ARTICLE
Auteur(s) : Sahbi
Kebaili, Mohamel Dhouib, Kais Chaabane, Afef Chtioui, Habib
Amouri, Belhassen Ben Ayed, Mohamed Guermazi
Service de Gynécologie-obstétrique CHU Hédi-Chaker Sfax
Tunisie
Les métrorragies postménopausiques constituent le motif de prés
de 70 % des consultations en gynécologie. Elles peuvent révéler
également au décours de leur exploration une pathologie bénigne ou
maligne. La survenue de métrorragies en postménopause justifie
bien de la mise en route d'un bilan paraclinique à la recherche
d'une cause organique (figure 1).
L'hystérosalpingographie et la biopsie de l'endomètre à
l'aveugle sont restées pour longtemps les seules techniques
d'exploration de la cavité utérine.
Depuis quelques années, le champ d'investigations s'est élargi,
notamment avec le développement de l'échographie endovaginale
(éventuellement couplée au doppler couleur) et l'avènement
de l'hystéroscopie. Ces deux examens constituent à
l'heure actuelle les éléments clés de la recherche étiologique
devant des métrorragies postménopausiques.
Dans notre travail, nous étudions, chez 94 patientes,
l'apport de l'hystéroscopie dans l'exploration des métrorragies en
postménopause.
Matériel et méthode
Il s'agit d'une étude rétrospective qui a porté sur 94 cas de
métrorragies postménopausiques ayant bénéficié d'une hystéroscopie
et d'un examen histologique. Les patientes de l'étude
provenaient du service de gynécologie obstétrique du CHU
Hedi-Chaker de Sfax, durant la période allant du 1er
janvier 2004 au 28 février 2005.
L'hystéroscope conventionnel qui a été utilisé est une fibre
optique de 4 mm de diamètre, couplée à une caméra et à un
moniteur haute définition (21 pouces) ainsi qu'à une source de
lumière froide lampe halogène xénon de 250 Watts.
Pour l'hystéroscopie ambulatoire, nous avons utilisé un
minihystéroscope type 1 T flexible.
Le moyen de distension de la cavité utérine a été le sérum
physiologique. L'optique a été introduite dans le canal
cervico-isthmique généralement après dilatation cervicale aux
bougies de Hégar. La dilatation est progressive, faite jusqu'à
la bougie no 10.
Dans tous les cas, une hystéroscopie diagnostique a été
réalisée. La cavité utérine a été explorée sur toutes ses
faces, de même, la zone de l'isthme utérin et le canal
cervical.
Au décours de ce premier temps diagnostique, on a procédé au
curetage biopsique de l'endomètre (CBE) et à la résection
endoscopique de toute lésion endocavitaire diagnostiquée.
Résultats
Profil des patientes
L'âge moyen de nos patientes était de 58 ans, avec des
extrêmes allant de 46 à 79 ans. La parité variait de 0 à
10 avec une moyenne de 5,12.
Antécédents personnels
L'hypertension artérielle a été retrouvée chez 33 % des patientes,
le diabète chez 16 % des patientes et l'obésité dans 16 % des cas.
Dans notre série, neuf patientes avaient des antécédents de
cancer du sein, quatre parmi elles ont eu des récepteurs hormonaux
positifs et ont été traitées donc par le tamoxifène à une dose de
20 mg/j.
Hystéroscopie : procédures, résultats et corrélations
histologiques
Type d'anesthésie
Les types d'anesthésie qui ont été utilisés lors de l'examen
hystéroscopique sont présentés dans le tableau
1.
L'hystéroscopie a été réalisée dans la majorité des cas sous
anesthésie générale, soit dans 95 % des cas.
L'anesthésie locale par le bloc paracervical utilisant la
xylocaïne® 2 % a été réalisée dans 4,5 % des cas.
Toutes les hystéroscopies faites dans notre série se sont
déroulées sans incident.
Tableau 1 Type d'anesthésie utilisée lors de
l'hystéroscopie.
Table 1. Type of anaesthesia used for hysteroscopy.
|
Type d'anesthésie
|
Générale
|
Locale
|
Rachianesthésie
|
Total
|
|
Nombre de cas
|
89
|
4
|
1
|
94
|
|
Pourcentage
|
94,6
|
4,3
|
1,1
|
100
|
Dilatation cervicale
Nous avons effectué une dilatation cervicale chez 62 patientes
(soit 66 % des cas) ; dont une seule sous anesthésie locale, une
autre sous rachianesthésie et le reste (60 patientes) sous
anesthésie générale.
