ARTICLE
bdc.2012.1544
Auteur(s) : Antoine de Pauw1, Laurianne Jolissaint2, Paul Fréneaux3, Étienne Rouleau4, Dominique Stoppa-Lyonnet1, Bruno Buecher1 bruno.buecher@curie.net
1 Institut Curie, service de génétique oncologique,
26, rue d’Ulm, 75005 Paris, France
2 CHU Jean-Minjoz, service de gastroentérologie, 2,
boulevard Fleming, 25030 Besançon, France
3 Institut Curie, service d’anatomie pathologique,
26, rue d’Ulm, Paris, France
4 Institut Curie, laboratoire de génétique
moléculaire, 35, rue Dailly, 92210 Saint-Cloud, France
Tirés à part : B. Buecher
En France, l’incidence du cancer de l’ovaire est évaluée à 11,2
sur 100 000 (taux standardisé sur la structure de la
population européenne), ce qui le situe au septième rang des
cancers féminins (après les cancers du sein, du côlon/rectum, du
poumon, de l’endomètre, de la thyroïde et les lymphomes non
Hodgkinien) [1, 2]. Le nombre de cas incidents pour
l’année 2005 a été évalué à 4 375 ; le risque cumulé au
cours de l’existence (période 0-74 ans) à 0,90 %. L’âge
au diagnostic est supérieur à 60 ans dans deux tiers des cas.
La proportion de cas diagnostiqués à un âge inférieur à 50 ans
et inférieur à 40 ans est évaluée à 14 et 4,5 %
respectivement. Le nombre de décès par cancer de l’ovaire a été
évalué en France à 3 180 pour l’année 2005, ce qui le
place au cinquième rang de la mortalité par cancer chez la femme
après les cancers du sein, du côlon/rectum, du poumon et du
pancréas.
Il existe de nombreux types histologiques de cancers de l’ovaire
[3]. Les adénocarcinomes, qui sont largement majoritaires (plus de
90 % des cas), se divisent en différentes classes [3]. Les
adénocarcinomes papillaires séreux sont les plus fréquents et
représentent environ 40 à 60 % des adénocarcinomes. Les autres
types correspondent, par ordre décroissant de fréquence, aux
adénocarcinomes endométrioïdes (20 à 25 % des cas), aux
adénocarcinomes mucineux (15 à 20 % des cas), aux
carcinomes indifférenciés (5 à 15 % des cas), aux
adénocarcinomes à cellules claires (6 % des cas) et aux
carcinomes à cellules transitionnelles ou tumeurs malignes de
Brenner (inférieurs à 1 % des cas). Les adénocarcinomes
résultent, soit de la transformation maligne de l’épithélium de
surface de l’ovaire ou des kystes d’inclusion de cet épithélium,
soit d’une « greffe » ovarienne d’une lésion maligne de
l’épithélium du pavillon de la trompe. Sur le plan
physiopathologique, les données récentes expliquent ces deux
mécanismes par l’existence d’au moins deux voies de carcinogenèse
distinctes :
- –. transformation progressive de l’épithélium de surface
ou des kystes d’inclusion selon une séquence « métaplasie
Müllerienne-dysplasie-cancer » associée à différentes
altérations génétiques somatiques (mutations des gènes KRAS,
BRAF, PTEN et/ou CTNNB1/β-caténine par exemple) pour
les adénocarcinomes de bas grade, en particulier de type
endométrioïde et mucineux (type 1) ;
- –. altération des mécanismes de réparation des lésions
de l’ADN par recombinaison homologue associée à des mutations du
gène TP53 et initiée au niveau de l’épithélium tubaire pour
les adénocarcinomes séreux de haut grade (type 2) [4].
Les tumeurs germinales et les tumeurs du mésenchyme et des
cordons sexuels correspondent aux deux autres grandes catégories de
cancers de l’ovaire. Elles sont beaucoup plus rares. Il en existe
différents types et leur histogenèse est parfois mal connue.
On estime que 10 % environ des cancers de l’ovaire
surviennent dans un contexte de prédisposition génétique majeure et
correspondent à des formes dites « héréditaires » à
transmission autosomique dominante [5].
Les deux grands syndromes de prédisposition aux adénocarcinomes
de l’ovaire correspondent :
- –. aux formes héréditaires de cancers du sein et de
l’ovaire associées à une mutation constitutionnelle des gènes
BRCA1 ou BRCA2 (pour breast cancer)
et ;
- –. au syndrome de Lynch (anciennement appelé syndrome
HNPCC, pour hereditary non polyposis colorectal cancer)
associé à une mutation constitutionnelle délétère d’un gène
MMR (pour mismatch repair) : MLH1,
MSH2, MSH6 et PMS2.
Il est vraisemblable qu’il existe encore d’autres gènes majeurs
de prédisposition au cancer de l’ovaire, encore non identifiés.
