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Analyses d’ouvrages


Cahiers Agricultures. Volume 20, Numéro 6, 510-2, Novembre-Décembre 2011, Analyses d’ouvrages

DOI : 10.1684/agr.2011.0532


ARTICLE

agr.2011.0532

Le fonio, une céréale africaine

Jean-François Cruz, Famoî Beavogui

avec la collaboration de Djibril Dramé

Coédition Quae, CTA et Presses agronomiques de Gembloux

Éditions Quae, 2011

Collection « Agricultures tropicales en poche »

Le livre que viennent de coéditer le CTA, les Presses agronomiques de Gembloux et les éditions Quae, dans la collection « Agricultures tropicale en poche » est consacré à une céréale mineure, pratiquement absente des programmes de recherche agricole jusqu’à ces dernières années.

Cette céréale à toutes petites graines vêtues participe pourtant aux calendriers alimentaires de nombreuses populations rurales et urbaines des zones de savane subsahariennes (Guinée, Mali, Sénégal, Burkina Faso) en particulier en période de disette saisonnière. Le fonio s’accommode en outre de terres ingrates et de systèmes de culture très extensifs par rapport à la terre.

Depuis une dizaine d’années, un regain d’intérêt pour le fonio s’est manifesté en particulier pour trouver des solutions aux problèmes de pénibilité des récoltes, battage et transformation (décorticage) des graines de fonio auxquels les femmes sont confrontées.

Cet ouvrage fait une large place aux pratiques paysannes et recourt aux témoignages de nombreux agronomes et géographes du début du xxe siècle, mais il fait aussi le point des travaux en cours et souligne l’émergence de produits nouveaux ouvrant au fonio de nouvelles perspectives de commercialisation et de consommation dans les villes du Sud et du Nord.

Destiné aux techniciens et professionnels de l’agriculture comme les autres guides de la collection, ce livre sera aussi pour les chercheurs et enseignants une source de références pertinentes car la bibliographie est très solide.

Et si, comme le veut le proverbe, « le fonio ne fait jamais honte à la cuisinière », ce livre sur le fonio ne fera pas honte à ses auteurs, bien au contraire !!

Jean-Pascal Pichot

jeapichot@numericable.fr jepapichot@gmail.com

À la rencontre des paysans du monde

Yves-Marie Allain

Photographies de Didier Gentilhomme

Éditions Quae, 2010

Fruit de la rencontre entre un spécialiste des plantes et de leur histoire, Yves-Marie Allain, et d’un photographe, Didier Gentilhomme, connu pour ses reportages sur le commerce équitable, le livre A la rencontre des Paysans du Monde traduit avec force et humanité cette relation entre l’homme, l’agriculteur, qui se fait paysan lorsqu’il se lie au pays, aux paysages et aux plantes qu’il cultive pour produire.

Plus qu’on y découvre au fil des pages des histoires de vie, on y ressent toute la complexité et l’hétérogénéité d’un métier. Depuis les paysans sans terre, en passant par le métayer et le fermier, avant d’aborder les propriétaires terriens, les hommes qui font l’agriculture nous sont présentés avec une mise en relief très concrète de ce qu’est la hiérarchie du monde paysan. Au fil des pages, on y découvre des paysans enracinés, des hommes attachés à leur terre, tout comme des nomades, des transhumants sur des terres considérées comme un bien commun pour leur communauté. Le rythme du livre suit celui de la nature, un cycle saisonnier où les activités agricoles s’accordent avec des périodes précises dictées par cette nature que l’homme doit décoder pour s’y adapter. Qu’il soit seul à travailler ou que le travail se fasse en équipe, qu’on y mentionne la rencontre sociale lors des pointes de travaux agricoles ou la course à la productivité pour une agriculture intensive qui se déshumanise, ce livre est un bel hommage aux paysans en accord avec la nature qu’ils perpétuent.

Le livre est structuré en quatre chapitres : I- L’homme et le voyage des plantes ; II- Un travail au rythme de la nature ; III- Le temps de vivre ; et IV- Le futur de la récolte.

Dès le premier chapitre, le ton est donné pour insister sur le fait que chaque plante, espèce domestiquée et mise en culture, a une histoire intimement liée à l’homme. Chaque continent a su développer ses spécificités et au lieu de dresser un inventaire fastidieux des plantes consommées dans chaque région du monde, les auteurs ont pris le parti d’aborder ces différents contextes géographiques en citant une boisson et une farine qui définissent chacun des continents : thé et riz en Asie, cacao et maïs en Amérique, vigne et blé en Europe, café et riz en Afrique de l’Est, l’Australie apparaissant comme ayant peu contribué à l’alimentation mondiale d’aujourd’hui.

Le deuxième chapitre montre que c’est finalement la plante qui impose son rythme au paysan afin qu’il cale son travail dans le plus grand respect des cycles naturels. Sans forcer cette nature, il a plus de chance de réussir sa culture. L’histoire des agricultures passe aussi par l’invention des outils et chaque région a su développer, avec les matériaux qu’elle avait à sa disposition, les instruments qui correspondaient aux pratiques agricoles de son lieu. La présentation de quelques travaux illustre ces activités depuis la préparation de la terre jusqu’à la récolte en décrivant les activités au fil des saisons. Le livre démontre la très grande force de ces sociétés paysannes ayant su construire sur l’empirisme et transmettre dans la tradition orale.

