ARTICLE
agr.2011.0531
Auteur(s) : Hamid Meftah1
h.meftah@yahoo.fr, Ahmed
Boughdad2 Ahmedboughdad@gmail.com, Aziz
Bouchelta3 abouchelta@yahoo.fr
1 Institut des techniciens spécialisés en
horticulture
BP 4002
Jnane ben Hlima
50060 Meknès
Maroc
2 École nationale d’agriculture de Meknès
Département de Protection des plantes et de l’environnement
BP S/40
Meknès
Maroc
3 Faculté des sciences
Département de biologie
Laboratoire Environnement et santé
Équipe Gestion et valorisation des ressources naturelles
BP 11201 Zitoune
Meknès
Maroc
Tirés à part : H. Meftah
Au Maroc, l’oléiculture constitue la principale spéculation
fruitière cultivée avec une superficie de
784 000 hectares, soit plus de 56 % du verger
arboricole national. La production des olives est limitée par des
contraintes phytosanitaires (maladies et ravageurs), conduisant à
des pertes de récolte en l’absence de tout contrôle. Parmi les
ravageurs, le psylle de l’olivier, Euphyllura olivina Costa
(Homoptera ; Psyllidae), est un ravageur commun dans tous les
pays méditerranéens. Il se développe aux dépens des différentes
plantes hôtes, notamment les oléacées sauvages et cultivées
([Chermiti, 1983] in : Zouiten et El Hadrami, 2001). Les
larves et les adultes du psylle ponctionnent une partie de la sève
grâce au stylet inséré dans le rostre et altèrent le développement
normal de l’organe végétal sur lequel il se trouve (jeunes pousses
et grappes florales), diminuant ainsi la production de l’arbre
(Kovanci et al., 2005). Selon Chermiti (1992), des
infestations de 5 larves d’E. olivina par grappe florale
entraînent une chute des inflorescences de 32 % et une perte
en fruits de 46 % par 100 grappes. Il a été estimé qu’une
densité de 30 larves/grappe florale peut compromettre toute la
production.
Les larves sécrètent des flocons cotonneux et du miellat
favorisant l’installation d’un champignon saprophyte, Capnodium
oleaginum, altérant la photosynthèse de l’arbre. Certains
agriculteurs luttent contre à la fois la teigne, Prays oleae
(Lepidoptera : Yponomeutidae), et le psylle au stade croix au
moyen d’un insecticide homologué (Ezzahiri et al., 2010).
Trente-deux insecticides sont homologués contre le psylle de
l’olivier dont les matières actives utilisées appartiennent
essentiellement aux organophosphorés, pyréthrinoïdes et
organochlorés. Ces insecticides peuvent affecter la santé du
consommateur par des intoxications et l’environnement par l’action
sur les organismes non ciblés. Ils sont aussi à l’origine de la
résurgence des ravageurs secondaires et de la création des souches
résistantes.
En conséquence, de nouveaux produits d’origine végétale sont de
plus en plus recherchés pour, d’une part, assurer une protection
efficace de la production agricole et, d’autre part, contribuer au
développement d’une agriculture durable. Ainsi, le recours aux
composés naturels issus des produits végétaux, et résultant du
métabolisme secondaire des plantes, constitue une source
potentielle pour les pesticides botaniques. Ces derniers sont
facilement biodégradables, moins toxiques et ont moins d’impact
possible sur l’environnement et la santé (Regnault-Roger et
al., 2008). Les produits d’origine naturelle peuvent avoir des
effets toxiques sur le comportement ou/et sur le développement et
la croissance des ravageurs (Haseeb et al., 2004 in Yang
et al., 2010). En outre, il convient d’utiliser des produits
qui ont le moins d’impact possible sur l’environnement et les
écosystèmes (Regnault-Roger et al., 2008).
Compte tenu des métabolites secondaires des plantes, de nombreux
travaux ont mis en évidence les effets dépressifs des extraits de
plantes sur des ravageurs phytophages ; ces composés (ou
substances allélochimiques) sont importants dans les interactions
de médiation entre les plantes et leur environnement biotique
(Kessler et Baldwin, 2002).
Ainsi, des fruits écrasés de Melia azedarach L.,
incorporés à 10-25 % aux aliments des larves du Tribolium
confusum Duv. (Coleoptera : Tenebrionidae), ont induit un
retard important pour atteindre le stade nymphal (Del Tίo et
al., 1996). Ce retard pourrait être dÛ à l’effet antiappétant
observé par Carpinella et al. (2003). Abou-Fakhr Hammad
et al. (2000) ont montré que l’extrait aqueux de fruits de
M. azedarach, testé contre Liriomyza huidobrensis
Blanchard (Diptera : Agromyzidae) infestant la betterave, a
significativement réduit le nombre de larves par plante. Les larves
survivantes produites étaient déformées et partiellement brunes,
indiquant une activité régulatrice de la croissance.
