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Session 2 - Gestion et utilisation des ressources hydriques


Cahiers Agricultures. Volume 9, Numéro 5, 434-8, Septembre - Octobre 2000, Colloque international « Eau et Santé » – Ouaga 2000



ARTICLE

37. Multiple use of irrigation water in dry regions of North-Africa and South-Asia

E. Boelee 1, H. Laamrani

1 International Water Management Institute, Sri Lanka

In irrigation systems all over the world, water is not only used for the irrigation of agricultural crops, but for a whole range of domestic and other purposes as well. Especially when groundwater is unavailable or of low quality, people may depend on the irrigation system to provide them even with drinking water. Case studies from Morocco, Egypt, Pakistan, and Sri Lanka have shown that water in irrigation canals is used for laundry mainly at the site, while water for domestic purposes is collected for use at the compound. In Morocco and Pakistan special reservoirs have been constructed for the storage of irrigation water for domestic purposes. Often this water is used for cooking and drinking without treatment.

While the consumption of untreated surface water holds certain risks to human health, the higher availability of water through the presence of irrigation systems may actually improve health. Water-washed and even water-borne diseases are reduced with increased use of water for bathing and for consumption. The health benefits of multiple use of irrigation water could be enhanced by adapted design and targeted water management.

Information gathered in the four countries shows a strong link between the access to alternative sources of water and the use of irrigation water. In many countries the exploitation of shallow groundwater resources is considered the only option for drinking water supply in rural areas. However, with dropping water tables and water quality problems such as high salt, fluoride and arsenic contents, it may be inevitable to consider surface water. In irrigated areas, this water has already been mobilized and conveyed, so it may be more cost-effective to improve the use of irrigation water for domestic purposes than to exploit groundwater. Joint efforts of the irrigation sector, drinking water supply agencies and public health authorities could thus result in a more rational use of scarce water resources to benefit human health.

38. Développement du maraîchage autour des eaux de barrage à Ouagadougou : quels sont les risques sanitaires à prendre en compte ?

G. Cissé 1, M. Kientga, B. Ouédraogo, M. Tanner

1 Centre suisse de recherches scientifiques (CSRS), 01 BP 1303 Abidjan 01, Côte d'Ivoire

Ouagadougou est traversée par un réseau hydrographique constitué de marigots et de canaux aménagés pour l'évacuation des eaux pluviales. On y trouve aussi des retenues d'eau importants (barrages I, II, et III, barrage de Tanghin, barrage de Boulmiougou).

Les sites de maraîchage apparaissent occasionnellement ou de manière permanente dans l'année à 48 endroits différents de la ville. Les eaux utilisées sur ces zones proviennent des puits, des barrages, des rigoles, des marigots, ou des canaux ouverts d'assainissement pluvial. Cependant, la plus importante activité de maraîchage se rencontre autour des eaux de barrage.

Les eaux de ruissellement, charriant des déchets divers, arrivent dans les barrages avec une forte charge de pollution. Par ailleurs, ces eaux font l'objet de nombreux usages qui augmentent leurs pollutions. Les eaux de barrage peuvent donc atteindre un niveau de pollution quasiment identique à celui de certaines eaux usées domestiques.

Pour des eaux destinées à l'arrosage de légumes susceptibles d'être consommés crus, l'Organisation mondiale de la santé recommande qu'il n'y ait pas plus de 1 000 coliformes fécaux par 100 ml, et qu'il n'y ait aucun œuf d'helminthes (OMS, 1989).

Les eaux des barrages de Tanghin et de Boulmiougou ont fait l'objet d'un suivi microbiologique durant 2 années consécutives (1994-1995). Les niveaux moyens de pollution hebdomadaire en coliformes fécaux par 100 ml ont été trouvés quasiment identiques sur les deux sites. Ces eaux présentent toutes des niveaux de pollutions bactériologiques toujours au-dessus des normes sanitaires de l'OMS, sauf en janvier et février, aussi bien en 1994 qu'en 1995. On relève une tendance de croissance des niveaux de pollution entre février et juin et une tendance à la réduction des niveaux de pollution entre octobre et décembre.

Encore plus inquiétant, ces eaux des barrages de Boulmiougou et de Tanghin restent moins polluées que les eaux de puits et les eaux de rigoles utilisées souvent comme eau d'arrosage sur les sites de maraîchage (p < 0,001).