Récemment, des mutations monoalléliques du gène RAD51C ont
été identifiées dans 1,3 % de familles sein-ovaire sans
mutation BRCA1/2 identifiée [6]. Le gène a été identifié par
une approche gène candidat, les mutations bialléliques
RAD51C étant à l’origine d’une maladie proche de la maladie
de Fanconi. L’un des 13 gènes de la maladie de Fanconi,
FANCD1 étant le gène BRCA2, les 12 gènes
restants et les gènes donnant un tableau proche de la maladie sont
devenus des gènes candidats pour la prédisposition aux cancers du
sein et de l’ovaire. Une publication récente a également impliqué
les mutations du gène RAD51D, autre paralogue du gène
RAD51, codant pour une protéine impliquée dans la réparation
des lésions de l’ADN par recombinaison homologue, comme facteurs
majeurs de prédisposition génétique aux cancers du sein et de
l’ovaire (mutations monoalléliques de ce gène identifiées dans huit
des 911 familles avec agrégation de cancers du sein et de
l’ovaire étudiées, soit 0,9 % de l’effectif) [7]. Aujourd’hui,
l’étude des gènes RAD51C, RAD51D et des autres gènes
candidats ne se conçoit que dans un cadre de recherche, les risques
tumoraux associés n’étant pas précisément définis. Les approches de
séquençage très haut débit pourraient permettre d’identifier de
nouveaux gènes dans de rares familles. La définition des risques
restera difficile en dehors d’études collaboratives
internationales.
Les autres types histologiques des cancers de l’ovaire peuvent
également s’inscrire dans un contexte héréditaire :
- –. syndrome de Peutz-Jeghers pour les tumeurs du
mésenchyme et des cordons sexuels (tumeurs des cordons sexuels à
tubules annelés, sex cord tumors with annular tubules
[SCTAT] essentiellement ; tumeurs de la granulosa et tumeurs à
cellules de Sertoli plus rarement) et ;
- –. syndrome de Gorlin pour les exceptionnels
fibrosarcomes ovariens. La part relative des différentes formes
héréditaires des cancers de l’ovaire est schématisée dans la figure 1.
L’identification des formes héréditaires constitue un enjeu
majeur pour les individus atteints mais aussi pour leurs
apparentés. La caractérisation de la mutation causale chez la femme
atteinte (cas index) permet en effet de confirmer le diagnostic de
prédisposition sur une base moléculaire mais également de proposer
la réalisation d’un test génétique ciblé à ses apparentés à risque.
Dans la famille du cas index, il devient alors possible
d’identifier les apparentés qui ont hérité de la mutation et qui
doivent faire l’objet d’une prise en charge spécifique, voire d’une
chirurgie prophylactique et les apparentés qui n’en sont pas
porteurs et qui peuvent être libérés de la prise en charge
recommandée dans le contexte de prédisposition.
Dans cette mise au point, nous envisagerons successivement les
formes héréditaires des cancers du sein et de l’ovaire et le
syndrome de Lynch en précisant, pour chacune de ces deux entités,
les risques de cancers de l’ovaire et des autres tumeurs du spectre
(pénétrance) ; leur contribution à la genèse des cancers de
l’ovaire, c’est-à-dire le pourcentage de cas de cancers de l’ovaire
s’intégrant dans ces contextes ; les arguments du diagnostic,
les indications d’analyses génétique moléculaire et les
recommandations de prise en charge actualisées. Nous illustrerons
également la stratégie diagnostique des formes héréditaires des
carcinomes ovariens et les différentes étapes de la démarche
oncogénétique à partir d’une observation clinique.
Les formes héréditaires des cancers de l’ovaire et du sein
associées aux mutations constitutionnelles des gènes
BRCA
Alors que les formes familiales de cancer du sein et de l’ovaire
sont décrites depuis de nombreuses années, l’identification des
deux gènes majeurs de prédisposition, BRCA1 et BRCA2,
date du milieu des années 1990 [8, 9]. Ils sont localisés
sur les chromosomes 17 et 13 respectivement et codent des
protéines impliquées dans les mécanismes de réparation des cassures
double brin de l’ADN par recombinaison homologue. Les mutations
constitutionnelles monoalléliques de ces gènes rendent compte de la
majorité des formes héréditaires des cancers du sein et de l’ovaire
dont la transmission est de type autosomique dominant.
Risques tumoraux associés aux mutations constitutionnelles des
gènes BRCA1 et BRCA2
De larges études épidémiologiques ont été réalisées pour définir
les risques tumoraux mammaire et ovarien des femmes porteuses de
mutations constitutionnelles délétères de ces gènes. Aujourd’hui,
deux méta-analyses font référence et leurs conclusions sont
couramment utilisées pour le conseil génétique [10, 11].
