ARTICLE
Auteur(s) : Abdelmadjid Chehma1, Hamouda Fatma
Longo2
1 Laboratoire de recherche, Protection des
écosystèmes en zones arides et semi-arides, Université de Ouargla,
Algérie
<achehma@caramail.com>
2 Institut national agronomique (INA), Laboratoire de
production animale, El-Harrach, 16200 Alger Algérie
Les sous-produits du palmier dattier sont disponibles avec des
tonnages appréciables leur permettant d’être incorporés en
alimentation du bétail local [1]. Dans une étude antérieure portant
sur l’évaluation de la valeur alimentaire des sous-produits du
palmier dattier, de la paille d’orge et du drinn, réalisée chez le
dromadaire et le mouton [1-3], les résultats ont conduit à
considérerles rebuts de dattes dans la catégorie des concentrés
énergétiques et les pédicelles, palmes sèches, paille d’orge et
drinn dans la catégorie des fourrages grossiers. Des valeurs
nutritives (en UF1 1/kg de matière
brute et en gramme de MAD2par kg de
matière sèche) ont été enregistrées, chez les ovins, de l’ordre de
0,85 UF et 28,9 g de MAD pour les rebuts de dattes,
0,20 UF et 20,03 g de MAD pour les palmes sèches,
0,34 UF et 22,9 g de MAD pour les pédicelles,
0,34 UF et 28,2 g de MAD pour la paille d’orge et
0,60 UF et 16,5 g de MAD pour le drinn. Chez le
dromadaire, les valeurs enregistrées sont de l’ordre de
0,65 UF et 33,4 g de MAD pour les rebuts de dattes,
0,24 UF et 10,6 g de MAD pour les palmes sèches,
0,31 UF et 13,2 g de MAD pour les pédicelles,
0,45 UF et 14,07 g de MAD pour le drinn et 0,52 UF
et 27,3 g de MAD pour la paille d’orge.
Au vu de ces résultats, et pour une meilleure connaissance de
l’utilisation de ces aliments, nous avons jugé nécessaire
d’étudier, dans ce travail, le bilan azoté et les gains de poids
permis par ces différents sous-produits chez le dromadaire et le
mouton. La croissance des jeunes est largement étudiée chez les
ruminants classiques, mais de telles données sont rares pour les
camélins [4-7].
1 UF = Unités
fourragères.
2 MAD = matière azotée
digestible.
Matériel et méthodes
Le matériel végétal utilisé était composé de :
– sous-produits du palmier dattier (rebuts de dattes, palmes
sèches et pédicelles de dattes), provenant de l’exploitation
agricole de l’Institut d’agronomie saharienne de Ouargla ;
– paille d’orge provenant de cultures d’orges sous pivot de
la ferme pilote de Guassi-touil ;
– drinn, Aristida pungens, récolté au printemps,
provenant des parcours sahariens des environs de Ouargla.
Matériel animal
Les animaux utilisés se composent de :
– seize béliers adultes (non castrés) de race « Oulad
Djellal », âgés de 2 à 3 ans, pesant en moyenne
60 kg de poids vif (PV), divisés en quatre lots de quatre
animaux, dont chacun reçoit un aliment différent.
– quatre dromadaires (femelles) adultes, âgés de 4,5 à
5 ans, pesant en moyenne 280 à 300 kg de PV, constituant
un seul lot de quatre animaux, recevant à chaque fois un régime
différent (tableau 1).
Tableau 1. Rations de paille
d’orge et de rebuts de dattes distribuées aux dromadaires (en
grammes de matière fraîche/animal/jour).
Table 1. Barley straw and date rubbish rations
distributed to dromedaries
(in g of fresh matter/animal/day).
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|
Lot n° 1 Paille seule |
Lot n° 2 Régime 1 |
Lot n° 3 Régime 2 |
Lot n° 4 Régime 3 |
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Paille d’orge |
2 000 |
2 000 |
2 000 |
2 000 |
|
Rebuts de dattes |
0 |
500 |
1 000 |
1 500 |
Protocole expérimental
Déroulement des essais
Pour les ovins, et pour chaque aliment, chaque lot est soumis à
une période d’adaptation de 2 semaines, suivies d’une période
expérimentale d’1 mois.