Le chapitre suivant, intitulé « Le temps de vivre », est là encore riche d’une iconographie remarquable. Il est plus question ici de ruralité, des paysages et de ce qui fait le quotidien des paysans, de leur environnement.

Enfin, le dernier chapitre, « Le futur de la récolte », met l’accent sur ce lien essentiel à préserver entre consommateur et producteur. La rencontre entre le scientifique et le photographe culmine ici pour traiter de la question du commerce équitable ou de la durabilité des agricultures.

Didier Bazile

dba.cirad@gmail.com didier.bazile@cirad.fr

9 milliards d’hommes à nourrir Un défi pour demain

Marion Guillou, Gérard Matheron

François Bourin Éditeur, 2011

Allons-nous vers une crise alimentaire mondiale majeure ? Après plusieurs décennies d’insouciance, nos opinions publiques découvrent peu à peu l’ampleur du défi. Plus encore, pour nourrir convenablement neuf milliards au moins d’êtres humains en 2050, il faudra produire en quantité croissante une nourriture répondant à des normes de qualité exigeantes. Il faudra y parvenir en respectant mieux l’environnement. Il faudra en outre tenir compte qu’une partie des terres sera utilisée pour la production d’énergie et de biens industriels, ou le stockage de carbone et la protection de la biodiversité. Cela supposera d’innover, de réduire les pertes et les gaspillages, de diminuer les consommations alimentaires excessives et déséquilibrées et simultanément, de sortir de la pauvreté le milliard d’êtres humains qui souffrent aujourd’hui de la faim.

À ces immenses questions, aux scénarios envisageables pour leur apporter au niveau planétaire des réponses adaptées, des chercheurs du monde entier consacrent leur vie. Dans cet ouvrage, les responsables des deux principaux instituts agronomiques français, l’Inra et le Cirad, portent ces réflexions à la connaissance du grand public, en termes limpides. Le lecteur y trouvera d’innombrables informations, des éclairages saisissants et des propositions inattendues. Il est possible d’éviter un cataclysme, mais cela nécessitera de profonds changements, notamment dans nos habitudes de consommation et de production ici en Europe.

Les sols du monde pourront-ils nourrir 9 milliards d’humains ?

Yves Coquet, Alain Ruellan

Éditions Le Pommier, 2010

Cet opuscule de 64 pages en petit format résume la question qui préoccupe de plus en plus les dirigeants du monde et les agronomes qui travaillent sur le sujet : avec l’accroissement prévisible de la population, sera-t-il possible de nourrir l’humanité vers 2050, compte tenu des problèmes que pose la gestion actuelle des sols ?

Il s’agit essentiellement d’un aide-mémoire, vite lu, qui rappelle ce qu’est un sol, comment il se forme. L’ouvrage décrit ensuite leur diversité, puis comment ils contribuent à la production alimentaire. Sont enfin abordés les phénomènes qui font que, malgré une production en théorie suffisante, aujourd’hui un septième de l’humanité souffre de la faim. Dans ce contexte, les auteurs proposent un certain nombre de mesures pour enrayer la dégradation de la situation et faire en sorte que les sols, mieux entretenus, permettent à l’humanité de faire face à des besoins de plus en plus diversifiés.

Didier Picard

Didier.Picard@grignon.inra.fr

Des sols et des hommes Un lien menacé

Alain Ruellan

Éditions IRD, 2010

La principale caractéristique de ce livre, très complémentaire du précédent, est sa richesse iconographique, qui permet à un public large de découvrir les sols à partir d’une présentation absolument somptueuse.

L’auteur s’adresse à un public de non-spécialistes en termes simples et illustre chaque point qu’il aborde par des photos. L’ouvrage est présenté en format « paysage » et, à de rares exceptions près, chaque page comporte au moins une photo, souvent deux ou trois, toujours de sols, provenant de pays très divers.

Le lecteur découvre ainsi ce qu’est un sol, comment il se forme, puis les différents types de sols aujourd’hui identifiés par leur profil, ce qui ne permet pas d’en avoir une vision complète, chaque profil (une coupe de sol) ne permettant d’avoir une vision détaillée que du point où la coupe est faite. Au mieux, une tranchée, à l’occasion de la percée d’une route par exemple, offre une vision le long d’un axe.

Lorsque les fonctions du sol sont traitées dans un ouvrage de pédologie classique, les points abordés concernent l’activité biologique, le cycle du carbone et des éléments minéraux, celui de l’eau et de plusieurs composés gazeux, son rôle dans la dépollution. Alain Ruellan complète cette description en insistant, toujours à l’aide d’illustrations, sur ses fonctions de fournisseur de matériaux divers, en particulier pour les sociétés traditionnelles, mais aussi comme archives du passé et comme source d’inspiration pour les religions : il s’agit de montrer les liens forts unissant les hommes aux sols. Cela lui permet ainsi de prendre à témoin l’humanité des dangers que, de nos jours, courent les sols du fait de ses activités actuelles, des usages abusifs qui en sont faits.

