Texte intégral de l'article
 
   
  Version PDF

Vulnérabilité sexuelle et séroprévalence du VIH chez les déficients auditifs de Yaoundé


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 20, Numéro 2, 109-15, avril-mai-juin 2010, Étude originale

DOI : 10.1684/san.2010.0186

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Adonis Touko, Célestin Pierre Mboua, P Tohmuntain, A Perrot , Forum camerounais de psychologie 8030 Yaoundé Cameroun, Université de Yaoundé BP 755 Yaoundé Cameroun, Care International au Cameroun 1071, avenue Winston Churchill BP 422 Yaoundé Cameroun.

Résumé : L'étude quantitative dont les résultats sont présentés ici examine les comportements sexuels des personnes handicapées auditives à Yaoundé, au Cameroun, et renseigne sur la séroprévalence du VIH dans cette cible. Dans la double perspective d'apprécier leur niveau de vulnérabilité sexuelle et de contribuer à combler le vide existant en matière de données sur la sérologie du VIH chez les sujets en situation de handicap en général et chez les sourds en particulier. Du fait qu'elle porte sur une population difficile à atteindre, l'étude a adopté la stratégie d’échantillonnage par boule-de-neige, appliquée à la chaîne d'entraînement suivante dans l'identification et le prélèvement des personnes à enquêter : structures d'encadrement des sourds →, leaders des sourds connus par les structures d'encadrement →, personnes sourdes connues par les premières recrues →, autres personnes sourdes connues →, etc. Les enquêtes de terrain ont été menées par des déficients auditifs utilisant le langage de signes français (LSF). L'analyse des données comportementales a été réalisée sur ÉpiInfo™, portant sur un ensemble de 118 sujets dont 50,8 % de sexe masculin et 49,2 % de sexe féminin \; tandis que celle des données sérologiques a été conduite par le personnel de santé, à l'aide de tests rapides et de tests de confirmation, pour les 101 sérums de cet échantillon (26 % de sexe masculin et 44 % de sexe féminin). Les résultats permettent de montrer, d'une part, que les conduites sexuelles chez les personnes handicapées auditives sont caractérisées par un ensemble de facteurs de risque applicables aux principaux indicateurs de la sexualité, dont l'âge au début des rapports sexuels, le multipartenariat sexuel, l'utilisation de condom, la qualité des connaissances relatives aux IST et au sida. L'analyse de ces différents paramètres rend compte, pour presque tous, d'une vulnérabilité sexuelle de la cible. Ces résultats révèlent, d'autre part, que le niveau de séroprévalence du VIH dans la population des déficients auditifs de la capitale du Cameroun s'établit à 4 %, étant ainsi assez proche du niveau constaté dans la population générale de la même ville (4,7 %). En définitive, il y a lieu de promouvoir la recherche sociale et les études sérologiques dans ce domaine, afin d'approfondir la connaissance des déterminants de la sexualité chez les déficients auditifs et d'orienter les efforts de prévention au bénéfice de cette cible.

Mots-clés : déficient auditif, handicapés, VIH/sida

ARTICLE

Auteur(s) : Adonis Touko1, Célestin Pierre Mboua1,2, P Tohmuntain1, A Perrot3

1Forum camerounais de psychologie 8030 Yaoundé Cameroun
2Université de Yaoundé BP 755 Yaoundé Cameroun
3Care International au Cameroun 1071, avenue Winston Churchill BP 422 Yaoundé Cameroun

La riposte contre le VIH/sida a montré que l'ostracisme qui touche habituellement les personnes en situation de handicap (PSH) agit comme un important facteur de vulnérabilité, susceptible de contrarier les mesures de prévention. La stigmatisation et la discrimination, généralement associées au vécu du handicap, constituent chez la personne handicapée des facteurs de vulnérabilité sexuelle qui s'ajoutent aux autres facteurs biopsychosociaux inhérents au handicap. Les travaux de recherche ont constamment montré que les PSH sont victimes d'exclusion dans la gestion de la crise sanitaire relative à la pandémie du sida [1-5]. En règle générale, le public pense que les personnes portant un handicap sont sexuellement non actives ou très peu actives ; ce qui suppose qu'elles sont moins exposées aux risques sexuels tels les infections sexuellement transmissibles (IST) et le VIH [6, 7]. Sans doute marqués par les mêmes préjugés, les responsables d'ONG, les directeurs de programmes et les autres divers acteurs du niveau opérationnel n'ont développé que rarement des projets mettant les PSH au centre de l'intervention [3, 8]. Ce qui induit aussi, de la part des bailleurs de fonds, très peu d'engagements en faveur des programmes orientés vers les personnes portant un handicap. Le cercle vicieux se referme ainsi, puisque historiquement, ces bailleurs de fonds ont eux-mêmes proposé très peu d'initiatives incitatives pour le travail en faveur des PSH [9]. Alors que des efforts considérables ont été consentis pour limiter les effets dramatiques et handicapants du VIH/sida dans la population générale, très peu d'interventions ont jusqu'ici été entreprises pour réduire l'impact de cette maladie sur les sujets porteurs d'un handicap. Ainsi, au moment où les discours officiels épiloguent de plus en plus sur le caractère universel de la lutte contre le sida, il existe paradoxalement très peu d'initiatives de prévention, de prises en charge et de traitements du VIH/sida, ciblant les PSH. Ces sujets constituent pourtant les 10 % de la population mondiale selon les estimations de l'OMS et de la Banque mondiale [10, 11]. Ce qui, appliqué aux pays en voie de développement, correspondrait à plus de 400 millions de personnes handicapées physiques, auditives, intellectuelles et mentales [12]. Plus encore, la situation paraît davantage dramatique chez les femmes portant un handicap, victimes en outre de l'inégalité des rapports sociaux de sexe [13] et de violences sexuelles diverses [14, 15]. La marginalisation de la personne handicapée atteint également le domaine de la recherche et se perçoit aisément au travers de la revue de la littérature, où l'exploration scientifique de la relation sida et handicap est relativement rare [16]. Cela étant, l'une des premières études d'envergure, qui a attiré l'attention sur la situation, date d'environ cinq ans, ayant été conduite dans le cadre du Programme global VIH/sida de la Banque mondiale [17]. Les résultats confirment que les PSH ont été exclues des efforts de lutte contre le sida, alors que cette maladie représente une menace capitale pour elles. Les auteurs en concluent que, de toute évidence, la pandémie ne sera pas vaincue sans une implication systématique des personnes portant un handicap.

