ARTICLE
Auteur(s) : Emmanuel
Monfort1, Philippe Allain1,2, Frédérique
Etcharry-Bouyx2, Didier Le Gall1,2
1EA 2646 « Processus de pensée
et interventions », Université d’Angers, UFR Lettres, Langues
et sciences humaines, Angers
2Centre mémoire de ressource
et de recherche, CHU d’Angers
Points clés
- ● L’approche du modèle de situation permet d’évaluer les
représentations élaborées à partir d’un texte à visée pragmatique
de type ordonnance médicale.
- ● Le vieillissement normal ou pathologique affecte les
processus nécessaires à la compréhension des prescriptions
médicales.
- ● Une représentation externe imagée ajoutée à
l’ordonnance permet de pallier les difficultés de compréhension des
patients âgés en bonne santé, mais aussi celles des patients avec
maladie d’Alzheimer.
- ● Le bénéfice apporté intervient indépendamment de
l’atteinte du fonctionnement cognitif global, de la perception
visuelle, spatiale et de l’analyse sémantique.
Le vieillissement de la population confronte les médecins
prescripteurs à un nombre croissant de patients âgés, en
particulier de patients atteints de maladie d’Alzheimer (patients
MA), bien connus pour présenter une dégradation de leurs habiletés
à respecter les prescriptions médicales dès les stades légers de la
maladie.
Consentir à un traitement médical implique plusieurs aptitudes,
notamment la compréhension des instructions de l’ordonnance, la
capacité à les intégrer, l’organisation temporelle des différentes
prescriptions au cours de la journée et le rappel de l’agenda
correspondant à la prescription [1]. La compréhension des
prescriptions médicales est donc le pré requis indispensable à la
bonne gestion des traitements [2]. Dans des travaux antérieurs,
nous avons montré que cette capacité pouvait être compromise dans
le vieillissement normal et, plus encore, dans la démence [3,
4].
La nature des ordonnances médicales impose un cadre singulier
pour l’étude de leur compréhension [3]. L’ordonnance est en effet
un document prescripteur, définissant la procédure à suivre pour
prendre correctement un ou plusieurs médicaments. Sa vocation est
d’orienter l’action, c’est-à-dire préciser ce qui doit être fait
dans une situation donnée pour obtenir un résultat. Il s’agit,
en fait, d’un texte de consignes d’action à visée pragmatique, dont
la mise en œuvre implique la construction d’un schéma de la
situation [5], qui aide à orienter les prises médicamenteuses avec,
à la fois, un rôle de guidage de l’action et un rôle d’aide-mémoire
des actions à exécuter. Sa construction engage différents types
d’inférences, dont des inférences de généralisation permettant la
compréhension des données textuelles (inférence du sujet
grammatical, du sujet abstrait occupé par le lecteur lui-même,
inférence du verbe « prendre » qui implique, à un niveau
procédural, l’action découlant de la prescription) et des
inférences de particularisation. Ces dernières permettent de
compléter le texte par des informations plus spécifiques, propres
aux ordonnances médicales, qui ont la singularité de présenter des
catégories de médicaments à prendre à différents moments de la
journée (les régimes posologiques).
Plusieurs théories ont suggéré que des illustrations pouvaient
aider à la compréhension des informations textuelles, soit par
effet de répétition [6], soit par effet de double codage [7].
Ainsi, celles qui mettent en avant le rôle des modèles mentaux [8,
9] proposent que le diagramme, en tant que représentation
analogique externe de l’information textuelle, aide à l’élaboration
des représentations mentales utiles à la compréhension [6]. Dans
cette logique, Craik et Jennings [10] ont indiqué que les
illustrations sont susceptibles de simplifier le traitement de
l’information et de réduire les contraintes de codage et de rappel
d’informations nouvelles chez les aînés. Les données de Morrow
et al. [11] vont en ce sens, en montrant que la représentation
iconique facilite la compréhension des instructions médicales
complexes présentes sur des flacons de médicaments chez les sujets
âgés. Néanmoins, les données ne sont pas toutes convergentes.
Morrel et al. [12] ont, en effet, observé que l’ajout d’icônes
aux instructions médicales ne facilitait leur compréhension que
chez le sujet jeune.
Schnotz et al. [13] ont proposé que les représentations
élaborées à partir de textes et d’images engagent des processus
similaires. L’image permet de visualiser plus directement les
relations entre les constituants et libère des ressources
cognitives. La présence d’aides imagées facilite ainsi
l’élaboration de modèles mentaux mieux organisés et mieux
interconnectés. Il reste cependant que l’intégration
d’informations verbales et iconiques pour construire une
représentation cohérente engage des aptitudes cognitives
supplémentaires, dont des habiletés lexico-sémantiques,
visuo-perceptives et visuo-spatiales, ainsi que des capacités
d’imagerie mentale et de mémoire de travail dont ont sait qu’elles
se dégradent sous l’effet du vieillissement normal et surtout
pathologique [14-16]. Cette dégradation est susceptible
d’interférer avec les bénéfices apportés par l’aide imagée.
