés. Cela a été rendu possible grâce aux membres de l’équipe composée, en plus de nous-mêmes, d’un gardien du noyau central et d’un ancien chasseur dont l’expérience était reconnue de tous. Enfin, l’ensemble des résultats obtenus a été complété par la documentation existante sur l’inventaire des ressources animales de la forêt classée de la Lama et de son noyau central.

Résultats

Diversité des mammifères consommés par les populations locales

Dans les deux localités étudiées, une liste de 29 espèces de mammifères consommées par les populations locales a été établie (tableau 1). Ces espèces sont réparties en 9 ordres, parmi lesquels on peut notamment citer les rongeurs (12 espèces), les artiodactyles (7 espèces), les primates (4 espèces). Ces ordres regroupent 14 familles, dont les plus importantes sont celles des bovidés (6 espèces) et des cercopithédicidés (4 espèces), les autres familles ne comportant au plus que 2 espèces chacune.

Tableau 1. Espèces de mammifères consommées par les populations locales.
Table 1. Mammalian species consumed by local populations.
Noms locaux Noms scientifiques Noms français Ordre Famille Habitat
Holli

Fon

Ehoro Azoui Lepus crawshayi Lièvre à oreille de lapin Lagomorphes Leporidés F/C/P
Ewou Thryonomys swinderianus Aulacode Rongeurs Thryonomidés F/C/P
Eyirè Adjija Hystrix sp. Porc épic Rongeurs Hystricidés F/C/P
Agoungoun Don kékou Heliosciurus gambianus Héliosciure de Gambie Rongeurs Sciuridés F/C/P
Ikoun Wassagbé Xerus erythropus Écureuil fouisseur Rongeurs Sciuridés F/C/P
Awassa Atchou Cricetomys gambianus Cricétome Rongeurs Muridés F/C/P
Awassa Atchou Cricetomys emini Cricétome Rongeurs Muridés F/C/P
Lili Adjijakouzin Atelerix albiventris Hérisson à ventre blanc Insectivores Erinacéidés F/C/P
Iwô Lihoui Manis gigantea Pangolin Pholidotes Manidés F/P
Ami Démotchi Galago senegalensis Galago du Sénégal Primates Lorisidés F/P
Ôgbè Zinvè Cercopithecus erythrogaster Singe à ventre rouge Primates Cercopithédicidés F/P
Ôgbè Cercopithecus mona Mone Primates Cercopithédicidés F/P
Ochiké Cercopithecus aethiops Tantale Primates Cercopithédicidés F/P
Ewoudjô Djè Aonys capensis Loutre à joue blanche Carnivores Mustélidés F/P/C
Kèkè Atilax paludinosus Mangouste de marais Fissipédia Herpestidés F/P
Awawa Zounvoun Dendroihyrax dorsalis Daman d’arbre Hyracoidées Procaviidés F
Êlèdè Gbéglouza Potamochoerus porcus Potamochère Artiodactyles Suidés F
Ôgbanyin Agbanlin Tragelaphus scriptus Guib harnaché Artiodactyles Bovidés F/P
Ôtou Zoungbô Cephalophus monticola Céphalophe bleu Artiodactyles Bovidés F/P
Ôtou Zoungbô Cephalophus rufilatus Céphalophe à flanc roux Artiodactyles Bovidés F/P
Ôtou Zoungbô Cephalophus niger Céphalophe noir Artiodactyles Bovidés F/P
Ôtou anouhan Zoungbô Ourebia ourebi Ourébi Artiodactyles Bovidés F/P
Eman Gbédja Arvicanthis niloticus Rat roussard Rongeurs Muridés F/C
Êdouoko Aklan Taterillus gracilis Rat Rongeurs Muridés C
Ôfé Afin Tatera kempi Rat Rongeurs Muridés F
Alakissa Acoutou Otomys irroratus Rat Rongeurs Muridés C
Otokpo Héto Mastomys natalensis Rat à mamelles multiples Rongeurs Muridés C
ÔLogossi Awlégbè Lemniscomys striatus Souris rayée Rongeurs Muridés
Ôtouwouwé Neotragus pygmaeus Antilope pygmée Artiodactyles Bovidés F/P
F = forêt ; P = plantation ; C = champ.

Par ailleurs, la classification locale regroupe sous une même appellation plusieurs espèces différentes. C’est le cas des bovidés de la sous-famille des céphalophinés qui sont communément appelées « Ôtou » en milieu holli. En milieu fon, cette classification est beaucoup plus large. C’est ainsi qu’en plus des céphalophinés, les néotraginés sont désignées sous la même appellation « Zoungbô », qui littéralement signifie « mouton de brousse ». Néanmoins, les paysans reconnaissent qu’il existe une différence entre chacune des espèces.

