ARTICLE
Auteur(s) : Kandioura
Noba, Mame Samba MbayeMame Samba Mbaye, Mamadou
Coundoul, Aboubacry Kane, Papa
Demba Hane, Ngansoumana Ba,
Nalla Mbaye, Aliou Guissé,
Madiara Ngom Faye, Amadou Tidiane
Laboratoire de botanique et biodiversité Département
de biologie végétale Faculté des sciences
et techniques Université Cheikh Anta Diop (Ucad) BP 5005
Dakar-Fann Dakar Sénégal
Le Parc national des oiseaux de Djoudj (PNOD) est considéré
comme l’un des plus importants au Sénégal en raison de sa position
géographique, de la richesse de sa faune ornithologique notamment,
et de la diversité de sa flore. Il constitue en effet avec le
Parc de Diawling en Mauritanie (sur la rive nord du fleuve Sénégal)
un carrefour de quatre domaines biogéographiques composé par un
ensemble d’écosystèmes très diversifiés (cuvettes, marigots, lacs,
plaines inondables, terres émergées) favorables à l’accueil et au
séjour des oiseaux migrateurs.
Ces parcs sont fortement influencés par le barrage de Diama qui
y assure des conditions propices au développement d’une importante
faune composée principalement par des oiseaux, des poissons, des
reptiles, des insectes et certains mammifères mais également par
une flore diversifiée. Le PNOD constitue ainsi un site de
grande biodiversité du fait de la protection et de la conservation
des espèces animales et végétales. La faune et la flore s’y
trouvent en effet dans un état quasi naturel. À ce titre, le Parc
du Djoudj est classé, depuis 1977, zone humide d’importance
internationale par la convention de Ramsar et est inscrit depuis
octobre 1981 sur la liste des sites du Patrimoine mondial
[1]. Il représente l’un des trois sanctuaires d’Afrique
occidentale pour les oiseaux migrateurs [2] et l’un des principaux
points de convergence des espèces d’oiseaux paléarctiques et
afrotropicales[3]. Il accueille d’importantes colonies
d’oiseaux migrateurs venus d’Europe et d’Afrique.
Au plan de la flore, à l’exception de certains travaux ayant
trait aux végétaux aquatiques de la vallée du fleuve Sénégal
[4-10]), aux adventices ou algues des rizières [11, 12] et des
communautés phytoplanctoniques du lac de Guiers [13-16], les
inventaires de la flore, notamment vasculaire, dans le PNOD sont
rares. Or, pour améliorer la gestion et permettre une conservation
durable des espèces et de leurs habitats ainsi que des ressources
naturelles du parc, il apparaît de plus en plus nécessaire de mieux
connaître les caractéristiques générales et spécifiques de la
flore. En effet, les plantes offrent aux organismes animaux, des
habitats variés, des abris, des supports, et surtout la nourriture
de base, qui assurent leur survie. Certaines plantes peuvent même
contribuer à dessaler les eaux saumâtres et accroître ainsi le
volume des eaux douces.
Aussi, le présent travail cherche à établir la diversité et la
structure de la flore vasculaire du parc. Il se propose
notamment :
- – d’analyser la composition spécifique et le spectre
taxonomique ;
- – d’établir le spectre biologique ;
- – d’indiquer les affinités biogéographiques des espèces
rencontrées.
Présentation du site et méthode d’étude
Présentation du site
Le Parc national des oiseaux de Djoudj (PNOD) (figure 1) a été créé
par décret N° 71-471 du 14 avril 1971 avec une
superficie de 12 000 hectares. Sa superficie est passée
depuis 1975 à 16 000 hectares par décret
N° 75-1222 du 10 décembre 1975.
Il est situé dans le delta du fleuve Sénégal, à une soixantaine
de kilomètres de Saint-Louis. Il est limité à l’ouest et au
nord par le fleuve Sénégal et au Sud par le marigot du Gorom.
On y retrouve les conditions typiques du delta du fleuve
Sénégal. Les altitudes sont faibles et ne dépassent pas
23 mètres [17, 18].
Le climat est tropical semi-aride avec une pluviométrie annuelle
faible (200 à 300 mm/an) et une humidité relative variant
de 47 à 80 % [10].
Matériel et méthode
Le travail a consisté en un inventaire systématique de toutes les
espèces végétales dans les divers milieux et écosystèmes
rencontrés. Plusieurs séjours de 15 jours ont été effectués
dans le PNOD entre novembre 2002 et octobre 2005.
Les déterminations des espèces ont été effectuées à l’aide :
- – des flores [19-27] ;
- – des travaux de notre laboratoire [28-33] ;
- – des travaux de Poilecot [34, 35] ;
- – d’échantillons des herbiers de l’Institut fondamental
d’Afrique noire (Ifan) et du Département de biologie végétale de la
faculté des sciences et techniques de l’université Cheikh Anta Diop
de Dakar (Ucad).
