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Exploration des métrorragies postménopausiques par hystéroscopie : à propos de 94 cas


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 20, Numéro 2, 99-104, avril-mai-juin 2010, Étude originale

DOI : 10.1684/san.2010.0195

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Sahbi Kebaili, Mohamel Dhouib, Kais Chaabane, Afef Chtioui, Habib Amouri, Belhassen Ben Ayed, Mohamed Guermazi , Service de Gynécologie-obstétrique CHU Hédi-Chaker Sfax Tunisie.

Résumé : Introductionles métrorragies postménopausiques constituent le motif de prés de 70 % des consultations gynécologiques. Elles peuvent révéler, au décours de leur exploration, une pathologie bénigne ou maligne qu'il faut différencier à la suite d'un bilan paraclinique à la recherche d'une cause organique.Matériel et méthodeil s'agit d'une étude rétrospective portant sur 94 cas de métrorragies postménopausiques ayant bénéficié d'une hystéroscopie et d'un examen histologique et colligés dans le service de gynécologie obstétrique du CHU Hedi-Chaker de Sfax, durant la période allant du 1 er janvier 2004 au 28 février 2005. Pour ces cas, une corrélation est étudiée entre les données de l'hystéroscopie et les données histologiques obtenues.Résultatsl'hystéroscopie a permis de reconnaître un aspect atrophique de la muqueuse utérine chez 53 patientes (56 % des cas), un polype de l'endomètre chez 43 patientes (45 % des cas), une hyperplasie de l'endomètre chez 23 patientes (24 % des cas) et un myome chez 24 patientes (25,5 % des cas). L'aspect hystéroscopique a été en faveur d'une lésion suspecte de malignité chez 12 patientes, dont six cas de cancer de l'endomètre confirmés à l'histologie. La sensibilité et la spécificité de l'hystéroscopie se sont révélées faibles pour poser le diagnostic d'une atrophie endométriale (de l'ordre de 49 et 68 % respectivement), alors qu'elles sont satisfaisantes pour le diagnostic des polypes endométriaux (de l'ordre de 75 et 87 %). L'hystéroscopie présente une sensibilité de 65 % et une spécificité bien plus importante de 86 %, quant à la détection de l'hyperplasie de l'endomètre. Enfin, la sensibilité et la spécificité de l'hystéroscopie en matière de diagnostic de cancer de l'endomètre sont respectivement de 60 et 93 %.Conclusionl'hystéroscopie est la technique d'exploration endocavitaire la plus fiable, offrant une vision directe de la cavité utérine et permettant de faire des biopsies dirigées. Elle présente une sensibilité variable parfois très bonne selon l'indication et l'étiologie suspectée, toutefois l'histologie reste l'examen de référence pour le diagnostic étiologique des métrorragies postménopausiques.

Mots-clés : gynécologie-obstétrique, histologie, hystéroscopie, ménopause, métrorragie, Tunisie

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Sahbi Kebaili, Mohamel Dhouib, Kais Chaabane, Afef Chtioui, Habib Amouri, Belhassen Ben Ayed, Mohamed Guermazi

Service de Gynécologie-obstétrique CHU Hédi-Chaker Sfax Tunisie

Les métrorragies postménopausiques constituent le motif de prés de 70 % des consultations en gynécologie. Elles peuvent révéler également au décours de leur exploration une pathologie bénigne ou maligne. La survenue de métrorragies en postménopause justifie bien de la mise en route d'un bilan paraclinique à la recherche d'une cause organique (figure 1).

L'hystérosalpingographie et la biopsie de l'endomètre à l'aveugle sont restées pour longtemps les seules techniques d'exploration de la cavité utérine.

Depuis quelques années, le champ d'investigations s'est élargi, notamment avec le développement de l'échographie endovaginale (éventuellement couplée au doppler couleur) et l'avènement de l'hystéroscopie. Ces deux examens constituent à l'heure actuelle les éléments clés de la recherche étiologique devant des métrorragies postménopausiques.

Dans notre travail, nous étudions, chez 94 patientes, l'apport de l'hystéroscopie dans l'exploration des métrorragies en postménopause.

Matériel et méthode

Il s'agit d'une étude rétrospective qui a porté sur 94 cas de métrorragies postménopausiques ayant bénéficié d'une hystéroscopie et d'un examen histologique. Les patientes de l'étude provenaient du service de gynécologie obstétrique du CHU Hedi-Chaker de Sfax, durant la période allant du 1er janvier 2004 au 28 février 2005.