La discussion porte sur la complexité et la dimension multidisciplinaire (aspects sociaux, culturels et économiques) d'une réflexion stratégique sur le développement du maraîchage autour des retenues d'eau urbaines ou périurbaines.

39. Impact des ressources en eau sur le bien-être familial au Burkina Faso

Y. Ganou

Ministère de la Santé, DMP, Ouagadougou, Burkina Faso

En collaboration entre la Direction de la Médecine préventive (DMP) et le Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), le laboratoire d'analyse de l'eau du ministère de la Santé participe à la mise en œuvre de projets de recherche portant sur le thème : Impact des ressources en eau sur la santé des populations.

Ces recherches comportent les aspects suivants :

- apprécier la qualité de l'eau consommée par les populations (au niveau de la prise et du stockage) ;

- requérir la perception que les populations ont de l'eau ;

- rechercher les itinéraires thérapeutiques des populations.

Les travaux ont concerné les régions du nord-est, du sud-est, de l'ouest et du centre du pays.

D'une manière générale les analyses faites sur les échantillons pris au niveau du réseau de distribution publique montrent que l'eau a conservé une composition qualitativement acceptable tout au long de l'année.

Pour ce qui est des échantillons pris au niveau des forages, des puits et des autres sources d'approvisionnement, l'eau est globalement d'une bonne qualité du point de vue physicochimique. Sur le plan bactériologique, seuls les échantillons prélevés au niveau des forages sont de bonne qualité. De fortes colonisations sont mises en évidence au niveau des échantillons prélevés au niveau des puits, mares et barrages. En outre, de fortes contaminations sont souvent mises en évidence au niveau des prélèvements faits au sein des familles dans les récipients de stockage.

En ce qui concerne la perception par les populations, celles-ci sont conscientes de la valeur que l'eau représente pour le développement. Toutefois, le plus souvent leurs connaissances reposent sur des observations empiriques ou même dictées par les nombreux personnels de projet qui leur rendent régulièrement visite ou encore leurs parents qui de temps à autre leur arrivent de la ville.

Les résultats de ces travaux suggèrent la nécessité de mieux identifier et quantifier les ressources en eau et devraient être pris en compte pour orienter les objectifs des programmes d'hydraulique.

40. Eaux usées - Environnement et santé

S. Kenfack, M. Mampouya

École inter-États d'ingénieurs de l'Équipement rural, 03 BP 7023 Ouagadougou 03, Burkina Faso

Depuis les grandes sécheresses des années 70, le problème de la sécurité alimentaire des populations africaines des régions arides et semi-arides est devenu une préoccupation majeure aussi bien pour les gouvernements des pays concernés que pour les grandes institutions internationales que sont la FAO, le PAM, le PNUD, la Banque mondiale, etc.

Parallèlement aux efforts que déploient ces gouvernants, les populations affectées ont développé d'autres formes de survie par la pratique de l'agriculture urbaine. Celle-ci s'exerce généralement autour des points et canaux d'évacuation des eaux usées domestiques et industrielles.

Depuis bientôt 10 ans, l'École inter-États d'ingénieurs de l'Équipement rural (EIER), dans sa section génie sanitaire, effectue des travaux de recherche sur les eaux usées. Ces études ont commencé par l'évaluation de l'impact sanitaire de la réutilisation des eaux usées en agriculture telle que cela se pratique dans le contexte sahélien et, aujourd'hui, un programme d'études sur les technologies rustiques d'épuration et de revalorisation des eaux usées industrielles est en cours.

L'urgence et la nécessité de ces études sont justifiées par le fait que, de nos jours, cette activité prend des proportions importantes aussi bien dans les régions continentales que côtières. Selon un rapport de la FAO, 800 millions de personnes vivent de cette activité à travers le monde. Le même rapport souligne qu'en 2005 plus de la moitié de la population mondiale vivra en ville. Ces populations qui viennent des campagnes et qui s'installent anarchiquement dans des espaces urbains non assainis vivent dans la précarité sanitaire à cause de la mauvaise gestion des eaux usées et des déchets solides qu'elles rejettent. Par ailleurs, les industries implantées dans les villes ne prennent pas en compte dans leurs cahiers des charges la préservation de l'environnement. Elles évacuent généralement leurs déchets (solides et liquides) dans la nature sans aucun traitement.

Il est vrai que la réutilisation de ces rejets industriels et urbains peut apporter des solutions à certaines difficultés des couches sociales démunies vivant en ville, notamment celles confrontées à une vulnérabilité alimentaire et financière, mais simultanément apparaissent d'importants problèmes de santé publique et de nuisances environnementales.