Dans la première, qui date de 2003 et qui ne repose que sur des
études de population (c’est-à-dire ayant inclus des cas non
sélectionnés sur la présence d’antécédents familiaux), les auteurs
estiment que le risque cumulé de cancer de l’ovaire à l’âge de
70 ans est de 39 % (IC95 = 18-54 %) pour les
mutations de BRCA1 et de 11 % (IC95 = 2,4-19 %)
pour les mutations de BRCA2 [10]. De plus, le risque cumulé
de cancer du sein à l’âge de 70 ans est de 65 %
(IC95 = 44-78 %) pour les mutations de BRCA1 et de
45 % (IC95 = 31-56 %) pour les mutations de
BRCA2.
La seconde méta-analyse, qui a été publiée en 2007, a inclus un
plus grand nombre de cas issus d’études de population mais
également d’études dont les cas étaient sélectionnés sur leurs
antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire [11]. Les
estimations de pénétrance dans ce travail sont très proches des
estimations de la précédente méta-analyse [10] : risque
cumulé de cancer de l’ovaire à 70 ans de 40 %
(IC95 = 35-46 %) pour les femmes porteuses d’une mutation de
BRCA1 et de 18 % (IC95 = 13-23 %) pour les femmes
porteuses d’une mutation de BRCA2 ; risque cumulé à
70 ans de cancer du sein de 57 % (IC95 = 47-66 %) et
de 49 % (IC95 = 40-57 %) chez les femmes porteuses d’une
mutation des gènes BRCA1 et BRCA2 respectivement.
Prévalence des mutations des gènes BRCA1 et BRCA2
chez les femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire
Dans les pays développés, une mutation du gène BRCA1 ou
BRCA2 est identifiée chez 6 à 15 % des femmes
atteintes d’un cancer de l’ovaire non sélectionnées sur l’histoire
familiale ou l’âge au diagnostic [5]. La probabilité d’identifier
une mutation des gènes BRCA1/2 est fonction de la
présentation familiale. Il est compris entre 0 et 9 % en cas
de présentation sporadique, c’est-à-dire en l’absence d’antécédent
familial de cancers du sein ou de l’ovaire, alors qu’il est compris
entre 34 et 84 % en cas d’agrégation familiale de cancers du
sein et de l’ovaire [5]. Dans les situations où il n’existe que des
cancers de l’ovaire dans la famille, la probabilité d’identifier
une mutation est fonction du nombre de cas : 27 % pour
les familles avec deux cas de cancer de l’ovaire, 54 % pour
les familles avec trois cas de cancer de l’ovaire et 63 % pour
les familles avec trois cas de cancer de l’ovaire ou plus (ce
dernier chiffre s’élève à 81 % en cas d’association à un
cancer du sein).
Les caractéristiques ovariennes des tumeurs survenant dans le
contexte d’une mutation constitutionnelle des gènes
BRCA1/2
Contrairement aux cancers du sein, il n’existe pas de différence
significative concernant les caractéristiques histologiques des
cancers de l’ovaire survenant dans le contexte des mutations du
gène BRCA1 ou du gène BRCA2. Il s’agit
d’adénocarcinomes, souvent peu différenciés et de haut grade
nucléaire répondant à la voie de carcinogenèse « de type
2 » [4]. Comme pour les cancers sporadiques, le type
papillaire séreux est le plus fréquent (44 et 48 % des cas
pour les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2
respectivement) [12]. Les formes mucineuses sont très minoritaires
et beaucoup moins fréquentes que dans les formes sporadiques (3 et
5 % des cancers survenant dans le contexte des mutations des
gènes BRCA1 et BRCA2 respectivement versus
38 % dans les formes sporadiques) [12]. Dans le travail de
Zhang et al. récemment publié, aucune mutation des gènes
BRCA n’été identifiée dans une série de 112 cas de
carcinomes mucineux non sélectionnés [13]. Comme en population
générale, les formes endométrioïdes et à cellules claires sont
rares. Ces dernières seraient sous-représentées dans le contexte de
mutation du gène BRCA2.
À stade égal, le meilleur pronostic des cancers de l’ovaire
associés aux mutations constitutionnelles des gènes BRCA1/2
par rapport aux formes sporadiques est rapporté dans différentes
études [14]. Cette observation est probablement à mettre sur le
compte d’une plus grande sensibilité à la chimiothérapie.
Les indications de consultation de génétique oncologique
et de recherche de mutation constitutionnelle des gènes
BRCA1/2 chez les femmes atteintes d’un cancer de
l’ovaire
Depuis que les premières indications d’étude des gènes
BRCA1 et BRCA2 ont été formalisées en France dans une
expertise commandée par la FNCLCC et réalisée par l’Inserm [15], le
carcinome de l’ovaire fait partie des critères de sélection des
patientes.