L'hystéroscope conventionnel qui a été utilisé est une fibre optique de 4 mm de diamètre, couplée à une caméra et à un moniteur haute définition (21 pouces) ainsi qu'à une source de lumière froide lampe halogène xénon de 250 Watts.

Pour l'hystéroscopie ambulatoire, nous avons utilisé un minihystéroscope type 1 T flexible.

Le moyen de distension de la cavité utérine a été le sérum physiologique. L'optique a été introduite dans le canal cervico-isthmique généralement après dilatation cervicale aux bougies de Hégar. La dilatation est progressive, faite jusqu'à la bougie no 10.

Dans tous les cas, une hystéroscopie diagnostique a été réalisée. La cavité utérine a été explorée sur toutes ses faces, de même, la zone de l'isthme utérin et le canal cervical.

Au décours de ce premier temps diagnostique, on a procédé au curetage biopsique de l'endomètre (CBE) et à la résection endoscopique de toute lésion endocavitaire diagnostiquée.

Résultats

Profil des patientes

L'âge moyen de nos patientes était de 58 ans, avec des extrêmes allant de 46 à 79 ans. La parité variait de 0 à 10 avec une moyenne de 5,12.

Antécédents personnels

L'hypertension artérielle a été retrouvée chez 33 % des patientes, le diabète chez 16 % des patientes et l'obésité dans 16 % des cas.

Dans notre série, neuf patientes avaient des antécédents de cancer du sein, quatre parmi elles ont eu des récepteurs hormonaux positifs et ont été traitées donc par le tamoxifène à une dose de 20 mg/j.

Hystéroscopie : procédures, résultats et corrélations histologiques

Type d'anesthésie

Les types d'anesthésie qui ont été utilisés lors de l'examen hystéroscopique sont présentés dans le tableau 1.

L'hystéroscopie a été réalisée dans la majorité des cas sous anesthésie générale, soit dans 95 % des cas.

L'anesthésie locale par le bloc paracervical utilisant la xylocaïne® 2 % a été réalisée dans 4,5 % des cas.

Toutes les hystéroscopies faites dans notre série se sont déroulées sans incident.

Tableau 1 Type d'anesthésie utilisée lors de l'hystéroscopie.

Table 1. Type of anaesthesia used for hysteroscopy.

Type d'anesthésie

Générale

Locale

Rachianesthésie

Total

Nombre de cas

89

4

1

94

Pourcentage

94,6

4,3

1,1

100

Dilatation cervicale

Nous avons effectué une dilatation cervicale chez 62 patientes (soit 66 % des cas) ; dont une seule sous anesthésie locale, une autre sous rachianesthésie et le reste (60 patientes) sous anesthésie générale.

Gestes associés

CBE

Les constatations hystéroscopiques permettent de guider le curetage biopsique. Ainsi, ce dernier peut intéresser toutes les faces de la cavité utérine.

Le CBE a été jugé peu productif dans plus de la moitié des cas (58,5 % des cas). Il faut, toutefois, signaler que parmi ces cas, 15 curetages biopsiques n'ont pas été concluants, car jugés insuffisants pour l'étude histologique (prélèvement non contributif).

Hystéroscopie opératoire

Dans cette série, aucune myomectomie hystéroscopique n'a été réalisée, en revanche 24 polypectomies (polype de l'endomètre) ont été pratiquées (soit 26 % des cas).

Biopsie cervicale

Dans notre étude, pour des lésions du col, en association avec l'hystéroscopie, 12 biopsies cervicales (13 % des cas) ont été réalisées.

Constatations hystéroscopiques

Les résultats des hystérectomies pratiquées sont présentés dans le tableau 2.

L'hystéroscopie a conclu à un aspect atrophique de la muqueuse utérine chez 71 patientes (75 % des cas), il s'agit de l'aspect hystéroscopique le plus fréquemment noté. L'atrophie retrouvée était associée à un polype de l'endomètre dans 14 cas, à un myome sous-muqueux dans huit cas et à un myome intracavitaire dans deux cas.

L'aspect hystéroscopique a été en faveur d'une hyperplasie de l'endomètre chez 35 patientes (34 % des cas) ; chez 12 parmi eux, l'hyperplasie de l'endomètre s'est révélée polyploïde.

