ARTICLE
hma.2011.0630
Auteur(s) : André Loua1,,2 loua.andre@yahoo.fr, Cécé
Dominique Dramou2, Nyankoye Yves
Haba1,2, Fodé Bangaly Magassouba2, Mathieu Lamah2, Abdoulaye Camara2,3, Mohamed Cissé4, Kovana Marcel Loua2,5, Émile Pé Gamy2,5, Xavier Troussard6
1 Centre national de transfusion sanguine, BP 2737,
Conakry
2 Département de pharmacie,
Université de Conakry
3 Laboratoire central de biologie médicale, Hôpital
national Ignace-Deen, Conakry
4 Service de dermatologie-vénérologie-IST,
Hôpital national Donka, Conakry
5 Institut national de santé publique,
Conakry, Guinée
6 Laboratoire d’hématologie,
CHU Côte de Nacre,
Caen, France
Tirés à part : A. Loua
L’infection par le VIH, véritable fléau du XXIe
siècle, est un problème croissant de santé publique, mais aussi de
société [1]. Avec un taux de prévalence de l’infection de 0,7 à
1,8 % dans la population générale en 2009, pouvant atteindre
2,5 % chez les femmes enceintes, l’épidémie du VIH en Guinée
est de type généralisé [2].
Selon les estimations de l’ONUSIDA et de l’OMS en juillet 2009,
en Guinée, environ 80 000 personnes vivent avec le VIH ; les
nouvelles infections et les décès dus au sida représenteraient
7 400 et 3 700 respectivement ; le nombre
d’orphelins serait de 30 000 et l’effectif des femmes
enceintes ayant besoin du programme de prévention de la
transmission du VIH (PTME) de la mère à l’enfant est estimé à
5 400. Le nombre de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ayant
besoin du traitement antirétroviral est évalué à 21 400 parmi
lesquels 2 400 enfants [3].
Le VIH (rétrovirus) provoque une détérioration lente et
progressive du système immunitaire de l’hôte. Les anomalies
hématologiques surviennent chez presque tous les patients en cours
d’évolution. Elles sont la résultante des conséquences de
l’immunodéficience et/ou de la dysrégulation du système immunitaire,
des complications des infections, bactériennes, virales ou
fongiques, des effets secondaires des traitements multiples et du
rôle direct du virus sur certains progéniteurs hématopoïétiques et
les cellules stromales [4, 5]. Cependant, l’infection des
progéniteurs médullaires in vitro a rarement été démontrée
avec certitude en dehors des mégacaryocytes et des cellules
stromales (macrophages/monocytes, fibroblastes, cellules
endothéliales).
Actuellement, en Guinée, l’accès aux antirétroviraux et le suivi
biologique sont décentralisés et accessibles à un plus grand nombre
de personnes vivant avec le VIH.
L’objectif de cette étude est d’apprécier les modifications
hématologiques qui surviennent au cours de l’évolution de
l’infection à VIH chez les patients, de décrire les anomalies
hématologiques observées au niveau des différentes lignées
cellulaires, et de les corréler au profil immunologique des
patients infectés.
Matériels et méthodes
Cette étude rétrospective de type descriptif a été menée de
janvier 2008 à décembre 2010 dans le service de
dermatologie-vénérologie-IST de l’Hôpital national Donka, dans le
service de médecine interne de l’Hôpital national Ignace-Deen et à
l’Institut national de santé publique (INSP).
La population de l’étude était composée de 1 031 patients
adultes et enfants de toutes catégories socioprofessionnelles,
infectés ou non par le VIH. Pour les patients infectés par le VIH,
les critères d’inclusion étaient les suivants : patients
séropositifs pour le VIH informés et volontaires, patients
disposant d’un bilan complet dont l’hémogramme et la numération des
lymphocytes CD4 et CD8, et patients recevant un traitement
antirétroviral. Les critères d’exclusion étaient les patients non
observant et ceux n’ayant pas répondu aux différents contrôles pour
la surveillance thérapeutique. Un groupe de population constitué de
patients VIH négatif (VIH-) et hospitalisés pour d’autres maladies
a été utilisé à des fins de comparaison.
Les patients infectés par le VIH étaient classés selon le
système de classification CDC de l’infection à VIH [6].
Les hémogrammes ont été réalisés au laboratoire d’hématologie de
l’INSP à l’aide d’un automate de type Sysmex XT2000i de Abbott
Diagnostic. L’étude qualitative a été réalisée à partir d’un
frottis de sang coloré par la méthode de May Grünwald Giemsa (MGG).
Les phénotypages lymphocytaires au laboratoire d’immunologie dudit
institut ont été réalisés avec un automate de type FACScount de
Becton-Dickinson.
