ARTICLE
Auteur(s) : Mahmoud Hasbaia1,
Lahouari
Benayada2
1Département d'hydraulique Université de M'sila
BP 166 Echebilia 28000 M'sila Algérie
2Département d'hydraulique Université des sciences
et de technologie d'Oran (USTO) BP 1505 El Menaouar Bir Eldjir
31000 Oran Algérie
Les précipitations dans les bassins-versants algériens sont
caractérisées par des fluctuations saisonnières avec une forte
irrégularité spatio-temporelle et par des intensités agressives.
La pluviométrie moyenne pour l'ensemble du pays est de
68 mm/an, mais elle varie de quelques mm/an au sud du pays à
1 500 mm/an dans la région côtière du Nord-Est.
De même, la pluviométrie varie de 350 mm/an à l'ouest à
1 000 mm/an à l'est [1]. Des pluies torrentielles
ont été enregistrées dans la région nord ouest de l'Algérie durant
72 à 78 jours/an sur une période d'observation de
25 ans [2]. Sur le bassin de Mekerra dans l'ouest de
l'Algérie, à 100 km de la Méditerranée, l'intensité de pluie a
atteint 40 mm/h durant l'orage de la nuit du 3 au
4 octobre 1986. Cette averse a provoqué l'inondation des
communes riveraines, y compris la grande ville de Sidi-Bel-Abbes
[3]. La lutte contre les débordements de cet oued a coûté
0,33 million de dollars US pour protéger la ville de Ras Elma,
en plus de la réalisation du barrage de Tabia en amont, avec une
enveloppe de 20 millions de dollars US1.
Les oueds sont des cours d'eau temporaires des régions arides.
En Algérie, ils sont caractérisés par un régime fluvial, par des
lits souvent mobiles et par de faibles pentes. L'écoulement est
perturbé par les remous dus à la concomitance des crues et à
l'obstruction de leurs débouchés. Les oueds des trois bassins
régionaux à l'est de l'Algérie, appelés communément « Côtiers
constantinois », traversent les meilleures plaines agricoles.
Ils engendrent par manque de régularisation l'érosion et le
recul des berges, ce qui réduit chaque année les surfaces agricoles
[4].
Le débordement des oueds en Algérie est favorisé par leurs
petites sections travsversales en plus des intensités des pluies et
de la réponse rapide des bassins. À titre d'exemple, l'oued
Mekerra, avec des crues centennales de
1 500 m3/s n'a que 4 à 12 m de
largeur et une profondeur comprise entre 3 et 5 m [3].
De même, l'oued Bousaâda reçoit les mêmes ordres de débits
avec une largeur moyenne de 27,5 m et une profondeur variant
entre 3 et 6 m.
Le 8 mars 2007, les services de l'hydraulique ont
enregistré le débordement de l'oued El Harrache à Alger de plus de
1,8 m pour un débit de 1 800 m3/s.
Les zones basses ont été complètement submergées par
l'eau2. Dans la même période, l'oued Isser à Boumerdes a
débordé en deux endroits, sur une centaine d'hectares : l'eau a
dépassé 2 m de hauteur3 dans le lit majeur.
Suite aux précipitations, les caractéristiques d'écoulement dans
les oueds (débit et hauteur d'eau) s'élèvent graduellement jusqu'à
un maximum (souvent unique en Algérie), puis s'abaissent pour
revenir à l'état initial sec. Les crues générées à l'exutoire
d'un bassin-versant se propagent le long de son cours d'eau
principal, avec une atténuation et un retard des débits maximums à
cause des frottements et des stockages. Ce phénomène est
caractéristique des écoulements transitoires qui sont gouvernés par
les équations de Saint-Venant. Ces équations n'ont de
solutions analytiques que dans certains cas avec beaucoup de
simplifications. Les méthodes numériques des éléments,
volumes, et différences finies sont incontournables pour résoudre
ce type d'équations. Parmi les schémas numériques qui existent dans
la littérature, le schéma aux différences finies de Preissmann est
très utilisé dans les modèles 1D de l'hydraulique fluviale [5-8]. À
travers une solution numérique des équations de Saint-Venant nous
pouvons déterminer les débits et les profondeurs d'eau à chaque
point du cours d'eau, et pendant chaque intervalle de temps durant
la période de la crue. Ces résultats sont d'un intérêt majeur
pour dimensionner et protéger les ouvrages riverains (ponts,
déversoirs, retenues…) ainsi que les villes traversées par des
oueds contre les inondations. Ils permettent de localiser les
zones menacées par le débordement et d'avoir une estimation
correcte du pic de la crue au cours de son passage dans le tronçon
étudié. Ici, nous appliquons un code 1D à des cas réels.