Les extraits aqueux de Capsicum frutescens L. contiennent
des substances allélochimiques agissant par des effets répulsifs,
antiappétant ou toxiques contre les phytophages généralistes
(Ehrlich et Raven, 1964). La poudre et les extraits de
C. frutescens ont un effet répulsif sur Sitophilus
zeamaïs Motsch et Tribolium castaneum (Herbst)
(Trematerra et Sciarretta, 2002).
Al-Moajel (2004) a aussi montré que les extraits de C.
frutescens ont un effet toxique sur les larves de Trogoderma
granarium. Bouchelta et al. (2005) ont étudié l’effet
des extraits éthanoliques des fruits de C. frutescens sur la
survie des œufs et des adultes de Bemisia tabaci (Gennadius)
et ont observé que les alcaloïdes, les saponines et les flavonoïdes
affectent la viabilité des œufs et la survie des adultes de B.
tabaci.
Le potentiel acridicide de Peganum harmala L. a été
évalué par des tests d’alimentation du criquet pèlerin sur plante
fraîche ; cette plante provoque une mortalité larvaire de
45 % et un blocage du développement ovarien chez les femelles
(Idrissi Hassani et al., 1998). L’effet des extraits des
feuilles de P. harmala sur des femelles de criquets pèlerins
exerce également un effet antiappétant, une réduction de la
motricité et des perturbations de la fonction de reproduction
(Abbassi et al., 2003a). Des résultats similaires ont été
obtenus chez des jeunes adultes de criquets pèlerins mâles et
femelles après addition d’extraits alcaloïdes de P. harmala
à leur alimentation (Abbassi et al., 2003b). L’extrait
aqueux de Peganum harmala a été testé in vitro pour vérifier
son effet nématicide contre Meloidogyne ssp. en comparaison
avec le nématicide commercial (Oxamyl) utilisé comme témoin. Le
test a montré qu’ils ont le même effet ; ce qui est
probablement dÛ à la richesse des graines de cette plante en
alcaloïdes (harmine et harmaline essentiellement) (El Allagui et
al., 2007).
Dans la perspective de rechercher des produits alternatifs aux
pesticides de synthèse et de contribuer à une gestion durable de
l’environnement, il nous a semblé opportun de tester l’effet
insecticide des extraits aqueux de plantes. Ainsi, nous avons
évalué l’efficacité des extraits bruts aqueux obtenus de fruits de
M. azedarach, C. frutescens ou de P. harmala
sur le psylle de l’olivier en plein champ.
Matériel et méthode
Verger d’étude
L’étude a été conduite dans la parcelle expérimentale d’olivier
de l’Institut des techniciens spécialisés en horticulture de Meknès
(latitude : 33° 52′ N, longitude : 5° 33′ O et
altitude : 543 m). Le verger d’oliviers (variété :
Picholine Marocaine) a été créé en 1982 sur un sol argilo-calcaire
d’une superficie de 0,54 hectare et les écartements entre les
arbres sont de 6 × 4 m. La parcelle d’étude composée de 45
arbres est située au milieu du verger.
Les opérations d’entretien du verger se résument en une taille
de fructification durant janvier, apport de 0,5 kg d’engrais
(12 % N, 61 % P2O5) par arbre en
décembre et un désherbage mécanique une fois par saison. Le verger
d’étude ne reçoit aucun traitement phytosanitaire.
Euphyllura olivina Costa
L’espèce de psylle, E. olivina, a été déterminée par
l’examen sous binoculaire des caractéristiques morphologiques de
l’insecte (Arambourg et Chermiti, 1986).
Extraits aqueux des plantes utilisées
Les drupes de M. azedarach ont été récoltées en 2009 sur
des arbres d’une quarantaine d’années et en bon état sanitaire dans
la région de Meknès (Maroc). Elles ont été décortiquées et lavées à
l’eau courante pour éliminer toute impureté et séchées à l’étuve à
40 °C jusqu’à l’obtention d’un poids constant. Ensuite, les
noyaux ont été concassés, à l’aide d’un mortier et moulus à l’aide
d’un mixer électrique (Moulinex®) pour obtenir une poudre très
fine.
Les fruits secs de C. frutescens ont été achetés au
marché local de Meknès. Ils ont été équeutés et séchés à l’étuve
réglée à 40 °C jusqu’au poids constant. Ils ont été ensuite
broyés.
Les graines de P. harmala ont été achetées au marché
local de Meknès, séchées à l’étuve à une température de 30 °C
pour éliminer toute trace d’humidité et réduites en poudre très
fine.