La nomenclature employée est celle de Lebrun [36] et de Lebrun
& Stork [37].
Pour les types biologiques (TB) nous avons utilisé la
classification de Raunkier [38] adaptée à la zone tropicale où la
saison défavorable correspond à la saison sèche [39, 40] et qui
distingue les principaux types suivants : les Phanérophytes (P),
les Chaméphytes (C), les Hémicryptophytes (H), les Géophytes (G),
les Hydrophytes (Hy), les Parasites (Par) et les Thérophytes
(T).
En ce qui concerne les affinités biogéographiques (AM), les
informations proviennent essentiellement de la flore de Hutchinson
& Dalziel [20], de la flore illustrée de Berhaut [23], des
travaux de Traore & Maillet [41], de ceux de Poilecot [34, 35]
et de ceux de Noba et al. [42]. On y distingue les espèces
africaines (Af), les espèces afro-américaines (Am), les espèces
afro-américaines et asiatiques (Am As), les espèces afro-asiatiques
(As), les espèces afro-asiatiques et australiennes (Asu), les
espèces afro-malgaches (M), les espèces afro-malgaches et
asiatiques (Mas), les espèces
afro-asiatiques-américaines-australiennes ou européennes (Masue) et
les espèces pantropicales (Pt).
Résultats et discussion
Composition spécifique
Le tableau 1 présente les
différentes espèces et familles rencontrées dans le Parc national
des oiseaux du Djoudj avec des indications sur le type biologique
et l’appartenance biogéographique de chaque espèce.
La flore du Parc national des oiseaux du Djoudj (tableau 1) est composée de 132 espèces
réparties dans 99 genres et 48 familles. Ce nombre
est plus important que ceux signalés dans le delta, le lac de
Guiers et sa plaine d’inondation par Trochain [4] qui a inventorié
79 espèces réparties dans 56 genres et 28 familles
et par Thiam [9] qui fait état de 98 espèces, 74 genres
et 38 familles. Il renferme en effet, en plus des
hydrophytes, la presque totalité des hélophytes inventoriées par
Kuiseu et al. [10].
Tableau 1 Liste des espèces rencontrées.
|
Familles
|
NE
|
Espèces
|
TB
|
AB
|
|
Acanthaceae
|
1
|
Hygrophila auriculata (Schumach.) Heine
|
C
|
Af
|
|
Aizoaceae
|
6
|
Gisekia pharnacioides L.
|
T
|
As
|
|
Mollugo nudicaulis Lam.
|
T
|
Pt
|
|
Sesuvium portulacastrum (L.) L.
|
C
|
AmAs
|
|
Sesuvium sesuvioides (Fenzl) Verdc.
|
C
|
AmAs
|
|
Trianthema portulacastrum L.
|
T
|
Pt
|
|
Trianthema triquetra Willd.
|
T
|
Pt
|
|
Alismataceae
|
1
|
Limnophyton obtusifolium (L.) Miq.
|
Hy
|
Mas
|
|
Amaranthaceae
|
7
|
Achyranthes aspera L
|
T
|
Cosm
|
|
Aerva javanica (Burm.f.) Juss. ex Schultes
|
T
|
As
|
|
Alternanthera nodiflora R. Br.
|
T
|
Pt
|
|
Alternanthera sessilis (L.) DC.
|
T
|
Pt
|
|
Amaranthus graecizans L.
|
T
|
Masue
|
|
Blutaparon vermiculare (L.) Mears
|
C
|
Am
|
|
Centrostachys aquatica (R. Br.) Wall.
|
Hy
|
As
|
|
Araceae
|
1
|
Pistia stratiotes L.
|
Hy
|
Pt
|
|
Asclepiadaceae
|
6
|
Calotropis procera (Ait.) R.Br.
|
P
|
As
|
|
Leptadenia hastata (Pers.) Decne.
|
T
|
Af
|
|
Leptadenia pyrotechnica (Forssk.) Decne.
|
C
|
As
|
|
Oxystelma bornouense R. Br.
|
T
|
Af
|
|
Pentatropis nivalis (J. F. Gmel.) Field & Wood
|
T
|
As
|
|
Pergularia daemia (Forssk.) Chiov.
|
T
|
As
|
|
Asteraceae
|
2
|
Blumea viscosa (Mill.) Badillo
|
T
|
Pt
|
|
Eclipta prostrata (L.) L.
|
T
|
Cosm
|
|
Azollaceae
|
1
|
Azolla africana Desv.
|
Hy
|
Af
|
|
Balanitaceae
|
1
|
Balanites aegyptiaca (L.) Del.
|
P
|
As
|
|
Bombacaceae
|
1
|
Adansonia digitata L.
|
P
|
M
|
|
Borraginaceae
|
2
|
Heliotropium ovalifolium Forssk.
|
T
|
Af
|
|
Heliotropium ramosissimum (Lehm.) DC.