Description du modèle numérique et des cas
d'étude
Présentation du modèle
Nous avons modélisé les crues par les équations unidimensionnelles
de Saint-Venant. Les faibles pentes des oueds algériens et la
rapidité des crues justifient l'utilisation de ces équations.
La nature défavorable des sols (secs et fissurés) à cause des
fortes températures fait que l'écoulement dans les oueds atteint
rapidement la saturation en matière en suspension.
Ces concentrations permettent à l'oued d'atteindre
instantanément son équilibre dynamique local, ce qui justifie
l'hypothèse d'une géométrie des oueds peu déformable à cette
échelle d'étude (échelle de crue).
Le modèle s'appuie sur les équations 1D de Saint-Venant écrites
sous la forme conservative suivante (équation de continuité (1) et
équation de conservation de la quantité de mouvement (2))
où :
Q est le débit d'eau, h la profondeur d'eau, A la section
mouillée, Ix la pente longitudinale du cours d'eau, J la
pente de la ligne d'énergie, ql le débit latéral par
unité de longueur, g l'accélération gravitationnelle, et (x, t)
sont les variables espace et temps, respectivement.
Ce système différentiel est fermé par une relation
semi-empirique de dissipation d'énergie écrite sous la forme
générale suivante :
où :
U est la vitesse moyenne d'écoulement, Rh le rayon
hydraulique, k1,2,3 sont des constantes qui
dépendent de la formule de dissipation d'énergie utilisée, et
d* est le diamètre représentatif des sédiments du
fond.
L'écriture (3) a été proposée initialement par Krishnappan [9]
et reprise par Correia [5]. En changeant les coefficients
k1,2,3, l'expression (3) permet d'utiliser plusieurs
formules de perte de charge appliquées dans les cours d'eau sur des
fonds rigides ou mobiles [10-15]. Ces formules couvrent un
grand nombre de cas pratiques ; leur utilisation doit respecter les
conditions et les limites dans lesquelles elles ont été
développées.
Schéma numérique de Preissmann
Ce schéma classique à quatre points introduit par Preissmann [16],
a été utilisé et étudié dans plusieurs travaux [5-7, 17, 18]. Une
fonction f (ici A ou Q) et ses dérivées peuvent être discrétisées
comme suit :
où :
i est l'ordre du maillage dans l'espace, j l'ordre du maillage
dans le temps, (θ, φ) sont des coefficients de pondération
dans le temps et dans l'espace, respectivement, Δx et Δt
les pas d'espace et de temps, respectivement.
Le schéma centré en espace (θ =1/2) est le plus utilisé en
hydraulique fluviale à fond fixe [7], alors que le schéma décentré
dans l'espace et dans le temps est utilisé dans le cas de cours
d'eau à fond mobile [5, 19, 20].
L'analyse de stabilité montre que l'utilisation du schéma
numérique pour résoudre des systèmes d'équations hyperboliques non
linéaires (telles les équations 1D de Saint-Venant) est stable sous
la condition suivante [5, 7, 17, 21] :
telle que :
Cr est le nombre de Courant.
Liggett et Cunge [6] et Krishnappan [22] ont recommandé la
condition θ ≥ 0,66 pour garantir la stabilité du schéma.
Le schéma donne de bons résultats pour le régime subcritique,
et les instabilités apparaissent davantage lors des passages par le
régime critique [8].
Le signe des deux célérités des ondes de surface est déterminant
dans l'étude des conditions aux limites. Pour le cas d'un
écoulement torrentiel, les deux caractéristiques sont positives et
toutes les perturbations vont de l'amont vers l'aval. En
conséquence, les deux conditions aux limites sont imposées en
amont. En revanche, pour un écoulement fluvial, les deux
caractéristiques ont des signes contraires. Dans ce cas, l'une des
conditions aux limites doit être imposée à l'amont et l'autre en
aval.