Un polype de l'endomètre a été révélé par l'hystéroscopie chez 43 femmes, à noter que l'association polype endocervical et polype de l'endomètre a été observée uniquement chez quatre patientes. Un polype endocervical a été retrouvé seul dans 15 cas.

Enfin, l'hystéroscopie a permis, chez une patiente de révéler une cloison utérine.

Tableau 2 Aspects hystéroscopiques constatés.

Table 2. Observations during hysteroscopy.

Aspect hystéroscopique

Nombre de cas

Pourcentage

Atrophie

71

75,1

Polype de l'endomètre

43

37,4

Hyperplasie endométriale

35

34,4

Myome

   Sous-muqueux

17

14,7

   Intracavitaire

7

6

Synéchie

7

7,4

Résultats anatomopathologiques

Les résultats anatomopathologiques obtenus dans notre série sont présentés dans le tableau 3.

Tableau 3 Aspects anatomopathologiques retrouvés (tableau récapitulatif).

Table 3. Histologic observations (summary).

Diagnostic histologique

Nombre de patientes

Pourcentage

Atrophie

39

41,5

Polype de l'endomètre

41

43,6

Hyperplasie de l'endomètre

17

18

Adénocarcinome de l'endomètre

10

10,6

Polype cervical

15

16

Endomètre dysfonctionnel

4

4,2

Endométrite

3

3,2

Endomètre prolifératif persistant

7

7,5

Cervicite

11

11,7

Corrélation : hystéroscopie-histologie

Atrophie

Les résultats sont présentés dans le tableau 4.

Dans notre série, la sensibilité et la spécificité de l'hystéroscopie sont faibles pour poser le diagnostic d'une atrophie endométriale (de l'ordre de 49 et 68 % respectivement) avec une faible concordance, kappa égal à 0,17 (p non significatif).

Tableau 4 Atrophie : corrélation hystéroscopie-histologie.

Table 4. Atrophy: correlation between hysteroscopy and histology findings.

Hystéroscopie

Histologie

Total

Atrophie

Oui

Non

Aspect atrophique

Oui

19

17

36

Non

20

37

57

Total

39

54

93

Polype de l'endomètre

L'hystéroscopie présente une sensibilité et une spécificité satisfaisantes pour le diagnostic des polypes endométriaux (75 et 87 % respectivement) ; la valeur kappa est égale à 0,62, ce qui témoigne une concordance modérée (p non significatif) :
  • chez une seule femme, l'hystéroscopie a été en faveur d'un polype de l'endomètre, alors que l'histologie a conclu à un adénocarcinome de l'endomètre ;
  • chez cinq cas, l'hystéroscopie a été en faveur d'un myome sous-muqueux ou intracavitaire, l'histologie a conclu cependant à un polype de l'endomètre.

Hyperplasie endométriale

L'hystéroscopie présente une sensibilité de détection de l'hyperplasie de l'endomètre égale à 65 % avec une spécificité plus importante et égale à 85 %, kappa dans ce cas est égal à 0,45, ce qui témoigne une concordance modérée (p significatif).

Adénocarcinome de l'endomètre

L'hystéroscopie a permis de suspecter le diagnostic de cancer de l'endomètre dans six cas parmi les dix cas d'adénocarcinome confirmés à l'histologie. Pour les autres cas, l'aspect hystéroscopique a été en faveur d'un polype de l'endomètre dans un cas et d'une hyperplasie endométriale pour les trois autres.

Chez six patientes, l'hystéroscopie nous a fait suspecter une lésion maligne, mais l'histologie ne l'a pas confirmé.

La sensibilité et la spécificité de l'hystéroscopie en matière de diagnostic du cancer de l'endomètre sont respectivement égales à 60 et 93 %, kappa est égal à 0,48, ce qui témoigne d'une concordance modérée (p significatif).

Discussion

Au cours de la ménopause, toute métrorragie doit être considérée comme organique et implique de la part du praticien une rigueur dans l'interrogatoire et l'examen clinique de la patiente, avec un constant souci de dépister des lésions cancéreuses. Cela requiert donc la réalisation d'un bilan détaillé qui, basé surtout sur des examens paracliniques appropriés, permettra de poser un diagnostic bien précis avant d'entreprendre toute thérapie.

Hystéroscopie diagnostique

Techniques

L'hystéroscopie prenait une place de plus en plus importante dans l'investigation des pathologies endo-utérines et ses indications se sont bien élargies.