|
T
|
As
|
|
Caesalpiniaceae
|
1
|
Parkinsonia aculeata L.
|
P
|
Am
|
|
Capparidaceae
|
2
|
Cadaba farinosa Forsk.
|
P
|
As
|
|
Cleome gynandra L.
|
T
|
AmAs
|
|
Chenopodiaceae
|
5
|
Arthrocnemum indicum (Willd.) Moq.
|
C
|
As
|
|
Salicornia europaea L.
|
C
|
Masue
|
|
Salsola baryosma (Roem. & Schult.) Dandy
|
C
|
As
|
|
Suaeda maritima L. Dumort
|
C
|
Cosm
|
|
Suaeda vermiculata Forsk. ex J. F. Gmel
|
C
|
Masue
|
|
Commelinaceae
|
1
|
Commelina forskalaei Vahl.
|
T
|
Mas
|
|
Convolvulaceae
|
7
|
Cressa cretica L.
|
T
|
M
|
|
Ipomoea aquatiqua Forssk.
|
C
|
As
|
|
Ipomoea asarifolia (Desr) Roem. et Schult.
|
C
|
Pt
|
|
Ipomoea coptica (L.) Roth ex Roem. et Schult.
|
T
|
Asu
|
|
Ipomoea kotschyana Hochst. ex Choisy
|
T
|
Asu
|
|
Ipomoea triloba L.
|
C
|
Pt
|
|
Merremia hederacea (Burm. f.)
|
T
|
As
|
|
Cucurbitaceae
|
3
|
Corallocarpus welwitschyi (Naud.) Hook. f. ex Welw.
|
T
|
As
|
|
Kedrostis foetidissima (Jacq.) Cogn.
|
T
|
Af
|
|
Mukia maderaspatana (L.) M. J. Roem.
|
T
|
Asu
|
|
Cyperaceae
|
9
|
Bolboscheonus maritimus (L.) Palla
|
G
|
Cosm
|
|
Cyperus alopecuroides Rottb.
|
G
|
Pt
|
|
Cyperus articulatus L.
|
G
|
Pt
|
|
Cyperus difformis L.
|
G
|
Pt
|
|
Cyperus esculentus L.
|
G
|
Cosm
|
|
Cyperus rotundus L.
|
G
|
Cosm
|
|
Fimbrystilis feruginea (L) Vahl
|
G
|
Pt
|
|
Oxycarium cubense (Poeppig & Kunth) Lye
|
H
|
Pt
|
|
Pycreus macrostachyos (Lam.) J. Raynal
|
T
|
Pt
|
|
Euphorbiaceae
|
2
|
Euphorbia balsamifera Ait.
|
P
|
Af
|
|
Euphorbia glaucophylla Poir.
|
T
|
Asu
|
|
Fabaceae
|
8
|
Aeschynomene indica L.
|
C
|
Pt
|
|
Alysicarpus ovalifolius (Schumach.) Leonard
|
T
|
Pt
|
|
Indigofera aspera Perr. ex DC.
|
T
|
Af
|
|
Indigofera diphylla Vent.
|
T
|
Af
|
|
Indigofera senegalensis Lam.
|
T
|
Af
|
|
Sesbania leptocarpa DC.
|
T
|
Af
|
|
Sesbania rostrata Brem. & Oberm.
|
T
|
Af
|
|
Tephrosia pedicellata Bak.
|
T
|
Af
|
|
Lemnaceae
|
1
|
Lemna aequinoctialis Welwitsch
|
Hy
|
Pt
|
|
Lentibulariaceae
|
1
|
Utricularia benjaminiana Oliv.
|
Hy
|
Pt
|
|
Lythraceae
|
2
|
Ammania auriculata Willd.
|
T
|
Masue
|
|
Ammania baccifera L.
|
T
|
Asu
|
|
Malvaceae
|
2
|
Abutilon pannosum (Forst. f.) Schlechtend.
|
C
|
As
|
|
Hibiscus asper Hook. f.
|
T
|
Af
|
|
Menyanthaceae
|
1
|
Nymphoides indica (L.) O. Ktze.
|
Hy
|
Pt
|
|
Mimosaceae
|
5
|
Acacia nilotica subsp. Adstringens (Schum. & Thonn.)