L’objectif de notre étude était de démontrer, tant
quantitativement que qualitativement, qu’une aide imagée pouvait
faciliter l’élaboration des modèles mentaux correspondant aux
prescriptions médicales. Nous avons supposé qu’en rendant les
informations plus explicites via un support imagé, il serait
possible de les rendre plus proches des représentations des
médecins prescripteurs, en terme de quantité et de fréquence des
prises et, ainsi, d’aboutir à une représentation mieux
particularisée des prescriptions médicales. Nos hypothèses de
travail étaient les suivantes :
- – nous nous attendions à des performances supérieures
pour la compréhension des prescriptions médicales couplées à un
tableau d’aide analogique ;
- – nous supposions un lien entre les niveaux de
traitementdes prescriptions (lexico-sémantique et
sémantico-conceptuel), notamment par le recours différentiel aux
processus permettant la particularisation des prescriptions.
De manière plus spécifique, nous supposions que l’aide imagée
favoriserait un traitement élaboré des prescriptions médicales,
c’est-à-dire plus proche d’une représentation opérationnelle.
Méthode
Matériel expérimental et procédure
La compréhension des prescriptions de médicaments a été étudiée à
partir d’une ordonnance type. Elle mentionnait
10 prescriptions de médicaments réels différents, de
complexité variable et rédigées selon des formulations différentes
(figure 1).
Une prescription impliquait une particularisation selon un schéma
librement organisé (Prescription n° 2 : 4 comprimés par
jour). Une prescription impliquait le traitement d’une structure
syntaxique ambiguë et une inférence sémantique sur l’organisation
des repas au cours de la journée (Prescription n° 6 :
6 comprimés par jour avant chaque repas). Une prescription
impliquait le traitement d’une structure syntaxique ambiguë, mais
sans inférence sémantique (Prescription n° 1 :
3 comprimés par jour matin, midi et soir). Une prescription
impliquait le traitement d’une structure syntaxique non ambiguë et
une inférence sémantique sur l’organisation des repas au cours de
la journée (Prescription n° 4 : 1 comprimé avant chaque
repas). Une prescription impliquait le traitement d’une structure
syntaxique non ambiguë, centrée sur les moments particuliers de
prises, mais sans une inférence sémantique (prescription n° 7
: 1 comprimé matin, midi et soir). Deux prescriptions
impliquaient le traitement d’une structure syntaxique non ambiguë,
centrée sur l’organisation logique de la prise des comprimés
(Prescriptions n° 5 et n° 8 : 1 (ou 2)
comprimé(s) 3 fois par jour). Enfin, 2 prescriptions
présentaient des schémas de prises particularisés (Prescriptions
n° 3 et n° 9 : 2 comprimés le matin et
2 le soir et 1 comprimé au coucher).
Le tableau d’aide analogique mentionnait les 10 mêmes
prescriptions, présentées dans le même ordre, avec la même police
de caractères. Dans une première colonne étaient indiqués les noms
complets des médicaments. Chacune des 4 colonnes suivantes
correspondait à un des 4 moments usuels de prise des
médicaments, indiqués par les mentions « matin », « midi », « soir
» et « coucher » et suivis d’une icône. À chaque moment et pour
chaque médicament correspondait le nombre de comprimés indiqués
figurés par un pictogramme (figure 2).
Les deux modalités expérimentales correspondaient à la lecture
de l’ordonnance seule et à la lecture de l’ordonnance accompagnée
du tableau d’aide analogique. Pour chacune des
10 prescriptions, 3 questions ont été systématiquement
posées :
- 1. Quel est le nombre total de comprimés à prendre au
cours de la journée ?
- 2. Combien de fois par jour devez-vous les prendre
?
- 3. Quel est le déroulement de la prise de ce médicament
?
Les 2 premières questions étaient destinées à évaluer la
compréhension de chacune des posologies présentées. Pour chacune
d’elles, le score global correspondait au nombre de réponses
correctes sur un total de 10.
Les réponses données à la première question sur le nombre de
comprimés journaliers correspondant à chaque prescription
impliquent une inférence de généralisation qui opère de manière
univoque. Les réponses données à la deuxième question sur le
nombre de prises journalières impliquaient, quant à elles, une
inférence de particularisation non nécessairement univoque.
La combinaison des 2 facteurs traduisait la
représentation globale de la logique posologique.
Les réponses à la dernière question ont été analysées dans le
cadre du modèle cognitif de production du discours [17-19].
Ce modèle a été adopté pour rendre compte des aspects
expressifs. Deux niveaux de représentation ont ainsi été retenus
pour notre analyse (lexico-sémantique et sémantico-conceptuel).
Nous avons choisi une mesure destinée à représenter le niveau de
représentation sémantico-conceptuel, compatible avec les mesures
utilisées dans la littérature sur la MA.