La fiabilité et la reproductibilité de cette technique sont dues essentiellement aux progrès technologiques de l'instrumentation, tant dans les optiques que dans les moyens de distension de la cavité utérine, et à une meilleure maîtrise de la technique.

On distingue deux types d'hystéroscopes :

  • les hystéroscopes rigides [1, 2] sont les plus utilisés. Leur diamètre aille de 2,7 à 4 mm. Ce type d'optique peut être utilisé avec une gaine à double courant, compacte, d'irrigation-lavage, et ce, pour les observations réalisées en milieu liquide. Un canal opérateur peut permettre l'introduction d'un cathéter, voire d'un salpingoscope ;
  • les hystéroscopes flexibles [2-4] sont composés de quatre parties : un boîtier, une gaine, un cordon de raccordement à la source de lumière et une extrémité distale « béquillable » pouvant dévier sur une gamme de 120-160° ; celle-ci permet une vision axiale et de s'orienter dans les quatre directions : haut, bas, droite, gauche, suivant la position de la fibre (sens transversal ou longitudinal).

Le développement de l'hystéroscopie ambulatoire présente une avancée considérable dans l'investigation gynécologique.

Une étude faite par Kremer et al. [5] a démontré à maintes reprises l'avantage de l'hystéroscopie ambulatoire par rapport à l'hystéroscopie conventionnelle faite sous anesthésie générale. En effet, et à satisfaction et risques égaux, l'hystéroscopie ambulatoire est de durée plus courte, et elle évite une longue hospitalisation avec ses implications socio-économiques et le temps d'arrêt du travail, souvent important, qu'elle implique.

L'acceptabilité par les patientes est équivalente pour les deux procédures, toutefois, celles qui ont subi une hystéroscopie ambulatoire guérissent et reprennent leurs mobilités plus rapidement.

La douleur de la dilatation cervicale, nécessaire pour l'hystéroscopie ambulatoire, limite son utilisation, ce qui en résulte une satisfaction moins importante des femmes postménopausiques arrivant même au refus en crainte d'inconfort.

En outre, il est nécessaire d'avoir à la disposition immédiate un matériel de réanimation de base (obus d'oxygène, matériel de ventilation assistée en ordre de marche, cardiotonique perfuseur et soluté), et l'idéal serait de réaliser systématiquement l'examen en milieu hospitalier en présence à proximité d'un médecin anesthésiste et la possibilité de mettre la patiente au repos après l'examen.

Dans notre série, dix patientes uniquement ont bénéficié d'une hystéroscopie ambulatoire, ce qui démontre que cette technique ne fait pas encore partie de nos pratiques quotidiennes. Des efforts sont donc bien à fournir pour mieux développer l'hystéroscopie ambulatoire au milieu hospitalier au vu de ses avantages.

L'hystéroscopie, particulièrement l'ambulatoire, peut être pratiquée à vif, après bloc paracervical, sous anesthésie générale ou encore sous rachianesthésie.

Dans notre série, près de 95 % des hystéroscopies sont faites sous anesthésie générale, ce qui prend en compte les éventuels risques, et par conséquent, l'anesthésie locale et locorégionale doit être bien développée autour de cette technique.

Différents temps de l'examen

L'examen hystéroscopique passe par trois temps.

Temps cervical et isthmique antérograde [1]

La progression de l'hystéroscope au niveau cervical et isthmique doit se faire sous contrôle visuel strict. On crée une minicavité devant l'optique par distension aux liquides et l'on règle l'endoscope de sorte qu'on puisse observer en détail la muqueuse endocervicale. La progression est maintenue tant que l'instrument ne rencontre pas d'obstacle. Si celle-ci est interrompue ou ralentie, il suffit de reculer l'optique de quelques millimètres pour redéfinir l'axe de pénétration et orienter l'extrémité distale de l'endoscope le long de cet axe, si la direction de vision de l'optique correspond à un angle de 30°, l'axe de l'isthme doit être dirigé vers 6 H dans le champ de vision.

Temps utérin [1]

Une fois que l'hystéroscope a pénétré au niveau de la cavité utérine distendue partiellement par le liquide, il est à nouveau réglé sur une vision panoramique et l'on procède à un examen détaillé de la cavité utérine en bénéficiant des propriétés de l'instrument. Les parois et les ostiums de l'utérus sont observés par une simple rotation de l'endoscope autour de son axe. En suivant, on explore l'utérus face après face de l'isthme vers le fond. L'observation des ostiums doit être prudente, vu le risque possible de perforer le passage des médias à travers les trompes et d'entraîner des douleurs scapulaires ultérieurement.