C'est pour étudier ces problèmes que notre étude sur les eaux usées a été initiée, l'objectif principal étant d'identifier et de proposer une gestion rationnelle des ressources en eau, aussi bien à travers un processus de recyclage des eaux épurées dans les activités agricoles et horticoles urbaines que par leur réinsertion dans les processus de production industriels.

41. Épuration des eaux usées domestiques par lagunage à macrophytes et développement des moustiques : un dilemme

I.M. Kengne, P.L. Agendia, A. Amougou, E.R. Jiagho, E.A. Ndikefor, Z. Temgbet, P. Menyengue, P. Ngniado, I. Ayissi, T. Fonkou, R. Mefenya

Wastewater Research Unit, Department of plant Biology, University of Yaoundé I, P.O. Box 8404, Yaoundé, Cameroon

L'utilisation des systèmes naturels est aujourd'hui reconnue comme une alternative viable aux systèmes conventionnels d'assainissement des eaux usées, notamment dans les pays africains qui souffrent d'un manque de capitaux et de main d'œuvre appropriée (Radoux, 1993 ; Denny, 1996).

Une station de lagunage à macrophytes d'environ 1 000 m2 a été construite en 1986 pour traiter en moyenne 45 m3 d'eaux usées domestiques du quartier résidentiel Biyem-Assi (Yaoundé, Cameroun). Une fois installée, cette station est devenue le siège d'un développement important de moustiques. Dans une enquête menée auprès des populations avoisinantes, 65 % des personnes interrogées considèrent cela comme un inconvénient majeur. Ceci constitue donc une limitation à son utilisation en milieu tropical. Dans le but de mieux cerner l'ampleur de cette nuisance, une étude portant sur la biodiversité et la dynamique des Culicidés inféodés à cette station a été entreprise de novembre 1997 à octobre 1998.

Au total 17 568 imagos de moustiques/m2/j appartenant à cinq genres ont été capturés pendant la période d'étude, dont 9 623 Mansonia, 7 368 Culex, 201 Coquillettidia, 103 Ficalbia, 3 Anopheles et 270 moustiques non identifiés. Mansonia est le genre le plus fréquent surtout dans les bassins B4 à B7, suivi de Culex, plus présent dans les bassins B1 à B3. Le taux de pollution plus élevé dans les trois premiers bassins par rapport aux quatre derniers serait la cause principale de cette émergence différentielle. En moyenne, 43 moustiques/m2/jour émergent dans la station, dont près de 54 % sont des femelles, cette intensité d'émergence étant plus élevée pendant les saisons sèches. Seulement trois prospections positives de Anopheles ont eu lieu dans B7 en saison pluvieuse, ce qui laisse penser que cette station n'accroîtrait pas de façon significative la faune anophélienne (vectrice du paludisme) dans la zone.

42. Épuration des eaux usées par lagunage à laitue d'eau sous forte charge organique au Burkina Faso

D. Koné, N. Sémoroz, G. Pierrehumbert, C. Seignez, C. Holliger

Institut de génie de l'environnement, École polytechnique fédérale de Lausanne, CH-1015 Lausanne, Suisse

L'épuration des eaux usées par lagunage et autres techniques alternatives en Afrique de l'Ouest est un sujet mal documenté. Pourtant, la réutilisation des effluents de stations d'épuration dans l'agriculture urbaine fait naître beaucoup d'espoir dans la lutte contre l'utilisation des eaux usées brutes en maraîchage et la réduction des risques sanitaires liés à cette pratique dans les quartiers périphériques des grands centres urbains.

Dans cette étude nous évaluons les performances épuratoires du lagunage à laitue d'eau sous forte charge organique, en traitement secondaire. L'expérience est menée à la station expérimentale de l'École inter-États d'ingénieurs de l'Équipement rural (EIER) à Ouagadougou au Burkina Faso. Cette station est composée de 3 bassins identiques en séries qui peuvent être couverts ou non de laitue d'eau. Elle est alimentée par les eaux usées décantées de l'internat de l'école. Chaque bassin a une profondeur moyenne de 0,7 m, une surface de 24 m2 (8 m x 3 m). Le débit moyen est de 3 m3/j sur la période d'étude comprise entre novembre 1999 et avril 2000.