Un indice de particularisation (IP) a été construit pour rendre
compte des traitements particuliers nécessaires à l’élaboration des
schémas de prise de médicaments. L’IP est défini comme le nombre de
micropropositions, duquel sont soustraites les micropropositions
explicitement présentées dans l’ordonnance type.
Les micropropositions (m) correspondent à la plus petite unité
porteuse de sens du discours [18] et comprennent un prédicat qui
qualifie un argument ou un prédicat qui lie 2 arguments. Dans
le cas des prescriptions médicales, le premier prédicat, « prendre
», n’est que rarement formulé, mais est sous-tendu par la finalité
de ce document particulier qu’est l’ordonnance. Dans l’exemple
présenté ci-dessous (figure 3), le
prédicat est présenté en dehors des parenthèses et les arguments
entre parenthèses.
Le nombre de micropropositions était défini comme le nombre
total de toutes les micropropositions produites, à l’exclusion de
l’expression littérale des prescriptions ou d’une partie des
prescriptions écrites selon la particularisation effectuée sur
chacune des prescriptions. Dans l’exemple précédent, la
particularisation de la prescription impliquait d’inférer que les
moments de prise « matin, midi et soir » correspondent à
3 moments de prise distincts au cours de la journée. Un score
global de particularisation (IP) correspondait à la somme des
scores pour l’ensemble des prescriptions.
Tous les participants ont été évalués individuellement.
Les instructions étaient présentées oralement. Chaque
participant avait besoin d’une trentaine de minutes pour résoudre
et mener à bien la tâche.
Evaluation neuropsychologique
Afin de préciser le rôle des aptitudes visuo-spatiales et gnosiques
dans le traitement de l’aide imagée, nous avons soumis les sujets
MA à une batterie de tests neuropsychologiques comportant :
- – Cinq subtests issus de la Visual object and space
perception battery (VOSP) [20] :
- • Un test évaluant la perception des objets : le test de
décision d’objets, qui demande au sujet de choisir le dessin en
silhouette d’un objet réel parmi 3 non objets (20 items) ;
- • Quatre tests évaluant la perception spatiale :
- ○ Le test de comptage de points, qui nécessite de
déterminer le nombre de stimuli présentés dans une zone déterminée
(10 items) ;
- ○ Le test de discrimination de position, dans lequel
sont présentés 2 carrés, contenant chacun un point noir et pour
lesquels il est demandé de discerner celui qui présente un point
parfaitement centré (20 items) ;
- ○ Le test de localisation de nombres, dans lequel sont
également figurés 2 carrés, l’un présentant un ensemble de nombres,
l’autre un seul point noir, pour lesquels il est demandé de
déterminer le nombre figurant dans le carré supérieur correspondant
à la localisation du point dans le carré inférieur (10 items)
;
- ○ Le test d’analyse de cubes, évaluant la capacité à
évaluer l’espace en 3 dimensions présenté en 2 dimensions.
Il est demandé de déterminer le nombre de cubes représentés,
dont ceux qui peuvent être masqués à la vue (10 items) ;
- – Les subtests perceptifs et associatifs du
Protocole d’évaluation des gnosies visuelles (PEGV) [21] :
- • Le test des figures enchevêtrées, dans lequel il
s’agit de retrouver les éléments qui constituent la figure cible,
figure complexe dans laquelle se superposent plusieurs dessins
d’objets (36 items) ;
- • Le test d’appariement fonctionnel entre un dessin
d’objet cible et un dessin d’objet ayant un lien fonctionnel, parmi
des distracteurs (10 items) ;
- • Le test d’appariement catégoriel entre un dessin
d’objet cible et un dessin d’objet ayant un lien, parmi des
distracteurs (10 items).
Nous avons ensuite construit trois scores composites à
partir de ces évaluations : 1) un score d’évaluation de la
perception visuelle prenant en compte la tâche de décision visuelle
et le test des figures enchevêtrées du PEGV ; 2) un score
d’évaluation de la perception spatiale à partir des 4 tests
spécifiques de la VOSP ; 3) un score d’évaluation de la sémantique
visuelle regroupant les 2 tests d’appariements issus du
PEGV.
Sujets
Les effets du mode de présentation des prescriptions médicales sur
la compréhension ont été étudiés chez des patients MA (n = 30) et
des contrôles âgés en bonne santé (n = 29). Les 59 sujets
étaient tous de langue maternelle française. Les patients MA,
rencontrés dans le Centre Mémoire Ressource et Recherche du CHU
d’Angers, répondaient tous aux critères de MA probable selon les
critères du NINCDS-ARDRDA [22]. Les sujets contrôles âgés,
issus de la population courante, ne présentaient ni antécédent
connu, ni trouble neurologique ou psychiatrique au moment de
l’évaluation. Les groupes ont été divisés en
2 sous-groupes pour bénéficier ou non d’une aide imagée.
