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Rôle des paramètres de conception, de gestion et de maintenance des périmètres irrigués dans la transmission et la lutte contre la bilharziose au Maroc central


Cahiers Agricultures. Volume 11, Numéro 1, 23-9, Janvier - Février 2002, Cultures irriguées et santé

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Hammou Laamrani, Eline Boelee

Résumé : Au Maroc, les réseaux d'irrigation gravitaires ont été à l'origine de l'introduction de la bilharziose dans des régions où elle n'était pas connue avant l'aménagement hydro-agricole. Une étude transversale de la distribution de Bulinus truncatus, hôte intermédiaire de Schistosoma haematobium au Maroc, a été réalisée au niveau du périmètre irrigué de Tessaout Amont qui constitue un foyer de bilharziose. Elle a montré que la conception et la gestion du réseau pouvaient favoriser l'installation et la prolifération des populations de mollusques. C'est le cas de la conception télescopique des canaux qui diminuent de section de l'amont vers l'aval et celui lié à une eau qui reste stagnante dans certaines sections et structures (notamment des siphons, des ouvrages d'angles et de chute), même hors de la période de mise en eau du réseau. Les puisards des canaux tertiaires sont les habitats les plus colonisés par Bulinus truncatus. Pendant la quasi-totalité de l'année, l'eau y est stagnante et la nourriture, notamment les algues et du détritus, y sont disponibles. La température de l'eau y est favorable au développement et à la reproduction des mollusques. Une étude longitudinale menée au niveau des puisards sur une année dans le même réseau a démontré que la densité des populations de Bulinus truncatus diminue quand la fréquence de l'irrigation et sa durée augmentent. Cette corrélation négative est d'autant plus significative en dehors de la campagne d'irrigation. Ainsi la même quantité d'eau délivrée aux irrigants en plusieurs tours d'eau au lieu d'un seul pourrait être un moyen de réduire l'abondance des mollusques dans ces ouvrages. L'effet du curage répété et de la couverture des siphons colonisés par les mollusques ont été testés dans la lutte contre les mollusques. Les résultats obtenus démontrent que, dans la lutte contre le mollusque hôte intermédiaire, l'ingénierie élémentaire peut être moins coûteuse et tout aussi efficace que les mesures de lutte chimique à condition qu'elle repose sur une connaissance de l'écologie du vecteur et qu'elle soit acceptée par les agriculteurs afin d'en assurer la durabilité.

Mots-clés : Système agraire ; Eau, irrigation.

 

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