La résolution du système algébrique résultant de la
discrétisation est souvent faite par l'algorithme de double
balayage [6, 20]. Il consiste à calculer les débits en premier
lieu en allant de l'amont vers l'aval, puis revenir de l'aval vers
l'amont pour calculer les profondeurs d'eau. Cette méthode est
performante lorsque l'écoulement est strictement fluvial. Lors de
l'utilisation de cette méthode pour la résolution de son modèle
couplé de transport solide, Rahuel a remarqué des oscillations et
des divergences pour des valeurs de φ supérieures à 0, 65 [7]. Pour
lancer le double balayage, il faut qu'au moins une des deux
conditions aux limites ne soit pas nulle, ce qui la rend
inutilisable dans certains cas. Dans nos cas où le nombre de
Courant varie entre 5,64 et 934,4, nous avons choisi une autre
méthode, à savoir la méthode proposée par Correia [5], dite de
procédure des solutions alternées, qui consiste à lier les
conditions aux limites amont et aval par des substitutions
successives.
Présentation des cas d'étude
Les oueds en Algérie ne sont pas très bien contrôlés par les
stations hydrométriques : en général, on ne dispose que d'une seule
station dans le même oued. Dans les études d'ingénierie, on utilise
le plus souvent les crues fréquentielles fondées sur les études
statistiques des séries de précipitations relativement bien
enregistrées. Notre modèle est appliqué à un cas type des oueds
algériens. Il s'agit de l'oued Bousaâda situé à 250 km au
sud d'Alger (figure 1).
Pour vérifier la qualité des résultats de notre modèle, nous
avons élargi notre étude à d'autres rivières de piémont à partir
des travaux de Baptista [23] et de Correia et al. [24].
Les caractéristiques des cours d'eau traités ici sont résumées
dans le tableau 1 et les paramètres
de calcul dans le tableau 2.
Le choix de la formule de dissipation est effectué pour
assurer une stabilité numérique optimale et les valeurs des
paramètres utilisés sont fondées sur les travaux de divers auteurs
précédemment cités [10-15].
Étude de cas algérien
Dans ce cas nous simulons les crues centennale et quinquennale de
l'oued Bousaâda. Ce dernier draine un bassin-versant d'une
superficie de 1 020 km2, sur une longueur de
talweg principal de 69,0 km, et avec une pente moyenne de
8,70 ‰. Dans sa partie aval à l'exutoire du bassin, l'oued
Bousaâda traverse la ville de Bousaâda sur un bief d'une longueur
de 2 200 m avec des profondeurs géométriques variant
entre 3 et 5 m, et 27,5 m de largeur
moyenne4.
Tableau 1 Caractéristiques des cours d'eau
simulés.
|
Tronçon de
|
Longueur (m)
|
Largeur (m)
|
Pente (m/m)
|
Caractéristique du matériau du fond
|
|
Rio Jacul
|
29 600
|
50 à 80
|
0,001215
|
Kr = 37
|
|
La Save
|
28 500
|
20
|
0,00075
|
Kr = 20
|
|
Oued Boussaâda
|
2 200
|
27,46
|
0,01155
|
Kr = 40
|
|
Inn
|
1 000
|
20
|
0,0043
|
dm = 23 mm
|
Tableau 2 Paramètres de calcul.
|
Tronçon de
|
Crue de/du
|
Δt (s)
|
Δx (m)
|
θ
|
φ
|
Nombre de Courant
|
Temps de simulation (heure)
|
Formule de dissipation d'énergie
|
|
Rio Jacul
|
17 décembre 1981
|
7 200
|
500
|
1
|
0,5
|
18,4 – 136,36
|
48
|
Strickler
|
|
22 mai 1981
|
3 600
|
500
|
1
|
0,5
|
27,23 – 136,34
|
28
|
Strickler
|
|
La Save
|
Février 1978
|
43 200
|
500
|
1
|
0,5
|
205,77 – 935,4
|
128
|
Strickler
|
|
Oued Bousaâda
|
centennale
|
3 600
|
200
|
1
|
0,5
|
7,67 – 114,26
|
31
|
Strickler
|
|
quinquennale
|
3 600
|
200
|
1
|
0,5
|
5,64 – 108,23
|
26
|
Chezy
|
|
Inn
|
1987
|
3 600
|
100
|
1
|
0,5
|
20,27 – 361,76
|
72
|
Griffiths
|
Étude d'autres cas
Test 1 : crues rapides à doubles pics
sur un long tronçon de rivière
Nous avons choisi les crues du 17 décembre 1981 et du
22 mai 1981 pour la rivière Jacul (Brésil) étudiée également
par Baptista [23]. Ce sont des crues rapides qui durent
environ 50 heures. Elles sont dues aux manœuvres des vannes du
barrage Itauba. Le tronçon étudié est situé au sud du Brésil,
entre l'usine hydroélectrique d'Itauba et le site du barrage Dona
Francisco. La simulation est faite sur un bief d'une longueur
de 29 600 m avec une pente de 1,215 ‰
Test 2 : crue lente sur un long tronçon
de rivière
Nous avons étudié la crue de février 1978 de la rivière
La Save (France). Il s'agit d'une crue lente
(120 heures) avec un seul maximum de 150 m3/s.