Gestes associés
CBE
Les constatations hystéroscopiques permettent de guider le curetage
biopsique. Ainsi, ce dernier peut intéresser toutes les faces de la
cavité utérine.
Le CBE a été jugé peu productif dans plus de la moitié des cas
(58,5 % des cas). Il faut, toutefois, signaler que parmi ces
cas, 15 curetages biopsiques n'ont pas été concluants, car jugés
insuffisants pour l'étude histologique (prélèvement non
contributif).
Hystéroscopie opératoire
Dans cette série, aucune myomectomie hystéroscopique n'a été
réalisée, en revanche 24 polypectomies (polype de l'endomètre) ont
été pratiquées (soit 26 % des cas).
Biopsie cervicale
Dans notre étude, pour des lésions du col, en association avec
l'hystéroscopie, 12 biopsies cervicales (13 % des cas)
ont été réalisées.
Constatations hystéroscopiques
Les résultats des hystérectomies pratiquées sont présentés dans le
tableau 2.
L'hystéroscopie a conclu à un aspect atrophique de la muqueuse
utérine chez 71 patientes (75 % des cas), il s'agit de
l'aspect hystéroscopique le plus fréquemment noté. L'atrophie
retrouvée était associée à un polype de l'endomètre dans 14 cas, à
un myome sous-muqueux dans huit cas et à un myome intracavitaire
dans deux cas.
L'aspect hystéroscopique a été en faveur d'une hyperplasie de
l'endomètre chez 35 patientes (34 % des cas) ; chez 12
parmi eux, l'hyperplasie de l'endomètre s'est révélée
polyploïde.
Un polype de l'endomètre a été révélé par l'hystéroscopie chez
43 femmes, à noter que l'association polype endocervical et polype
de l'endomètre a été observée uniquement chez quatre patientes. Un
polype endocervical a été retrouvé seul dans 15 cas.
Enfin, l'hystéroscopie a permis, chez une patiente de révéler
une cloison utérine.
Tableau 2 Aspects hystéroscopiques constatés.
Table 2. Observations during hysteroscopy.
|
Aspect hystéroscopique
|
Nombre de cas
|
Pourcentage
|
|
Atrophie
|
71
|
75,1
|
|
Polype de l'endomètre
|
43
|
37,4
|
|
Hyperplasie endométriale
|
35
|
34,4
|
|
Myome
|
|
Sous-muqueux
|
17
|
14,7
|
|
Intracavitaire
|
7
|
6
|
|
Synéchie
|
7
|
7,4
|
Résultats anatomopathologiques
Les résultats anatomopathologiques obtenus dans notre série sont
présentés dans le tableau 3.
Tableau 3 Aspects anatomopathologiques retrouvés
(tableau récapitulatif).
Table 3. Histologic observations (summary).
|
Diagnostic histologique
|
Nombre de patientes
|
Pourcentage
|
|
Atrophie
|
39
|
41,5
|
|
Polype de l'endomètre
|
41
|
43,6
|
|
Hyperplasie de l'endomètre
|
17
|
18
|
|
Adénocarcinome de l'endomètre
|
10
|
10,6
|
|
Polype cervical
|
15
|
16
|
|
Endomètre dysfonctionnel
|
4
|
4,2
|
|
Endométrite
|
3
|
3,2
|
|
Endomètre prolifératif persistant
|
7
|
7,5
|
|
Cervicite
|
11
|
11,7
|
Corrélation : hystéroscopie-histologie
Atrophie
Les résultats sont présentés dans le tableau
4.
Dans notre série, la sensibilité et la spécificité de
l'hystéroscopie sont faibles pour poser le diagnostic d'une
atrophie endométriale (de l'ordre de 49 et 68 % respectivement)
avec une faible concordance, kappa égal à 0,17 (p non
significatif).
Tableau 4 Atrophie : corrélation
hystéroscopie-histologie.