Les indications initiales d’étude des gènes BRCA chez les
femmes atteintes d’un adénocarcinome de l’ovaire
concernaient :
- –. les femmes ayant un antécédent personnel de cancer du
sein (antérieur, synchrone ou postérieur au diagnostic du cancer de
l’ovaire) quels que soient les âges aux diagnostics de ces cancers
(critère individuel) et ;
- –. les femmes ayant (au moins) une apparentée au premier
degré (ou au second degré lorsque l’apparenté faisant le lien est
un homme) atteinte d’un cancer du sein, quels que soient les âges
aux diagnostics (critère familial). Les femmes atteintes de tumeurs
malignes ovariennes primitives d’un autre type, de métastases
ovariennes ou des tumeurs borderline, ne sont pas candidates
à une telle analyse.
Dans un rapport publié en 2008 sur l’estimation des besoins de
la population pour les dix années à venir en termes d’accès aux
consultations et aux tests d’oncogénétique [16], il a été proposé
de retenir l’indication d’étude moléculaire chez toute femme
atteinte d’un cancer de l’ovaire avant l’âge de 70 ans, à
l’exclusion des femmes atteintes de tumeurs malignes non
épithéliales ou d’adénocarcinomes de type mucineux compte tenu de
la rareté de ce type histologique dans ce contexte de
prédisposition. Cette extension des recommandations a l’avantage de
détecter une grande proportion (supérieure à 90 %) des femmes
porteuses d’une mutation BRCA1/2 parmi les femmes ayant
développé un cancer de l’ovaire au prix d’une augmentation du
nombre d’analyses.
À l’issue d’un nouveau travail de Bonaïti et al., visant
à évaluer précisément la sensibilité des critères de sélection des
familles et leur performance globale pour le diagnostic des
mutations des gènes BRCA1/2, il a été finalement proposé de
restreindre les indications d’étude aux femmes atteintes d’un
carcinome ovarien à un âge inférieur ou égal à 60 ans [17]. Ce
nouveau critère individuel devrait être très rapidement retenu par
les consultations de génétique oncologique. Au total, les
indications d’étude des gènes BRCA chez les femmes atteintes
d’un cancer de l’ovaire sont résumées dans le tableau 1. Dans tous les cas, il est justifié de
proposer une consultation de génétique oncologique à toute femme
suspecte de prédisposition génétique. À ce titre, un annuaire
actualisé des différentes consultations répertoriées en France est
disponible sur le site web de l’Institut national du cancer
(http://www.e-cancer.fr).
Tableau 1 Indications d’étude génétique moléculaire chez
les femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire.
| Indication d’étude des gènes BRCA1/2 |
| Critères individuels |
| Femme atteinte d’un cancer de l’ovaire et du
sein, quels que soient la chronologie et les âges aux
diagnostics |
| Femme atteinte d’un cancer de l’ovaire à un
âge ≤ à 60 ansa (à l’exclusion des adénocarcinomes
de type mucineux, des tumeurs malignes non épithéliales et des
tumeurs borderline) |
| Critères familiaux |
| Femme atteinte d’un cancer de l’ovaire ayant (au
moins) une apparentée au 1er degré (ou au 2nd
degré lorsque l’apparenté faisant le lien est un homme) atteinte
d’un cancer du sein, quels que soient les âges aux diagnostics |
| Indication d’étude des gènes MMR |
| Situation clinique évocatrice (Cancer de l’ovaire
diagnostiqué à un âge inférieur à 60 ans, ou cancer de l’ovaire
diagnostiqué chez une femme ayant un antécédent personnel ou
familial au premier degré de cancer du spectre du syndrome de Lynch
quels que soient les âges au diagnostic) et phénotype tumoral
compatible (instabilité des microsatellites [MSI]) |
| Situation clinique fortement évocatrice de
syndrome de Lynch en l’absence d’étude somatique possible :
agrégation familiale de cancers du spectre du syndrome de Lynch
(côlon, rectum, endomètre, ovaire, estomac, voies excrétrices
urinaires, voies biliaires, intestin grêle) avec atteinte d’au
moins 2 générations successives et au moins un cas diagnostiqué à
un âge inférieur à 50 ans |
a Il s’agit d’une proposition récente
d’extension des indications d’étude des gènes BRCA [17], qui
devrait être prochainement retenue dans les consultations de
génétique oncologiques.