L’ouvrage se termine par un certain nombre de propositions pour mieux gérer ce patrimoine indispensable à l’activité humaine.

Didier Picard

Didier.Picard@grignon.inra.fr

Sols et environnement Cours, exercices corrigés et études de cas

Michel-Claude Girard, Christian Walter, Jean-Claude Rémy, Jacques Berthelin, Jean-Louis MorelÉditions Dunod, 2011

2e édition

Collection « Sciences Sup »

Cette nouvelle édition actualisée du manuel paru en 2005 développe tous les aspects des défis environnementaux de demain. En effet, les sols sont un élément capital de l’environnement : ils stockent les déchets, épurent les substances toxiques, purifient l’eau et contribuent à la séquestration des gaz à effet de serre. Les sols ont également un rôle sociétal que l’ouvrage aborde à travers les disciplines de la sociologie, du droit et de l’économie. On y trouvera également un chapitre sur les indicateurs de la qualité des sols.

Contenu : le sol, élément central de la biosphère et régulateur des grands équilibres. Les sols et les activités humaines. Les fonctions des sols. Les sols et la gestion de l’espace. Les sols : menaces, prévention, réhabilitation. Les sols et les sciences sociales.

En fin de chacun des 36 chapitres, une bibliographie actualisée et des exercices sont proposés par les auteurs. Des compléments sont également disponibles en ligne sur le site Internet de l’éditeur Dunod (www.dunod.com/sciences-techniques/sciences-fondamentales/sciences-de-la-terre) : : corrigés des exercices, glossaire, illustrations et photographies couleurs, bibliographie complète, liens vers d’autres sites.

Au sommaire : Diversité de la couverture pédologique. Constituants originaux du sol. La rhizosphère. Sols agricoles. Stockage et recyclage du carbone. Les sols et le cycle de l’eau. Paléosols et sols reliques. Sols urbains. Terroirs viticoles et sols. Sols forestiers. Sols, fertilisations et environnement. Le sol : ressource en nutriments. Bilan environnemental du phosphore. Les zones humides. L’acidification des sols. L’analyse spatiale des sols. La télédétection. Aménagement rural. Indicateurs de la qualité des sols. Ingénierie écologique des sols. Présence et impact des éléments en traces. Pollutions diffuses. Pollutions organiques agricoles. Recyclage de déchets. Microflore des sols. Érosion des sols. Sols salés. Politique d’utilisation des sols. Le sol et le droit. Aspects économiques des sols.

Analyse statistique des risques agro-environnementaux Études de cas

David Makowski, Hervé Monod

Éditions Springer, 2011

Collection « Statistique et probabilités appliquées »

Conçu comme un véritable manuel pratique, ce livre est une introduction aux méthodes statistiques les plus couramment utilisées pour l’analyse des risques agro-environnementaux. Celles-ci peuvent être regroupées au sein de trois grandes sections :

  • •. La modélisation des risques en fonction de facteurs environnementaux et anthropiques (modèle linéaire, modèle linéaire généralisé, modèle non linéaire, modèle hiérarchique, régression quantile) ;
  • •. L’optimisation de décisions ou de règles de décision pour mieux gérer les risques, en intégrant des variables décisionnelles dans les modèles (optimisation de seuils de décision, optimisation par simulation, analyses ROC) ;
  • •. L’analyse et la communication des incertitudes associées aux modèles (estimation et description de distributions de probabilité, assimilation de données, analyse de sensibilité).


L’utilisation de chaque méthode est illustrée par une ou plusieurs applications à des problèmes concrets (pollution de l’eau par les nitrates, invasion par des espèces nuisibles, flux de gènes d’une culture OGM vers une culture non-OGM, etc.). Les programmes informatiques R ou WinBUGS utilisés dans les exemples sont présentés et commentés en détail. À la fin de chaque chapitre, des exercices permettront aux lecteurs de tester leur compréhension des méthodes étudiées.

Production durable de biomasse La lignocellulose des poacées

Denis Pouzet

Éditions Quae, 2011

Collection « Synthèses »

La biomasse lignocellulosique des plantes est une ressource abondante, peu onéreuse, renouvelable et largement sous-employée. Composée essentiellement de parois cellulaires, elle constitue une importante ressource de fibres pour l’énergie, les biomatériaux et la chimie verte.

Cet ouvrage fait le lien entre le type photosynthétique des plantes, leur adaptation au milieu et le potentiel de production. Les bases agronomiques de la production de biomasse sont traitées autour de l’exemple de la canne à sucre et des plantes d’intérêt comme Miscanthus sp. L’analyse est axée sur les qualités de durabilité des systèmes de culture dédiés à la lignocellulose. Les connaissances actuelles sur la synthèse des fibres et leur composition, la culture et les usages industriels, les problématiques post-récolte de conditionnement et de stockage sont autant d’éléments abordés.


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