Roberty
|
P
|
As
|
|
Acacia nilotica subsp. nilotica (L.) Willd. ex Del.
|
P
|
As
|
|
Acacia seyal Del.
|
P
|
As
|
|
Neptunia oleracea Lour.
|
C
|
Pt
|
|
Prosopis glandulosa Torrey - Ross
|
P
|
Pt
|
|
Najadaceae
|
1
|
Najas pectina Parl.
|
Hy
|
M
|
|
Nitrariaceae
|
1
|
Nitraria retusa (Forsk.) Aschers.
|
P
|
Pt
|
|
Nyctaginaceae
|
3
|
Boerhavia diffusa L.
|
T
|
Pt
|
|
Boerhavia erecta L.
|
T
|
Pt
|
|
Commicarpus helenae (Roem. Schult.) Meikle
|
T
|
As
|
|
Nympheaceae
|
3
|
Nymphea lotus L.
|
Hy
|
Mase
|
|
Nymphea maculata Schum. et Thonn.
|
Hy
|
Af
|
|
Nymphea micrantha Guill. & Perr.
|
Hy
|
Af
|
|
Onagraceae
|
2
|
Ludwigia erecta (L.) Hara
|
C
|
Pt
|
|
Ludwigia stolonifera (Guill. & Perr.) Raven
|
C
|
Pt
|
|
Orobanchaceae
|
1
|
Cistanche phelypaea (L.) Cout.
|
Par
|
Masue
|
|
Poaceae
|
23
|
Aristida adscensionis L.
|
T
|
Pt
|
|
Brachiaria villosa (Lam.) A. Camus
|
T
|
As
|
|
Cenchrus biflorus Roxb.
|
T
|
As
|
|
Dactyloctenium aegyptium (L.) Willd.
|
T
|
Pt
|
|
Digitaria ciliaris (Retz.) Koeler
|
T
|
Pt
|
|
Diplachne fusca (L.) Stapf
|
T
|
Asu
|
|
Echinochloa colona (L.) Link
|
C
|
Cosm
|
|
Echinochloa pyramidalis (Lam.) Hitchc. & Chase
|
C
|
M
|
|
Echinochloa stagnina (Retz.) P. Beauv.
|
C
|
Mas
|
|
Enteropogon prieurii (Kunth.) Clayton
|
T
|
As
|
|
Eragrostis ciliaris (L.) R. Br.
|
T
|
Pt
|
|
Eragrostis tenella (L.) Roem. & Schult.
|
T
|
Pt
|
|
Eragrostis tremula Steud.
|
T
|
As
|
|
Oryza barthii A. Chev.
|
T
|
Af
|
|
Panicum laetum Kunth
|
T
|
Af
|
|
Paspalidium geminatum (Forssk.) Stapf
|
C
|
Pt
|
|
Paspalum vaginatum Sw.
|
C
|
Pt
|
|
Phragmites australis (Cav.) Steud.
|
G
|
Cosm
|
|
Schoenefeldia gracilis Kunth.
|
T
|
Mas
|
|
Sporobolus robustus Kunth
|
H
|
Af
|
|
Sporobolus spicatus (Vahl) Kunth
|
H
|
As
|
|
Tragus racemosus (L.) All.
|
T
|
As
|
|
Vossia cuspidata (Roxb.) Griff.
|
C
|
As
|
|
Polygonaceae
|
1
|
Polygonum senegalense Meisn.
|
C
|
Af
|
|
Portulacaceae
|
2
|
Portulaca foliosa Ker-Gawl
|
T
|
Cosm
|
|
Portulaca oleracea L.
|
T
|
Cosm
|
|
Potamogetonaceae
|
2
|
Potamogeton octandrus Poiret
|
Hy
|
Pt
|
|
Potamogeton schweinfurthii A. Benn.
|
Hy
|
Pt
|
|
Rubiaceae
|
2
|
Kohautia senegalensis Cham. & Schlecht.
|
T
|
Af
|
|
Spermacoce verticillata L.
|
T
|
Af
|
|
Salvadoraceae
|
1
|
Salvadora persica L.
|
P
|
As
|
|
Salviniaceae
|
1
|
Salvinia molesta D. S. Mitchell.
|
Hy
|
Am As
|
|
Scrophulariaceae
|
1
|
Scoparia dulcis L.
|
T
|
Pt
|
|
Solanaceae
|
1
|
Physalis angulata L.
|
T
|
Cosm
|
|
Sphenocleaceae
|
1
|
Sphenoclea zeylanica Gaertn.
|
T
|
Pt
|
|
Sterculiaceae
|
1
|
Melochia corchorifolia L.
|
T
|
Pt
|
|
Tamaricaceae
|
1
|
Tamarix senegalensis DC.
|
P
|
Pt
|
|
Tiliaceae
|
2
|
Corchorus olitorius var. olitorius L.
|
T
|
Pt
|
|
Corchorus tridens L.
|
T
|
Asu
|
|
Tribulaceae
|
1
|
Tribulus terrestris L.
|
T
|
Cosm
|
|
Typhaceae
|
1
|
Typha domingensis Pers.
|
G
|
Pt
|
|
Zygophyllaceae
|
1
|
Zygophyllum waterlotii Maire
|
C
|
Af
|
Spectre taxonomique
L’analyse de la structure de la flore et de l’importance relative
des familles les unes par rapport aux autres (tableau 2) montre que presque la moitié des
familles rencontrées dans le PNOD sont représentées au moins par
deux espèces. Ces familles comptent pour plus de 80 % de cette
flore. Neuf d’entre elles sont les plus diversifiées.