Table 4. Atrophy: correlation between hysteroscopy and histology
findings.
|
Hystéroscopie
|
Histologie
|
Total
|
|
Atrophie
|
|
Oui
|
Non
|
|
Aspect atrophique
|
Oui
|
19
|
17
|
36
|
|
Non
|
20
|
37
|
57
|
|
Total
|
39
|
54
|
93
|
Polype de l'endomètre
L'hystéroscopie présente une sensibilité et une spécificité
satisfaisantes pour le diagnostic des polypes endométriaux (75 et
87 % respectivement) ; la valeur kappa est égale à 0,62, ce qui
témoigne une concordance modérée (p non significatif) :
- chez une seule femme, l'hystéroscopie a été en faveur d'un
polype de l'endomètre, alors que l'histologie a conclu à un
adénocarcinome de l'endomètre ;
- chez cinq cas, l'hystéroscopie a été en faveur d'un myome
sous-muqueux ou intracavitaire, l'histologie a conclu cependant à
un polype de l'endomètre.
Hyperplasie endométriale
L'hystéroscopie présente une sensibilité de détection de
l'hyperplasie de l'endomètre égale à 65 % avec une spécificité plus
importante et égale à 85 %, kappa dans ce cas est égal à 0,45, ce
qui témoigne une concordance modérée (p significatif).
Adénocarcinome de l'endomètre
L'hystéroscopie a permis de suspecter le diagnostic de cancer de
l'endomètre dans six cas parmi les dix cas d'adénocarcinome
confirmés à l'histologie. Pour les autres cas, l'aspect
hystéroscopique a été en faveur d'un polype de l'endomètre dans un
cas et d'une hyperplasie endométriale pour les trois autres.
Chez six patientes, l'hystéroscopie nous a fait suspecter une
lésion maligne, mais l'histologie ne l'a pas confirmé.
La sensibilité et la spécificité de l'hystéroscopie en matière
de diagnostic du cancer de l'endomètre sont respectivement égales à
60 et 93 %, kappa est égal à 0,48, ce qui témoigne d'une
concordance modérée (p significatif).
Discussion
Au cours de la ménopause, toute métrorragie doit être considérée
comme organique et implique de la part du praticien une rigueur
dans l'interrogatoire et l'examen clinique de la patiente, avec un
constant souci de dépister des lésions cancéreuses. Cela requiert
donc la réalisation d'un bilan détaillé qui, basé surtout sur des
examens paracliniques appropriés, permettra de poser un diagnostic
bien précis avant d'entreprendre toute thérapie.
Hystéroscopie diagnostique
Techniques
L'hystéroscopie prenait une place de plus en plus importante dans
l'investigation des pathologies endo-utérines et ses indications se
sont bien élargies.
La fiabilité et la reproductibilité de cette technique sont dues
essentiellement aux progrès technologiques de l'instrumentation,
tant dans les optiques que dans les moyens de distension de la
cavité utérine, et à une meilleure maîtrise de la technique.
On distingue deux types d'hystéroscopes :
- les hystéroscopes rigides [1, 2] sont les plus utilisés. Leur
diamètre aille de 2,7 à 4 mm. Ce type d'optique peut être
utilisé avec une gaine à double courant, compacte,
d'irrigation-lavage, et ce, pour les observations réalisées en
milieu liquide. Un canal opérateur peut permettre l'introduction
d'un cathéter, voire d'un salpingoscope ;
- les hystéroscopes flexibles [2-4] sont composés de quatre
parties : un boîtier, une gaine, un cordon de raccordement à la
source de lumière et une extrémité distale « béquillable » pouvant
dévier sur une gamme de 120-160° ; celle-ci permet une vision
axiale et de s'orienter dans les quatre directions : haut,
bas, droite, gauche, suivant la position de la fibre (sens
transversal ou longitudinal).
Le développement de l'hystéroscopie ambulatoire présente une
avancée considérable dans l'investigation gynécologique.
Une étude faite par Kremer et al. [5] a démontré à maintes
reprises l'avantage de l'hystéroscopie ambulatoire par rapport à
l'hystéroscopie conventionnelle faite sous anesthésie générale. En
effet, et à satisfaction et risques égaux, l'hystéroscopie
ambulatoire est de durée plus courte, et elle évite une longue
hospitalisation avec ses implications socio-économiques et le temps
d'arrêt du travail, souvent important, qu'elle implique.