Recommandations pour la prise en charge ovarienne des femmes
porteuses d’une mutation des gènes BRCA1 et
BRCA2
L’augmentation du risque de cancer de l’ovaire constitue une
indication à la mise en place d’une surveillance pelvienne clinique
et échographique annuelle à partir de l’âge de 35 ans et à la
réalisation d’une annexectomie bilatérale prophylactique, qui est
classiquement recommandée à l’âge de 40 ans, voire dès l’âge
de 35 ans [15, 18] compte tenu de la médiocre performance
diagnostique de la surveillance clinicoradiologique (éventuellement
associée au dosage du marqueur tumoral CA125). Il faut cependant
noter que le risque de cancer de l’ovaire associé aux mutations du
gène BRCA2 apparaît plus tardif (risque cumulé évalué à
1,1 % entre 40 et 50 ans contre 11,8 % dans un
contexte de mutation du gène BRCA1 [9]), ce qui nous conduit
à moduler les recommandations relatives à l’âge de la chirurgie
prophylactique en fonction du gène en cause et des caractéristiques
de l’histoire familiale. Ainsi, dans notre pratique et dans un
souci de retarder l’âge de la ménopause induite, nous recommandons
généralement la réalisation de l’annexectomie bilatérale
prophylactique à l’âge de 50 ans chez les femmes porteuses
d’une mutation du gène BRCA2 en l’absence d’antécédent
familial de cancer de l’ovaire et à l’âge de 45 ans en cas
d’antécédent familial de cancer de l’ovaire. Dans le contexte des
mutations du gène BRCA1, nous recommandons l’annexectomie au
plus tard à l’âge de 40 ans, voire dès l’âge de 35 ans en
cas d’antécédent familial de cancer de l’ovaire diagnostiqué à un
jeune âge et/ou en cas de forte demande des femmes.
Le syndrome de Lynch
Généralités et spectre d’expression
Le syndrome de Lynch est un autre syndrome de prédisposition
héréditaire aux cancers à transmission autosomique dominante. Sa
définition est maintenant moléculaire, basée sur l’identification
de la mutation constitutionnelle causale, qui intéresse l’un des
quatre gènes du système de réparation des mésappariements de l’ADN
appelé MMR : MLH1 ou MSH2 le plus souvent ;
MSH6 plus rarement ; PMS2 exceptionnellement.
Les critères cliniques d’Amsterdam, établis initialement de façon
arbitraire pour définir le syndrome, doivent être abandonnés compte
tenu de leur manque de sensibilité et de spécificité. Le principal
risque tumoral concerne le côlon et le rectum, ce qui rend compte
de l’appellation « syndrome HNPCC » utilisée
antérieurement. D’autres organes sont à risque de transformation
maligne dans ce contexte. On distingue classiquement les cancers
dits du « spectre étroit », caractérisés par un risque
relatif élevé (supérieur à huit), qui correspondent aux cancers de
l’endomètre, des voies excrétrices urinaires – bassinet
et uretère – et de l’intestin grêle, et les cancers dits
du « spectre large », caractérisés par un risque relatif
moindre (compris entre cinq et huit), qui correspondent aux
cancers de l’ovaire, de l’estomac et des voies biliaires [19]. En
pratique, les cancers colorectaux ne sont pas toujours « au
premier plan de la scène clinique » et le diagnostic de
syndrome de Lynch doit être évoqué chez des individus atteints
d’autres types de cancers et, en particulier, chez les femmes
atteintes de cancers de l’ovaire ou de l’endomètre [20].
Risques tumoraux associés au syndrome de Lynch
Les risques tumoraux associés au syndrome de Lynch sont
variablement appréciés et généralement surestimés, en particulier
dans les études les plus anciennes en raison d’un biais de
sélection des cas index (risques évalués à partir des familles
référées aux consultations de génétique oncologique en raison d’une
agrégation familiale de cancers généralement importante, évocatrice
d’une prédisposition génétique). Les risques cumulés au cours de
l’existence de développer un cancer sont estimés entre 30 et
80 % pour le côlon/rectum, entre 27 et 71 % pour
l’endomètre, entre 3 et 14 % pour l’ovaire, entre
2 et 30 % pour l’estomac, entre 2 à 8 % pour
l’intestin grêle, entre 2 et 18 % pour les voies
biliaires, entre 1 et 28 % pour les voies excrétrices
urinaires et entre 1 et 4 % pour les tumeurs cérébrales
et les tumeurs cutanées [21].
Les études les plus récentes utilisent une méthodologie
statistique visant à s’affranchir de ce biais de sélection et
conduisent à une évaluation plus juste des risques tumoraux. En ce
qui concerne le risque cumulé de cancer de l’ovaire, il a été
évalué à 8 % (IC95 : 2-37 %) à 70 ans dans
l’étude multicentrique française ERISCAM, qui a porté sur l’analyse
de 537 familles atteintes (mutation constitutionnelle du gène
MLH1 [n = 248], MSH2 [n = 256] ou
MSH6 [n = 33]) recrutées par 40 centres de
consultation d’oncogénétique dans le cadre du groupe génétique et
cancer de la FNCLCC [22]. Plus précisément, le risque cumulé de
cancer de l’ovaire à 70 ans était de 20 % (IC95 :
1-65 %) pour les femmes porteuses d’une mutation du gène
MLH1, de 24 % (IC95 : 3-52 %) pour les femmes
porteuses d’une mutation du gène MSH2 et de seulement
1 % (IC95 : 0-3 %) pour les femmes porteuses d’une
mutation du gène MSH6. L’évaluation du risque de cancer de
l’ovaire dans ce dernier groupe est cependant sujette à caution
compte tenu du faible nombre de familles porteuses d’une mutation
du gène MSH6 incluses dans cette étude. De façon
intéressante, le risque cumulé de cancer de l’ovaire à l’âge de
40 ans était inférieur à 1 % pour l’ensemble de
l’effectif.