Il s’agit des familles des Poaceae (17,42 %), des Cyperaceae
(6,82 %), des Fabaceae (6,06 %), des Amaranthaceae (5,30 %), des
Convolvulaceae (5,30 %), des Aizoaceae (4,55 %), des Asclepiadaceae
(4,55 %), des Chenopodiacee (3,79 %) et des Mimosaceae (3,79 %).
Les familles représentées par une seule espèce totalisent 18,94
% des espèces et revêtent une importance particulière. En effet,
huit d’entre elles ne sont représentées que par une seule espèce
dans toute la flore du Sénégal (Azollaceae, Balanitaceae,
Nitrariaceae, Orobanchaceae, Salvadoraceae, Salviniaceae,
Tamaricaceae, Tribulaceae). Leur présence dans le parc constitue un
argument supplémentaire qui justifie la protection et la
conservation des espèces dans le PNOD.
D’autres familles trouvent ici des conditions propices à leur
établissement. On y rencontre par exemple 75 % des espèces de la
famille des Nympheaceae au Sénégal et 50 % des espèces de la
famille des Typhaceae et des Sphenocleaceae.
Les Légumineuses (Fabaceae, Mimosaceae et Caesalpiniaceae)
regroupent 9,92 % des espèces, soit 13 espèces au total.
Les Ptéridophytes ne sont représentées que par 2 espèces :
Azolla africana et Salvinia molesta.
L’importance relative des familles (tableaux 1 et 2) comme les Poaceae,
Cyperaceae, Amaranthaceae, Convolvulaceae, Chenopodiaceae et les
Légumineuses herbacées montre que la composition floristique
présente un spectre taxonomique caractérisé par une nette dominance
de familles constituées essentiellement d’espèces herbacées.
Les espèces ligneuses sont représentées principalement par des
arbres de la famille des Mimosaceae (Acacia et Prosopis) d’une
part, et par des espèces arbustives comme Calotropis procera
(Asclepiadaceae), Balanites aegyptiaca (Balanitaceae), Cadaba
farinosa (Capparidaceae), Euphorbia balsamifera (Euphorbiaceae),
Nitraria retusa (Nitrariaceae), Salvadora persica (Salvadoraceae)
et Tamarix senegalensis (Tamaricaceae), d’autre part.
La présence de Adansonia digitata (Bombacaceae) est
probablement consécutive à une introduction humaine.
Il apparaît ainsi qu’au plan de la diversité, la flore
vasculaire du PNOD (tableau 3) est
dominée par les Spermaphytes qui représentent plus de 95 % des
familles tandis que les Ptéridophytes ne sont représentées que par
2 familles (Azollaceae et Salviniaceae) soit moins de 5 %.
Chez les Spermaphytes, les familles appartenant à la classe des
dicotylédones représentent les trois quarts, le quart restant
faisant partie des familles de monocotylédones.
Ces proportions restent quasiment les mêmes en ce qui concerne
la diversité des genres dans la flore.
Pour ce qui est de la diversité au niveau spécifique, les
dicotylédones représentent 66,67 %, c’est-à-dire deux tiers des
espèces. Comparée à la diversité des familles et des genres, on
note pour les monocotylédones des proportions plus importantes,
avec 31,82 % soit le tiers des espèces inventoriées. L’importance
relativement élevée de la diversité spécifique des monocotylédones
est due au fait que certaines familles y sont très diversifiées,
telles la famille des Poaceae avec 23 espèces et celle des
Cyperaceae avec 9 espèces. Ces deux familles forment à
elles seules près du quart des espèces inventoriées.
Si on compare le spectre taxonomique de flore vasculaire du PNOD
avec celui du Sénégal [43], on constate que :
- – les proportions sont comparables entre dicotylédones
et monocotylédones ; les dicotylédones y représentent 66,67 % pour
le PNOD contre 69,5 % pour la flore du Sénégal, les monocotylédones
31,82 % contre 28,8 % respectivement ; ces caractéristiques sont
celles d’une végétation de type savane ;
- – la plupart des familles se trouvent en proportions
nettement plus importantes dans la flore du PNOD que dans la flore
du Sénégal ;
- – la présence et l’importance relative de ces familles
dénotent des situations très diverses caractéristiques de milieux
tropicaux semi-arides (Poaceae, Asclepidaceae, Amaranthaceae,
Borragginaceae, Mimosaceae, Capparidaceae, Nyctaginaceae), de
milieux saumâtres et humides (Chenopodiceae, Portulacaceae,
Aizoaceae) et de milieux aquatiques (Alismataceae, Araceae,
Azollaceae, Lemnaceae, Lentibulariaceae, Menyanthaceae, Najadaceae,
Nympheaceae, Potamogetonaceae, Salviniaceae) ;
- – certaines familles sont moins importantes dans la
flore du PNOD que dans la flore du Sénégal, notamment les Fabaceae,
Asteraceae, Euphorbiaceae, Rubiaceae plus inféodées à des savanes
dégradées [4, 44, 45] ;
- – d’autres familles se rencontrent indifféremment dans
des flores de type savane herbacée humide comme les Cyperaceae, ou
plus ou moins aride comme la famille des Malvaceae, des
Caesalpiniaceae et des Lythraceae, etc.