Il faut aussi noter que les quelques efforts réalisés pour l'intégration du handicap comme facteur de vulnérabilité dans la lutte contre le VIH/sida sont très inégalement répartis en fonction des régions du monde. Contrairement à plusieurs pays du continent américain (États-Unis et Canada en particulier) et même du continent européen, les pays en voie de développement, ceux de l'Afrique subsaharienne en l'occurrence, qui ont pourtant un plus grand potentiel de stigmatisation et discrimination, tardent à inclure le handicap comme facteur de risque dans leurs activités, ainsi que le relève la Déclaration de Kampala [9] et quoique l'Afrique du Sud semble jouer un rôle de meneur [18] dans cette perspective. La revue de la littérature consacrée à ce sujet indique que les seuls pays africains dans lesquels on recense, à ce jour, à peine plus de deux études sur la problématique du VIH et du handicap sont : l'Afrique du Sud, le Zimbabwé, le Kenya, l'Ouganda et le Nigéria avec, respectivement, 13, 6, 4, 3 et 3 cas de travaux de recherche [19]. Le manque de données vient donc ainsi assombrir davantage un tableau déjà bien peu reluisant. Or, comme le font remarquer plusieurs observateurs, c'est précisément par le canal de la recherche que l'on pourrait mieux souligner l'urgence de la situation et attirer l'attention des décideurs sur la question [9, 18]. L'évidence est que très peu d'attention a été accordée à la recherche, notamment par rapport à la collecte des données de prévalence qui aiderait à décrire et à comprendre les tendances de l'épidémie dans nos pays [20]. La présente étude est donc une contribution qui vise à alimenter la thématique sida et handicap, si très peu investiguée jusqu'à présent. Elle se propose spécifiquement d'apporter des informations de terrain en vue de renseigner les indicateurs comportementaux et sérologiques sur le VIH chez les personnes portant un handicap.

Méthodologie

Objectifs

Cette étude s'est fixée pour principaux objectifs d'évaluer les facteurs de risque et de déterminer la séroprévalence du VIH chez les jeunes sourds de Yaoundé, au Cameroun. Pour cette première investigation dans le site d'étude, les chercheurs ont adopté une démarche méthodologique présentant le plus de garantie de fiabilité pour une population d'accès difficile, au sujet de laquelle aucune base de sondage statistique et démographique n'est encore disponible au Cameroun.

Type d'étude et échantillonnage

Il s'agit d'une étude quantitative de type transversal, avec deux composantes : comportementale et sérologique. L'échantillonnage a couvert les cinq arrondissements constitutifs de la ville de Yaoundé [21], où les enquêtés ont été identifiés selon la procédure dite « boule-de-neige » [22], soit une démarche adaptée aux populations réputées difficiles d'accès ou cachées telles que les PSH [23].

Pour ce qui est de la composante comportementale, les recrutements se sont effectués dans chacun des arrondissements, avec l'appui des « leaders » d'associations de personnes déficientes auditives. Le processus de prélèvement des enquêtés a suivi la procédure d'entraînement suivante : leaders d'associations, personnes déficientes auditives connues par les leaders d'associations, personnes handicapées auditives connues par les sujets recrutés et ainsi de suite. Chaque enquêté a été exploité comme source d'information aidant à l'identification d'un ou de plusieurs autres dans le même arrondissement, jusqu'à l'obtention d'un quota de 25 enquêtés par arrondissement. Ce mode de recrutement s'explique de par la distribution des sourds-muets de la ville de Yaoundé. En effet, comme c'est le cas dans bon nombre de villes d'Afrique, une minorité de sourds est affiliée aux réseaux associatifs, tandis que la grande masse ne peut être atteinte que dans leurs domiciles généralement situés au sein des quartiers les plus défavorisés ou dans les lieux de travail.

