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Annales de Biologie Clinique

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Les anticorps « antiphospholipides » : intérêt clinique et diagnostic biologique Volume 58, numéro 5, Septembre - Octobre 2000

Auteurs
Hôpital de la Conception, 147, boulevard Baille, 13385 Marseille cedex 05
  • Mots-clés : Antiphospholipides ­ Thrombose ­ Lupus anticoagulant ­ Anticardiolipine ­ beta2-glycoprotéine I.
  • Page(s) : 557-74
  • Année de parution : 2000

Les « antiphospholipides » constituent une famille hétérogène d'anticorps mis en évidence, pour certains, par des tests de coagulation, les lupus anticoagulants, pour d'autres par des techniques immunologiques de type Elisa, les anticardiolipines et les anti-beta2-glycoprotéine I (anti-beta2GP1) notamment. Les antiphospholipides reconnaissent soit des phospholipides, soit des complexes phospholipides-cofacteurs protéiques, soit ces cofacteurs seuls. Ils peuvent se rencontrer dans le cadre de pathologies auto-immunes comme le lupus érythémateux systémique, mais aussi dans des contextes infectieux, néoplasiques, iatrogènes ou de façon idiopathique. Leur présence persistante peut être en relation avec la survenue de thromboses veineuses et/ou artérielles et/ou de pertes fœtales récidivantes, définissant alors le syndrome des antiphospholipides. L'importance clinique potentielle de ces anticorps impose pour leur diagnostic la mise en œuvre d'une méthodologie rigoureuse. Le diagnostic des lupus anticoagulants qui sont caractérisés par leur capacité à prolonger des tests de coagulation dépendants des phospholipides, comporte quatre étapes : dépistage (par plusieurs tests reposant sur des principes différents), mise en évidence d'une activité inhibitrice, confirmation de sa dépendance en phospholipides, exclusion d'une coagulopathie associée. Parmi les antiphospholipides détectés par Elisa, les anticardiolipines sont les plus couramment recherchés. Cependant, d'autres anticorps peuvent représenter des outils diagnostiques utiles aux cliniciens. Parmi eux, les anti-beta2GP1 sont décrits comme plus associés au syndrome des antiphospholipides que les anticardiolipines et leur recherche est maintenant indispensable à l'évaluation d'un risque de ce syndrome. Les Elisa utilisés pour la recherche de ces anticorps ne sont pas encore standardisés et de nombreuses variables méthodologiques peuvent être à l'origine de divergences de résultats interlaboratoires. L'intérêt clinique d'autres antiphospholipides (antiphosphatidyléthanolamine) ou anticofacteurs (antiprothrombine, anti-annexine V) est en cours d'évaluation. La confirmation du diagnostic de syndrome des antiphospholipides nécessite d'associer les tests de coagulation et immunologiques et de vérifier la persistance de leur positivité.