En conformité avec les valeurs de référence de l’INSP, les
hémogrammes ont permis de définir : l’anémie pour un taux
d’hémoglobine inférieur à 11 g/dL, quelles que soient les valeurs
du volume globulaire moyen (VGM) ou de la concentration
corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH) ; la leucopénie et
la leucocytose des valeurs respectives de globules blancs
inférieure à 4 000/μL et supérieure à 9 000/μL ; la
neutropénie et la neutrophilie pour des valeurs respectives de
polynucléaires neutrophiles inférieures à 1 400/μL et
supérieures à 6 500/μL ; l’éosinophilie pour une valeur
de polynucléaires éosinophiles supérieure à 500/μL ; la
monocytose pour une valeur supérieure à 600/μL ; la
lymphopénie et la lymphocytose pour des valeurs respectives de
lymphocytes inférieures à 1 200/μL et supérieures à
3 400/μL ; la thrombopénie et la thrombocytose pour des
valeurs respectives de plaquettes inférieures à
15 0000/mm3 et supérieures à 35 0000/μL.
L’immunodéficience a été définie comme la diminution du taux des
lymphocytes CD4 en dessous de 355 cellules/μL. Elle a été
considérée comme sévère pour les taux de lymphocytes T CD4 < 200
cellules/μL.
La collecte des données s’est effectuée grâce à une fiche
d’enquête élaborée à cet effet. Elle s’intéressait aux
renseignements généraux, aux stades de la maladie et aux signes
associés, aux examens hématologiques et immunologiques, aux régimes
de traitements antirétroviraux, etc. La saisie et l’analyse des
données ont été faites à l’aide du logiciel EPI info 6.0 version et
Excel 2003.
La comparaison des proportions observées chez les patients VIH+
et VIH- a été faite par le test de χ2 de Pearson avec correction de
Yates pour les valeurs théoriques < 5. La comparaison des
moyennes a été faite par le test du t-Student pour échantillons
indépendants. Le seuil de signification retenu pour tous les tests
statistiques a été de 5 %.
Les limites de l’étude étaient la non-disponibilité du
phénotypage lymphocytaire pour les patients VIH- et l’impossibilité
de réaliser localement la charge virale pour les patients infectés
par le VIH.
Résultats
Sur les 1 031 patients inclus dans l’étude, 835 étaient
VIH+ avec un âge médian de 40 ans, et 196 VIH- avec un âge médian
de 45 ans.
Parmi les patients infectés par le VIH, 282 (33,8 %)
étaient de sexe masculin et 553 (66,2 %) de sexe féminin, soit
un sex-ratio H/F de 0,51. Le tableau 1
représente les principales professions des PVVIH, les commerçants
et les ménagères étant les plus touchés.
Tableau 1 Répartition des 835 patients VIH+ selon les
principales catégories socioprofessionnelles.
| Principales catégories socioprofessionnelles |
N |
% |
| Commerçants |
265 |
31,7 |
| Ménagères |
197 |
23,6 |
| Ouvriers |
141 |
16,9 |
| Fonctionnaires |
120 |
14,4 |
| Élèves/Étudiants |
71 |
8,5 |
| Agents de sécurité |
31 |
3,7 |
| Cultivateurs |
10 |
1,2 |
| Total |
835 |
100 |
Le VIH 1 a été identifié dans 823 cas (98,6 %) contre 7 cas
de VIH 2 (0,8 %) et 5 cas de co-infections VIH 1+2
(0,6 %). Pour les patients VIH-, 115 (58,7 %) étaient de
sexe féminin et 81 (41,3 %) de sexe masculin, soit un
sex-ratio H/F de 0,7.
La répartition des patients vivant avec le VIH aux différents
stades de l’évolution de la maladie était la suivante : 50
(6 %) au stade 1, 197 (23,6 %) au stade 2, 521
(62,4 %) et 67 (8 %) au stade 4.
Les valeurs moyennes des paramètres de laboratoire des patients
infectés par le VIH comparées à celles des patients VIH négatif
sont présentées dans le tableau 2.
Tableau 2 Valeurs moyennes des paramètres de laboratoire
des PVVIH et des patients VIH-.
| Paramètres de laboratoire |
PVVIH |
Patients VIH- |
p |
|
| N |
Moyenne ± écart type |
N |
Moyenne ± écart type |
|
| Globules rouges 106/μL |
602 |
3,9 ± 0,8 |
43 |
4 ± 0,8 |
NS |
| Hémoglobine g/dL |
832 |
10,5 ± 2,3 |
196 |
10,4 ± 2,0 |
NS |
| Hématocrite % |
800 |
33,4 ± 6,6 |
194 |
32,2 ± 6,5 |
S |
| Globules blancs 103/μL |
813 |
5,7 ± 2,4 |
195 |
8,6 ± 5,0 |
S |
| Granulocytes neutrophiles 103/μL |
809 |
2,9 ± 2,1 |
196 |
5,8 ± 4,6 |
S |
| Granulocytes éosinophiles 103/μL |
702 |
0,3 ± 0,6 |
76 |
0,4 ± 0,3 |
S |
| Monocytes 103/μL |
676 |
0,5 ± 1,1 |
125 |
0,4 ± 0,4 |
NS |
| Lymphocytes 103/μL |
791 |
2,1 ± 1,7 |
193 |
2,1 ± 0,8 |
NS |
| Plaquettes 103/μL |
480 |
249,6 ± 118 |
80 |
272,2 ± 150,3 |
NS |
| Lymphocytes CD4 cellules/μL |
830 |
342 ± 246,8 |
- |
- |
- |
| Lymphocytes CD8 cellules/μL |
294 |
824 ± 440,2 |
- |
- |
- |
| Rapport CD4/CD8 |
294 |
0,5 ± 0,4 |
- |
- |
- |
Les globules blancs, les granulocytes neutrophiles et
éosinophiles avaient en moyenne des valeurs plus basses chez les
PVVIH que chez les patients VIH, contrairement à la valeur moyenne
de l’hématocrite.
Le profil hématologique des PVVIH comparé à celui des patients
VIH- est présenté dans le tableau 3.
Tableau 3 Principales anomalies hématologiques observées
chez les PVVIH et les patients VIH-.
| Principales anomalies hématologiques |
PVVIH |
Patients VIH- |
p |
|
| N |
Cas |
| N |
Cas |
| |
| Anémie |
832 |
454 |
54,6 |
196 |
97 |
49,5 |
NS |
| Leucopénie |
813 |
173 |
21,3 |
196 |
8 |
4,1 |
S |
| Neutropénie |
809 |
123 |
15,2 |
196 |
2 |
1,0 |
S |
| Lymphopénie |
791 |
119 |
15,0 |
193 |
21 |
10,9 |
NS |
| Thrombopénie |
480 |
51 |
10,6 |
80 |
13 |
16,2 |
NS |
| Lymphocytes CD4 < 355/μL |
830 |
537 |
64,7 |
- |
- |
| - |
| Lymphocytes CD4 < 200/μL |
830 |
130 |
15,7 |
- |
- |
| - |
| Rapport CD4/CD8 < 0,9 |
293 |
258 |
88,0 |
- |
- |
| - |
| Leucocytose |
813 |
65 |
8,0 |
196 |
54 |
27,7 |
S |
| Neutrophilie |
809 |
33 |
4,1 |
196 |
45 |
22,9 |
S |
| Éosinophilie |
702 |
106 |
15,1 |
76 |
13 |
17,1 |
NS |
| Monocytose |
676 |
199 |
29,4 |
125 |
31 |
24,8 |
NS |
| Lymphocytose |
791 |
53 |
6,7 |
193 |
14 |
7,2 |
NS |
| Thrombocytose |
480 |
60 |
12,5 |
80 |
17 |
21,2 |
S |
Au niveau des différentes lignées cellulaires, on observe que
les PVVIH avaient une leucopénie et une neutropénie plus marquée,
tandis que les patients VIH présentaient une leucocytose, une
neutrophilie et une thrombocytose.
Au niveau de la lignée érythrocytaire, l’anémie était observée
chez 54,6 % des PVVIH contre 49,5 % chez les patients
VIH-, avec un même taux d’hémoglobine qui était de 8,8 g/dL.
50,9 % des PVVIH présentaient une anémie normocytaire
hypochrome contre 83,5 % des patients VIH-.
Chez les PVVIH, le déficit immunitaire était modéré dans
64,7 % des cas et sévère dans 15,7 % des cas.
Les anémies des différentes lignées cellulaires et les déficits
immunitaires modérés et sévères chez les PVVIH étaient observés
notamment au stade III de l’évolution de la maladie.
Discussion
Dans notre étude l’âge moyen des PVVIH était de 40 ans.
66,2 % des patients étaient de sexe féminin avec un sex-ratio
de 0,5 et 98,6 % étaient infectés par le VIH1. L’âge moyen
observé est légèrement supérieur à ceux observés dans certains
travaux [7-9]. La prédominance féminine peut s’expliquer par la
féminisation marquée de l’infection en Guinée. Ces résultats sont
en contradiction avec les travaux d’Oumar et al. [8] qui ont
une prédominance masculine. Ils sont concordants avec ceux de
Mouhari-Touré et al. tant pour la prédominance féminine que
pour le type de VIH [9].