Les 2 groupes de sujets étaient appariés pour l’âge
(F(1,55) = 0,75 ; NS) et le niveau d’éducation mesuré en nombre
d’années d’études depuis l’entrée au cours préparatoire (F(1,55) =
3,51 ; NS). Les 2 sous-groupes de patients MA étaient
appariés pour leur niveau de fonctionnement cognitif global (score
au MMSE compris entre 18 et 26 ; F(1,28) = 0,34 ; NS), pour
leur performance en perception visuelle (F(1,28) = 0,49 ; NS),
spatiale (F(1,28) = 0,42 ; NS) et en sémantique visuelle (F(1,28) =
0,41 ; NS). Nous souhaitions égaliser les 2 groupes de
patients MA en termes d’aptitudes cognitives globales,
visuo-constructives et gnosiques pour éviter que ces paramètres
neuropsychologiques n’interfèrent sur la lecture des éventuels
bénéfices apportés par l’aide imagée. Le tableau 1 présente les caractéristiques
démographiques et cliniques de chaque sous-groupe.
Tableau 1 Caractéristiques démographiques et cliniques
des groupes de sujets âgés sains et de patients MA avec et sans
tableau d’aide.Table 1. Demographic and clinical characteristics of
the groups of elderly subjects and AD patients, with and without
picture for help.
|
Groupes
|
Sujets âgés
|
Patients MA
|
|
Avec aide imagée (n = 15) moyenne (écart type)
|
Sans aide imagée (n = 14) moyenne (écart type)
|
Avec aide imagée (n = 16) moyenne (écart type)
|
Sans aide imagée (n = 14) moyenne (écart type)
|
|
Age
|
72,9 (7)
|
75,2 (8)
|
76,9 (5,1)
|
75,6 (5,3)
|
|
Niveau culturel
|
2,9 (1,6)
|
3,5 (1,6)
|
2,8 (1,3)
|
2,9 (1,5)
|
|
MMSE
|
29,1 (0,8)
|
29,3 (0,7)
|
21,6 (2,4)
|
21,07 (2,1)
|
|
Perception visuelle
|
-
|
-
|
45,3 (3,9)
|
44,4 (3,5)
|
|
Perception spatiale
|
-
|
-
|
39,6 (3,9)
|
38,6 (3,9)
|
|
Sémantique visuelle
|
-
|
-
|
17,9 (1,1)
|
17,9 (1,1)
|
Statistiques
Nous nous sommes intéressés à l’effet de la présentation d’un
tableau traduisant une ordonnance médicale selon un format imagé
sur la compréhension des prescriptions. Nous avons supposé que la
présentation du tableau bénéficierait à la compréhension mesurée
par les 3 indicateurs : la définition du nombre de comprimés
journaliers, du nombre de prises journalières et du déroulement
librement exprimé. Pour cette analyse, les données recueillies
répondant aux critères de normalité des distributions et
d’homogénéité des variances, nous les avons traitées au moyen
d’Anova à deux facteurs : 1) groupes (patients MA versus sujets
âgés contrôles) appariés selon l’âge et le niveau d’éducation ; 2)
modalité de présentation (avec ou sans aide imagée). Nous avons
également évalué, chez les patients MA, les relations
particulières, d’une part, entre le fonctionnement visuo-spatial et
gnosique, et, d’autre part, la compréhension au moyen du tableau
imagé. Pour cette analyse, nous avons procédé à des analyses de
corrélation (Rho de Spearman) entre les scores visuels,
visuo-spatiaux et de sémantique visuelle et les trois indicateurs
de compréhension.
Résultats
La compréhension des prescriptions, évaluée par le nombre de
comprimés journaliers (figure 4a), montre un
effet groupe significatif (F(1,55) = 7,88 ; p < 0,01) indiquant
que, les modalités de présentation étant confondues, les patients
MA évaluaient moins bien le nombre de comprimés à prendre par jour.
L’effet modalité de présentation était également significatif
(F(1,55) = 52,39 ; p < 0,0001), ce qui montre que, groupes
confondus, la condition aide imagée améliore significativement les
prévisions faites en termes de nombre de comprimés à prendre chaque
jour. L’interaction entre les facteurs n’est pas significative
(F(1,55) = 3,30 ; p = 0,07).
La compréhension des prescriptions, évaluée par le nombre de
prises journalières (figure 4b), montre un
effet délétère significatif de la MA (F(1,55) = 35,03 ; p <
0,0001) ce qui indique que les patients MA évaluaient moins bien le
nombre de prises journalières. L’effet de la modalité de
présentation était également significatif (F(1,55) = 48,02 ; p <
0,0001), ce qui montre que le tableau imagé favorisait le nombre de
bonnes prévisions de prises journalières. L’interaction entre les
deux facteurs était significative (F(1,55) = 30,27 ; p <
0,0001), montrant que l’aide apportée par l’image était majorée
chez les patients MA. Ils prédisaient le nombre de prises
journalières pratiquement sans erreur lorsqu’ils bénéficiaient du
tableau imagé.