S'agissant de la composante sérologique, les opérations ont été menées en étroite collaboration avec les services déconcentrés du ministère de la Santé, qui ont fourni le personnel technique manipulant le matériel acquis pour les besoins de l'étude. À la fin de chaque entretien, l'option a été proposée aux enquêtés de bénéficier d'un test de VIH gratuit dans un centre de santé proche, où des arrangements préalables avaient été convenus. Des cartes spéciales ont été remises illico aux volontaires qui se sont déclarés, tandis que les autres ont été invités à se présenter au centre de santé dans l'éventualité d'un changement d'opinion. Dans chacun de ces centres de santé, un counselling pre-test a été offert, et des tests de VIH ont été administrés, pendant une période d’un mois, par une équipe constituée d'un psychologue, d'un infirmier et d'un instructeur en langage de signes français (LSF).

Construction et administration du questionnaire

Un questionnaire anonyme et précodé a été conçu sur la base des indicateurs conventionnels des connaissances, des attitudes et des pratiques sur la sexualité et le VIH/sida. Les indicateurs explorés étaient essentiellement relatifs aux thématiques suivantes : initiation à la sexualité, comportement sexuel, utilisation du condom, IST et VIH/sida. Le questionnaire a été administré par des jeunes enquêteurs des deux sexes, sélectionnés parmi les jeunes déficients auditifs ayant fait preuve d'une bonne maîtrise du LSF. Afin de rendre ces enquêteurs aptes à la manipulation de l'outil de collecte, des enseignants du LSF ont au préalable été formés aux techniques de collecte des données sociales de manière à pouvoir à leur tour former les enquêteurs, sous l'encadrement bienveillant des chercheurs. Dans cette procédure de capacitation et d'inclusion des déficients auditifs à la collecte des données, la préenquête a servi de moment test, pendant lequel les enseignants de LSF et les chercheurs ont pu vérifier la maîtrise de l'outil de collecte par les déficients auditifs retenus comme enquêteurs. La préenquête a en outre permis des réajustements sur l'instrument de manière à ce qu'il soit le mieux compris par la population cible, en majorité sous-scolarisée.

Quelques autres leçons importantes ont pu être dégagées durant le processus de préparation de l'étude et de passation du questionnaire. Parmi celles-ci, on peut retenir la nécessité de revenir plusieurs fois sur chaque question posée, pour être sûr qu'elle ait été comprise dans le sens souhaité par l'interlocuteur sourd. D'un autre côté, la confidentialité étant de mise en situation d'enquête, le recours au langage de signes en tant que mode d'expression codé a créé rapidement des conditions favorables à la réalisation de cette précaution déontologique s'ajoutant à l'isolement pour garantir de bonnes conditions de confidentialité. Au total, 118 questionnaires d'enquête ont été validés sur 125 prévus, soit 94,4 %. Les questionnaires présentant des vides/lacunes important(e)s ont été éliminés.

Descriptif de l'échantillon

Il permet d'observer, pour ce qui est de la composante comportementale, une perspective d'équilibre entre genre, avec 50,8 % de sujets de sexe masculin et 49,2 % de sujets de sexe féminin. L'âge varie entre 15 et 34 ans, avec une moyenne de 24,5 ans chez les hommes et 22,3 ans chez les femmes. Les sujets enquêtés sont principalement chrétiens (86,5 %), comparés aux musulmans (4,2 %), aux adeptes de religions africaines (6,7 %) et aux athés (2,5 %). L'échantillon indique également une forte dominance de célibataires (77 %), suivis des sujets en union libre (20 %) et de seulement 1,6 % de sujets mariés. Concernant le volet éducation scolaire, 97 % des répondants déclarent avoir été à l'école ; mais il apparaît que cette scolarisation s'était limitée au niveau de l'école primaire pour la majorité (60 %), aucun des scolarisés de l'enseignement secondaire n'ayant dépassé le cap du premier cycle. Relativement au statut occupationnel, les enquêtés se distribuent en trois groupes : les élèves (30 %), les sujets exerçant une activité professionnelle quelconque (47 %), les sujets n'ayant aucune activité (23 %). L'on doit noter qu'ici les personnes exerçant une activité professionnelle sont toutes enrôlées dans de petits métiers : soit comme apprentis, soit comme ouvriers, avec une assez claire division sociale du travail entre les sujets de sexe masculin (aides-maçons, apprentis menuisiers, laveurs de voitures, aides-cordonniers, etc.) et ceux de sexe féminin (coiffeuses, apprenties couturières, etc.).

S'agissant de la deuxième articulation de l'étude, un ensemble de 101 personnes, dont 56 % de sexe masculin et 44 % de sexe féminin, se sont volontairement présentées pour le test du VIH. Le consentement de chacun des candidats a été obtenu avant le début des prélèvements. Les sérums ont été collectés dans des éprouvettes et testés en laboratoire par utilisation du test rapide Determine® HIV-1/2 (Inverness Medical Innovations Inc., Waltham, MA, USA), puis par recours au test plus spécifique ImmunoComb II HIV 1&2 BiSpot (Orgenics LTD, Yavne, Israel) pour les cas « indéterminés » et « positifs ». Tous les candidats ont par la suite été invités à suivre un counselling post test, et les cas positifs confirmés ont été référés à une unité de prise en charge (UPEC) proche, tel que recommandé par les documents nationaux de référence en la matière [24, 25].