Enfin, il ressort des observations que la flore du PNOD est
caractérisée par la présence marquée d’espèces qui présentent une
succulence foliaire due à l’existence d’un important parenchyme
aquifère. C’est le cas des espèces de la famille des Aizoaceae
(Gisekia pharnacioides, Sesuvium portulacastrum, Sesuvium
sesuvioides, Trianthema portulacastrum, Trianthema triquetra), des
Amaranthaceae (Blutaparon vermiculare), des Asclepiadaceae
(Pentatropis nivalis), des Chenopodiaceae (Arthrocnemum indicum,
Salicornia europaea), des Portulacaceae (Portulaca foliosa,
Portulaca oleracea), des Zygophyllaceae (Zygophyllum waterlotii).
Cette disposition anatomique constitue probablement un mécanisme
d’adaptation aux conditions de salinité du sol rencontrées dans
certains endroits du parc. Cette salinité est due à la remontée des
eaux salées provenant de la mer avant la construction du barrage de
Diama en 1985. Elle a entraîné la salinisation de la plupart des
terres du delta et donc de celles du Djoudj. D’autres espèces comme
Cressa cretica, Salsola baryosma, Suaeda maritima, Suaeda
vermiculata et Tamarix senegalensis peuvent supporter des quantités
importantes de sel. Il est alors probable que des
modifications profondes puissent apparaître progressivement avec
l’adoucissement des eaux consécutivement à la construction du
barrage.
Par ailleurs, la présence au PNOD de certaines espèces
adventices caractéristiques des cultures vivrières [29] mérite
d’être signalée. Il s’agit d’espèces d’Amaranthaceae
(Achyranthes aspera, Alternanthera sessilis), de Commelinaceae
(Commelina forskalaei), de Cucurbitaceae (Mukia maderaspatana) de
Cyperaceae (Cyperus esculentus, Cyperus rotundus), de Fabaceae
(Alysicarpus ovalifolius, Tephrosia pedicellata), de Malvaceae
(Hibiscus asper), de Nyctaginaceae (Boerhavia diffusa, Boerhavia
erecta), de Poaceae (Aristida adscensionis, Brachiaria villosa,
Cenchrus biflorus, Dactyloctenium aegyptium, Digitaria ciliaris,
Enteropogon prieurii, Eragrostis ciliaris, Eragrostis tremula,
Schoenefeldia gracilis), de Rubiaceae (Kohautia senegalensis,
Spermacoce verticillata), de Solanaceae (Physalis angulata), de
Tiliaceae (Corchorus olitorius var. olitorius, Corchorus tridens)
et de Tribulaceae (Tribulus terrestris). Ces espèces
adventices, qui se maintiennent plus ou moins bien, ont
probablement été introduites dans un passé récent soit à cause
d’activité agricole soit par zoochorie.
Tableau 2 Répartition par famille des espèces recensées
dans le Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) comparativement
à la flore du Sénégal.