L’évaluation du nombre de comprimés journaliers était très
significativement corrélée à celle du nombre de prises journalières
(ρ = 0,97 ; p < 0,0001). La combinaison des deux facteurs
(nombre de comprimés et nombre de prises journalières) montre un
effet délétère significatif de la MA (F(1,55) = 20,86 ; p <
0,0001) et un effet significatif de la modalité de présentation
(F(1,55) = 59,63 ; p < 0,0001). L’interaction est significative
(F(1,55) = 14,21 ; p < 0,001), ce qui traduit que l’aide
apportée par l’image est plus conséquente chez les patients MA.
L’aide imagée leur permet d’obtenir des performances équivalentes à
celles des sujets âgés.
La compréhension des prescriptions, évaluée par l’indice de
particularisation (IP : nombre de micropropositions faites moins
micropropositions explicitement présentées dans l’ordonnance type),
ne montrait pas d’effet de la MA (F(1,55) = 0,26 ; NS), mais un
effet de la modalité de présentation (F(1,55) = 37,88 ; p <
0,0001) (figure 4c). Cet effet
était significativement moins important chez les patients MA que
chez les sujets âgés (F(1,55) =11,67 ; p < 0,01). Ainsi, les
patients MA, ne bénéficiant pas de l’aide imagée, présentaient un
indice de particularisation supérieur (6,2 ± 2,2) à celui des
sujets âgés non aidés (4,5 ± 2,0), tandis que les sujets âgés,
bénéficiant de l’aide imagée, présentaient un indice de
particularisation (10,1 ± 2,6) supérieur à celui des MA aidés (7,8
± 2,2). Les IP moyens obtenus pour chacune des prescriptions sont
présentés dans le tableau 2.
Pour sa part, l’indice de particularisation était
significativement corrélé aux évaluations du nombre de comprimés
journaliers (ρ = 0,56 ; p < 0,0001), au nombre de prises
journalières (ρ = 0,35 ; p < 0,01) ainsi qu’à la combinaison des
2 facteurs (ρ = 0,48 ; p < 0,0001).
Dans le tableau 3 sont détaillés
les indices de particularisation obtenus en fonction de la nature
des formulations des prescriptions. De façon synthétique, il
apparaît que la qualité de cet indice est peu sensible à l’effet
groupe (sujets âgés versus patients MA), alors que la modalité de
présentation des prescriptions (avec ou sans aide imagée) en
améliore la qualité pour une prescription sur deux. L’amélioration
paraît plus nette chez les sujets âgés contrôles.
Enfin, chez les patients MA (comme chez les contrôles), le score
au MMSE, mesurant le niveau de fonctionnement cognitif global,
n’était corrélé à aucune des mesures permettant d’apprécier la
compréhension des prescriptions médicales présentées sous format
textuel ou imagé. Chez les patients MA, il n’est apparu aucune
relation significative entre les scores aux tests
neuropsychologiques de sémantique visuelle, de perception visuelle
et spatiale (PEGV et VOSP), et les scores aux tâches de
compréhension des prescriptions médicales.
Tableau 2 Indices de particularisation (IP) moyens
obtenus par chaque groupe (sujets âgés et patients MA) suivant la
modalité de présentation des prescriptions (avec ou sans aide
imagée).Table 2. Mean index of particularization obtained by each
group (elderly controls and AD patients) according to the modality
of presentation of the prescriptions (with or without imagery
help).
|
Type de prescription
|
Indice de particularisation maximum
|
Groupes avec aide imagée
|
Groupes sans aide imagée
|
|
|
Sujets âgés moyenne (écart type)
|
Patients MA moyenne (écart type)
|
Sujets âgés moyenne (écart type)
|
Patients MA moyenne (écart type)
|
|
3 comprimés de ... par jour matin, midi et soir
|
2
|
0 (0)
|
0,3 (0,6)
|
0,7 (1)
|
0,2 (0,6)
|
|
4 comprimés de ... par jour
|
3
|
1,4 (0,5)
|
1,2 (0,4)
|
1,4 (0,5)
|
1,3 (0,5)
|
|
2 comprimés de ... le matin et 2 le soir
|
1
|
0 (0)
|
0 (0)
|
0 (0)
|
0,6 (0,2)
|
|
1 comprimé de ... avant chaque repas
|
2
|
0,4 (0,5)
|
1,2 (0,4)
|
1,4 (0,6)
|
1,3 (0,5)
|
|
1 comprimé de ... 3 fois par jour
|
1
|
0,4 (0,6)
|
0,6 (0,5)
|
1,8 (0,7)
|
1,5 (0,6)
|
|
6 comprimés de ... par jour avant chaque repas
|
3
|
0,4 (0,8)
|
0,9 (0,7)
|
1,7 (0,6)
|
1,4 (0,5)
|
|
1 comprimé de ... matin, midi et soir
|
1
|
0,1 (0,4)
|
0,7 (1)
|
0,6 (0,5)
|
0,2 (0,7)
|
|
2 comprimés de ... 3 fois par jour
|
1
|
0,9 (0,7)
|
0,9 (0,8)
|
1,2 (0,5)
|
1,4 (0,6)
|
|
1 comprime de ... au coucher
|
1
|
0 (0)
|
0,1 (0,4)
|
0 (0)
|
0 (0)
|
|
2 comprimés de ... 3 fois par jour avant chaque repas
|
1
|
0,9 (0,6)
|
0,9 (0,8)
|
1,8 (0,5)
|
1,5 (0,5)
|
Tableau 3 Résultats des analyses statistiques pour
l’indice de particularisation pour chaque type de
prescription.Table 3. Results of the statistical analyses (two-way
ANOVA: group x modality of presentation) made for the index of
particularization for every type of prescription.