Les poudres des trois espèces, M. azedarach, C.
frutescens et P. harmala ont été macérées séparément à
l’ombre pendant 24 heures, à raison de 50 g du poids
sec/litre d’eau chacune. Le choix de cette dernière concentration
est basé sur des essais préliminaires ayant montré son efficacité
sur le psylle au laboratoire. Le volume de bouillie requis pour
traiter un arbre jusqu’à ruissellement a été déterminé au préalable
sur la base d’un essai à blanc avec eau seule et a nécessité
3,15 kg de poudre par espèce végétale utilisée et par
traitement. Chaque solution aqueuse a été filtrée avec un tamis de
1 mm de maille pour retenir les particules solides en
suspension. L’insecticide de référence, diméthoate à 40 %, a
été utilisé à la dose d’un ml/L d’eau. Les arbres témoins ont été
pulvérisés avec de l’eau.
Traitement et comptage des psylles
Pour réaliser l’essai, nous avons opté pour un dispositif en
blocs aléatoires complets, composé de 3 blocs. Chaque bloc de
30 × 12 m est constitué par 5 lignes de 3 arbres chacune, soit
15 arbres par bloc. Chaque ligne par bloc a reçu un traitement à
base de M. azedarach, C. frutescens, P. harmala ou du
diméthoate et le témoin traité à l’eau seule. La pulvérisation a
été effectuée à l’aide d’un pulvérisateur porté à jet projeté muni
de deux lances et d’une capacité de 400 litres. L’affectation des
traitements a été faite au hasard au sein des blocs. Afin d’éviter
toute interférence et la dérive des produits, nous avons pris la
précaution de laisser 12 m entre les blocs. Les traitements
ont été réalisés en fin de journée à partir de 17 h 30
GMT et par temps calme afin d’éviter toute incidence des facteurs
abiotiques, sachant que certains extraits de plantes perdent leurs
activités biologiques sous les radiations solaires. Ainsi, Scott
et al. (2003) ont démontré que la pipérine extraite de
Piper nigrum perd son activité biologique en plein champs
suite à cette dégradation.
Pour évaluer l’action toxique des produits utilisés sur E.
olivina, 16 rameaux de 2 ans et longs de 25 cm chacun ont
été prélevés sur un arbre par traitement et par bloc 2, 6 et 14
jours après traitement. Ces organes constituent les supports de
développement du psylle (Chermiti, 1992). Les échantillons sur
chaque arbre ont été collectés en considérant ses strates, sa
profondeur et les orientations cardinales. À chaque date, 240
rameaux (16 rameaux/arbre x 5 traitements x 3 blocs) ont été
prélevés, référencés et ramenés au laboratoire pour dénombrer le
nombre de morts du psylle (tous les stades sont confondus).
Analyse des données
Pour comparer les effets entre les différents produits testés
sur les populations du psylle, une analyse de variance à deux
facteurs (produits et temps) suivie du test de Scheffé au seuil de
5 % a été conduite sur les densités de l’insecte relevées par
date au sein de chaque traitement au moyen du logiciel Excel
version 2007.
Résultats et discussion
La pulvérisation d’extraits aqueux bruts de C.
frutescens, M. azedarach ou de P. harmala contre
le psylle de l’olivier en verger a permis de relever qu’il y a un
effet produit (Fcal = 13,54 > F(0,05 ;
4 - 30) = 2,69) ; pour chaque produit le niveau des
populations de l’insecte diminue avec le temps (Fcal
= 24,87 > F(0,05 ; 2 - 30) = 3,32)
avec une interaction entre produit et temps (Fcal
= 2,39 > F(0,05 ; 8 - 30) = 2,27). Les
densités du psylle sont très variables selon le produit considéré
et pour un même produit suivant le temps d’observation ; ils
varient de 0 à 101 individus par rameau (tableau
1). Les densités relevées au niveau des oliviers traités
sont plus faibles que celles obtenues sur le témoin. L’effet
négatif de ces produits s’amplifie avec le temps. Le diméthoate
s’est avéré le plus toxique au psylle et ce, dès le début du
traitement. L’effet de la nature des extraits de plantes testés
n’est perceptible qu’à partir du 6e jour après le
traitement. L’extrait brut aqueux de P. harmala s’est montré
le plus dépressif vis-à-vis d’E. olivina. Dans tous les lots
traités, la réponse individuelle de l’insecte aux produits utilisés
est très variable, les coefficients de variation s’échelonnent
entre 28 à 115 %, alors que dans le lot témoin ce coefficient
oscille entre 17 et 47 % (tableau
1).
Tableau 1 Densité du psylle (individus/rameau) relevée
sur les oliviers traités par différents produits en verger.