L'examen microscopique (grossissement × 20) s'effectue en exerçant une légère pression avec la pointe de l'endoscope qui permet de déterminer la profondeur, l'épaisseur glandulaire, le degré de gravité des œdèmes, la qualité fonctionnelle de l'endomètre et ses éventuelles dystrophies.

Temps isthmocervicale rétrograde

Celui-ci est essentiel pour l'exploration de l'endocol. En effet, lors de l'introduction antérograde de l'hystéroscope, les parois de l'endocol sont mal visualisées. Cependant, et lorsque l'exploration de la cavité utérine est terminée, il est bien possible d'observer les parois latérales de l'endocol, il devient alors aisé de visualiser des synéchies marginales muqueuses ou des polypes de petit volume qui aurait pu passer inaperçu lors du passage antérograde (dilatation insuffisante de l'endocol, polypes ou synéchies plaqués contre la paroi par la gaine externe de l'hystéroscope). Dans notre étude, nous avons respecté ces différents temps afin de pouvoir poser des diagnostics plus précis.

Complications

Dans notre série, aucune complication n'a été observée, ni au cours ni après la réalisation d'une hystéroscopie. La revue de la littérature a mis en évidence la possibilité de survenue de complications aussi bien infectieuses que mécaniques.

Complications infectieuses

Plusieurs études rétrospectives ont fait état de cas d'endométrite après hystéroscopie diagnostique (toutes indications confondues) telles que celle de Hamou [6] : 1/1 000 infections sévères et 7/1 000 infections minimes.

Il n'y a pas, toutefois, d'indication à l'utilisation d'une antibioprophylaxie préopératoire (NP4).

Complications mécaniques

Les perforations utérines sont décrites dans 1,2/1 000 hystéroscopies diagnostiques (Hamou [6]: 1/1 000).

Corrélation hystéroscopie-histologie

La sensibilité de l'hystéroscopie dans le diagnostic des lésions utérines est variable en fonction des pathologies.

Dans notre étude, la corrélation hystéroscopie diagnostique-histologie est variable selon l'étiologie :

  • une concordance modérée en cas de polype de l'endomètre (kappa : 0,62), en cas d'hyperplasie endométriale (kappa : 0,45) et en cas d'adénocarcinome de l'endomètre (kappa : 0,48) ;
  • une faible concordance en cas d'atrophie de l'endomètre (kappa : 0,17).

Elle est nettement meilleure pour les polypes de l'endomètre, l'hyperplasie endométriale et le cancer de l'endomètre. Elle est respectivement de 75, 65 et 60 %. La sensibilité est relativement faible pour le diagnostic de l'atrophie de l'endomètre égale à 49 %.

Barbero et al. [7], à propos d'une série de 86 patientes, ont conclu à une bonne performance de l'hystéroscopie dans le diagnostic de l'hypertrophie de l'endomètre, avec une sensibilité de 69 % et une spécificité de 72 %.

Chechia et al. [8], à propos d'une série de 84 patientes, ont conclu à la performance de l'hystéroscopie dans l'exploration des MPM. La sensibilité, la spécificité, les VPP et les VPN de l'hystéroscopie étaient de 92, 83, 93 et 80 % respectivement (p < 0,01).

Sousa et al. [9], à propos d'une série prospective de 88 patientes présentant des MPM, ont montré une bonne performance de l'hystéroscopie dans le diagnostic des pathologies endo-utérines avec des valeurs respectives de la sensibilité, spécificité, VPP et VPN de 98, 92, 95,5 et 96 %.

Descargues et al. [10] à propos d'une série prospective de 38 patientes présentant des MPM ; pour les hystéroscopies, la VPP est de 81,5 % et la VPN de 75 %. Les erreurs d'interprétation concernent les hypertrophies muqueuses et les hyperplasies.

Vercellini et al. [11], à propos d'une série de 793 patientes, ont souligné la bonne performance de l'hystéroscopie dans le diagnostic des myomes sous-muqueux.

Langer et al. [12] et Ben Yehuda et al. [13] ont montré, eux aussi, que l'hystéroscopie peut améliorer la sensibilité et la spécificité des pathologies endo-utérines.

Gull et al. [14] ont affirmé qu'il n'est pas évident que l'hystéroscopie est plus précise que l'EEV, puisqu’elle a donné des faux-négatifs de 3 %.

