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Pendant longtemps, on a pensé que parce que les projets agricoles
augmentent la production agricole, ils améliorent automatiquement
le bien-être de la population rurale concernée, c'est-à-dire,
un état nutritionnel et un état de santé satisfaisants.
Cependant, cet impact escompté a été mis en doute
par plusieurs études de par le monde [1-10].
L'objectif de la présente étude a été d'examiner
le processus par lequel un projet de développement agricole spécifique,
le projet d'irrigation du Loukkos, a affecté le bien-être
des familles vivant dans sa région.
Méthodologie
Le projet Loukkos
Situé dans la région Nord-Ouest du Maroc, le périmètre
du Loukkos a une superficie de 2 560 km2. La diversité
morphologique de la région a permis au projet de planifier trois
types de schémas de développement : l'irrigation sur 40
500 hectares, un schéma de développement favorable sur 45
000 hectares pour la région du bour (terme local désignant
une terre non irriguée) et un schéma de lutte contre l'érosion
dans la partie montagneuse (protection de la forêt et réhabilitation
des sols) (carte).
L'institution en charge du projet est l'Office de mise en valeur agricole
du Loukkos (Ormval). La mise en eau a eu lieu pendant la campagne agricole
1979-1980, soit 11 ans avant la présente étude (données
collectées en 1990). Les composantes principales du projet Loukkos
étaient : l'irrigation à grande échelle (irrigation
par pivot), le remembrement de terres irriguées, la distribution
de terres agricoles aux « sans-terre » (programme national de
la réforme agraire), l'introduction d'une nouvelle culture (canne
à sucre), l'amélioration génétique du cheptel
bovin et l'encadrement des agriculteurs à travers un large programme
de vulgarisation agricole orienté essentiellement vers les agriculteurs
bénéficiaires de l'irrigation et les nouvelles cultures.
Conception de l'étude
Le cadre conceptuel sur lequel repose la présente étude
est illustré schématiquement à la page suivante (figure).
Le projet agricole devrait, pense-t-on, affecter la gestion de l'exploitation
agricole, ce qui se refléterait dans une augmentation du revenu
du ménage qui permettrait d'améliorer la consommation alimentaire
et les conditions d'habitation. Ces dernières auraient comme effet
la diminution de la morbidité infantile et l'amélioration
de l'état nutritionnel des enfants.
Collecte des données
La méthodologie suivie afin d'examiner ces relations conceptuelles
est l'enquête effectuée auprès d'un échantillon
de 240 foyers, taille calculée sur la base de la méthode
de Snedecor et Cochran [11] et sélectionnés par la méthode
d'échantillonnage en grappes à deux étapes. La zone
étudiée est celle dite « R'mel » choisie pour
son sol sableux, présentant une homogénéité
du type de sol.
Des discussions de groupe avec des hommes et des femmes de la région
ainsi qu'avec les responsables de l'Ormval ont précédé
l'établissement d'un large questionnaire comprenant quatre parties
: agriculture, dépenses, consommation alimentaire et nutrition
et santé. Sauf pour l'agriculture et les dépenses alimentaires,
toutes les autres données ont été collectées
en hiver et en été. La partie « Agriculture »
a collecté des données sur les paramètres suivants
: structure foncière des terres, irrigation, utilisation des sols,
productions végétales et animales et leurs destinations,
crédits, vulgarisation, possession des moyens de production et
des biens durables, revenu brut agricole, salaires, recettes et autres
sources de revenu. La partie « Dépenses » a énuméré
la liste exhaustive des dépenses alimentaires usuelles (par saison
et fréquence) et non alimentaires (méthode du rappel des
six mois). La partie « Nutrition » a concerné la consommation
alimentaire et le statut anthropométrique. Les apports alimentaires
étaient estimés par la méthode de rappel de 48 heures
combinée avec la pesée des aliments les plus fréquents
dans la consommation quotidienne (thé, café et pain). Les
mesures anthropométriques (poids, taille) étaient prises
sur l'ensemble des membres des foyers. La partie « Santé »
a concerné le rappel des deux semaines des maladies contractées
par les enfants de moins de cinq ans et de leurs mamans (symptômes,
durée et traitement).