L'acceptabilité par les patientes est équivalente pour les deux
procédures, toutefois, celles qui ont subi une hystéroscopie
ambulatoire guérissent et reprennent leurs mobilités plus
rapidement.
La douleur de la dilatation cervicale, nécessaire pour
l'hystéroscopie ambulatoire, limite son utilisation, ce qui en
résulte une satisfaction moins importante des femmes
postménopausiques arrivant même au refus en crainte
d'inconfort.
En outre, il est nécessaire d'avoir à la disposition immédiate
un matériel de réanimation de base (obus d'oxygène, matériel de
ventilation assistée en ordre de marche, cardiotonique perfuseur et
soluté), et l'idéal serait de réaliser systématiquement l'examen en
milieu hospitalier en présence à proximité d'un médecin
anesthésiste et la possibilité de mettre la patiente au repos après
l'examen.
Dans notre série, dix patientes uniquement ont bénéficié d'une
hystéroscopie ambulatoire, ce qui démontre que cette technique ne
fait pas encore partie de nos pratiques quotidiennes.
Des efforts sont donc bien à fournir pour mieux développer
l'hystéroscopie ambulatoire au milieu hospitalier au vu de ses
avantages.
L'hystéroscopie, particulièrement l'ambulatoire, peut être
pratiquée à vif, après bloc paracervical, sous anesthésie générale
ou encore sous rachianesthésie.
Dans notre série, près de 95 % des hystéroscopies sont faites
sous anesthésie générale, ce qui prend en compte les éventuels
risques, et par conséquent, l'anesthésie locale et locorégionale
doit être bien développée autour de cette technique.
Différents temps de l'examen
L'examen hystéroscopique passe par trois temps.
Temps cervical et isthmique antérograde [1]
La progression de l'hystéroscope au niveau cervical et isthmique
doit se faire sous contrôle visuel strict. On crée une minicavité
devant l'optique par distension aux liquides et l'on règle
l'endoscope de sorte qu'on puisse observer en détail la muqueuse
endocervicale. La progression est maintenue tant que
l'instrument ne rencontre pas d'obstacle. Si celle-ci est
interrompue ou ralentie, il suffit de reculer l'optique de quelques
millimètres pour redéfinir l'axe de pénétration et orienter
l'extrémité distale de l'endoscope le long de cet axe, si la
direction de vision de l'optique correspond à un angle de 30°,
l'axe de l'isthme doit être dirigé vers 6 H dans le champ de
vision.
Temps utérin [1]
Une fois que l'hystéroscope a pénétré au niveau de la cavité
utérine distendue partiellement par le liquide, il est à nouveau
réglé sur une vision panoramique et l'on procède à un examen
détaillé de la cavité utérine en bénéficiant des propriétés de
l'instrument. Les parois et les ostiums de l'utérus sont
observés par une simple rotation de l'endoscope autour de son axe.
En suivant, on explore l'utérus face après face de l'isthme vers le
fond. L'observation des ostiums doit être prudente, vu le risque
possible de perforer le passage des médias à travers les trompes et
d'entraîner des douleurs scapulaires ultérieurement.
L'examen microscopique (grossissement × 20) s'effectue en
exerçant une légère pression avec la pointe de l'endoscope qui
permet de déterminer la profondeur, l'épaisseur glandulaire, le
degré de gravité des œdèmes, la qualité fonctionnelle de
l'endomètre et ses éventuelles dystrophies.
Temps isthmocervicale rétrograde
Celui-ci est essentiel pour l'exploration de l'endocol. En effet,
lors de l'introduction antérograde de l'hystéroscope, les parois de
l'endocol sont mal visualisées. Cependant, et lorsque l'exploration
de la cavité utérine est terminée, il est bien possible d'observer
les parois latérales de l'endocol, il devient alors aisé de
visualiser des synéchies marginales muqueuses ou des polypes de
petit volume qui aurait pu passer inaperçu lors du passage
antérograde (dilatation insuffisante de l'endocol, polypes ou
synéchies plaqués contre la paroi par la gaine externe de
l'hystéroscope). Dans notre étude, nous avons respecté ces
différents temps afin de pouvoir poser des diagnostics plus précis.
Complications
Dans notre série, aucune complication n'a été observée, ni au cours
ni après la réalisation d'une hystéroscopie. La revue de la
littérature a mis en évidence la possibilité de survenue de
complications aussi bien infectieuses que mécaniques.