Considérations éthiques

Des paramètres éthiques ont été intégrés à l'étude, aussi bien lors de la collecte des données comportementales que pendant les opérations de prélèvements des sérums. Dans cette optique, des explications ont d'abord été données à chaque enquêté dans un langage simple s'agissant des buts de l'étude, de sa finalité, de sa méthode d'échantillonnage et les perspectives de programme qu'une telle entreprise suppose pour le groupe cible dans son ensemble. Des instructions précises ont été données aux enquêteurs, afin qu'ils s'assurent des conditions de confidentialité et qu'ils obtiennent le consentement verbal des enquêtés avant d'engager avec la passation du questionnaire. Pour les sujets mineurs, un tel consentement était obtenu auprès de leurs parents ou tuteurs.

De même, le consentement éclairé des candidats au test de VIH a été obtenu comme préalable, tout comme des réponses appropriées ont été apportées à toutes les questions éventuellement posées avant le prélèvement des sérums. Les procédures mises en place pour garantir la confidentialité des résultats et éviter toute fuite ont également été expliquées dans un langage signé simplifié. Les sessions de post counselling étaient planifiées deux jours après le prélèvement, et les résultats ont été délivrés exclusivement aux personnes concernées ou à leurs tuteurs.

Analyse des données

Les données ont été saisies et analysées sous le logiciel ÉpiInfo™. L'analyse s'est voulue essentiellement descriptive faisant appel à plusieurs paramètres statistiques, dont les proportions comme premier niveau de comparaison. Chaque fois que cela était nécessaire, le test du Chi2 a été pratiqué en vue de vérifier l'indépendance ou l'association entre variables. La présentation des résultats fait régulièrement référence au sexe comme paramètre d'analyse, afin de tester tout effet lié au genre.

Résultats

Les principaux résultats obtenus sont présentés dans les rubriques suivantes : comportement sexuel et prise de risque ; utilisation du préservatif ; connaissances, attitudes et pratiques vis-à-vis du VIH/sida ; prévalence du VIH.

Comportements sexuels et prise de risque

L'on note dans l'ensemble que 80 % des sujets ont déjà connu une expérience sexuelle, sans aucune différence entre sexes. L'âge moyen au premier rapport sexuel est de 17 ans pour les sujets de sexe masculin et de 16 ans pour les féminins, avec de part et d'autre 25 % d'enquêtés ayant vécu cette expérience avant l'âge de 15 ans. La première expérience de vie en union est quant à elle intervenue en moyenne à 24 ans pour les garçons et à 22 ans pour les filles.

En considérant exclusivement les enquêtés sexuellement actifs, l'analyse montre que la tendance est au multipartenariat durant les 12 mois précédant l'étude, pour le cas des partenaires considérés comme réguliers et autant chez les garçons (53 %) que chez les filles (54,3 %). Ici, les personnes ne vivant pas en union ont significativement été plus nombreuses (51,4 %) à avoir plus de deux partenaires durant la période considérée que celles vivant en union (29,6 %) [Chi2 = 3,74 ; p = 0,05]. Du côté des partenaires considérés comme occasionnels, on enregistre une plus forte tendance au multipartenariat chez les garçons (42,6 %) que chez les filles (13,5 %) [Chi2 = 8,35 ; p = 0,003]. De tels rapports sexuels occasionnels incluent le commerce de sexe qui concerne plus de quatre filles sexuellement actives sur dix (44 %) et plus de six garçons sur dix (64 %) au cours des 12 derniers mois précédant l'étude. Dans un cas comme dans l'autre, les sourds engagés dans les petits métiers ont été plus concernés par les rapports sexuels payants (55,1 %) que les élèves (18,4 %) et les sans-emploi (26,5 %).

Utilisation du condom

Si l'utilisation du condom à un moment donné de la vie apparaît comme une pratique relativement partagée (85 %), il faut tout de même noter qu'une frange non négligeable (15 %) des sujets sexuellement actifs n'a jamais utilisé le condom, soit davantage des filles (80 %) que des garçons (20 %) [Chi2 = 7,9 ; p = 0,007]. L'examen des données relatives au dernier rapport sexuel occasionnel met en évidence une situation tout aussi préoccupante : plus de cinq sujets déficients auditifs sur dix (53 %) n'ont pas fait recours au condom lors de cet acte sexuel. Les raisons évoquées pour expliquer la non-utilisation du condom à cette occasion étant principalement : la confiance au partenaire (55 %), le refus du partenaire (20 %), l'indisponibilité du condom (10 %). Chez les sujets ayant eu recours au préservatif, l'utilisation du condom a été principalement motivée par le souci d'éviter le VIH/sida (54 %), d'éviter une grossesse (28 %) et d'éviter une IST (10,6 %). L'analyse montre pourtant que dans la majorité des cas (60 %), une proposition d'utilisation du condom a été faite par l'enquêté lors du dernier rapport sexuel, avec toutefois un décalage saisissant entre la proportion des filles ayant pris cette initiative (29,8 %) et celle des garçons (70,2 %) (Chi2 = 5 ; p = 0,025). Dans cet ordre d'idées, une tradition généralement répandue dans les milieux des sourds de la capitale du Cameroun soutient que ces derniers n'aiment pas utiliser le condom lors des rapports sexuels. Les arguments les plus évoqués pour expliquer cette timidité et cette incapacité des sourds à faire recours au condom tenant en trois principaux points :
  • une répulsion immédiate envers le condom ;
  • la non-maîtrise du mode d'utilisation du condom ;
  • l'incapacité à argumenter et à convaincre le partenaire sur ce propos.