Pour les dromadaires, pour chaque aliment différent, il y a une
période d’adaptation de 2 semaines, suivie d’une période
expérimentale d’1 mois.
Pour l’estimation des poids des animaux en fonction des différents
régimes, les animaux recevaient les différents types d’aliments
comme suit :
– un seul type d’aliment, distribué à volonté pour les palmes
sèches, les pédicelles de dattes, la paille d’orge et le drinn,
avec pesée des quantités offertes et refusées ;
– des rations se composant de paille d’orge et des taux de
25, 50, et 75 % de rebuts de dattes pour chacune des deux
espèces comme l’illustrent les tableaux
1 et 2. Les quantités de
paille ingérées par les ovins et les camelins étaient fixées suite
aux observations de la période d’adaptation, de manière à avoir un
minimum de 10 % de refus.
Tableau 2. Rations de paille d’orge
et de rebuts de dattes distribuées aux ovins (en grammes de matière
fraîche/animal/jour).
Table 2. Barley straw and date rubbish rations
distributed to ovines
(in g of fresh matter/animal/day).
|
Lot n° 1
Paille seule |
Lot n° 2
Régime 1 |
Lot n° 3
Régime 2 |
Lot n° 4
Régime 3 |
| Paille
d’orge |
1 000 g |
1 000 g |
1 000 g |
1 000 g |
| Rebuts de
dattes |
0 g |
250 g |
500 g |
750 g |
Estimation du poids
Pour les deux espèces et les différents types d’aliments, le GMQ
est calculé sur la période expérimentale de 30 jours.
Pour chaque aliment et régime, le poids des animaux a été évalué à
la veille et à la fin de chaque période expérimentale comme
suit :
– les moutons ont été pesés à l’aide d’une bascule d’une
portée maximale de 100 kg ;
– le poids des dromadaires a été estimé par barymétrie
suivant la formule [8], à savoir :
P = SH × TG × HG × 50
Où :
P : poids (kg) ;
HG : tour de bosse ;
TG : tour de poitrine ;
SH : hauteur au garrot.
Récolte et mesures des urines
Pour la récolte des urines, les moutons ont été montés sur des
cages de digestibilité et les dromadaires ont été muni de
dispositif de récolte des urines, inspiré de celui de Shawket
[9].
Les urines émises par les animaux étaient récupérées directement
dans des bacs en plastique, contenant 50 mL d’H2SO4
à 30 %, équipés d’un filtre. Elles étaient quantifiées
quotidiennement à l’aide d’une éprouvette graduée de
2 000 mL de capacité. Pour chaque animal, une quantité de
100 mL a été récupérée quotidiennement puis cumulée et
conservée dans un flacon hermétique. Les flacons contenant les
échantillons globaux (par animal, par période et par régime) ont
été congelés pour le dosage ultérieur d’azote.
Analyses chimiques
L’analyse chimique, a porté sur la détermination de la teneur en
matière sèche (MS), matière organique (MO), matière azotée totale
(MAT), cellulose brute (CB), et les composés pariétaux, dosés par
la méthode de Van Soest [10].
Résultats et discussion
Composition chimique
D’une façon générale, les résultats obtenus (tableau 3), nous montrent que :
– le taux de MS pour les 5 sous-produits est élevé,
dépassant 90 % de la matière fraîche ;
– en ce qui concerne les valeurs de la MO, les rebuts de
dattes possèdent les taux les plus élevés, suivis des pédicelles,
du drinn, de la paille d’orge et des palmes sèches ;
– les 5 sous-produits sont pauvres en MAT avec des
valeurs allant de 3,9 à 4,7 % de la MS ;
– le taux de CB apparaît très faible pour les rebuts de
dattes avec 9,6 % de la MS, contre des taux relativement
élevés pour les pédicelles, le drinn, les palmes sèches et la
paille. Le faible taux de CB des rebuts de datte est signalé par
certains auteurs [11-14], qui enregistrent respectivement :
10,30 ; 3,05 ; 6,69 et 8,19 % de la MS. Ce faible
taux de CB des rebuts de dattes est dû au fait que ces derniers
représentent un fruit beaucoup plus riche en sucres
cytoplasmiques ;
– pour la composition de la paroi, on remarque que le drinn
et les palmes sèches présentent le plus grand taux de NDF, suivis
des pédicelles, de la paille d’orge et, en dernier lieu, les rebuts
de dattes. Cela est dû à la consistance physique des
5 sous-produits, qui est fonction de la partie phonologique
qu’occupe chacun de ces sous-produits (feuille, pédicelle, chaume
et fruit) ;
– de la même façon, et pour les mêmes raisons, la teneur des
autres composantes de la paroi (ADF, hémicellulose, cellulose et
lignine) est variable, et les palmes sèches présentent toujours les
plus grands taux, tandis que les rebuts de dattes enregistrent les
taux les plus faibles.