Saisie et analyse des données
La saisie des données a été effectuée sous
Lotus123 et leur analyse à l'aide du logiciel SPSS.
L'échantillonnage adopté dans l'étude cherchait
à obtenir deux groupes de foyers, l'un composé d'exploitations
dont les terres sont irriguées à 100 % par l'Ormval et l'autre
composé d'exploitations dont les terres ne sont pas irriguées.
Cependant, après enquête, il s'est avéré que
l'échantillon avait une composition plus complexe qui, en fait,
reflète plus fidèlement la réalité. En effet,
les foyers peuvent ne pas avoir de terre, avoir des parcelles irriguées
par l'Ormval ou à partir d'un puits privé, ou avoir un mélange
de parcelles.
Ainsi, l'échantillon final a donné lieu à six catégories
de foyers : 42 foyers sans terre (E1), 54 exploitations totalement irriguées
par le système Ormval (E2), 76 exploitations partiellement irriguées
par le système Ormval (E3), 25 exploitations totalement irriguées
à partir d'un puits privé (E4), 18 exploitations partiellement
irriguées à partir d'un puits privé (E5) et 25 exploitations
non irriguées (dites « Bour », E6). Cette répartition
permet une analyse approfondie de l'impact du projet d'irrigation sur
les diverses catégories de familles rurales vivant dans la région.
Impact du projet sur
l'agriculture
Degré d'intensification
Mesuré par le rapport de la superficie totale cultivée
durant la campagne agricole sur la superficie disponible, ce rapport est
en moyenne 1,22, plus élevé dans les exploitations à
irrigation individuelle E4 (1,65) que dans les exploitations à
irrigation du barrage E2 (1,28). Le rapport le plus faible est évidemment
observé parmi les exploitations non irriguées E6 (1,00)
puisqu'elles ne cultivent chaque lot qu'une fois par an, en relation avec
la pluviométrie.
L'analyse en régression multiple a montré que la superficie
totale de l'exploitation diminue le degré d'intensification alors
que les pourcentages irrigués (à partir du puits ou à
partir du barrage) l'augmentent. L'irrigation du barrage a un effet relativement
plus faible que l'irrigation individuelle du fait que les exploitations
bénéficiant du barrage sont tenues de cultiver une partie
de leur terre en canne à sucre, culture annuelle qui ne permet
pas l'utilisation intensive de la terre.
Degré de diversification
Il est exprimé par le nombre de cultures différentes cultivées
par an et reflète le niveau de diversification des sources du revenu
agricole. Il est en moyenne de 3,5 et est significativement plus bas dans
les exploitations non irriguées E6 que dans les exploitations irriguées
(E2, E3, E4 et E5). Parmi ces dernières, il est plus élevé
parmi celles qui bénéficient de l'irrigation du projet (E2).
Cela est dû à leur taille plus grande.
Il a été noté également que l'exigence de
la canne à sucre imposée par le projet à ses bénéficiaires
n'entraînait pas un niveau plus faible de diversification comme
c'est parfois le cas dans d'autres projets. Cela est dû au fait
que les exploitations qui pratiquent la canne sont généralement
plus grandes et que la plupart ne respectent pas les 75 % demandés
par le projet. Elles craignent, en effet, l'effet néfaste de la
monoculture.
Cultures pratiquées
Dans la zone d'étude, la canne à sucre, l'arachide, les
légumes et les légumineuses sont les cultures de rente alors
que les céréales et les cultures fourragères sont
les cultures vivrières. Les principales cultures pratiquées
sur les exploitations bénéficiaires de l'Ormval (E2 et E3)
sont la canne à sucre et l'arachide. Les exploitations utilisant
l'irrigation individuelle (E4 et E5) cultivent essentiellement l'arachide
et les légumes. Les exploitations non irriguées (E6) font
des céréales et du fourrage.