Prévalence du syndrome de Lynch chez les femmes atteintes d’un
cancer de l’ovaire
Malander et al. ont tenté d’évaluer la contribution du
syndrome de Lynch dans la genèse de 128 tumeurs malignes
épithéliales de l’ovaire consécutives (pas de sélection sur la base
de l’âge au diagnostic ou des antécédents familiaux) à partir d’une
étude systématique du phénotype tumoral (recherche d’une
instabilité des microsatellites et étude immunohistochimique de
l’expression des protéines MLH1, MSH2, MSH6 et PMS2) [23]. Au
total, trois cas présentaient un phénotype compatible avec le
diagnostic, soit 2,3 % de l’effectif. Un travail identique a
été réalisé à partir d’une série de 52 adénocarcinomes de
l’ovaire diagnostiqués chez des femmes âgées de moins de
50 ans [24]. Le phénotype tumoral était compatible avec le
diagnostic de syndrome de Lynch dans cinq cas, soit 10 % des
tumeurs incluses. Au total, ces données suggèrent que le syndrome
de Lynch rendrait compte de 2 à 3 % des adénocarcinomes
ovariens non sélectionnés et qu’un jeune âge au diagnostic majore
la probabilité du diagnostic, quelles que soient les
caractéristiques de l’histoire familiale.
Caractéristiques des cancers de l’ovaire survenant dans le
contexte d’un syndrome de Lynch. Les arguments du diagnostic
Les différentes séries disponibles indiquent que l’âge au
diagnostic des cancers de l’ovaire associés au syndrome de Lynch
est globalement plus précoce que celui des cancers
« sporadiques » et rapportent une sur-représentation des
types histologiques endométrioïde, à cellules claires et mucineux
[23-25], qui résultent vraisemblablement d’une carcinogenèse
« de type 1 » [4]. L’existence d’antécédents personnels
ou familiaux de cancers du spectre constitue un élément
d’orientation diagnostique. À ce titre, la découverte fortuite d’un
adénocarcinome de l’endomètre à l’examen de la pièce opératoire
d’une femme opérée d’un cancer de l’ovaire doit faire évoquer le
diagnostic. La coexistence des deux lésions néoplasiques était
observée dans 21 % des cas dans la série de cancers de
l’ovaire associés au syndrome de Lynch de la série de Watson et
al. [25] et dans deux des cinq cas identifiés dans le travail
de Jensen et al. [24]. En pratique, le diagnostic de
syndrome de Lynch doit être évoqué chez toute femme atteinte d’un
cancer de l’ovaire à un âge inférieur à 60 ans ou quel que
soit l’âge au diagnostic chez une femme ayant un antécédent
personnel ou familial au premier degré de cancer du spectre de
l’affection [19].
Stratégie diagnostique
Toute situation clinique évocatrice d’un syndrome de Lynch doit
conduire à la réalisation, lorsqu’elle est possible, d’une étude
somatique complémentaire. La mise en œuvre de cette étude
n’implique pas de signature préalable d’un consentement spécifique
mais suppose d’avoir accès au dossier médical et d’identifier le
laboratoire d’anatomie pathologique dans lequel le matériel tumoral
est archivé. Il s’agit de rechercher une instabilité des
microsatellites au niveau tumoral au moyen d’une technique de
biologie moléculaire simple, parfaitement standardisée et
réalisable à partir d’un fragment tumoral congelé ou fixé et inclus
en paraffine. Bien que non spécifique du syndrome de Lynch, cette
instabilité des microsatellites (on parle de phénotype
microsatellite instability [MSI], par opposition au
phénotype microsatellite stability [MSS]) est quasi
constante dans ce contexte de telle sorte que son absence permet
d’exclure le diagnostic. Cette analyse occupe une place centrale
dans la stratégie diagnostique puisque son résultat conditionne
l’indication d’étude constitutionnelle des gènes MMR :
MLH1, MSH2, MSH6 et PMS2 [19, 26].
L’étude de l’expression des protéines MMR en immunohistochimie est
également utile puisque la protéine codée par le gène défectueux
(de même que, éventuellement, sa protéine partenaire) n’est
généralement plus exprimée au niveau tumoral. Cette étude permet
donc d’orienter vers le diagnostic de syndrome de Lynch et permet
de guider l’étude constitutionnelle en cas de tumeur de phénotype
MSI en indiquant le gène probablement en cause : MSH2
en cas de défaut d’expression isolé de la protéine MSH2 ou conjoint
des protéines MSH2 et MSH6 ; MLH1 en cas de défaut
d’expression isolé de la protéine MLH1 ou conjoint des protéines
MLH1 et PMS2 ; MSH6 en cas de défaut d’expression isolé
de la protéine MSH6 ; exceptionnellement PMS2 en cas de
défaut d’expression isolé de PMS2. L’analyse constitutionnelle
n’est réalisée en première intention que dans les situations
cliniques fortement évocatrices de syndrome de Lynch en l’absence
de matériel tumoral ou exploitable pour l’analyse somatique
(ancienneté ; fixation dans le liquide de Bouin). Au total,
les indications d’étude des gènes MMR chez les femmes
atteintes d’un cancer de l’ovaire sont résumées dans le tableau 1.