Tableau 3. Composition chimique des
palmes sèches, pédicelles, paille d’orge, drinn et rebuts de
dattes.
Table 3. Chemical composition of dry palms, pedicels,
barley straw, drinn and date rubbish.
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en % de la MS |
|
MS %
de matière fraîche |
MO |
MM |
MAT |
CB |
NDF |
ADF |
CV |
HCOSE |
LIGNI |
CI |
| Palmes
sèches |
94,37 ± 0,50 |
84,74 ± 0,13 |
15,25 ± 3,13 |
3,90 ± 0,40 |
30,70 ± 0,30 |
89,44 ± 0,16 |
65,30 ± 0,74 |
32,83 ± 2,31 |
23,98 ± 2,81 |
20,45 ± 2,36 |
12,02 ± 0,19 |
| Pédicelles |
90,98 ± 0,36 |
91,97 ± 0,01 |
8,03 ± 0,01 |
3,93 ± 0,35 |
36,55 ± 0,17 |
83,25 ± 0,26 |
53,88 ± 0,06 |
20,40 ± 2,67 |
29,06 ± 0,63 |
19,68 ± 2,99 |
0,17 ± 0,05 |
| Paille
d’orge |
93,76 ± 0,45 |
86,85 ± 0,06 |
13,15 ± 0,06 |
4,16 ± 0,27 |
30,11 ± 2,24 |
75,16 ± 2,40 |
47,14 ± 0,22 |
33,08 ± 2,26 |
28,02 ± 2,19 |
7,93 ± 2,39 |
1,89 ± 0,09 |
| Drinn |
93,73 ± 2,58 |
91,18 ± 0,05 |
8,82 ± 0,05 |
4,70 ± 0,33 |
35,76 ± 0,87 |
89,71 ± 1,41 |
67,74 ± 0,02 |
47,87 ± 1,60 |
21,98 ± 1,43 |
11,86 ± 1,56 |
2,31 ± 0,05 |
| Rebuts de
dattes |
90,40 ± 0,31 |
95,82 ± 0,06 |
04,18 ± 0,06 |
4,17 ± 0,11 |
9,59 ± 1,53 |
24,39 ± 0,05 |
12,94 ± 0,03 |
7,21 ± 0,16 |
11,45 ± 0,12 |
5,26 ± 1,60 |
0,45 ± 0,08 |
MS : matière sèche ; MO : matière organique ;
MAT : matière azotée totale ; MM : matière
minérale ; CB : cellulose brute ; NDF : paroi
totale ; ADF : lignocellulose ; CV : cellulose
vraie ; HCOSE : hémicellulose ; LIGN :
lignine ; CI : cendres insolubles.
Bilan azoté
Chez le mouton
Les valeurs enregistrées pour l’azote retenu (tableau 4), nous montrent que les sept aliments
sont regroupés en quatre groupes homogènes, et que le drinn
présente la plus grande valeur, suivi du groupe constitué du R2 et
du R3, puis vient le groupe formé du R1 et des palmes sèches et, en
dernier lieu, le groupe des pédicelles et de la paille d’orge
enregistrant les valeurs les plus faibles.
Tableau 4. Bilan azoté des palmes
sèches, pédicelles, drinn, paille d’orge, régime 1, régime 2 et
régime 3 chez le mouton.