Degré de commercialisation
Les foyers qui ont une production agricole (animale ou végétale)
vendent, en moyenne, 63 % de leur production annuelle. Cette figure est
plus élevée dans les exploitations irriguées par
l'Ormval E2 et E3 (77 %) que dans les exploitations irriguées par
un puits privé E4 et E5 (60 %) ou dans les exploitations non irriguées
E6 (48 %).
La proportion de terres cultivées en cultures de rente est également
plus élevée dans les exploitations totalement irriguées
par l'Ormval E2 (92 %) que dans toutes les autres catégories.
Impact du projet sur
le niveau de vie
Les trois quarts des bénéficiaires du projet ont pu améliorer
leurs conditions de vie, en particulier en construisant des maisons en
dur en remplacement des maisons en pisé qui constituent encore
le logement de plus de 70 % des non-bénéficiaires. De même,
alors que plus de la moitié des bénéficiaires ont
accédé à l'électricité, la proportion
parmi les non-bénéficiaires oscille entre 12 et 28 %. Cependant,
d'autres éléments de confort comme l'accès à
l'eau potable, la possession d'un réfrigérateur, d'une cuisinière
ou d'une voiture sont encore plutôt rares parmi l'ensemble des catégories
de foyers. Le poste de télévision et le salon sont également
le privilège d'une proportion plus élevée parmi les
bénéficiaires que parmi les autres.
Quant au revenu, approché1 dans cette étude
par la dépense de consommation par équivalent-adulte2,
il est significativement plus bas parmi les exploitations non irriguées
(E6) ou irriguées par puits (E4 et E5) que parmi les autres catégories.
Cette différence s'explique plutôt par l'exiguïté
de leurs terres agricoles et le nombre d'équivalent-adultes par
hectare que par l'irrigation de l'Ormval.
En effet, un modèle de régression examinant l'effet du
projet sur le revenu a montré que, contrôlant la taille de
la famille et la superficie de la terre non irriguée, la superficie
de la terre irriguée à partir du système Ormval et
celle de la terre irriguée à partir du puits privé
ont le même effet sur le revenu de la famille (tableau
1), c'est-à-dire que l'irrigation par le système Ormval
augmente le revenu familial de la même façon que le fait
l'irrigation à partir du puits privé. Par ailleurs, le nombre
de vaches génétiquement améliorées augmente
le revenu alors que le nombre de vaches locales n'a pas d'effet.
Impact du revenu sur la consommation alimentaire
Malgré les différences observées parmi les diverses
catégories de foyers en termes de taille d'exploitation, d'irrigation,
de cultures pratiquées, ces catégories réalisent
sommairement le même niveau de dépense alimentaire par équivalent-adulte
(en moyenne, 3 527 dirhams3 par an). La dépense de consommation
non alimentaire est en revanche plus élevée parmi les bénéficiaires
de l'irrigation de l'Ormval, E2 et E3, et les exploitations partiellement
irriguées par puits, E5, que parmi les autres. Ces deux types d'exploitations
ont les tailles les plus élevées par équivalent-adulte.
Ce constat confirme le résultat observé plus haut que la
source d'irrigation n'a pas d'impact sur le revenu au-delà de celui
de la taille de l'exploitation.
Un modèle de régression a examiné l'effet du revenu
familial sur la dépense alimentaire, et a montré que, contrôlant
la taille de la famille et sa structure (âge et sexe), l'élasticité-revenu
pour les dépenses alimentaires est assez élevée (0,87).
En d'autres termes, l'augmentation du revenu de 1 DH occasionnerait une
augmentation de 0,87 DH de la dépense alimentaire.