Connaissances, attitudes et pratiques à l'égard du VIH/sida

S'agissant du VIH/sida spécifiquement, peu de sujets déficients auditifs se perçoivent comme pouvant potentiellement être infectés par le VIH. Seulement un tiers d'entre eux (36 %) estiment, à titre personnel, courir le risque de contracter ce virus. Cet indicateur s'explique par la faible perception de soi comme étant exposé au risque, notamment chez les filles (30 %) comparativement aux garçons (41 %) [Chi2 = 1,63 ; p = 0,02].

Du reste, beaucoup de croyances erronées sur la maladie font partie des connaissances des personnes enquêtées. Ainsi, près de trois sujets sur dix (30,2 %) pensent que l'on peut guérir du sida ; quatre sujets sur dix (42,1 %) soutiennent que l'on pourrait reconnaître quelqu'un qui a le virus à partir de ses traits physiques, tandis qu'un peu plus de cet effectif (44,2 %) estime qu'une personne apparemment en bonne santé ne pourrait pas transmettre le virus du sida. Corrélativement à ces données, seulement 2 % des enquêtés ont une connaissance complète des principaux modes de transmission du VIH.

Test du VIH et prévalence

Soixante-treize pour cent des personnes enquêtées déclarent spontanément être disposées à passer le test de dépistage du VIH, les autres affirmant avoir peur de le faire. Au final et suite aux mesures incitatives qui ont été prises, c'est un peu plus de cette proportion (85 %) qui s'est soumis au test dans le cadre de cette étude. Soit un total de 101 enquêtés dont 56 % de garçons et 44 % de filles. Les résultats indiquent une séroprévalence globale de 4 %, avec une différence de genre assez nette : trois filles et un garçon. Les sujets testés positifs se perçoivent en majorité comme des personnes à risque ; ils n'ont pas eu à protéger leur dernier rapport sexuel occasionnel ; ils appartiennent tous à la classe d'âge 25-34 ans, étant non mariés et professionnels des petits métiers.

Discussions

Aspects méthodologiques

Enquêter sur les populations difficiles d'accès conduit à s'interroger sur la méthode d'échantillonnage que l'on pourrait appliquer afin de disposer d'un échantillon prélevé selon des normes scientifiquement admises et permettant des analyses comparatives. Les procédures d'échantillonnage préconisées dans les études sociales sont en général non probabilistes quand il n'existe pas de bases de données statistiques. Au Cameroun, justement, les données disponibles sur les recensements [26, 21] n'ont pas pris en compte le handicap comme variable d'analyse, d'où l'extrême difficulté à déterminer un échantillon aléatoire dans les études portant sur les personnes handicapées. Cette difficulté est rendue plus complexe lorsqu'elle est appliquée à la population des déficients auditifs, avec qui l'on ne peut communiquer facilement et que l'on ne peut non plus identifier aisément. Le travail avec de tels groupes est donc source de difficultés d'ordre technique et procédurale, pour lesquelles la recherche a exploré plusieurs types de solutions. Une pluralité d'approches a ainsi été préconisée sous des terminologies diverses respondent-driven sampling, time-space sampling [27] ou encore échantillon en boule-de-neige [22], soit des méthodes qui pallient, chacune de sa manière, au problème généré par l'absence d'une base de sondage. Il est attendu que chaque chercheur adopte la méthode qui sied le mieux à la population objet de son travail.

Pour ce qui est des conditions dans lesquelles les entretiens de recherche se tiennent, la diversité des groupes cibles induit la diversité des problèmes à gérer et implique chaque fois, de la part du chercheur, un esprit d'innovation et une flexibilité pour s'adapter à la situation. S'agissant des sourds et des sourds-muets, la difficulté dans la communication constitue le plus grand enjeu. Ce qui aura conduit, dans le cadre de la présente étude, à former les enseignants de LSF aux techniques de collecte des données sociales, puis à les employer comme intermédiaires chargés de la formation des enquêteurs sourds qui devaient en définitive se charger de la collecte des données auprès de leurs pairs. Une telle solution comporte en plus l'avantage d'impliquer pleinement la cible, ainsi que le recommande cette maxime bien chère aux personnes handicapées : Nothing about us, without us [28, 29]. Aussi, l'implication des sourds eux-mêmes est un facteur crucial dans la mobilisation sociale et dans l'établissement d'une relation de confiance en situation d'enquête auprès de ce groupe, ainsi que l'ont relevé plusieurs observateurs [29, 30].