Table 4. Nitrogenous record of dry palms, pedicels,
drinn, barley straw, diet 1, diet 2 and diet 3, found in the
sheep.
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Azote retenu |
|
|
N. Ing (g/j) |
N. Urin (g/j) |
N. Fec (g/j) |
N. Abs (g/j) |
(g/j) |
% N. Ing |
% N. Abs |
|
Palmes sèches |
a 35,58 ± 2,51 |
a 1,53 ± 0,38 |
a 19,29 ± 0,81 |
a 16,29 ± 2,81 |
a 14,56 ± 2,37 |
a 40,70 ± 3,90 |
a 89,36 ± 3,30 |
|
Pédicelles |
b 25,43 ± 1,54 |
a 1,57 ± 0,11 |
b 12,18 ± 0,60 |
b 13,25 ± 1,13 |
b 11,68 ± 1,13 |
b 45,83 ± 2,51 |
a 88,02 ± 1,94 |
|
Drinn |
c 51,33 ± 1,93 |
b 4,69 ± 0,42 |
c 14,61 ± 1,03 |
c 36,72 ± 2,44 |
c 32,02 ± 2,73 |
c 62,31 ± 3,43 |
a 87,11 ± 1,70 |
|
Paille d’orge |
d 30,03 ± 0,93 |
c 0,76 ± 0,19 |
a 18,37 ± 1,21 |
b 11,61 ± 0,79 |
b 10,90 ± 0,64 |
a 36,29 ± 2,16 |
b 93,89 ± 2,24 |
|
Régime 1 (R1) |
d 30,29 ± 0,62 |
c 0,57 ± 0,05 |
c 14,25 ± 0,78 |
a 16,04 ± 1,25 |
a 15,46 ± 1,20 |
d 51,02 ± 3,06 |
b 96,44 ± 0,20 |
|
Régime 2 (R2) |
e 43,78 ± 2,03 |
c 0,75 ± 0,13 |
a 20,60 ± 1,22 |
d 23,18 ± 0,90 |
d 22,43 ± 1,01 |
d 51,25 ± 0,62 |
b 96,76 ± 0,68 |
|
Régime 3 (R3) |
e 45,28 ± 1,81 |
d 2,06 ± 0,08 |
a 19,38 ± 1,29 |
d 25,88 ± 2,38 |
d 23,84 ± 2,44 |
d 52,57 ± 3,92 |
a 91,96 ± 1,14 |
N. Ing : azote ingéré ; N. Urin : azote
urinaire ; N. Fec : azote fécal ; N. Abs :
azote absorbé.
– sur une même colonne, lorsque les lettres sont identiques,
les différences sont non significatives
(p > 0,05).
– sur une même colonne, lorsque les lettres sont différentes,
les différences sont significatives (p < 0,05).
L’azote retenu exprimé en % de l’azote ingéré, est en
faveur du drinn, suivi du groupe homogène formé par le R3, le R2 et
le R1, ensuite viennent les pédicelles et enfin le dernier groupe
renfermant les palmes sèches et la paille d’orge.
En ce qui concerne l’azote retenu exprimé en pourcentage de
l’azote absorbé, on remarque que le R2, le R1 et la paille d’orge
présentent les taux les plus importants, formant ainsi un groupe
statistiquement homogène (différences non significatives), puis
viennent les quatre autres aliments formant un seul groupe
homogène.
Chez le dromadaire
Chez le dromadaire, les valeurs obtenues pour l’azote retenu
(tableau 5), nous montrent que c’est le
R3 qui présente la plus grande valeur, suivi du groupe homogène,
formé du R2 et du R3, puis vient la paille d’orge, suivie d’un
autre groupe homogène constitué des pédicelles et du drinn, et
enfin les palmes sèches avec la valeur la plus faible.
Tableau 5. Bilan azoté des palmes
sèches, pédicelles, drinn, paille d’orge, régime 1, régime 2 et
régime 3 chez le dromadaire.
Table 5. Nitrogenous record of dry palms, pedicels,
drinn, barley straw, diet 1, diet 2 and diet 3, found in the
dromedary.