|
Effet Groupe
|
Effet Modalité de Présentation
|
Interaction G x MP
|
|
Prescription 2 : 4 comprimés par jour (particularisation
librement organisée)
|
NS
|
NS
|
NS
|
|
Prescription 6 : 6 comprimés par jour avant chaque repas
(traitement d’une structure syntaxique ambiguë et inférence
sémantique sur l’organisation des repas au cours de la journée)
|
NS
|
0,0001
|
0,05
|
|
Prescription 1 : 3 comprimés par jour matin, midi et soir
(traitement d’une structure syntaxique ambiguë sans inférence
sémantique)
|
NS
|
0,05
|
0,05
|
|
Prescription 4 : 1 comprimé avant chaque repas (traitement
d’une structure syntaxique non ambiguë et une inférence sémantique
sur l’organisation des repas au cours de la journée)
|
0,05
|
0,0001
|
0,001
|
|
Prescription 7 : 1 comprimé matin, midi et soir (traitement
d’une structure syntaxique non ambiguë, centrée sur les moments
particuliers de prises, mais sans inférence sémantique)
|
NS
|
NS
|
0,05
|
|
Prescriptions 5 et 8 : 1 (ou 2) comprimés 3 fois par jour
(traitement d’une structure syntaxique non ambiguë, centrée sur la
fréquence des prises de comprimés)
|
NS
|
0,05
|
NS
|
|
Prescription 10 : 2 comprimés 3 fois par jour avant chaque
repas (traitement d’une structure syntaxique non ambiguë, centrée
sur la fréquence des prises de comprimés avec inférence
sémantique)
|
NS
|
0,001
|
NS
|
|
Prescription 9 : 1 comprimé au coucher (schéma de prise
particularisé)
|
NS
|
NS
|
NS
|
|
Prescription 3 : 2 comprimés le matin et 2 le soir (schéma
de prise particularisé)
|
NS
|
NS
|
NS
|
Discussion
La présente étude visait deux objectifs : 1) évaluer le bénéfice
apporté par un tableau d’aide imagée à la compréhension de
prescriptions médicales ; 2) décrire le niveau de conceptualisation
des prescriptions au travers des formes de discours pour la
description de chacune des modalités de présentation en référence
au vieillissement normal et à la MA, en évaluant au mieux le lien
entre le bénéfice apporté par l’aide imagée et les capacités
gnosiques et visuo-spatiales des patients MA.
Nous discuterons donc, dans un premier temps, les résultats
concernant les bénéfices apportés aux sujets âgés sains et aux
patients MA par l’aide imagée. Nous nous intéresserons ensuite à la
nature des réponses fournies en regard des difficultés
particulières de ces populations. Nous reviendrons enfin sur les
possibles conséquences d’une atteinte cognitive globale et des
capacités de perception visuelle, de traitement spatial et de
sémantique visuelle sur la compréhension du tableau d’aide imagée
proposé à des patients MA.
Les résultats ont montré un effet délétère de la MA sur la
compréhension des prescriptions médicales. Cet effet apparaît
néanmoins compensé par la présentation d’un tableau analogique qui,
rappelons-le, permet une traduction visuelle des prescriptions et
ce, pour les trois indicateurs de performance retenus : le nombre
de comprimés journaliers prescrits, le nombre de prises
journalières et la libre explicitation des prises médicamenteuses.
Nous avons vu que l’appréciation du nombre de comprimés journaliers
prescrits engageait l’élaboration d’une représentation globale de
la quantité de formes galéniques (ici les comprimés), soit un
processus unidirectionnel de généralisation. Nous avons également
vu que l’appréciation du nombre de prises journalières engageait
soit la particularisation, soit la spécification d’une autre
dimension de la posologie, à savoir la fréquence des prises.
Il semble donc que le support imagé améliore les capacités de
généralisation et de particularisation des patients MA lorsqu’ils
sont soumis à des prescriptions médicales. Les patients
allaient parfois jusqu’à normaliser leur performance sous aide
imagée. L’amélioration était observée aussi chez les sujets âgés
sains, mais dans une moindre mesure.