|
Flore du PNOD
|
Flore du Sénégal
|
|
N°
|
Familles
|
NE
|
%
|
NE
|
%
|
|
1
|
Poaceae
|
23
|
17,42
|
285
|
11,40
|
|
2
|
Cyperaceae
|
9
|
6,82
|
188
|
7,52
|
|
3
|
Fabaceae
|
8
|
6,06
|
284
|
11,36
|
|
4
|
Amaranthaceae
|
7
|
5,30
|
26
|
1,04
|
|
5
|
Convolvulaceae
|
7
|
5,30
|
62
|
2,48
|
|
6
|
Aizoaceae
|
6
|
4,55
|
16
|
0,64
|
|
7
|
Asclepiadaceae
|
6
|
4,55
|
47
|
1,88
|
|
8
|
Chenopodiaceae
|
5
|
3,79
|
9
|
0,36
|
|
9
|
Mimosaceae
|
5
|
3,79
|
49
|
1,96
|
|
10
|
Cucurbitaceae
|
3
|
2,27
|
25
|
1,00
|
|
11
|
Nyctaginaceae
|
3
|
2,27
|
13
|
0,52
|
|
12
|
Nympheaceae
|
3
|
2,27
|
4
|
0,16
|
|
13
|
Asteraceae
|
2
|
1,52
|
96
|
3,84
|
|
14
|
Borraginaceae
|
2
|
1,52
|
13
|
0,52
|
|
15
|
Capparidaceae
|
2
|
1,52
|
21
|
0,84
|
|
16
|
Euphorbiaceae
|
2
|
1,52
|
87
|
3,48
|
|
17
|
Lythraceae
|
2
|
1,52
|
21
|
0,84
|
|
18
|
Malvaceae
|
2
|
1,52
|
49
|
1,96
|
|
19
|
Onagraceae
|
2
|
1,52
|
13
|
0,52
|
|
20
|
Portulacaceae
|
2
|
1,52
|
8
|
0,32
|
|
21
|
Potamogetonaceae
|
2
|
1,52
|
5
|
0,20
|
|
22
|
Rubiaceae
|
2
|
1,52
|
104
|
4,16
|
|
23
|
Tiliaceae
|
2
|
1,52
|
21
|
0,84
|
|
24
|
Acanthaceae
|
1
|
0,76
|
51
|
2,04
|
|
25
|
Alismataceae
|
1
|
0,76
|
6
|
0,24
|
|
26
|
Araceae
|
1
|
0,76
|
18
|
0,72
|
|
27
|
Azollaceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
28
|
Balanitaceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
29
|
Bombacaceae
|
1
|
0,76
|
5
|
0,20
|
|
30
|
Caesalpiniaceae
|
1
|
0,76
|
46
|
1,84
|
|
31
|
Commelinaceae
|
1
|
0,76
|
28
|
1,12
|
|
32
|
Lemnaceae
|
1
|
0,76
|
4
|
0,16
|
|
33
|
Lentibulariaceae
|
1
|
0,76
|
14
|
0,56
|
|
34
|
Menyanthaceae
|
1
|
0,76
|
2
|
0,08
|
|
35
|
Najadaceae
|
1
|
0,76
|
4
|
0,16
|
|
36
|
Nitrariaceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
37
|
Orobanchaceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
38
|
Polygonaceae
|
1
|
0,76
|
11
|
0,44
|
|
39
|
Salvadoraceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
40
|
Salviniaceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
41
|
Scrophulariaceae
|
1
|
0,76
|
52
|
2,08
|
|
42
|
Solanaceae
|
1
|
0,76
|
16
|
0,64
|
|
43
|
Sphenocleaceae
|
1
|
0,76
|
2
|
0,08
|
|
44
|
Sterculiaceae
|
1
|
0,76
|
18
|
0,72
|
|
45
|
Tamaricaceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
46
|
Tribulaceae
|
1
|
0,76
|
1
|
0,04
|
|
47
|
Typhaceae
|
1
|
0,76
|
2
|
0,08
|
|
48
|
Zygophyllaceae
|
1
|
0,76
|
5
|
0,20
|
|
Total
|
|
132
|
100,00
|
2499
|
100,00
|
Tableau 3 Structure de la flore du Parc national des
oiseaux du Djoudj (PNOD).
|
Familles
|
Genres
|
Espèces
|
|
Nombre
|
%
|
Nombre
|
%
|
Nombre
|
%
|
|
Dicotylédones
|
36
|
75,00
|
65
|
65,66
|
88
|
66,67
|
|
Monocotylédones
|
10
|
20,83
|
32
|
32,32
|
42
|
31,82
|
|
Ptéridophytes
|
2
|
4,17
|
2
|
2,02
|
2
|
1,52
|
|
Total
|
48
|
100,00
|
99
|
100,00
|
132
|
100,00
|
Spectre biologique
Le tableau 4 indique que les
3/5 environ de cette flore sont constitués d’espèces
annuelles. Elles sont réparties chez :
- – les thérophytes (50 %) qui se rencontrent dans la
plupart des familles (Amaranthaceae, Asclepiadaceae,
Convolvulaceae, Fabaceae, Poaceae, etc.) avec certaines familles
qui ne sont représentées que par des théropohytes (Asteraceae,
Borraginaceae, Commelinaceae, Cucurbitaceae, Lythraceae,
Nyctaginaceae, Portulacaceae, Rubiaceae, Scrophulariaceae,
Solanaceae, Sphenocleaceae, Sterculiaceae, Tiliaceae et
Tribulaceae) ;
- – les hydrophytes (10,61 %) qui appartiennent aux
familles des Alismataceae, Amaranthaceae, Araceae, Azollaceae,
Lemnaceae, Lentibulariaceae, Menyanthaceae, Najadaceae,
Nympheaceae, Potamogetonaceae, Salviniaceae ;
- – l’unique espèce parasite de la flore (Cystanche
phelipea, Orobanchaceae).