Density of psyllid (individuals / branch) determined on olive
trees sprayed in-orchard with different products.
| Traitements |
Jours après traitement |
Moyenne(*) (écart type) |
Minimum |
Maximum |
Coefficient de variation |
| Témoin (eau) |
2 |
71aA (33) |
35 |
101 |
47 |
| 6 |
69aD (12) |
56 |
77 |
17 |
| 14 |
46bH (13) |
32 |
57 |
28 |
| Diméthoate |
2 |
6cC (4) |
7 |
9 |
60 |
| 6 |
2dG (2) |
0 |
3 |
92 |
| 14 |
1dJ (1) |
1 |
2 |
43 |
| Capsicum frutescens |
2 |
71eA (42) |
33 |
64 |
59 |
| 6 |
30fE (11) |
17 |
38 |
38 |
| 14 |
4gI (4) |
0 |
7 |
87 |
| Melia azedarach |
2 |
71hA (23) |
45 |
90 |
33 |
| 6 |
18iF (5) |
12 |
21 |
29 |
| 14 |
6jI (7) |
2 |
14 |
115 |
| Peganum harmala |
2 |
59kB (21) |
45 |
83 |
35 |
| 6 |
16lF (1) |
6 |
27 |
66 |
| 14 |
1mJ (2) |
0 |
3 |
115 |
* pour un même produit, les moyennes affectées par une même
lettre minuscule ne diffèrent pas statistiquement entre elles
(analyse de variance à 2 facteurs : produits et temps suivie
du test de Scheffé au seuil de 5 %) ; pour une même
période d’observation, les densités moyennes relevées au niveau de
chaque traitement, affectées par une même lettre majuscule ne
diffèrent pas statistiquement entre elles (analyse de variance 2
facteurs : produit et temps suivis du test de Scheffé au seuil
de 5 %).
L’effet dépressif des extraits de végétaux testés peut être dÛ à
différents modes d’action et varie selon l’espèce botanique
considérée. Pour M. azedarach, l’activité dépressive peut
être due à la nature de la composition chimique de ses graines qui
contiennent des lignanes (Cabral et al., 1995), des
flavonoïdes (Carpinella, 1999) et des limonoïdes (Carpinella et
al., 2002 ; Carpinella et al., 2003 ; Roy et
Safar, 2005). Ces derniers pourraient présenter un effet répulsif
vis-à-vis d’E. olivina comme cela a été observé chez
les larves d’Epilachna paenulata Germ. (Coleoptera :
Coccinellidae) et les chenilles de Spodoptera eridania
Stoll. (Lepidoptera : Noctuidae) (Carpinella et al.,
2002). L’activité biologique des extraits de M. azedarach
sur E. olivina peut également être due à la toxicité de ces
composés qui inhibent ou diminuent fortement la prise de
nourriture, comme cela a été démontré par Ould El Hadj et
al. (2006) chez les larves du cinquième stade (L5)
et les adultes de Schistocerca gregaria Forskål. Pour C.
frutescens l’activité biologique sur E. olivina peut
être due aux alcaloïdes (Saber, 1976), aux saponines (De Lucca
et al., 2002) et aux flavonoïdes (Materska et al.,
2003) contenues dans cette plante tel qu’observé par Bouchelta
et al. (2005) chez Bemisia tabaci. Ces auteurs
rapportent que ces composés affectent significativement la survie
des stades suivis. Pour P. harmala, certains auteurs ont
montré que l’activité biologique des extraits des graines sur E.
olivina peut être due aux alcaloïdes indoliques de type
ß-carboline (Wagner et Bladt, 1996) qui peuvent exercer une
toxicité intestinale (Abbassi et al., 2003a ; Abbassi
et al., 2003b).
Nos résultats obtenus montrent bien l’efficacité des extraits
bruts aqueux préparés à partir des fruits des trois plantes testés
(C. frutescens, M. azedarach et P. harmala)
contre le psylle de l’olivier. Ce sont des produits très peu
persistants, ce qui représente un avantage environnemental
appréciable pour l’équilibre des écosystèmes (Scott et al.,
2003 ; Regnault-Roger et al., 2008).
Conclusion
Dans la région de Meknès, la densité du psylle semble atteindre
des niveaux de population justifiant des mesures de protection
sanitaire de l’olivier. Les extraits de végétaux testés à la dose
de 50 g du poids sec des fruits/litre d’eau induisent une
mortalité significative chez le ravageur. Ainsi, les extraits bruts
aqueux testés peuvent être utilisés dans un programme de lutte
intégrée comme moyen de lutte contre le psylle de l’olivier, afin
d’éviter le risque de résistance de ce dernier aux insecticides de
synthèse. Mais avant de généraliser le traitement dans l’avenir, il
serait intéressant d’isoler les composés susceptibles d’être
efficaces, d’évaluer leur effet et de vérifier leur incidence sur
les ennemis naturels dans les conditions de production, car les
produits biologiques les plus intéressants, utilisés en protection
des plantes, sont ceux qui ont un impact minimal sur l’ensemble des
composantes de l’agroécosystème sauf pour les ravageurs ciblés
(NAP, 1996).
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