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Azote retenu |
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N. Ing (g/j) |
N. Urin (g/j) |
N. Fec (g/j) |
N. Abs (g/j) |
(g/j) |
% N. Ing |
% N. Abs |
|
Palmes sèches |
a 34,10 ± 0,78 |
a 2,62 ± 0,27 |
a 25,29 ± 2,06 |
a 8,81 ± 2,42 |
a 6,44 ± 2,70 |
a 18,80 ± 7,87 |
a 70,71 ± 12,18 |
|
Pédicelle |
a 36,62 ± 2,45 |
b 0,80 ± 0,27 |
a 23,29 ± 2,02 |
a 13,23 ± 4,26 |
b 12,36 ± 4,47 |
b 33,25 ± 10,38 |
b 92,19 ± 6,09 |
|
Drinn |
b 43,47 ± 1,74 |
c 1,24 ± 1,15 |
b 30,49 ± 1,70 |
a 12,98 ± 3,24 |
b 11,75 ± 3,34 |
b 26,83 ± 6,69 |
b 89,87 ± 3,16 |
|
Paille d’orge |
b 44,01 ± 2,88 |
a 2,67 ± 0,48 |
c 15,65 ± 1,80 |
b 28,36 ± 1,98 |
c 25,69 ± 2,06 |
c 58,40 ± 4,51 |
b 90,54 ± 1,93 |
|
Régime 1 (R1) |
c 86,58 ± 3,07 |
c 1,13 ± 0,15 |
c 16,82 ± 2,00 |
c 69,76 ± 4,92 |
d 68,63 ± 4,91 |
d 79,19 ± 3,02 |
c 98,38 ± 00,23 |
|
Régime 2 (R2) |
d 91,56 ± 2,71 |
b 0,84 ± 0,12 |
a 21,96 ± 1,62 |
c 69,60 ± 1,82 |
d 68,76 ± 1,85 |
d 75,13 ± 1,25 |
c 98,79 ± 0,19 |
|
Régime 3 (R3) |
e 115,00 ± 2,64 |
b 0,69 ± 0,12 |
b 32,03 ± 1,99 |
d 83,22 ± 4,54 |
e 82,28 ± 4,56 |
d 71,51 ± 2,42 |
c 98,86 ± 0,60 |
– sur une même colonne, lorsque les lettres sont identiques,
les différences sont non significatives
(p > 0,05).
– sur une même colonne, lorsque les lettres sont différentes,
les différences sont significatives (p < 0,05).
Pour l’azote retenu exprimé en pourcentage de l’azote ingéré,
c’est le groupe formé des régimes R1, R2 et R3 qui ont présenté les
valeurs les plus élevées, suivi de la paille d’orge, vient ensuite
le groupe formé par les pédicelles et le drinn et enfin les palmes
sèches, avec la valeur la plus faible.
Enfin, concernant l’azote retenu exprimé en fonction de l’azote
absorbé, c’est toujours le groupe formé des régimes R3, R2 et R1
qui a présenté les valeurs les plus élevées, suivi d’un autre
groupe formé des pédicelles, de la paille d’orge et du drinn, et
enfin, viennent les palmes sèches, enregistrant la valeur la plus
faible. Ces valeurs obtenues, ont été comparables à celles
enregistrées par [15], qui donnent, pour la paille de blé dur
complémentée et non complémentée par le tourteaux de soja, des
valeurs de 94,87 et 101,28 %.
Gains de poids
Chez le mouton
Le gain de poids journalier pour les différents aliments varie
de – 1,99 g/kg de poids métabolique
(P0,75) pour les palmes sèches
à + 1,99 g/kg de P0,75 pour le R3 (tableau 6).
Tableau 6. Gain moyen quotidien
permis par les différents aliments, chez le mouton.