Consommation alimentaire de mammifères : typologie, fréquences et préférences de consommation

Il existe une forte variabilité de consommation selon les espèces (tableau 2). Certaines espèces comme les gros rongeurs (aulacode et cricétome) sont consommées par l’ensemble de la population, alors que d’autres ne sont consommées que par moins du quart de la population étudiée ; c’est notamment le cas des primates. En considérant les fréquences de consommation (figure 2), le guib harnaché et les céphalophes sont les espèces les moins fréquemment consommées (moins de deux fois par mois), ce qui n’est pas le cas des gros rongeurs (l’aulacode et le cricétome), du potamochère et du lièvre qui sont consommés plus d’une fois par semaine.

Tableau 2. Pourcentages de personnes consommant les différentes espèces de mammifère de la forêt classée de la Lama
Table 2. Percentage of people consuming different mammalian species from the Lama Forest Reserve.
Espèces de mammifères Consommateurs en %
Aulacode 100
Cricétome 100
Guib harnaché 80
Potamochère 80
Céphalophes 75
Lièvre 75
Héliosciure de Gambie 28
Écureuil fouisseur 25
Loutre à joue blanche 25
Mangouste 25
Tantale 23
Daman d’arbre 20
Galago du Sénégal 20
Souris de barbarie 20
Singe à ventre rouge 15

Malgré la diversité des espèces de mammifères servant de nourriture dans les deux localités, les populations manifestent des préférences nettement marquées pour les viandes de potamochère et d’aulacode qui sont respectivement préférées par 40 % et 33 % des populations riveraines contre 10 % pour le Guib harnaché, 6 % pour le céphalophe et 5 % pour le rat commun et le cricétome (figure 3).

Principales sources de protéines animales dans l’alimentation des populations et préférences des consommateurs

Les principales sources de protéines animales pour les populations riveraines sont essentiellement la viande de brousse, la viande d’animaux domestiques et le poisson. Bien qu’étant préférée au poisson et à la viande domestique (82 % vs 18 %), la viande de brousse est beaucoup moins souvent consommée et constitue environ 1/3 des prises alimentaires de protéines animales (figures 4 et 5).