La forme du revenu a également un effet sur la dépense
alimentaire, à savoir que plus le revenu est sous forme monétaire,
plus il tend à être utilisé pour des dépenses
non alimentaires.
Par ailleurs, le pourcentage d'adultes qui sont de sexe masculin tend
à affecter les dépenses alimentaires d'une manière
négative : plus il y a d'hommes dans le foyer, plus le revenu tend
à être utilisé pour des dépenses non alimentaires.
Impact sur la qualité du régime
alimentaire
En termes de structure de la dépense alimentaire, en moyenne,
le tiers de la dépense alimentaire est utilisé pour les
céréales. Il est surprenant que cette part soit encore plus
élevée dans les exploitations bénéficiant
de l'irrigation de l'Ormval (E2 et E3). Cela montre le poids que représentent
les habitudes alimentaires. En effet, l'augmentation de la consommation
de viande entraîne une augmentation relative de la consommation
de pain car la viande est préparée sous forme de tajine
(viande, légumes et sauce).
Un modèle de régression a examiné les déterminants
de la part des produits animaux dans la dépense alimentaire. Contrôlant
la taille de la famille et sa structure, le revenu familial a un effet
positif mais faible sur cette part. En revanche, l'accès au marché
l'augmente par plus de deux unités. Dans la région étudiée,
le marché est hebdomadaire et limite donc le degré auquel
l'augmentation du revenu peut entraîner l'augmentation de la consommation
de produits périssables tels que les produits animaux.
Impact sur l'adéquation de la ration alimentaire
Les niveaux calorique, protéique, de fer, de vitamine C et de
vitamine B1 sont adéquats pour la grande majorité des foyers
enquêtés. En revanche, les niveaux de consommation de calcium,
de vitamine B2 et de vitamine A sont au-dessous des niveaux recommandés
(tableau 2). Ces déficiences
peuvent raisonnablement être liées à la faible consommation
de produits laitiers. Une analyse des données de cette même
étude, rapportées ailleurs [12] a montré l'effet
négatif qu'a eu la commercialisation du lait, elle-même résultante
du projet, sur la consommation de produits laitiers et de calcium.
L'analyse en régression multiple montre que l'élasticité-revenu
pour les calories est assez faible : 0,17 par comparaison avec l'élasticité-revenu
pour les dépenses alimentaires montrée plus haut (0,87).
Autrement dit, alors que 1 DH d'augmentation du revenu entraînerait
0,87 DH d'augmentation de dépenses alimentaires, il n'entraînerait
qu'une augmentation de 0,17 kilocalorie. L'explication possible est double
: d'abord, l'apport calorique est déjà adéquat pour
la majorité des foyers ; ensuite, l'opportunité de l'augmentation
de calories par l'augmentation de la consommation de produits plus riches
en calories (huiles et produits animaux) est faible en raison de l'accès
limité au marché comme démontré plus haut.
En effet, le revenu familial affecte positivement, mais très
faiblement, la part des produits animaux dans la ration protéique
alors que l'accès au marché l'augmente de quatre unités.
En d'autres termes, les foyers habitant près du marché tendent
à consommer plus de produits animaux. Le pourcentage des calories
dérivées des céréales n'est, en revanche,
pas affecté par le revenu familial alors que l'accès au
marché diminue ce pourcentage de quatre unités.
Impact du projet sur le statut anthropométrique
des enfants
L'étude a évalué le statut anthropométrique
des enfants à travers l'utilisation des indicateurs suivants exprimés
en scores standardisés (z-scores) : taille-pour-âge, poids-pour-âge
et poids-pour-taille.
L'insuffisance pondérale (faible poids-pour-âge4)
et l'émaciation (faible taille-pour-âge4) sont
très rares parmi les enfants de toutes les catégories (7
et 0,6 %, respectivement). En revanche, le retard de croissance (faible
taille-pour-âge4) touche 28 % des enfants. Ce chiffre
est significativement plus élevé parmi les enfants des exploitations
totalement irriguées par puits, E4 (43 %), que parmi ceux des exploitations
totalement irriguées par l'Ormval, E2 (25 %), ou que parmi les
enfants des exploitations non irriguées, E6 (21 %).