Chez les sujets âgés sains, cette amélioration se retrouvait au
niveau de l’indice de particularisation, au travers des précisions
qu’ils devenaient capables de donner en présence de l’aide imagée.
En revanche, les patients MA ont fourni des réponses plus
particularisées que les sujets âgés sains, c’est-à-dire faisant
explicitement référence aux éléments spécifiques de chaque
situation, lorsque l’ordonnance leur était donnée sans aide imagée.
Le support explicatif imagé réduisait donc, chez eux, la
particularisation tout en corrigeant la presque totalité des
erreurs d’interprétation. Il semble que les patients MA
fournissaient des réponses moins bien particularisées en présence
d’une aide imagée, se centrant alors sur seulement une partie de
l’information nécessaire à l’élaboration d’une représentation
opérationnalisable (fréquence des prises, quantité par prise,
moments particuliers de prises). Cette distinction entre sujets
âgés sains et patients MA suggère la mise en œuvre de processus
opérant à des niveaux de traitement différents. Les patients
MA effectuaient spontanément un traitement plus détaillé que les
sujets âgés sains, mais souvent erroné en l’absence d’aide imagée.
Ce type de traitement ne serait plus nécessaire avec l’aide
imagée, qui permet la correction des erreurs d’interprétation.
Les patients MA s’en tiendraient alors à un traitement de
surface, partiel, de la représentation analogique. La lecture
des prescriptions selon un format textuel seul impliquerait, en
effet, l’élaboration d’une représentation propositionnelle
intermédiaire à partir des informations qui y sont explicitement
fournies [23]. Le modèle de situation, par nature analogique,
serait ensuite construit au moyen de processus inférentiels entre
cette dernière représentation et les connaissances du patient.
La représentation imagée aurait alors un impact direct sur la
construction des modèles de situation correspondant à chacune des
prescriptions [9].
L’évaluation de la représentation particularisée des
prescriptions utilisées dans ce travail apparaît également liée aux
dimensions quantité journalière et à la fréquence des prises qui
forment l’espace fonctionnel des prescriptions. L’approche du
modèle de situation montre donc sa pertinence pour aider les sujets
âgés sains ou déments à construire des représentations suffisamment
élaborées de leurs prescriptions médicales. Le modèle de
situation nous a effectivement permis de déterminer un indice de
particularisation qui traduit l’élaboration d’une représentation
effective à partir des éléments qui structurent chaque
prescription. Nous pouvons donc maintenant proposer qu’un tel
indice pourrait être appliqué à l’étude de la compréhension
d’autres textes à visée pragmatique, tels les modes d’emploi ou les
recettes dans le cadre du vieillissement normal et pathologique.
Les données que nous avons recueillies en nous penchant sur
chacune des prescriptions médicales utilisées vont en ce sens.
De plus, les prescriptions utilisées faisaient appel à des
processus variés : particularisation libre d’un schéma général de
prises de comprimés et respect d’un schéma déjà particularisé,
analyse d’une structure syntaxique ambiguë ou non, respect d’une
fréquence ou de moments particuliers de prises, traitement
sémantique en référence aux habitudes de vie quotidienne. Nous
avons observé un effet de la modalité de présentation sur les
difficultés à la fois à procéder à l’intégration lexicale et à
l’intégration cognitive, de nature sémantique, cet effet
disparaissant, bien évidemment, pour les prescriptions ne
présentant aucune ambiguïté. L’effet correcteur était donc
significatif pour les structures syntaxiques ambiguës et quand
l’information présentée nécessitait un traitement de nature
sémantique et particulièrement notable pour les difficultés
particulières des MA à opérer un traitement sémantique.
La nature même du tableau analogique induit un traitement des
informations fournies à un niveau de représentation schématique [8]
qui ne semble pas opérer complètement chez les sujets âgés au cours
de la lecture des prescriptions, les interrelations entre
propositions n’étant pas toujours bien intégrées [3, 4]. Notre
tableau apparaît comme un moyen de compensation de ces problèmes.
Il prend en compte toutes les dimensions des prescriptions
médicales : la forme galénique (les comprimés) et la posologie,
c’est-à-dire l’indication de la quantité, de la fréquence et des
moments de prises. Il favorise ainsi la compréhension en
mettant davantage en relief les éléments décrits par les
prescriptions que ne le faisait l’ordonnance seule. Notre aide peut
ainsi se concevoir : 1) comme une forme géométrique mettant en jeu
des connaissances sur l’espace et le temps, et agissant sur les
représentations des posologies dans leur acceptation la plus
restrictive, c’est-à-dire un certain nombre de formes galéniques
(comprimés, etc.) à prendre à un certain nombre de moments de la
journée ; 2) comme une métaphore analogique, une aide sémantique
permettant la représentation de l’activité de prise des médicaments
dans le cadre des activités de la vie quotidienne.