Vulnérabilité sociale

Les sujets présentent dans l'ensemble une extrême vulnérabilité sociale. L'on doit tout d'abord noter leur faible niveau de scolarisation. Si les enquêtés sont en majorité alphabétisés, on relève cependant que leur niveau d'étude reste bien modeste. Cela se constate aisément au niveau du statut social et de la distribution des rôles sociaux chez les sujets ayant un emploi. Peu d'entre eux exercent un métier autre que manuel. De ce fait ou en conséquence, ils sont en majorité pauvres, vivant dans les bidonvilles et les quartiers populaires, en proie à une franche vulnérabilité aux plans sanitaire et socioéducatif. Le Programme des Nations unies pour le développement indique dans cet ordre d'idées que le taux d'instruction chez les personnes handicapées est en général très faible, se limitant à 3 %, avec en plus un déséquilibre de genre assez frappant, à 1 % de taux de scolarisation pour les femmes [31]. Certaines études récentes réalisées par l'Unesco font état d'une situation éducative encore plus dramatique chez les enfants portant un handicap, avec seulement 1 à 2 % d'entre eux qui auraient accès à l'éducation de base [32]. Ce compte rendu sur le niveau d'instruction des populations portant un handicap, surenchéri chez les femmes par l'inégalité des rapports sociaux de sexe, correspondrait effectivement à la situation de terrain. L'exemple de l'Ouganda est illustratif, avec une variation du double au simple entre effectifs de scolarisés garçons et filles [33]. Comme reflet de ce faible niveau d'instruction, les activités professionnelles occupées par les sourds enquêtés se limitent, dans la plupart des cas, à des professions du domaine du tertiaire, dont notamment les petits métiers, pour ceux qui occupent un emploi quelconque.

Comportements sexuels à risque

Un ensemble de faits comportementaux reviennent répétitivement dans les études se rapportant aux personnes handicapées en général, et aux déficients auditifs en particulier. Ces comportements constituent des facteurs de risque et de vulnérabilité pouvant expliquer la forte prévalence constatée dans cette population, dans la ville de Yaoundé. Les rapports sexuels à risque ainsi mis en cause s'inscrivent eux-mêmes dans une double perspective, selon qu'ils sont engendrés par l'entourage ou qu'ils s'expliquent par des facteurs individuels propres à la personne handicapée.

Dans les cas des risques sexuels engendrés par l'entourage, plusieurs types de situation ont été recensés à travers la littérature, dont notamment les viols et les rapts [33, 14]. Dans un article consacré à ce thème, Groce [6] présente les viols des personnes handicapées comme des actes motivés par plusieurs facteurs dont la croyance en la virginité du sujet handicapé : « fantasme de purification à travers les vierges ». Dans le même registre, d'autres chercheurs parlent de « rituels sexuels de purification » pour décrire la même réalité dans un contexte différent [18]. Il apparaît à ce sujet que dans plusieurs contextes culturels les actes de viols orientés vers les personnes handicapées sont essentiellement motivés par des croyances et des préjugés socioculturels. À ce titre, les recherches mentionnées insistent toutes sur des cas de viols perpétrés par des personnes séropositives qui croient en une purification virale comme résultante d'un acte sexuel avec les personnes handicapées [6]. De telles croyances, jointes à l'invalidité des personnes handicapées, sont à l'origine de plusieurs abus sexuels sur elles. Toutes choses qui exposent cette population aux IST/VIH, presque malgré elle. Comme pour conclure sur ces constats, la recherche a apporté l'évidence que l'incidence des actes de viols et d'abus sexuels est significativement plus élevée chez les sourds et les malentendants que dans la population générale [34, 35].

Sous l'angle individuel, la multiplication des partenaires correspondrait chez la personne handicapée elle-même à un fantasme d'autovalorisation, qui la conduit répétitivement à la conquête d'une image de soi au travers de l'acte de séduction. Dans cette optique, les nombreux partenaires sexuels accumulés sont autant d'occasions de démontrer à l'entourage ses capacités d'attrait ou d'apporter la preuve que ses prouesses sexuelles sont au moins comparables à celles des personnes dites « valides ». Ce processus de reconquête de l'objet symbolique manquant fait l'objet d'analyses chez plusieurs psychologues de référence. Il correspond à ce que Freud appelle le complexe de castration [36], et que Adler traite de compensation consécutive à un complexe d'infériorité [37]. Dans une perspective plus opérationnelle, Bernard [38] a présenté le cas d'un jeune malentendant qui recherchait activement le sexe de nature homosexuel avec des sujets entendants.

En tout état de cause, la présente étude montre que pour les 12 derniers mois ayant précédé l'enquête, le multipartenariat sexuel chez des partenaires non cohabitants a touché 43 et 13 % de garçons et de filles contre 41 et 10 % chez la population générale du même âge, tel qu'indiqué par la dernière enquête démographique et de santé du Cameroun [39].

De telles données semblent indiquer que les personnes sourdes seraient plus ouvertes à la pratique du multipartenariat que leurs vis-à-vis dans la population générale. Mais la question reste ouverte et pourrait encore être sujette à discussions, du fait que certaines sources indiquent que les différences constatées dans la pratique du multipartenariat chez les personnes sourdes et les personnes entendantes seraient statistiquement non significatives [35]. On peut néanmoins s'interroger sur une influence possible des contextes socioculturels sur les résultats de telles études.

Occurrence des IST

La connaissance du concept d'IST reste très moyenne dans l'échantillon (50 %), apparaissant comme un autre point de vulnérabilité sexuelle des personnes handicapées par rapport à la population générale. En effet, plusieurs des études réalisées ces dernières années au Cameroun indiquent un niveau de connaissance des IST largement supérieur à la moyenne, que ce soit dans la population générale [40] ou dans les groupes spécifiques [41]. Mais plus que la connaissance de ces infections, l'incidence des épisodes d'IST permet d'établir que les personnes portant un handicap sont triplement plus atteintes que leurs congénères de la population générale, avec 30 % de garçons et 10 % de filles qui rapportent un épisode d'IST contre seulement 6,4 et 4,5 %, respectivement, pour les sujets du même groupe d'âge dans la population générale [39].