L'hystéroscopie est la seule parmi tous les examens qui permet d'explorer directement la cavité utérine et d'en faire des biopsies. Sa réalisation est rapide, durant cinq à dix minutes en dehors du temps de décontamination. Son plus redoutable inconvénient est de ne pouvoir explorer que la cavité utérine au prix d'un investissement en matériel et en maintenance important, ce qui rend cette activité peu « rentable » pour le praticien ce qui en limite ainsi la diffusion. De plus, elle nécessite une formation spécifique et elle est bien opérateur-dépendante [15, 16].

Conclusion

L'hystéroscopie est la technique d'exploration endocavitaire la plus fiable, offrant une vision directe de la cavité utérine et permettant ainsi de faire un bilan lésionnel précis et des biopsies dirigées.

L'hystéroscopie-curetage est une opération qui permet de mettre en évidence toute lésion éventuellement responsable de saignements utérins anormaux et d'acquérir une certitude quant à sa nature histologique.

Références

1 Blanc B, Boubli L. Endoscopie utérine. Paris : Éditions Pradel, 1996.

2 Marret H, Lansac J. Chirurgie par voie hysteroscopique. La pratique chirurgicale en gynécologie obstétrique. Paris : Masson, 2004.

3 Agostini A, Bretelle F, Cravillo L, Maisonneure AS, Roger V, Blanc B. Acceptance of outpatient flexible hysteroscopy by premenopausal and postmenopausal women. J Reprod Med 2003 ; 48 : 441-43.

4 Unfried G, Wieser F, Albrecht A, Kaider A, Nagele F. Flexible versus rigid endoscopes for outpatient hysteroscopy: prospective randomised clinical trial. Hum Reprod 2001 ; 16 : 168-71.

5 Kremer C, Duffy S, Morony M. Patient satisfaction with outpatient hysteroscopy versus day case hysteroscopy: randomised controlled trial. BMJ 2000 ; 320 : 279-82.

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8 Chechia L, Koubaa A, Makhlouf T, Terras K, Miaadi N. Confrontation des résultats échographiques et hystéroscopiques dans les métrorragies périménopausiques. La Tunis Med 2001 ; 79 : 238-41.

9 Sousa R, Margarida S, Almedia L, Falcao F, Dias I, Silva T. Transvaginal ultrasonography and hysteroscopy in postmenopausal bleeding. A prospective study. Acta Obstet gynecol Scand 2001 ; 80 : 856-62.

10 Descargues G, Lemercier E, David C, Genevois A, Lemoine JP, Marpeau L. Which initial tests should be performed to evaluate abnormal uterine bleeding? J Gynécol Obstet Biol Reprod 2001 ; 30 : 59-64.

11 Vercellini P, Cortesi I, Oldani S, Moschetta M, De Giorgi O, Crosignani PG. The role of transvaginal ultrasonography and outpatient diagnostic hysteroscopy in the evaluation of patients with menorrahgia. Hum Reprod 1997 ; 12 : 1768-71.

12 Langer RD, Pierce JJ, O'Hanlan KA, Johnson SR, Espeland MA, Trabal JF. Transvaginal ultrasonography compared with endometrial biopsy for the detection of endometrial disease. Postmenopausal Estrogen/Progestin Interventions Trial. N Engl J Med 1997 ; 337 : 1792-8.

13 Ben Yehuda OM, Kim YB, Leuchter RS. Does hysteroscopy improve upon the sensitivity of dilatation and curettage in the diagnosis of endometrial hyperplasia or carcinoma? Gynecol Oncol 1998 ; 68 : 4-7.

14 Gull B, Karlsson B, Milsom I, Granberg S. Can ultrasound replace dilation and curettage ? A longitudinal evaluation of postmenopausal bleeding and transvaginal sonographic measurement of the endometrium as predictors of endometrial cancer. Am J Obstet Gynecol 2003 ; 188 : 401-8.

15 Nagele F, Lockwood G, Magos A. Randomized placebo controlled trial of mefenamic acid for premedication at outpatient hysteroscopy: a pilot study. Br J Obstet Gynnaecol 1997 ; 104 : 842-4.

16 Cicinelli E, Didonna T, Ambrosi G, Schönauer LM, Fiore G, Matteo MG. Topical anesthesia for diagnostic hysteroscopy and endometrial biopsy in post-menopausal women: a randomised placebo-controlled double blind study. Br J Obstet Gynnaecol 1997 ; 104 : 316-9.


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