Les données recueillies lors de nos analyses corrélationnelles
vont dans le sens d’un effet bénéfique du tableau imagé chez les
patients MA, qui opère indépendamment des déficits de perception,
d’analyse spatiale et de traitement sémantique visuel particuliers,
tels que nous les avons évalués par des tests neuropsychologiques
courants. On peut aussi s’étonner du peu de difficultés rencontrées
par les patients MA à utiliser l’aide imagée. Cela étant, pour
abaisser les contraintes liées à la compréhension de l’ordonnance
et du tableau lui correspondant, nous avons respecté deux facteurs
matériels ayant déjà montré leur influence sur la compréhension des
documents illustrés : la contiguïté (spatiale et temporelle) et la
cohérence référentielle. Selon le principe de contiguïté [24], la
compréhension d’une source d’informations hétérogènes est facilitée
lorsque les éléments sont présentés de façon contiguë, soit ici
lorsque l’aide imagée est proposée en complément de l’ordonnance.
Selon le principe de cohérence référentielle, pour qu’une
illustration puisse faciliter la compréhension d’un texte, il est
nécessaire que les deux sources soient en cohérence pour aboutir au
même modèle de situation. Ordonnance et tableau étaient ici
présentés simultanément, les prescriptions y figurant dans le même
ordre, écrites avec la même police de caractère.
Rappelons que les médecins prescripteurs sont amenés à évaluer
les capacités de leurs patients, mais aussi à leur proposer des
solutions fonctionnelles pour pallier d’éventuelles difficultés
afin de maintenir leur autonomie. Nous avons montré qu’il est
possible, par la combinaison de questions simples, d’accéder aux
représentations des patients âgés sur leurs prescriptions
médicales, représentations qui, à la base, sont souvent partielles,
construites sur des règles approximatives et routinières [25].
Les stratégies consistant à simplifier la présentation de
l’information ont déjà fait preuve de leur efficacité pour la prise
de décision chez les sujets âgés sains [26]. Cette simplification
aide les patients âgés, qu’ils soient sains ou atteints de MA, à
comprendre les prescriptions en clarifiant les buts des traitements
et en mettant l’accent sur l’information essentielle pour les
atteindre [27]. Le tableau imagé proposé ici apparaît comme un
outil efficace pour l’éducation thérapeutique des patients âgés
sains ou atteints de MA. À présent, il semble souhaitable d’étudier
dans quelle mesure les effets facilitateurs observés perdurent et
permettent de pallier des déficiences mnésiques, notamment
prospectives (se rappeler de prendre ses médicaments). Cependant,
bien que notre approche ait mis l’accent sur les facteurs
cognitifs, il convient de reconnaître que d’autres facteurs jouent
un rôle important dans l’observance. Les patients ont
notamment à intégrer leur plan d’observance, dans leur quotidien.
Or, l’observance dépend aussi de facteurs situationnels, tels que
le niveau des activités quotidiennes [28], les décisions prises sur
les traitements médicamenteux étant particulières à chaque
situation de prescription.
Conclusion
Les tentatives visant à améliorer l’observance médicamenteuse chez
les sujets âgés ont été à l’origine d’un grand nombre de recherches
portant sur l’amélioration de la communication patients – médecins,
ou encore sur la mise en œuvre de programmes éducatifs. Ces
programmes ont montré des effets positifs sur l’observance [29].
L’utilisation de certains organisateurs de prise des médicaments
(semainiers à quatre compartiments par jour) et de diagrammes a
également montré un effet bénéfique sur l’observance [30]. Nos
résultats montrent le rôle facilitateur d’un tableau présentant de
façon schématique les prescriptions médicales, la représentation
imagée externe utilisée représentant l’espace fonctionnel des
posologies. Il est apparu agir sur la capacité à élaborer une
représentation particularisée des schémas de prise de médicaments,
c’est-à-dire sur leur compréhension effective, spécifiée selon les
éléments propres à chaque situation de prescription. Comme il était
attendu, cela était le cas pour les sujets âgés sains, mais aussi
pour les patients MA. Deux conclusions pratiques peuvent être
tirées de notre recherche. D’une part, la présentation
d’illustrations décrivant les prescriptions médicales permet de
lever les doutes et les erreurs rendus plus fréquents par le
vieillissement normal et plus encore par la MA, et de contribuer
ainsi à une meilleure compréhension des prescriptions.
Deuxièmement, au-delà de cet effet facilitateur, évaluer la
compréhension des patients âgés à l’aide de questions simples
portant sur la compréhension des régimes posologiques est essentiel
pour garantir les effets thérapeutiques des médicaments prescrits,
en insistant en particulier sur les prescriptions les plus
ambiguës.
Remerciements
Cette recherche a été soutenue par l’Union des associations France
Alzheimer.
Conflit d’intérêts : aucun.
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