La récente méta-analyse Cochrane détruit brutal - ement ce qui semblait
une certitude désormais acquise…
Il est admis depuis une quarantaine d’années que la vaccination antigrippale
permet de limiter l’impact de la grippe chez les personnes âgées en réduisant
notamment le risque de complications, d’hospitalisations et le taux de mortalité.
Les auteurs ont recherché et analysé les essais randomisés et quasi, les études
de cohortes et cas-contrôle évaluant entre 1974 et 2009 l’efficacité et l’innocuité
des vaccins contre la grippe (confirmée par examens de laboratoire) et les pathologies
proches vs placebo ou aucune intervention, chez les personnes de plus de 65
ans vivant à domicile ou en institution. Au total, 100 sources de données ont
été répertoriées. Un seul essai randomisé évaluant l’efficacité et l’efficience
du vaccin chez 1348 participants n’avait pas assez de puissance pour détecter
un quelconque effet sur les complications de la grippe. Les autres données ne
proviennent donc que d’essais non randomisés, dont la qualité généralement médiocre
et la présence de nombreux biais rendent l’interprétation difficile et les conclusions
hasardeuses quant à la sécurité, l’efficacité ou l’efficience des vaccins contre
la grippe après 65 ans. Pour résoudre cette incertitude, il faudrait un essai
randomisé suffisamment puissant contre placebo, financé sur fonds publics et
s’étendant sur plusieurs saisons grippales.
Jefferson T, Di Pietrantonj C, Al-Ansary LA, Ferroni E, Thorning S, Thomas
RE. Vaccines for preventing influenza in the elderly. Cochrane Database of
Systematic Reviews 2010, Issue 2.
Les questions que se pose la rédaction
• La vaccination des personnes âgées a été considérée comme un quasi-dogme jusqu’à
maintenant, notamment parce que la grippe saisonnière « tue » essentiellement
dans cette population, ce qui n’est pas le cas du virus A/H1N1 circulant.
• La revue Cochrane, avec des arguments solides, met à bas ce dogme. Considérons
donc que la vaccination grippale est affaire de choix personnel, même après
65 ans. Il peut être justifié de la proposer. La réponse à la question (vacciner
ou non ?) n’est jamais un simple oui ou non.
Mots clés : grippe, personne âgée, vaccin
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