Séroprévalence

Les données relatives à la séroprévalence du VIH dans la population des sourds apportent-elles aussi des évidences contre les préjugés sociaux présentant cette cible comme sexuellement non active. On note, ici, que le niveau de prévalence est assez proche de la moyenne dans la province d'enquête et de la moyenne nationale : à 4 contre 4,7 et 5,5 % [39]. Ce qui semble bien renseigner sur les habitudes de prise de risque dans lesquelles ces derniers seraient impliqués. Jusqu'ici, très peu d'études ont approché la question du VIH chez les handicapés, sous l'angle de la séroprévalence. Il y a donc un manque crucial de données et d'informations pour mieux élaborer sur la situation, la comprendre et rechercher les modèles d'analyse qui lui conviennent. Il semble néanmoins que la tendance soit à un niveau de prévalence au moins égalable à celui de la population générale ou supérieur à cette dernière. Par exemple, en se basant sur des données démographiques et sur le niveau de séroprévalence indiqué par l'enquête démographique et de santé [42]. L'association Disability Kenya estime à 10 % le niveau de séroprévalence dans la population des personnes handicapées de ce pays contre 7 % au niveau national [43]. Une telle situation pourrait ne pas être spécifique au Kenya, puisqu'un tableau semblable a été rapporté dans un autre pays africain : le Rwanda [44] et plus avant, aux États-Unis [45]. En définitive, de telles tendances en appellent vivement à l'urgence des actions de protection de cette minorité sociale.

Conclusion

Le propos de cette étude aura finalement été de mettre en évidence le fait que le handicap auditif constitue au Cameroun un facteur important de risque aux IST et au VIH, puisque étant un facteur de vulnérabilité psychique, sociale et économique. En effet, les représentations des populations à l'égard des personnes handicapées auditives, de même que les perceptions induites sur le soi et le vécu économique constituent autant d'éléments qui fragilisent le vécu sexuel de la personne handicapée auditive, l'exposant à des prises de risques sexuels accrues. On aura relevé que l'activité sexuelle est réelle, intense et à haut risque chez les sujets de notre échantillon, contrairement aux clichés sociaux qui font état d'un vide sexuel chez ces personnes, lesquelles sont même, dans bien des cas, plus exposées aux risques sexuels que les sujets entendants. Pour faire face à cette vulnérabilité, il est à présent crucial d'intensifier les efforts de recherche pour approfondir la connaissance sur l'impact du VIH/sida chez les personnes en situation de handicap en général et déficientes auditives en particulier, afin de renseigner les décideurs et les responsables des programmes, qui pourront, à leur tour, initier des projets d'éducation et de prévention du VIH chez les déficients auditifs. Il s'agit, en définitive, d'utiliser les résultats de la recherche comme outils de plaidoyer pour la promotion d'une approche inclusive et participative de la lutte contre le sida, dans l'objectif bien compris de stopper la progression du virus au sein de la minorité sociale que constituent les handicapés auditifs.

Remerciements

Les auteurs aimeraient exprimer leur profonde gratitude au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à travers Care-Cameroun, pour leur soutien au projet Deaf Against AIDS, au sein duquel la présente étude a été réalisée.

Références

1 AIDS Consortium. IEC for the blind — who will care for their lot. AIDS Consortium Newsl 1997 ; 3 : 4.

2 Yousafzai A, Edward K. Double burden: a situation analysis of HIV/AIDS and young people with disabilities in Rwanda and Uganda. London: : Centre for International Child Health, Save The Children, 2004.

3 Chroma T. The forgotten tribe: people with disability in Zimbabwe. Progresio Report, 2006.

4 DFID. Helping a forgotten minority: Disability and HIV/AIDS in Zambia, 2007.

5 Hull S. Disability and HIV & AIDS: the challenges of inclusion and involvement. Dublin, Ireland : Master Dublin, University College, 2007.

6 Groce NE, Trasi R. Rape of individuals with disability: AIDS and the folk belief of virgin cleansing. Lancet 2004 ; 363 : 1663-4.

7 Addlakha R. How young people with disabilities conceptualize the body, sex and marriage in urban India: four case studies. Sex Disabil 2007 ; 25 : 111-23.

8 Ntlatlapa MZ. Situation analysis on HIV/AIDS and disability in the kingdom of Lesotho. 2007 ; 1-54 [<http://www.dcdd.nl/data/1247129639960_FINAL SITUATION_ANALYSIS_ON_HIVAIDS_AND_DISABILITY_IN_LESOTHO__Full_Report.doc>].

9 African Campaign on Disability and HIV & AIDS: Kampala declaration on disability and HIV & AIDS, 2008.

10 WHO ICF. Towards a common language for functioning, disability and health, 2002. http://www.who.int/classification/icf/training/icfbegineerguide.pdf. Téléchargé le 11 novembre 2006.

11 Mont D. Measuring disability prevalence, SP discussion paper no 0706. The World Bank. Unpublished WHO document 1976 no A29/INF.DOC/1 Geneva, March 2007.

12 Banque mondiale handicap et VIH/sida : la voix des laissés pour compte http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/NEWSFRENCH/0,contentMDK:20505414~pagePK:64257043~piPK:437376~theSitePK:1074931,00.html. Téléchargé le 15 octobre 2009.