Complications infectieuses
Plusieurs études rétrospectives ont fait état de cas d'endométrite
après hystéroscopie diagnostique (toutes indications confondues)
telles que celle de Hamou [6] : 1/1 000 infections sévères et
7/1 000 infections minimes.
Il n'y a pas, toutefois, d'indication à l'utilisation d'une
antibioprophylaxie préopératoire (NP4).
Complications mécaniques
Les perforations utérines sont décrites dans 1,2/1 000
hystéroscopies diagnostiques (Hamou [6]: 1/1 000).
Corrélation hystéroscopie-histologie
La sensibilité de l'hystéroscopie dans le diagnostic des lésions
utérines est variable en fonction des pathologies.
Dans notre étude, la corrélation hystéroscopie
diagnostique-histologie est variable selon l'étiologie :
- une concordance modérée en cas de polype de l'endomètre (kappa
: 0,62), en cas d'hyperplasie endométriale (kappa : 0,45) et en cas
d'adénocarcinome de l'endomètre (kappa : 0,48) ;
- une faible concordance en cas d'atrophie de l'endomètre (kappa
: 0,17).
Elle est nettement meilleure pour les polypes de l'endomètre,
l'hyperplasie endométriale et le cancer de l'endomètre. Elle est
respectivement de 75, 65 et 60 %. La sensibilité est
relativement faible pour le diagnostic de l'atrophie de l'endomètre
égale à 49 %.
Barbero et al. [7], à propos d'une série de 86
patientes, ont conclu à une bonne performance de l'hystéroscopie
dans le diagnostic de l'hypertrophie de l'endomètre, avec une
sensibilité de 69 % et une spécificité de 72 %.
Chechia et al. [8], à propos d'une série de 84 patientes,
ont conclu à la performance de l'hystéroscopie dans l'exploration
des MPM. La sensibilité, la spécificité, les VPP et les VPN de
l'hystéroscopie étaient de 92, 83, 93 et 80 % respectivement
(p < 0,01).
Sousa et al. [9], à propos d'une série prospective de 88
patientes présentant des MPM, ont montré une bonne performance de
l'hystéroscopie dans le diagnostic des pathologies endo-utérines
avec des valeurs respectives de la sensibilité, spécificité, VPP et
VPN de 98, 92, 95,5 et 96 %.
Descargues et al. [10] à propos d'une série prospective de
38 patientes présentant des MPM ; pour les hystéroscopies, la VPP
est de 81,5 % et la VPN de 75 %. Les erreurs d'interprétation
concernent les hypertrophies muqueuses et les hyperplasies.
Vercellini et al. [11], à propos d'une série de 793
patientes, ont souligné la bonne performance de l'hystéroscopie
dans le diagnostic des myomes sous-muqueux.
Langer et al. [12] et Ben Yehuda et al. [13] ont
montré, eux aussi, que l'hystéroscopie peut améliorer la
sensibilité et la spécificité des pathologies endo-utérines.
Gull et al. [14] ont affirmé qu'il n'est pas évident que
l'hystéroscopie est plus précise que l'EEV, puisqu’elle a donné des
faux-négatifs de 3 %.
L'hystéroscopie est la seule parmi tous les examens qui permet
d'explorer directement la cavité utérine et d'en faire des
biopsies. Sa réalisation est rapide, durant cinq à dix minutes en
dehors du temps de décontamination. Son plus redoutable
inconvénient est de ne pouvoir explorer que la cavité utérine au
prix d'un investissement en matériel et en maintenance important,
ce qui rend cette activité peu « rentable » pour le praticien ce
qui en limite ainsi la diffusion. De plus, elle nécessite une
formation spécifique et elle est bien opérateur-dépendante [15,
16].
Conclusion
L'hystéroscopie est la technique d'exploration endocavitaire la
plus fiable, offrant une vision directe de la cavité utérine et
permettant ainsi de faire un bilan lésionnel précis et des biopsies
dirigées.
L'hystéroscopie-curetage est une opération qui permet de mettre
en évidence toute lésion éventuellement responsable de saignements
utérins anormaux et d'acquérir une certitude quant à sa nature
histologique.
Références
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Éditions Pradel, 1996.
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hysteroscopique. La pratique chirurgicale en gynécologie
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