Recommandations pour la prise en charge des femmes atteintes
d’un syndrome de Lynch vis-à-vis du risque de cancer pelvien
Le risque de cancer de l’ovaire et de l’endomètre justifie la
mise en place d’une surveillance pelvienne systématique annuelle à
partir de l’âge de 30 ans chez les femmes prédisposées (examen
clinique et échographie pelvienne endovaginale avec biopsie
endométriale à la pipelle de Cormier) [19, 26]. L’efficacité
d’une telle surveillance reste cependant incertaine, en particulier
pour le dépistage du cancer de l’ovaire. Dans ces conditions, la
chirurgie pelvienne prophylactique (hystérectomie et annexectomie
bilatérale prophylactique) est une option qui doit être
systématiquement évoquée après accomplissement du projet parental,
en particulier chez les femmes ménopausées et jamais avant l’âge de
35 ans [18]. La survenue de (méno)-métrorragies doit par
ailleurs conduire à une consultation médicale rapide en vue de la
mise en œuvre d’une exploration diagnostique.
Stratégie diagnostique des formes héréditaires des cancers de
l’ovaire à partir d’un cas
Une femme de 48 ans s’est présentée à la consultation de
génétique oncologique sur les conseils de son oncologue. Elle avait
un antécédent personnel de cancer du sein diagnostiqué à l’âge de
40 ans (il s’agissait d’un carcinome canalaire infiltrant,
SBRIII n’exprimant pas les récepteurs hormonaux et sans
surexpression de la protéine HER2 : phénotype « triple
négatif »). Le traitement a été conservateur et l’évolution
favorable, la patiente étant en rémission complète au moment de la
consultation.
L’interrogatoire a permis de tracer un arbre généalogique
(figure
2) et de répertorier les antécédents tumoraux de ses
apparentés. Des formulaires d’autorisation d’accès aux dossiers
médicaux des apparentés atteints ont été remis afin de tenter de
vérifier les diagnostics déclarés et de préciser les types
histologiques. Ils se résument de la façon suivante :
- –. au sein de sa fratrie :
- •. cancer du côlon diagnostiqué à l’âge de 47 ans
chez l’un de ses deux frères. Il s’agissait d’un polype adénomateux
d’architecture tubulovilleuse dégénéré correspondant à un
adénocarcinome Lieberkühnien dont l’exérèse a été réalisée par voie
endoscopique. Il n’y a pas eu de traitement complémentaire. Ce
polype dégénéré était associé à un petit polype adénomateux
d’architecture tubuleuse et en dysplasie de bas grade,
synchrone,
- •. cancer de l’ovaire diagnostiqué à l’âge de
45 ans chez l’une de ses trois sœurs (les deux autres étant
indemnes de cancer au moment de la consultation). Il s’agissait
plus précisément d’un adénocarcinome à cellules claires bilatéral
associé à une métastase isthmique diagnostiqué dans le cadre du
bilan étiologique d’une dermatopolymyosite para-néoplasique. Le
traitement a consisté en une chirurgie suivie de l’administration
d’une chimiothérapie adjuvante ;
- –. au sein de la branche maternelle : (mère indemne
de cancer à l’âge de 71 ans). Diagnostics déclarés de cancers
bronchiques vers l’âge de 70 ans chez un oncle et chez une
tante ;
- –. au sein de la branche paternelle : (père indemne
de cancer à l’âge de 75 ans). Diagnostics déclarés et mal
documentés de cancers du côlon chez trois oncles (dont un cas
diagnostiqué à moins de 30 ans) et chez les deux
grands-parents ; de cancer du sein chez une tante et de
tumeurs « pelviennes », a priori endométriales,
chez deux autres tantes. À ce stade, les deux syndromes de
prédisposition génétique discutés précédemment ont été évoqués sur
la base des arguments suivants :
- •. prédisposition génétique majeure aux cancers du sein
et de l’ovaire liée à une mutation constitutionnelle des gènes
BRCA1/2 : diagnostic de cancer du sein à un âge
« relativement » jeune chez la proposante ;
phénotype tumoral « triple négatif » ; association à
un cas histologiquement documenté de cancer de l’ovaire
(diagnostiqué à un jeune âge) ; association à un cancer du
sein chez une apparentée dans la branche paternelle,
- •. syndrome de Lynch (n’expliquant cependant le cas
de cancer du sein de la proposante) : cancer de l’ovaire
diagnostiqué à un jeune âge dans la fratrie ; type
histologique du cancer de l’ovaire (carcinome à cellules
claires) ; cancer du côlon diagnostiqué à un jeune âge dans la
fratrie, en dehors d’un contexte de polypose ; association à
plusieurs cas de cancers du côlon et de l’endomètre chez des
apparentés dans la branche paternelle.