13 Tataryn S. Enabling inclusion: challenges and successes in addressing the exclusion of women with disabilities from HIV/AIDS prevention, testing and treatment services, abstract, VXIIe International AIDS Conference, Mexico, 2008.

14 Brownridge DA. Partner Violence against women with disabilities: prevalence, risk and explanations. Violence Against Women 2006 ; 12 : 805-22.

15 Kvam MH, Braathen SH. I thought… may be this is my chance: sexual abuse against girls and women with disabilities in Malawi. Sexual abuse 2008 ; 20 : 5-24.

16 Winningham A. Lessons learned from more than two decades of HIV/AIDS prevention efforts: implications for people who are deaf or hard of hearing. Am Ann Deaf 2008 ; 153 : 48-54.

17 World Bank/Yale University. HIV/AIDS and disability global survey, 2004.

18 Hanass-Hancock J. South Africa — a pioneer in the fight against HIV/AIDS and disability. J Disabil Hum Dev 2009 ; 1.

19 Hanass-Hancock J. Systematic literature review on HIV/AIDS and disability in Africa, abstract. Dakar : ICASA, 2008.

20 Mojalefa ZN. Situation analysis on HIV/AIDS and disability in the Kingdom of Lesetho, 2007.

21 2e RPGH : recensement général de la population et de l'habitat du Cameroun, 1987.

22 FHI. Enquêtes de surveillance comportementale : guide pour enquêtes répétées de surveillance comportementale au sein de populations exposées au VIH. FHI/IMPACT/DFID/USAID, 2002.

23 Alternatives-Cameroun/AIDES. Documenter pour mieux agir : la vulnérabilité au VIH des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes dans la ville de Douala, Cameroun. 2008.

24 CNLS. Guide du formateur en counselling VIH/sida/IST MINSANTE/CNLS/GTC, 2004.

25 MINSANTE/FMSB/OMS. Guide national de prise en charge des personnes vivant avec le VIH, Yaoundé: MINSANTE, 2005.

26 RPGH. Recensement général de la population et de l'habitat du Cameroun, 1976.

27 INED. Rencontres internationales sur les « Enquêtes auprès des populations difficiles à joindre », 2009. www.cmh.acsdm2.ens.fr/event/RencontreINED19mai09.pdf. Téléchargé le 7 juin 2009.

28 UN Chronicle-international day of disabled persons, 2004, http://www.un.org/esa/socdev/enable//iddp2004.htm.

29 Disabled People SA. Nothing about us…without us: HIV/AIDS and Disability in South Africa. Cape Town : SANA Council, 2008.

30 Opiyo W, Tataryn M. Pushing frontiers: including disabled in service provision. Exchange 2009 ; 1 : 5-6.

31 UN International Convention on the Rights of Persons with Disabilities. Some Facts about Persons with Disabilities. NY, 2006.

32 Sally N. Equalise it: agenda setting in HIV and AIDS for people with disabilities. Exchange 2009 ; 1 : 1-4.

33 Mulindwa I. Study on Reproductive Health and HIV/AIDS among Persons with Disabilities in Kampala, Katakwi and Rakai Districts. Kampala, Uganda : Disabled Women's Network and Resource Organization, 2003.

34 Dickman B, Roux A. Complainants with learning disabilities in sexual abuse cases: a 10 year review of a psycho-legal project in Cape Town, South Africa. Br J Learn Disabil 2005 ; 33 : 138-44.

35 Bisol CA, Sperb TM, Brewer TH. HIV/AIDS knowledge and health-related behaviors: a hearing vs deaf or a boy vs girl issue? Mexico : (abstract) VXIIe International AIDS Conference, 2008.

36 Freud S. Inhibition, symptômes et angoisses (première édition, 1926). Paris : PUF, 2005.

37 Ansbacher RR. The individual psychology of Alfred Adler. New York : Harper and Row, 1964.

38 Bernard A. Choix homosexuel et appartenance à la communauté sourde. Adolescence 2001 ; 19 : 1.

39 INS/ORC MACRO. Enquête démographique et de santé du Cameroun, calverton. Maryland : USA INS et ORC Macro, 2004.

40 PPSAC/FOCAP/IRESCO. Étude quantitative d'évaluation des indicateurs du projet de prévention du VIH/sida en Afrique centrale (CAP 2006). Rapport d'étude, Cameroun, Yaoundé, 2008.

41 MSP/CNLS/CRETES. Enquête séroépidémiologique et comportementale sur le VIH/sida dans les groupes spécifiques. Rapport final Yaoundé, 2005.

42 ORC MACRO. Kenya disability and health survey, calverton. Maryland : USA INS et ORC Macro, 2004.

43 Disability Kenya. A case for a national disability health & HIV/AIDS policy framework, 12th October 2006. Article in http://www.disabilitykenya.org/acasefornationaldisabilityhealthaidspolicy.htm. Téléchargé le 7 juin 2009.

44 Gakwaya A. Prévalence du VIH/sida très élevée chez les personnes handicapées. Rwanda : News Agency, 2009. http://www.rnanews.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1391&Itemid=31. Téléchargé le 5 août 2009

45 Gaskins S. Special population: HIV/AIDS among the deaf and hard of hearing. J Assoc Nurses AIDS Care 1999 ; 10 : 75-8.


Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés