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Imagerie par rayons X des coronaires : radioprotection du patient au quotidien


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 22, Numéro 10, 523-35, décembre 2010, Mini-revue

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Auteur(s) : Jean-Marc Pernes, Patrick Dupouy, Eduardo Aptecar, Mario Auguste, Dia Hakim, Ahmed Fareed, Valérie Huart, Gregory Schoukroun, Ramon Labbe, Gérard Haquin, Jean-Claude Gaux

Résumé : En matière d'exposition aux radiations ionisantes, l'irradiation d'origine médicale représente plus de 40 % de l'ensemble des sources. Les conséquences biologiques de l'exposition aux radiations ionisantes entrent dans deux catégories : les effets déterministes survenant de manière prévisible au-delà d'un certain seuil de dose absorbée par un tissu spécifique et les hypothétiques complications de l'exposition secondaire à « de faibles doses » telles que celles associées à l'imagerie médicale, à savoir l'excès de mortalité par cancers radio-induits, lié à un effet stochastique, via des mutations survenant au hasard. Les « faibles doses » sont définies comme une irradiation comprise entre 5 et 100 milli-Sievert (mSv) : à ces valeurs, il n'existe pas de preuve formelle d'un effet délétère des radiations ionisantes et subsiste donc une incertitude scientifique majeure. Par prudence, les radioprotectionnistes considèrent qu'il n'y a pas de seuil et donc que le risque existe, quelle que soit la dose, et qu'il est proportionnel à la dose (modèle théorique dit de « relation linéaire sans seuil » – RLSS). Plusieurs travaux se sont plus spécifiquement focalisés sur le risque induit par l'angioscanner coronaire : d'après 3 modélisations, l'utilisation de l'angioscanner coronaire pourrait être à l'origine de cancers, dont l'incidence varierait de 0,70 % chez la femme jeune à 0,044 % chez l'homme de 80 ans, « apparaissant » 3 à 4 décennies plus tard. Ces trois études sont critiquables sur deux aspects majeurs : d'une part, il ne s'agit que de modélisation et non d'études observationnelles et, d ‘autre part, ces études reposent sur la RLSS dont l'utilisation n'est pas appropriée dans ce contexte selon la Commission internationale de protection radiologique (CIPR). En effet, la dernière position de la CIPR 2007 soulignait que « des informations biologiques/épidémiologiques qui permettraient de vérifier sans ambiguïté les hypothèses sous-jacentes au modèle RLSS font défaut », la CIRP a précisé que « en raison de cette incertitude quant aux effets sur la santé à faible dose, il est inapproprié, pour les besoins de santé publique, de calculer le nombre hypothétique de cas de cancers ou de maladie héréditaires qui pourraient être associés à de très faibles doses de rayonnement reçues par un grand nombre de personnes sur de très longues périodes ». Néanmoins, en accord avec le Code de santé publique (CSP), tout acte diagnostique ou thérapeutique exposant aux rayonnements ionisants doit être réalisé conformément aux principes de justification et d'optimisation selon le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable), tendant à la recherche du meilleur compromis qualité-image par rapport à l'exposition du patient. À ce jour, le niveau technologique atteint en scanner cardiaque permet de pratiquer des examens à caractère diagnostique dont l'irradiation délivrée au patient est nettement inférieure à celle d'une coronarographie, de l'ordre de 1 mSv pour les appareils les plus récents, grâce notamment à l'usage systématique de protocoles d'optimisation que l'utilisateur se doit de maîtriser. Il n'en reste pas moins indispensable de respecter en permanence le principe de justification, particulièrement chez la femme jeune selon le principe de précaution unanimement admis.

Mots-clés : scanner coronaire, irradiation, principe ALARA

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