Elle a été étudiée par Baptista [23] sur un tronçon de
28 500 m de longueur, caractérisé par un lit dégagé avec
une largeur moyenne de 20 m.
Test 3 : crue lente sur un canal artificiel
Pour tester la pertinence des résultats numériques nous avons
repris une crue très bien enregistrée et étudiée par Correia [5].
Il s'agit de la crue violente enregistrée en 1987 sur la
rivière Inn (Suisse). Lors de son passage à travers le canal
artificiel qui traverse le village Samedan, la rivière a débordé
pour un débit maximum de 280 m3/s, ce qui a causé
des dégâts de 1,16 à 1,25 milliard de dollars US. Nous avons
repris le même canal artificiel où l'inondation s'est produite.
C'est un canal de forme trapézoïdale traversant le village sur une
longueur de 1 000 m, avec une profondeur de 3 m et
une pente de 4,3 ‰.
Résultats et interprétation
Pour les premières crues d'étude (c'est-à-dire La Save et Rio
Jacul), les diminutions et les retards de leurs pics (de l'amont
vers l'aval) sont estimés par le modèle avec des erreurs moyennes
de 30,6% et 36,8%, respectivement.
Pour le Rio Jacul et la Save (figures 2, 3, et 4),
dont la longueur des tronçons étudiés est de l'ordre de 29 km,
les atténuations calculées des débits maximums des crues sont de
l'ordre de 17 % par rapport à ceux de l'entrée, tandis que les
atténuations observées sont en moyenne de 26 % (tableau 3). La plus faible erreur est
observée pour l'atténuation du pic de la crue de la Save, soit une
erreur de 7,44 %, ce qui conforte l'utilisation de notre code pour
les crues à pic unique. Toutefois, compte tenu d'une incertitude de
la mesure des débits qui est au minimum de 10 % (ordre de grandeur
usuel), on ne peut formuler de conclusion définitive.
Pour le cas de l'oued Bousaâda (figures 5, 6), les
atténuations des débits maximums sont de 11 et 0,6 % pour les
crues centennale et quinquennale, respectivement (tableau 3). Nous avons choisi la formule de
Strickler dans la simulation de la crue centennale, et celle de
Chezy pour la crue quinquennale. Bien que les deux crues soient
similaires, nous avons remarqué une différence d'environ 10 % dans
les atténuations. Ce résultat peut être expliqué par la
différence de la longueur d'onde des deux crues, comme il peut
l'être par la sensibilité des codes hydrodynamiques aux formules de
dissipation d'énergie. La confirmation de l'une de ces
explications exige une étude plus fine et sur plusieurs tests.
L'analyse des profondeurs d'eau pour le cas de l'oued Bousaâda
montre que la valeur maximale de la hauteur d'eau sur tout le
tronçon étudié était de 2,40 m en amont à la 7e
heure pour la crue quinquennale, tandis que, pour la crue
centennale cette valeur était de 2,6 m en amont à la
6e heure de la crue.
D'après ces résultats, et sachant que les profondeurs de l'oued
varient entre 3 et 5 m, aucun débordement ne se produira.
Toutefois, la ville de Bousaâda connaît presque chaque année des
inondations à cause des débordements de l'oued. D'ailleurs, une
étude de protection de la ville contre ces inondations est en
cours. Cette simulation remet en cause les études hydrologiques
donnant 86 m3/s comme débit maximum de la crue
centennale, alors que la moyenne pour les oueds de la région (oued
Ksob, oued Elham, oued Seboulla) dépasse les
1 000 m3/s pour des bassins-versants d'une
superficie de l'ordre de 1 330, 6 130 et
184 km2 respectivement5.
Pour le cas de la rivière Inn, on a représenté les limnigrammes
en amont, en aval et à 100 m de l'amont, pendant toute la
période de la crue (figure 7). Nos
résultats rejoignent parfaitement les études menées par Correia [5,
24] et confirment que le débordement s'est produit en amont du
canal sur une longueur de 100 m environ. Une telle simulation
aurait évité les dégâts en conduisant à un simple renforcement des
berges en amont du canal, ou à un curage de la couche des sédiments
déposés sur le fond. Pendant la période 1979-1988 une couche de
0,3 m de sédiment a été déposée sur le fond [5].