Afin d’explorer ces deux syndromes, il a été décidé de réaliser
en parallèle :
- –. une recherche de mutation constitutionnelle des gènes
BRCA chez la proposante (à partir de l’ADN génomique obtenu
à partir d’une prise de sang réalisée après signature d’un
consentement spécifique, conformément aux règles de prescription
des analyses génétiques constitutionnelles) et ;
- –. une étude du phénotype de la tumeur ovarienne et du
cancer du côlon (recherche d’une instabilité des microsatellites et
étude immunohistochimique de l’expression des protéines MMR) de sa
sœur et de son frère.
Les résultats de ces examens ont été les suivants :
- –. absence de mutation constitutionnelle des gènes
BRCA1/2 chez la proposante ;
- –. instabilité des microsatellites (phénotype MSI)
(figure
3) et défaut d’expression de la protéine MSH2
(figure
4) au niveau de la tumeur ovarienne et de la tumeur
colique signant l’appartenance à un syndrome de Lynch et orientant
l’étude constitutionnelle des gènes MMR vers la recherche
d’une altération du gène MSH2.
Cette étude a été mise en œuvre dans un second temps, au décours
d’une nouvelle consultation de génétique avec la sœur de la
proposante atteinte d’un cancer de l’ovaire, à partir d’un
prélèvement sanguin réalisé chez cette dernière et après signature
d’un nouveau consentement spécifique. Elle a conduit à identifier
une mutation délétère, tronquante, de l’exon 8 du gène
MSH2 (c1309del/p.Val437X) (figure 5)
confirmant, sur une base moléculaire, le diagnostic de syndrome de
Lynch et offrant la possibilité de proposer un test moléculaire
ciblé aux apparentés à risque, notamment aux membres de la fratrie.
À ce titre, le test ciblé a été réalisé chez la proposante atteinte
d’un cancer du sein. Ce test génétique s’est avéré négatif :
cette femme n’est donc pas atteinte du syndrome de Lynch et le
cancer du sein est finalement considéré comme probablement
sporadique. La réalisation d’un test ciblé chez les parents est
également prévue qui permettra de confirmer l’origine parentale de
la mutation du gène MSH2, vraisemblablement paternelle.
En conclusion, la relative fréquence des formes héréditaires des
cancers de l’ovaire doit conduire à évoquer une telle possibilité
chez toute femme atteinte. En pratique, les deux principaux
syndromes en cause correspondent aux formes héréditaires des
cancers du sein et de l’ovaire liées aux mutations
constitutionnelles des gènes BRCA1/2 et au syndrome de
Lynch. Les principaux arguments cliniques de présomption
correspondent à la précocité du diagnostic et à une agrégation
familiale de cancers de l’ovaire et/ou de cancers du spectre (sein
pour les mutations des gènes BRCA1/2 ;
côlon/rectum ; endomètre ; voies excrétrices
urinaires ; voies biliaires ; estomac pour le syndrome de
Lynch). Ils doivent conduire à orienter les femmes vers une
consultation de génétique oncologique afin d’invalider ou de
confirmer ce diagnostic de prédisposition génétique et de tenter
d’identifier la mutation constitutionnelle causale. L’impact de
cette démarche est majeur pour les femmes atteintes et surtout pour
leurs apparentés en termes de prise en charge médicale. L’absence
de mutation identifiable est une situation fréquente, qui ne remet
pas nécessairement en cause l’existence d’une prédisposition
génétique, impliquant l’altération de gènes non encore identifiés
ou de gènes candidats non encore testés en routine. La définition
de recommandations de dépistage et de prise en charge est alors
délicate et mal standardisée, notamment pour les apparentées
indemnes, mais dans les situations familiales très évocatrices
d’une prédisposition génétique majeure, les recommandations sont
généralement identiques à celles des familles porteuses d’une
prédisposition. Pour les situations intermédiaires, le clinicien
peut s’aider de différents modèles mathématiques [27] permettant
d’évaluer la probabilité résiduelle d’une prédisposition génétique
et, pour certains, les risques tumoraux à partir des
caractéristiques de l’histoire familiale (nombre d’apparentées
atteintes ; âges au diagnostic des cancers ; nombre et
âge des apparentées indemnes de cancer…) pour définir les
recommandations dans la famille. Il est important d’inclure ces
familles dans des études visant à identifier de nouveaux gènes de
prédisposition ou, au minimum, de les répertorier afin de compléter
l’étude génétique moléculaire à l’avenir en fonction de l’évolution
des connaissances scientifiques.
Conflits d’intérêts: aucun.
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