Deux configurations ont été testées pendant cette étude : trois bassins couverts de laitue d'eau ; un bassin facultatif en tête de station suivi de deux bassins plantés. Les charges organiques sur le bassin de tête pour chaque phase sont respectivement de 600 et 500 kg DBO5/ha/j pour une charge hydraulique maintenue à 125 mm/j (sur le bassin de tête).

Les résultats montrent que les bassins à laitue d'eau sont très performants en épuration secondaire. Les rendements globaux pour chaque phase sont compris entre 60 et 90 % avec une moyenne de 80 % pour un temps de séjour moyen de 18 jours sur l'ensemble des trois bassins. Une charge organique supérieure à 1 000 kg DCO/ha/j sur le premier bassin peut entraîner un dépérissement des laitues d'eau.

Les résultats montrent également que la prolongation du temps de séjour par augmentation du nombre de bassin n'entraîne pas nécessairement un gain de rendement significatif sur l'abattement de la matière organique.

La qualité des eaux traitées montre un potentiel intéressant pour une réutilisation sans risques en maraîchage, moyennant un traitement de finition.

Des réflexions sont faites sur les critères dimensionnement pour une meilleure optimisation du procédé et sur la valorisation des sous-produits (eau et plantes) de l'épuration.

43. Biomarkers of freshwater pesticide pollution

Y.S. Naik, L. Chirombe, A. Maredza

Department of Biochemistry, University of Zimbabwe, Harare, Zimbabwe

The use of pesticides and other agrochemicals pose a serious threat to the freshwater bodies in developing countries. The presence of pesticides in water bodies may be determined using chemical tests which are usually time consuming and require expensive equipment. A biological marker is usually not only inexpensive but also provides an insight into the likely biochemical and biological consequences of pollutant exposure. Zimbabwe is a major exporter of agricultural crops such as tobacco, coffee and cotton, and pesticides belonging to several different chemical classes are used widely on farms in agricultural areas. Many of these pollutants are likley to find their way into water bodies which are usually frequented by humans and domestic animals living on or near these farms. We therefore conducted a laboratory study to observe the effects of several pesticides used in Zimbabwe, on aquatic snail species, namely Helisoma duryi, Lymnaea natalensis, and Physa acuta. The pesticides used were Endosulfan (END), 2,4-dichlorophenoxyacetic acid (24D), deltamethrin (DEL), pirimiphos-methyl (PIR), malathion (MAL) and glyphosate (GLY). We studied the effects of a three day-exposure on detoxifying enzymes i.e. superoxide dismutase (SOD), catalase (CAT), glutathione peroxidase (GPX), quinone reductase (QOR) and esterases (EST). Our results indicate a varied response in the SOD, CAT, GPX and QOR enzyme activities with each of the three snail species and also with the chemical class of pesticide used. However, there was a consistent decrease in the EST activities (using three different substrates) in all three species of aquatic snails that were exposed to the two organophosphates (MAL and PIR). Thus, altered esterase activity in aquatic snails appears to be a good candidate for the development of a biomarker for organophosphate pollutants in water. Experiments are presently underway in our laboratory to verify this hypothesis. Our data, in general, also indicates that pesticide pollution of water bodies in agricultural areas would result in deleterious effects on aquatic molluscs thereby threatening freshwater biodiversity.

44. Developmental disorders in embryos of the frog Xenopus laevis induced by choroacetanilide herbicides and their degradation products

O. Osano 1, 2, W. Admiraal 2, D. Otieno 1

1 School of Environmental Studies, Moi University, P.O. Box 3900, Eldoret, Kenya 2 Department of Aquatic Ecology and Ecotoxicology, IBED, University of Amsterdam, Kruislaan 320, 1098 SM, Amsterdam

Pesticides are known to be transformed in the environment, but so far the study of their effects in the environment has concentrated on the parent compounds thereby neglecting the effects of the degradation products. The embryotoxic, developmental and teratogenic effects of chloracetanilide herbicides and their environmentally stable aniline degradation products were investigated in this study in view of the massive application of alachlor and metolachlor. Embryos at midblastula to early gastrula stages of a locally abundant african clawed frog Xenopus laevis were used as test organisms. The embryos were exposed to the test chemicals for 96 h in each experiment. Alachlor is more embryotoxic (LC50 (96 h) = 6.1 mg/l) and teratogenic (Teratogenic Index, TI = 1.7) than metolachlor (LC50 (96 h) = 13.6 mg/l ; TI < 0,1). The degradation products of alachlor and metolachlor, respectively 2,6-diethylaniline (LC50 (96 h) = 19.4 mg/l ; TI = 2.1) and 2-ethyl-6-methyaniline (LC50 (96 h) = 68.8 mg/l, TI = 2.7) are less embryotoxic but more teratogenic than their parent compounds. The most common teratogenic effects observed were edema and abnormal gut developments for alachlor as opposed to axial flexures for 2,6-diethylaniline and 2-ethyl-6-methylaniline. Metolachlor is found to be an example of a non-teratogenic herbicide, which upon degradation loses toxicity but gains teratogenicity and both the herbicides, metolachlor and alachlor, are potential sources of teratogenic transformation products.