Ces comparaisons ont été confirmées par un modèle
de régression qui a examiné l'effet des caractéristiques
agricoles sur le statut anthropométrique des enfants (tableau
3). Il a montré que, comparés aux enfants des foyers
sans terre, les enfants des foyers appartenant aux autres catégories
agricoles ne sont pas différents par leur statut anthropométrique,
sauf ceux de la catégorie « exploitations partiellement irriguées
à partir du puits privé » qui tendent à avoir
plus de retard de croissance et un poids plus faible. Les observations
de terrain permettent d'expliquer cela par le fait que, dans ces exploitations
de petite taille et à agriculture intensifiée (du fait de
l'irrigation), les mères tendent à être moins disponibles
pour procurer les soins nécessaires aux enfants, en particulier
une alimentation adéquate.
Notes :
1 Pour des raisons méthodologiques, le revenu n'a pas
pu être estimé dans cette enquête. Il est remplacé
dans l'analyse par son proxy, la dépense de consommation.
Ce « remplacement » est très fréquent dans les
analyses économiques.
2 L'équivalent adulte est calculé sur la base
de l'apport calorique recommandé. Il est utilisé à
la place de « par personne », pour atténuer l'effet de
la différence dans la composition des foyers (adultes et enfants).
3 1 dirham (DH) équivaut à 0,1 US dollar.
4 Le point critique utilisé ici est celui qui est recommandé
par l'OMS, à savoir - 2 écarts-types par rapport à
la moyenne de la population de référence.
CONCLUSION
L'étude a montré que le projet agricole du Loukkos a permis
aux familles rurales de la région du R'mel d'améliorer leur
revenu. Cependant, cette amélioration ne s'est reflétée
sur la consommation alimentaire et l'état nutritionnel des familles
que d'une manière très timide. Le principal obstacle à
un effet positif du revenu sur la qualité du régime alimentaire
est l'accès au marché. En effet, l'approvisionnement hebdomadaire
et la difficulté liée à l'achat et au transport des
aliments périssables tels que les produits animaux limitent la
consommation de ces produits, si bien que les céréales sont
encore prépondérantes dans le régime alimentaire
local même parmi les bénéficiaires du projet.
De même, le statut anthropométrique des enfants n'a été
amélioré par l'augmentation du revenu que d'une manière
très limitée. On soupçonne à cet égard
les conditions sanitaires et hygiéniques qui n'ont pas été
améliorées. Par ailleurs, l'étude a montré
que les enfants des exploitations agricoles de très petite taille,
mais dont l'agriculture est intensifiée, sont les plus défavorisés
en termes d'indicateurs anthropométriques. On pense que l'intensification
du travail agricole sur ces exploitations empiète sur le temps
des mères, les empêchant de bien s'occuper de leurs jeunes
enfants. De plus, ces exploitations étant trop petites, elles n'arrivent
pas à subvenir aux besoins de leurs membres.
En conclusion, cette étude a montré que le projet du Loukkos
a réussi sur les aspects agricoles et économiques mais n'a
pas pu avoir un effet notable sur l'amélioration des conditions
de vie, particulièrement consommation alimentaire et état
nutritionnel, de la population rurale concernée. Les obstacles
à un meilleur effet ne résident pas nécessairement
dans les composantes agricoles du projet mais dans les activités
accompagnatrices relevant des autres secteurs de développement
comme l'éducation, les infrastructures routière et sanitaire.
Cette conclusion et ses implications ne se limitent pas au projet Loukkos
mais devraient être généralisées à l'ensemble
des projets agricoles qui ne sont pas de développement intégré.
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