Table 6. Daily mean gain found in the sheep as
provided by the different feed.
|
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Gain moyen quotidien (GMQ) en (g) |
GMQ en g/kg de poids métabolique (P0,75) |
GMQ en g/100 kg de poids vif |
|
Palmes sèches |
– 150,00 ± 75,00 |
– 1,99 ± 0,28 |
– 250,00 ± 125,00 |
|
Pédicelles |
+ 33,00 ± 08,80 |
+ 0,63 ± 0,22 |
+ 55,00 ± 14,66 |
|
Drinn |
+ 50,00 ± 10,00 |
+ 0,87 ± 0,25 |
+ 83,33 ± 16,66 |
|
Paille d’orge |
– 25,00 ± 10,00 |
– 0,51 ± 0,15 |
– 41,66 ± 16,66 |
|
Régime 1 |
+ 75,00 ± 08,75 |
+ 1,18 ± 0,08 |
+ 125,00 ± 14,58 |
|
Régime 2 |
+ 125,00 ± 07,50 |
+ 1,73 ± 0,12 |
+ 208,33 ± 12,50 |
|
Régime 3 |
+ 150,00 ± 10,00 |
+ 1,99 ± 0,17 |
+ 250,00 ± 10,00 |
Bien que le bilan azoté soit positif pour les sept aliments, on
enregistre des chutes de poids journalières de l’ordre
de – 0,51 g/kg de P0,75 pour la paille
d’orge et de – 1,99 g/kg de P0,75 pour
les palmes sèches.
La non-proportionnalité des gains de poids aux valeurs du bilan
azoté peut s’expliquer par la possibilité de chute de poids par les
pertes de gaz et par le fait que le bilan azoté ne tient pas compte
du dépôt de gras, sans oublier le degré d’imprécision de la
balance.
En comparant les différents aliments entre eux, on remarque que le
meilleur GMQ est enregistré par R3, suivi de R2 et R1, drinn et
pédicelles. Ensuite viennent la paille d’orge et les palmes sèches
enregistrant à eux deux des chutes de poids (figure 1).
D’après les résultats obtenus, on remarque que le gain de poids
est proportionnel aux taux de rebuts de dattes dans la ration et,
qu’au fur et à mesure que ce taux augmente, le GMQ augmente (figure 2). Cela nous
montre que les rebuts de dattes possèdent les mêmes propriétés
qu’un concentré énergétique et qu’ils peuvent être utilisés pour
l’engraissement des animaux, jusqu’à un taux de 75 % dans la
ration. En fait, l’énergie apportée par les rebuts de dattes ne
fait que potentialiser l’effet de l’azote.
Chez le dromadaire
Les valeurs enregistrées nous montrent que le gain moyen
quotidien est variable suivant les aliments (tableau 7).
Tableau 7. Gain moyen quotidien
permis par les différents aliments chez le dromadaire.
Table 7. Daily mean gain found in the dromedary, as
provided by the different feed.
|
|
Gain moyen quotidien (GMQ) en (g) |
GMQ en g/kg de poids métabolique (P0,75) |
GMQ en g/100 kg de poids vif |
|
Palmes sèches |
00,00 ± 00,00 |
00,00 ± 00,00 |
00,00 ± 00,00 |
|
Pédicelles |
2 500,00 ± 500,00 |
5,03 ± 1,56 |
862,06 ± 172,41 |
|
Drinn |
3 000,00 ± 1 000,00 |
5,76 ± 2,75 |
1 034,48 ± 344,82 |
|
Paille d’orge |
2 500,00 ± 1 000,00 |
5,03 ± 2,75 |
862,06 ± 344,82 |
|
Régime 1 |
4 000,00 ± 500,00 |
7,15 ± 1,56 |
1 379,31 ± 172,41 |
|
Régime 2 |
2 750,00 ± 250,00 |
5,40 ± 0,88 |
948,27 ± 86,20 |
|
Régime 3 |
1 750,00 ± 250,00 |
3,85 ± 0,88 |
603,44 ± 86,20 |
Contrairement à ce qui a été constaté chez les ovins, il n’y a
eu aucune chute de poids ; toutefois, on enregistre un gain de
poids nul pour les palmes sèches, malgré un bilan azoté positif,
représentant ainsi la valeur la plus faible des aliments
distribués.