45. Préservation de l'unique espace vert de Nouakchott autour de la réutilisation d'eaux usées traitées en maraîchage

L. Ould Baba, E. Benzeroug, A. Azandossessi, M.L. Ould Mohamed Salem, G. Cissé, M.Tanner

Bureau OMS, BP 320, Nouakchott, Mauritanie

À Nouakchott (capitale de la Mauritanie), le site de maraîchage de Sebkha, situé au centre ville, constitue le plus important et le plus ancien périmètre maraîcher. Il a été créé avec la mise en service d'une station d'épuration (STEP) des eaux usées en 1965, conçue pour la toute jeune capitale du pays.

Le site de Sebkha, qui couvre une superficie estimée à 32 hectares, est l'un des rares espaces verts de la ville. Il présente une richesse floristique non négligeable et un micro-environnement verdoyant et frais. En outre, il permet de recycler des eaux usées de la ville et certains déchets ménagers produits par les quartiers voisins du site.

Le site est, par conséquent, un élément régulateur très remarquable dans l'environnement urbain d'une ville sahélienne située dans une zone extrême d'aridité. Par ailleurs, d'importants intérêts socio-économiques sont liés à ce site, dont la population des exploitants concernés par les activités est estimée à 2 000 personnes.

Un programme de recherche sur l'utilisation des eaux usées en agriculture urbaine a été conduit à Nouakchott de 1995 à 1999. Ce programme a impliqué des institutions d'enseignement supérieur et de recherche (EIER, EPFL, ITS), des organismes publics (CNH), des organismes multilatéraux (OMS, UNICEF), des consultants privés, et des ONG.

Après une succession d'études scientifiques et techniques le processus de recherche-action a abouti en 1999 à la conception d'un projet intégré de développement du site de maraîchage, estimé le plus viable, autour de la réutilisation des eaux usées. L'arrivée journalière et continue des eaux usées en cet unique endroit de la ville constitue un atout dont la valorisation a été hautement considérée par le projet.

Ce projet de développement a donc été conçu pour une gestion intégrée d'hydro-aménagements en milieu urbain, en cherchant à contrôler les risques sanitaires, à augmenter les potentialités agricoles et économiques du site, et à améliorer le cadre et l'hygiène du site.

Les composantes du projet dit « Nouakchott El Khadra » (Nouakchott la verte) sont les suivantes : l'aménagement d'un réseau d'irrigation performant ; l'aménagement de bassins de stockage appropriés ; l'amélioration des techniques agricoles et des pratiques culturales existantes sur le site ; la surveillance de la qualité de l'eau ; la mise en place d'un système de gestion des ordures ménagères ; la mise en place d'un volet de recherche.

La discussion porte sur les enjeux autour de la réutilisation des eaux usées dans des contextes où il est difficile d'assurer un contrôle fiable du respect des directives de qualité de l'OMS, et sur la nécessité de mobiliser les acteurs eux-mêmes dans la recherche des solutions, et de permettre une plate-forme de collaboration entre les populations, les autorités et les organismes d'aide.

46. Hydro-aménagements au Burkina Faso : gestion de l'espace et système de production

M. Somda

Ministère de l'Environnement et de l'Eau/DGH, Ouagadougou, Burkina Faso

Le Burkina Faso, à l'instar des autres pays sahéliens, a fait de la mobilisation des eaux de surface une des grandes priorités susceptibles de permettre la meilleure valorisation possible du potentiel en terres et en eau.

Ainsi, en 1998, les ouvrages réalisés dans le pays étaient estimés à 2 100 retenues dont 380 créent des plans d'eau permanents. Les plus grands pôles de mobilisation des eaux de surface sont :

- les barrages de Douna (50 .106 mm3) et de Mossodougou (38,5 .106 m3) à l'ouest du pays,

- l'ouvrage du Sourou (300 .106 mm3) au nord-ouest,

- le barrage de la Kompienga (2 050 .106 mm3) à l'est,

- le barrage de Bagré (1 700 .106 mm3) au centre-est.

