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Mirtazapine et syndrome de Stevens-Johnson
Le premier cas de syndrome de Stevens-Johnson suite au traitement par un antidépresseur,
le mirtazapine, a été rapporté en France. Il s'agit d'un homme de 29 ans ayant
présenté 3 semaines après l'introduction de mitarzapine, une éruption prurigineuse
disséminée avec des macules rouges confluant et des lésions bulleuses sur 10 à
15 % de la surface totale corporelle, ainsi que des lésions graves au niveau des
muqueuses buccales et génitales. Les analyses bactériologiques et virologiques
étaient négatives et une biopsie cutanée a mis en évidence une nécrose sur toute
l'épaisseur de l'épiderme, confirmant le diagnostic clinique de syndrome de Stevens-Johnson.
Après une semaine de traitement avec des corticostéroïdes topiques, les lésions
ont régressé. Le seul traitement que prenait le patient à ce moment était la mirtazapine
depuis un mois. L'imputabilité retenue pour la mirtazapine est plausible selon
les critères français de pharmacovigilance. Le traitement par mirtazapine a été
contre-indiqué au patient ainsi que la miansérine, la clozapine et les antidépresseurs
tricycliques, en raison de leurs similitudes chimiques structurales.
Nous rappelons que les molécules telles que l'allopurinol, la carbamazépine,
la lamotrigine, le phénobarbital, la phénytoïne, le sulfaméthoxazole, les oxicams
et la névirapine peuvent être à l'origine de toxidermies sévères (syndrome de
Stevens-Johnson ou de nécrolyse épidermique toxique).
Mots clés : allergie, antidépresseur, toxidermie
Référence :
- Belkahia A, Hillaire-Buys D, Dereure O, Guillot B, Raison-Peyron N Stevens-Johnson
syndrome due to mirtazapine first case. Allergy. 2009;64(10):1554.
Gadolinium et fibrose néphrogénique systémique
Quel risque ?
La fibrose néphrogénique systémique (FNS) est une complication rare mais grave
pouvant survenir lors de l'utilisation de produits de contraste à base de sels
de gadolinium. Ces produits sont administrés lors d'une imagerie par résonance
magnétique nucléaire (IRM) ou lors d'une angiographie par résonance magnétique
(ARM).
Cette pathologie a été décrite pour la première fois en 2000 [1]. On dénombre
à ce jour environ 330 cas au niveau international [2]. Les premiers symptômes
apparaissent généralement quelques jours ou semaines après l'examen avec produits
de contraste chez des patients présentant une atteinte rénale, majoritairement
en insuffisance rénale sévère voire terminale (clairance de la créatininémie
< 30 mL/min/1,73 m2).
La FNS se manifeste par une atteinte cutanée qui débute préférentiellement
au niveau des membres inférieurs et s'étend ensuite aux membres supérieurs voire
au tronc. La tête et le visage sont la plupart du temps épargnés. Les lésions
cutanées se présentent habituellement de manière symétrique, et sous la forme
de plaques ou de papules indurées. Elles évoluent vers une fibrose à l'origine
de contractures articulaires majeures limitant la mobilité. Des lésions systémiques
peuvent également être observées (atteintes hépatique, pulmonaire et cardiaque).
L'évolution est fulminante dans 5 % des cas et peut conduire au décès du patient
[2]. À ce jour, il n'existe aucun traitement validé.
Mots clés : insuffisance rénale, radiologie
Références :
- Cowper SE, Robin HS, Steinberg SM, Su LD, Gupta S, LeBoit PE. Scleromyxoedema-like
cutaneous disease in renal-dialysis patients. Lancet. 2000;356:1000-1.
- Cowper SE. Nephrogenic Fibrosing Dermopathy 2001-2009. Sur http://www.icnsfr.org
Que faire pour limiter le risque ?
Il n'y a à ce jour aucune donnée sur l'efficacité de la mise en place de l'hémodialyse
pour prévenir et traiter la FNS chez des patients non-hémodialysés. Afin de limiter
les risques de survenue, de nouvelles recommandations sur l'utilisation de ces
produits ont été publiées :
• Effectuer un bilan rénal complet avant tout examen, en particulier
chez les patients âgés de plus de 65 ans.
• Reporter le nom et la dose du produit de contraste administré
dans le dossier du patient.
• Ne pas utiliser pendant la grossesse sauf si le tableau clinique
l'exige.
Par ailleurs, pour les patients présentant une insuffisance rénale sévère,
ceux en attente ou ayant reçu récemment une transplantation hépatique et les
nouveau-nés de moins de 4 semaines, l'utilisation des produits de contraste
:
• à niveau de risque élevé (Omniscan® et Magnevist®),
est contre-indiquée ;
• à niveau de risque modéré (Multihance®) ou faible (Gadovist®,
Prohance®, Dotarem®), doit être réalisée à la plus petite
dose possible.
Toute réadministration devra être espacée d'au moins 7 jours.
Mots clés : allergie, radiologie
Référence :
- Afssaps. Point d'information. Recommandations de l'agence européenne visant
à limiter les risques de fibrose néphrogénique systémique liée à l'administration
de produits de contraste à base de sels de gadolinium. Décembre 2009.
Urticaire aux antihistaminiques ?
Une équipe espagnole vient de publier 5 cas d'urticaire survenus au décours de
la prise d'antihistaminiques anti-H1 (AAH1). Afin d'évaluer le lien de causalité,
des tests ont été réalisés chez ces 5 patients concernés. Les observations sont
synthétisées dans le tableau.
Mots clés : allergie, urticaire
Référence :
- Rodriguez Del Rio P : Urticaria Caused by Antihistamines : report of 5 cases.
J Investig Allergol Clin Immunol. 2009;19:317-20.
Photoallergie et gels contenant du kétoprofène
L'autorisation de mise sur le marché de 22 spécialités contenant du gel de kétoprofène
a été suspendue le 12 janvier dernier en raison d'un rapport bénéfice/risque jugé
défavorable et de l'existence d'alternatives thérapeutiques. Des cas de photoallergie
(réactions cutanées exagérées et/ou anormales à la lumière), souvent graves, ont
été rapportés dès la commercialisation de ces gels. Le plus souvent, il s'agissait
d'eczéma vésiculo-bulleux pouvant s'étendre au-delà de la zone d'application.
Malgré la prise de plusieurs mesures d'information (modification du résumé des
caractéristiques du produit et de la notice à deux reprises, ajout d'un pictogramme
sur les conditionnements incitant les patients à ne pas s'exposer au soleil, envoi
d'une lettre aux professionnels de santé), ces réactions continuaient d'être rapportées.
Mots clés : allergie
Référence :
- Afssaps. Communiqué de presse. Suspensions d'autorisation de mise sur le
marché des gels contenant du kétoprofène. Décembre 2009.
Note :
- La décision du directeur de l'Afssaps concernant le Ketum gel®
a cependant été invalidée depuis par le juge des référés, sur demande du laboratoire
Menarini, fabricant du gel, dans l'attente d'une décision du Conseil d'État
sur le fond. Cela ne change évidemment en rien les données de pharmacovigilance...
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