Comparativement aux ovins, on remarque que le dromadaire
enregistre de meilleures valeurs pour le gain de poids, ayant ainsi
des GMQ de l’ordre de 5 à 10 fois plus élevés que ceux
enregistrés chez les ovins (figure 1). En effet,
les GMQ enregistrés, (en g/kg de poids métabolique) sont
00,00 g contre – 1,99 g pour les palmes sèches,
+ 5,03 g contre + 0,63 g pour les pédicelles,
+ 5,76 g contre + 0,87 g pour le drinn,
+ 5,03 g contre – 0,51 g pour la paille,
+ 7,15 g contre + 1,18 g pour le régime 1,
+ 5,40 g contre + 1,73 g pour le régime 2 et
+ 3,85 g contre + 1,99 g pour le régime 3.
En comparant les différents aliments entre eux, on remarque que le
meilleur GMQ est enregistré par R1 suivi par le drinn, R2, les
pédicelles, la paille d’orge, R3 et, en dernier lieu, les palmes
sèches (figure 1).
Contrairement à ce qui a été constaté chez les ovins, on remarque
que chez le dromadaire, le GMQ diminue au fur et à mesure que le
taux de rebuts de dattes augmente dans la ration (figure 2). En effet, on
enregistre des GMQ (décroissants) de 7,15, 5,40 et 3,85 g
respectivement, pour R1, R2 et R3, ce qui montre une fois de plus
que le dromadaire possède un système digestif qui n’est pas adapté
à des régimes riches en éléments facilement fermentescibles, mais
plutôt à des régimes grossiers, similaires à son pâturage
désertique, et que le taux de 25 % de rebuts de dattes dans la
ration est le seuil optimum pour une meilleure valorisation de la
ration par le dromadaire.
Comparativement aux quatre aliments grossiers, le drinn présente
le meilleur GMQ, ce qui peut s’expliquer par le fait que ce dernier
représente une plante désertique très appréciées par le dromadaire,
faisant partie de son pâturage naturel.
Toutefois, il faut signaler que du fait que les mesures de poids,
pour le dromadaire, ont été faites par barymétrie, il peut y avoir
une surestimation des gains de poids. En effet Shwartz et Dioli
montrent que la méthode de mesure de poids par barymétrie surestime
les poids des grands animaux (bovins, camelins) et sous-estime les
poids des petits animaux (ovins, caprins) [8]. Néanmoins, et malgré
ces possibilités d’erreurs, les valeurs de GMQ enregistrées,
comparativement à ceux des ovins sont tellement importantes qu’on
ne peut que les prendre en considération.
Conclusion
À la lumière des résultats obtenus ci-dessus, on peut dire que
d’une façon générale, les sous-produits étudiés peuvent être
utilisés en alimentation du bétail, d’autant plus que le bilan
azoté enregistré est positif chez les deux espèces et que les gains
de poids, excepté les chutes enregistrées chez les ovins pour les
palmes sèches et la paille d’orge et le gain nul chez les camelins
pour les palmes sèches, sont assez significatifs.
D’autre part, il faut noter que l’utilisation de ces sous-produits
par le mouton et le dromadaire se traduit différemment et que ce
dernier présente une meilleure aptitude à convertir ces aliments en
poids, puisqu’il enregistre des gains de poids (en g/kg de poids
métabolique) de l’ordre de 10 à 15 fois plus élevés que les
ovins.
Concernant l’utilisation des rations à base de rebuts de dattes,
les résultats obtenus nous montrent que, pour les ovins, la
tendance générale est celle d’une ration à base de concentré
énergétique classique puisque les gains de poids augmentent
proportionnellement avec celui du taux de rebuts de dattes dans la
ration. Par ailleurs, chez les camelins, le gain de poids est
limité à la ration de 25 % de rebuts de dattes, où on remarque
que l’élévation des teneurs de ces derniers ne se traduit pas
positivement en poids.
À partir de cela, on peut déduire que la meilleure ration à
utiliser pour les ovins est celle à base de 75 % de rebuts de
dattes et que pour les camelins, il est inutile de dépasser un taux
de 25 % de ce sous-produit.
Enfin, et à partir de ces résultats, on peut déduire que
l’utilisation de ces sous-produits agricoles pour l’alimentation du
bétail est plus que nécessaire, surtout pour les pays du Sud qui
souffrent toujours d’une insuffisance d’accès à des ressources
alimentaires pour les animaux d’élevage et sachant que le bétail
local pourra être soulagé par l’utilisation de tels sous-produits
agricoles n
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