La construction des aménagements hydro-agricoles en aval ou en amont des ouvrages de mobilisation de l'eau pour l'irrigation a profondément modifié l'utilisation des terres. Ainsi, on observe :

- une diminution des terres cultivables du fait des mises en eau des ouvrages, ce qui entraîne une pression accrue sur les terres restantes ;

- une réduction des parcours de bétail et des espaces pâturables, en particulier de ceux utilisés comme zone d'accueil des troupeaux en saison sèche ;

- une disparition des espèces ligneuses et une érosion des sols ;

- une modification des relations sociales dans le mode de gestion des terres ;

- un déclin de l'agriculture de décrue ;

- une disparition des sites touristiques, culturels ;

- une disparition des espaces naturel et des habitats sauvages.

Toutes ces observations imposent que soient prises des mesures d'accompagnement afin que les impacts néfastes des hydro-aménagements sur l'environnement puissent être atténués.

47. Irrigation (péri)-urbaine et risques sanitaires en Afrique de l'Ouest

M. Sonou

Bureau régional de la FAO pour l'Afrique, P.O. Box 1628, Accra, Ghana

La sécurité alimentaire des grandes villes à forte croissance démographique reste un défi pour l'agriculture africaine au sud du Sahara, et plus particulièrement en Afrique de l'Ouest. Les besoins nutritionnels traduits en besoins alimentaires croissent plus vite que la population urbaine sans cesse grossie par le flux migratoire campagnes-villes. La satisfaction de ces besoins offre, à coup sûr, des opportunités d'emploi aux chômeurs urbains et périurbains qui voudraient se reconvertir ou retourner à l'agriculture. Ainsi s'explique l'essor de l'agriculture urbaine et périurbaine.

De nombreuses contraintes se dressent cependant sur la voie telles que : la diminution rapide des superficies de terres arables sous la poussée de l'urbanisation, la chute de la fertilité des sols face à la quasi-disparition des jachères, la difficulté d'augmenter la productivité et la production agricole pluviale. Dans ces conditions, l'irrigation s'impose comme mode de production toutes saisons, permettant trois ou quatre récoltes par an, voire davantage. Toutefois, les ressources en eaux de surface et souterraines se posent, tant en qualité qu'en quantité, comme facteur limitant à la fois l'expansion de l'irrigation (péri)-urbaine et sa durabilité. L'augmentation et le maintien des rendements appellent l'application d'engrais minéraux et de pesticides dont les résidus constituent autant de menaces pour le milieu physique et humain. Pis, les risques sanitaires associés à la ré-utilisation des eaux usées, brutes ou mal traitées, sont amplifiés par les mauvaises pratiques de recyclage d'ordures solides en engrais organiques. Sans précautions spéciales, les produits agricoles sont contaminés et deviennent impropres à la consommation humaine.

Les études de cas menées dans trois grandes agglomérations urbaines et leurs périphéries (au Ghana et au Sénégal) ont confirmé ces risques. Ainsi, à Kumasi, à la confluence des cours d'eau Sisa et Oda, les analyses d'eau indiquent un taux de contamination par coliformes fécaux 90 fois supérieur à la norme (< 1 000 CF/100 ml) admise. Même les puits de faible profondeur ont leur eau contaminée par des coliformes et des œufs d'helminthes provenant probablement des eaux de ruissellement qui envahissent ces puits. À Accra, les autorités municipales ont souvent attiré l'attention sur les risques sanitaires associés à l'utilisation des eaux des drains urbains par les maraîchers. En effet, les prélèvements d'eau effectués dans différents drains, pour une étude de la FAO conduite en 1999, indiquaient des taux de contamination dépassant ceux observés à la confluence de Sisa et Oda. À Dakar, l'eau de rinçage des légumes produits avec l'utilisation des eaux usées contient des parasites comme les amibes sans temps de latence et à faible dose infectante, mais aussi des nématodes intestinaux qui ont une période de latence importante. De plus, les méthodes et moyens de transport et diverses manipulations entre les sites de production et les points de vente aggravent parfois ces taux de contamination.

Pourtant, une synergie bénéfique peut être développée entre l'assainissement de l'environnement urbain et l'irrigation (péri)-urbaine. Des mesures appropriées sont proposées pour permettre une contribution saine de celle-ci à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations urbaines.


 

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