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Annales de Biologie Clinique

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Le stress oxydant : intérêt de sa mise en évidence en biologie médicale et problèmes posés par le choix d'un marqueur Volume 55, numéro 1, Janvier - Février 1997

Auteur
Laboratoire de biochimie des pathologies oxydatives (GREPO), Faculté de pharmacie et Laboratoire de biochimie C, CHU de Grenoble, 38700 La Tronche

Le stress oxydant est un syndrome résultant d'un déséquilibre entre les systèmes de défense antioxydants et la production de radicaux libres oxygénés. Ce déséquilibre peut avoir diverses origines : déficit nutritionnel en antioxydant, surproduction endogène d'origine inflammatoire, exposition environnementale à des facteurs pro-oxydants. Pour y faire face l'organisme dispose d'enzymes antioxydants codés par un génome permettant une adaptation à une dose raisonnable de radicaux de l'oxygène. Selon les circonstances le stress oxydant sera la cause ou une des causes de maladies comme le cancer, l'athérome ou la cataracte. Mais il peut aussi être la conséquence de certaines troubles métaboliques comme le diabète ou de processus infectieux comme le sida, venant en aggraver l'évolution. Il est donc important pour le biologiste d'être capable de déceler et suivre ce phénomène, notamment afin d'évaluer l'efficacité des traitements antioxydants. Il existe un très grand nombre de marqueurs dont on peut dire qu'aucun n'est parfait. Il est possible d'examiner chacun des systèmes de défenses et de production, mais il s'avère plus simple de suivre la résultante de ce déséquilibre, à savoir les lésions biochimiques induites. La mesure directe des radicaux libres est possible par résonance para-électronique ou chimioluminescence, mais difficilement utilisable en biologie clinique. Il est également possible de piéger les radicaux par des tests dynamiques utilisant le salicylate et mesurant ses dérivés d'hydroxylation. Les lésions dues au radicaux libres sont surtout appréciées en examinant les produits de l'oxydation des lipides : diènes conjugués, hydro- peroxydes, aldéhydes et hydrocarbures. Le test le plus pratiqué, bien que controversé, reste la mesure du malonaldéhyde après réaction avec l'acide thiobarbiturique (TBARs ou MDA). Le stress oxydant se traduit aussi par une modification des concentrations en antioxydants (glutathion, ascorbate, tocophérol), mais surtout du rapport entre forme réduite et oxydée de ces composés. Beaucoup d'autres dérivés oxydés sont également analysables provenant de l'ADN ou des protéines comme les carbonyles ou thiols protéiques. Quel que soit le test choisi, le biologiste devra être vigilant car toutes ces méthodes souffrent d'un manque de standardisation et de l'absence de matériaux de référence.