John Libbey Eurotext

Annales de Biologie Clinique

Étude des IgE réactives aux pneumallergènes chez les consultants de l’hôpital militaire Mohamed V de Rabat (Maroc) Volume 70, numéro 1, Janvier-Février 2012

Résumé : Notre étude transversale avait pour objectif de présenter le profil biologique de sensibilisation des patients consultant pour des problèmes d’allergie respiratoire à l’hôpital militaire d’instruction Mohamed V de Rabat. Cent quatre patients ont été inclus dans l’étude. Il s’agit de patients ayant bénéficié d’une consultation médicale spécialisée et qui se sont présentés au laboratoire de biochimie avec une prescription d’un bilan biologique allergologique (numérotation formule sanguine et bilan biochimique). Les analyses biochimiques ont comporté le TMA (test multi-allergénique) Phadiatop ®, le dosage des IgE spécifiques et des IgE totales. Les différents paramètres anamnestiques et cliniques influençant la sensibilisation aux allergènes respiratoires ont été recueillis à l’aide d’un questionnaire. L’analyse statistique des données a été faite par le logiciel SPSS version 13.0. Le Phadiatop ® a été positif chez 54,8 % de nos patients avec une prédominance masculine (sex-ratio H/F = 1,4). Les principaux symptômes retrouvés étaient la rhinite (36,8 %) et l’asthme (10,5 %). L’allergène d1 Dermatophagoides pteronyssinus était le pneumallergène le plus incriminé (59,65 %). Chez 19,3 % des patients sensibilisés, il est noté une polysensibilisation (supérieure à trois) qui concerne les acariens, les blattes, les pollens et les animaux ; 93,6 % des patients Phadiatop ® positif ont une hyperéosinophilie (p < 0,001). Les IgE totales étaient prescrites chez 29 malades et étaient élevées chez 19 patients soit dans 66 % des cas. Parmi les patients ayant un taux élevé d’IgE total, 8 (42,1 %) avaient un Phadiatop ® négatif (p = 0,019). Notre étude montre donc la forte prévalence de la sensibilisation respiratoire chez notre population. L’allergène d1 est le plus fréquemment incriminé. Nous avons également mis en évidence la faible valeur diagnostique du dosage des IgE totales dans l’allergie respiratoire.