Le retard des débits maximums des crues suit la même variation
que les atténuations (tableau 3).
Il est fonction de la longueur et de la résistance à
l'écoulement des oueds. Plus la résistance est importante et plus
le retard est important, et de même pour la longueur.
Tableau 3 Atténuations et retards des débits
maximums des crues.
|
Tronçon
|
Crue de/du
|
Qbase (m3/s)
|
Qmax-amont (m3/s)
|
Atténuation observée (%)
|
Atténuation calculée (%)
|
Retard observé (h)
|
Retard calculé (h)
|
|
Rio Jacul
|
17 décembre 1981
|
140
|
566,6
|
31,13
|
16,91
|
3,76
|
4
|
|
22 mai 1981
|
130
|
577,3
|
27,21
|
16,70
|
3,81
|
2
|
|
La Save
|
Février 1978
|
03
|
150
|
18
|
16,66
|
18,4
|
8
|
|
Oued Bousaâda
|
centennale
|
1,54
|
86
|
---
|
11
|
--
|
2
|
|
quinquennale
|
1,35
|
74,2
|
---
|
0,60
|
--
|
< 1 heure
|
Conclusion
Les crues d'oueds générées par les fortes averses sont modélisées
dans le présent travail par les équations unidimensionnelles de
Saint-Venant. Un cas type des oueds est étudié ; l'application du
modèle à d'autres oueds ne pose pas de problème particulier.
La simulation des crues centennale et quinquennale de l'oued
Bousaâda a montré la marge d'erreur de l'estimation des débits des
crues par l'approche hydrologique fondée sur les précipitations.
Nous avons remarqué la sensibilité des résultats de notre code
aux formules de dissipation d'énergie. L'implémentation des
formules de Chezy et de Strickler donne une différence des
atténuations des débits des crues de l'ordre de 10 % pour le même
cours d'eau (oued Bousaâda). Ce constat nécessite une étude
plus exhaustive pour étudier cette sensibilité. Le calage de
ces formules à des oueds en Algérie est jugé nécessaire.
La nature fluviale des oueds algériens met en évidence la
nécessité d'avoir au moins deux stations hydrométriques dans le
même oued pour imposer les conditions aux limites amont et aval ;
d'autres stations sont nécessaires pour une meilleure validation
des résultats. La fréquence des débordements enregistrés ces
dernières années en Algérie nous pousse à recommander l'équipement
en urgence des grands oueds (Elharrach, Chlef, Mekkera…) par
plusieurs stations de mesures automatiques, pour permettre le
contrôle de l'hydrométrie en temps réel.
La comparaison des résultats des trois premières crues avec les
observations montre une atténuation des débits maximums de l'ordre
de 17 %, avec une erreur moyenne de l'ordre de 30 %, ce qui montre
que les résultats sont satisfaisants par rapport aux incertitudes
des mesures, aux longueurs des tronçons simulés et aux limites des
modèles 1D. Les études des inondations ainsi que le
dimensionnement des ouvrages hydrotechniques et des ponts doivent
prendre en considération ces réductions de débit pour éviter le
surdimensionnement et pour bien gérer les catastrophes.
Notre code constitue à ce stade de développement un moyen
efficace pour étudier le comportement et les conséquences de
l'écoulement dans les oueds algériens suite aux événements de
fortes précipitations enregistrés ou projetés ; néanmoins, des
développements supplémentaires sont incontournables.
Ces derniers peuvent porter sur le traitement des
discontinuités et les modifications rapides des variables, ainsi
que sur l'utilisation d'autres types de schémas comme les schémas à
capture des chocs qui sont beaucoup mieux adaptés à ce type de
cas.
Remerciements
Au terme de ce travail, nous adressons nos remerciements à M. André
Paquier du Cemagref de Lyon pour la lecture de cet article et pour
ses remarques et corrections. Nous remercions également M. Mustapha
Zoughleche et M. Said Kadri du Service d'hydraulique de M'sila pour
leur aide dans la récolte des données.
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1 Service d'hydraulique du département de
Sidi Bel-Abbes.
2 Service d'hydraulique du département
d'Alger.
3 Service d'hydraulique du département de
Boumerdes.
4 Service d'hydraulique du département de
M'sila.
5 Service d'hydraulique du département de
M'sila.
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