Résumé :
Les reins constituent des organes ayant une dose limitante pour les irradiations corporelles totales ou abdominales. La toxicité rénale radio-induite est probablement sous-estimée du fait de sa latence et de facteurs confondants comme la chimiothérapie et les facteurs propres au patient.
Une revue critique de la littérature reprenant les relations dose-volume publiée a été rapportée.
La plupart des toxicités surviennent aux alentours de 18 mois. La mobilité des reins n’est pas négligeable en termes dosimétriques, en particulier chez le jeune enfant. En cas d’irradiation corporelle totale, la dose responsable de 5 % de toxicité est de 16 Gy réalisée en fractionnement classique avec un étalement sur deux semaines. En cas d’irradiation partielle rénale, le volume des reins recevant 20 Gy doit être inférieur à 32 % du volume du parenchyme rénal total. Une compensation rénale par le parenchyme rénal recevant moins de 12 Gy à raison de séances de 1 Gy est possible lorsque le rein a reçu par ailleurs une dose toxique responsable d’une atrophie. En cas de chimiothérapie associée par cisplatine, la dose doit être limitée à moins de 12 Gy à l’ensemble du rein. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou les antagonistes de l’angiotensine peuvent être utilisés devant une néphropathie radique constituée.
Le recueil prospectif des histogrammes dose-volume et la prise en compte de la mobilité rénale, avec l’amélioration des techniques d’irradiation, devraient permettre d’améliorer la connaissance des relations dose-effets sur les reins et d’optimiser les irradiations incluant une partie ou totalité des reins. |