Concernant les anomalies hématologiques, l’anémie était présente
chez 56,6 % des PVVIH contre 49,5 % chez les patients VIH
négatifs avec un taux moyen d’hémoglobine à 8,8 g/dL identique dans
les deux groupes. L’anémie normocytaire normochrome était
prédominante dans les deux populations étudiées avec des fréquences
respectives de 50,9 et 83,5 %. Comparativement aux résultats
trouvés dans certaines études effectuées dans quelques pays
d’Afrique de l’Ouest, nos résultats sont inférieurs en ce qui
concerne la fréquence de l’anémie et le taux moyen d’hémoglobine,
et contraires au type morphologique d’anémie microcytaire observé
par Diallo D. au Mali [7, 8, 10, 11]. À Brazzaville,
au Congo, Makuva et al. ont également noté une importante
anémie chez les PVIH au stade IV de l’évolution de la maladie [12].
En revanche, Hane et al., au Sénégal, ont observé une
fréquence de portage d’anémie de 15 %, pourcentage très
inférieur à celui obtenu dans notre étude [13]. Patwardhan et
al. ont retrouvé, en Inde, une prédominance d’anémie
normocytaire normochrome chez des patients infectés par le VIH avec
un taux moyen d’hémoglobine similaire au nôtre [14]. Tous les
degrés d’anémie ont été retrouvés dans notre étude. L’anémie sévère
avec des taux d’hémoglobine inférieurs à 7 g/dL était présente chez
7,4 % des PVHIH contre 5 % chez les sujets VIH-. Le fort
taux d’anémie pourrait s’expliquer par la potentialisation de
celle-ci du fait de l’infection par le VIH, du terrain des PVVIH et
des multiples traitements auxquels elles sont soumises.
Les anomalies retrouvées dans la lignée des globules blancs
étaient dominées par les leucopénies et les neutropénies chez les
PVVIH avec respectivement 21,7 et 15,2 %. Ces résultats sont
proches de ceux retrouvés par Oumar et al. dans ses travaux
au Mali [8], mais différents de ceux de Nacoulma au Burkina Faso et
de Hane au Sénégal [11, 13]. Les lymphopénies étaient
également observées chez les PVVIH comme dans d’autres études, même
si elles n’étaient pas significativement différentes de celles des
patients VIH- [7, 8, 12, 13]. Ces anomalies peuvent
s’expliquer par les divers mécanismes inflammatoires dus à
l’infection à VIH, ou par des causes iatrogènes, notamment les
traitements antirétroviraux et anti-infectieux avec le
cotrimoxazole.
Au niveau de la lignée mégacaryocytaire, une thrombopénie était
retrouvée chez 10,6 % des PVVIH. Ce taux est proche de celui
retrouvé par Patwardhan et al. en Inde [14]. Diallo et Oumar
ont aussi observé des thrombopénies au Mali, mais avec une
fréquence plus élevée que la nôtre [7, 8]. Même si dans notre
étude cette anomalie était également observée chez les sujets VIH-,
ces résultats sont concordants avec les données hématologiques
concernant l’atteinte des plaquettes par le VIH qui se manifeste
par une thrombopénie.
Concernant les lymphocytes T CD4, le taux moyen de 342
cellules/μL observé dans notre étude est supérieur à ceux retrouvés
par Mouhari-Touré au Togo et Elira Dokekias à Brazzaville au Congo
[9, 15]. Ce taux de lymphocytes T CD4 était diminué dans
64,7 % des cas, et inférieur à celui d’autres études [9].
Patwardhan et al. ont retrouvé, en Inde, un déficit sévère
de l’immunité beaucoup plus élevé que celui observé dans notre
étude [14]. Il est connu que le VIH provoque une détérioration
lente et progressive du système immunitaire de l’hôte, compliquée
dans les stades évolués par des infections opportunistes.
Les anomalies hématologiques observées surviennent chez presque
tous les patients PVVIH en cours d’évolution, notamment au stade
III et sont souvent les conséquences de l’immunodéficience, des
complications infectieuses, bactériennes, virales ou fongiques et
les effets secondaires des traitements multiples.
Conclusion
L’étude du profil hématologique est un facteur intéressant de
diagnostic et de pronostic de l’infection par le VIH. Dans notre
étude, différentes anomalies hématologiques ont été observées. Au
niveau de la lignée érythrocytaire, on note une prédominance des
anémies, notamment les anémies normocytaires normochromes.
Concernant la lignée des globules blancs, la leucopénie et la
neutropénie sont les anomalies majeures retrouvées. Un déficit
immunitaire caractérisé par une diminution des lymphocytes T CD4
est fréquent. Ces différentes anomalies sont dues vraisemblablement
au terrain des sujets infectés par le VIH mais aussi potentialisées
par l’intensité du déficit immunitaire.
La prise en compte des données cliniques et thérapeutiques des
patients infectés par le VIH doit être envisagée pour mieux
préciser leur impact sur les anomalies hématologiques. Toutefois,
ce travail indique la nécessité d’un suivi biologique adéquat pour
une meilleure prise en charge des personnes infectées par le VIH en
Guinée.
Conflits d’intérêts: aucun.
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