Discussion et conclusion

La forêt classée de la Lama est l’habitat de nombreuses espèces animales qui sont recherchées et consommées par les populations riveraines. L’effectif des espèces de mammifères consommées est nettement en dessous de celui observé pour trois groupes ethniques vivant dans le bassin du Congo démocratique : les Boyelas (52 espèces), les Ngandus (62 espèces) et les Mbutis (57 espèces) [13]. Pour Ntiamoa Baidu, les différences observées dans le nombre d’espèces capturées sont attribuées à l’abondance relative de certaines d’entre elles sur les terrains de chasse, à leur accessibilité et à des facteurs tels que les tabous alimentaires, un comportement imprévisible et le type d’activité [1].
Si l’on veut se faire une idée du rôle que jouent les animaux sauvages dans l’alimentation des populations locales, il ne faut pas se contenter de prendre en considération le gros gibier. En général, dans l’alimentation des riverains, la majeure partie de la viande consommée provient des petits mammifères, notamment les rongeurs. Dans la forêt de la Lama, la fréquence de consommation relativement faible de viande de brousse par les ménages riverains peut s’expliquer par la vente de cette viande dont les prix sont assez élevés. Cette situation est générale en Afrique de l’Ouest, selon Ntiamoa Baidu qui estime que les revenus issus de ces ventes permettent aux ménages, non seulement de s’approvisionner en d’autres sources de protéines moins chères comme les poissons, mais aussi de satisfaire d’autres besoins de la famille [1]. Ainsi, en 1975 à Ibadan (Nigeria), les viandes de mouton et de bœuf se vendaient respectivement à 2,8 dollars et 4,2 dollars le kilogramme, contre 9,6 dollars pour la viande d’aulacode et 7,2 dollars pour le lièvre sauvage. De plus, la demande et le prix de la viande de chasse augmentent souvent beaucoup plus vite que ceux de la viande d’animaux domestiques. Asibey et Child soulignent qu’à Accra (Ghana), le prix de la viande de chasse a été multiplié par 8 entre 1980 et 1986 contre 6 seulement pour celui de la viande de bœuf [14]. Ainsi, la viande de brousse représente de plus en plus un produit de luxe pour les populations riveraines. Pourtant, les mammifères sauvages semblent avoir eu autrefois une grande importance dans l’alimentation des populations de l’Afrique [15-17]. Par exemple, au Botswana, les différents types de viande provenant d’animaux sauvages ont constitué jusqu’à 60 % de l’apport en protéines animales. D’une certaine façon, cette diminution progressive de la consommation de la viande de brousse au fil des années est susceptible de compromettre la sécurité alimentaire des ruraux en réduisant la qualité et la valeur nutritionnelle de leur régime. Le petit élevage traditionnel pratiqué par les populations rurales peut heureusement compenser ce déficit protéinique potentiel. Mais la situation est plus difficile quand il est impossible d’élever les animaux domestiques pour produire les protéines nécessaires, par exemple dans les zones infestées par les mouches tsé-tsé [14].
La production de ressources animales, tant recherchées aussi bien par les populations des villages que des villes comme sources de protéines et aussi de revenus, mérite d’être réfléchie et intégrée dans le concept de développement durable. L’exploitation et la consommation de la viande de brousse ne s’expliquent pas simplement par le manque d’autres types de viande, mais par un ensemble complexe de facteurs qui comprennent les contraintes, les préférences et les valeurs culturelles. Ces facteurs mettent en évidence l’importance fondamentale de cette ressource pour les populations africaines et l’urgence d’investir dans son développement. Dans les collectivités urbaines et rurales, la chasse et la commercialisation de la viande de brousse représentent la principale source de revenu pour un large réseau de personnes allant des chasseurs et leurs aides, aux agriculteurs et aux commerçants. Cependant, les populations d’animaux sauvages sont décimées par la surexploitation et la destruction de leur habitat qu’entraînent l’accroissement de la pression démographique et, par voie de conséquence, les demandes de nouvelles terres destinées à l’agriculture et aux établissements humains. Les niveaux actuels d’exploitation ne seraient durables nulle part sur le continent africain, et les zones où existent encore de grandes populations d’animaux sauvages sont celles où des mesures de protection sont appliquées.
Comment concilier le double objectif de la satisfaction des besoins des populations et du maintien, voire de l’augmentation, de l’effectif de la population animale dans les différentes formations forestières ? L’expérience montre que la production de la faune sauvage est une forme réalisable et viable d’utilisation des sols en Afrique, qu’il s’agisse de gérer les animaux à l’état naturel dans des aires protégées, comme populations sauvages, ou dans des élevages extensifs ou intensifs comme espèces domestiques [1]. En Afrique centrale où l’élevage extensif est le plus souvent développé, le nombre d’exploitations de gibier et la superficie totale qui leur est consacrée se sont accrus de façon spectaculaire au cours de la dernière décennie. Ntiamoa Baidu attribue ce fait à deux facteurs : d’une part l’évolution des régimes de propriété qui reconnaissent aux propriétaires fonciers la responsabilité de la gestion des animaux sauvages vivant sur leurs terres et les autorisent à les exploiter, et d’autre part la rentabilité de la production de la faune [1].
En Afrique de l’Ouest, il a été démontré de façon probante que les ruraux peuvent produire de petits animaux sauvages tels que l’aulacode, le rat géant, le cochon et l’escargot pour l’alimentation familiale. Des mesures doivent donc être prises pour une gestion rationnelle et durable de la faune sauvage n

Références

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2. Chardonnet B, Rouamba P, Barry I., Ouedraogo A, Nacoulma P. Suivi écologique aérien des aires classées des bassins de Arly et du Singou. Ouagadougou (Burkina Faso) : éditions Projet Arly 1999 ; 107 p. + annexes.

3. Malaisse F. Se nourrir en forêt claire africaine : approche écologique et nutritionnelle. CTA. Gembloux (Belgique) : Presses Agronomiques de Gembloux ; Centre technique de coopération agricole et rurale, 1997 ; 384 p.

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9. Codjia JTC, Heymans JC. Problématique liée à l’utilisation du gibier et écoéthologie de quelques rongeurs consommés au Bénin. Nature et Faune 1988 ; 4 : 4-21.

10. Mensah GA. Rongeurs et contribution à la sécurité alimentaire. Actes des journées de réflexion du réseau « Rongeur et Environnement » (ReRE) sur les rongeurs et leurs prédateurs au Bénin. Cotonou (Bénin), 29-30 septembre 1998, 14 p.

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12. Ekué MRM. Étude de l’écologie du francolin commun (Francolinus bicalcaratus, LINNAEUS, 1766) et élaboration d’un référentiel pour son élevage en captivité étroite. Thèse d’Ingénieur agronome, Cotonou, Faculté des sciences agronomiques/Université d’Abomey-Calavi (FSA/UNB), 2000, 128 p + annexes.

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