- Ces espèces annuelles ont un cycle de vie parfois très court,
de quelques semaines, comme chez les espèces du genre Boerhavia
[29], Eragrostis [30] et Corchorus [31], Amaranthus [32] ou plus
long et forment alors une importante quantité de matière vivante ou
sèche selon la saison. Leur cycle est généralement synchrone avec
la saison des pluies. Elles s’adaptent ainsi à la fois à la
faiblesse de la pluviométrie de la zone et à son instabilité pour
les espèces terrestres (espèces de Poaceae principalement) et à
l’assèchement progressif des mares temporaires pour les espèces
hydrophiles des marécages ou semi-aquatiques et aquatiques (espèces
de Nympheaceae, Azollaceae et des espèces comme Nymphoides indica,
Vossia sp., Ludwigia erecta, Ammania auriculata).
Les conditions climatiques et l’humidité plus ou moins
prolongée du sol apparaissent ainsi comme étant les principaux
facteurs qui déterminent la présence de ces espèces dans la flore
du PNOD.
Les espèces pérennes représentent une part non négligeable de la
flore puisqu’elles forment environ 2/5 de la flore. Elles sont
essentiellement constituées par :
- – des espèces herbacées plus ou moins hydrophiles des
mares temporaires (la plupart des Cyperaceae et quelques Poacées)
et des milieux saumâtres (certaines Chenopodiaceae), espèces qui
ont développé des mécanismes qui assurent leur pérennité grâce à
des tubercules, des rhizomes souterrains ou des stolons ou grâce à
leur succulence ; ce sont des géophytes (6,82 %), chaméphytes
(19,70) ou hémicryptophytes (2,27 %) ;
- – des espèces ligneuses ou nanophanérophytes (9,85 %)
qui sont bien adaptées aux milieux sahélien ou saumâtre [4] ; elles
sont constituées principalement par les espèces de la famille des
Mimosaceae (Acacia nilotica, A. seyal, Prosopis grandiflora), des
Asclepiadaceae, Balanitaceae, Nitrariaceae, Salvadoraceae et
Tamaricaceae etc.. et sont protégées de l’effet des activités
humaines et du bétail.
Ces espèces pérennes représentent les éléments dominants de la
flore pendant la saison sèche du fait de la protection dont elles
font l’objet. Elles impriment fortement leur présence pendant toute
la saison. Par leurs systèmes de pérennité (rhizomes, bulbes,
stolons, etc.) et la présence des espèces ligneuses, elles peuvent
jouer un rôle important dans la lutte antiérosive, notamment contre
le vent et protéger des effets néfastes du feu et de la pâture. En
revanche, les espèces annuelles ne se rencontrent que pendant la
période humide et un peu au-delà selon les espèces et peuvent
former un important tapis herbacé et une importante biomasse
végétale, ce qui les rend particulièrement sensibles aux feux de
brousse.
Tableau 4 Types biologiques des espèces recensées.
|
Types biologiques
|
Nombre d’espèces
|
Proportion (%)
|
|
Chaméphytes
|
26
|
19,70
|
|
Géophytes (G)
|
9
|
6,82
|
|
Hémicryptophytes (H)
|
3
|
2,27
|
|
Hydrophytes (Hy)
|
14
|
10,61
|
|
Nanophanérophytes (P)
|
13
|
9,85
|
|
Parasites (Par)
|
1
|
0,76
|
|
Thérophytes (T)
|
66
|
50,00
|
|
Total
|
132
|
100,00
|
Affinités biogéographiques
Les espèces pantropicales (31,82 %) sont avec les espèces
afro-asiatiques (21,21 %), les espèces africaines (17,42 %) et les
espèces cosmopolites (9,09 %) les plus importantes (tableau 5). Elles forment 79,54 % des espèces
recensées. Le reste des espèces, peu nombreuses, est constitué
essentiellement par des espèces afro-asiatiques et australiennes
(5,30 %) et des espèces à affinités européennes ou assimilées (4,55
%).
La présence dans le parc des espèces d’affinités
biogéographiques diverses semble probablement liée à la position
géographique du Parc qui est un carrefour de quatre zones
biogéographiques au moins : le domaine saharien, le domaine
tropical sahélien, le domaine caractéristique des milieux
aquatiques et semi-aquatiques d’eau douce liés à la proximité du
fleuve Sénégal, et le domaine des zones côtières et marines plus ou
moins saumâtres, résultat de la remontée de la langue salée.
Ces hypothèses sont corroborées par :
- – l’importance des Chenopodiaceae et de la présence
d’espèces comme Leptadenia pyrotechnica, qui font partie des
groupes dominants de la flore du Sahara ;
- – la présence de Capparidaceae, de Poaceae comme
Cenchrus biflorus et de Mimosaceae du genre Acacia (A. seyal),
éléments caractéristiques du domaine sahélien ;
- – la présence d’espèces hydrophiles appartenant à la
famille des Nympheaceae, Lemnaceae, et Araceae comme Pistia
stratiotes, Centrostachys aquatica et semi-hydrophiles comme Typha
domingensis et Phragmites australis et différentes espèces de
Cyperaceae et de Poaceae, qu’on rencontre dans les types de
végétations aquatiques et semi-aquatiques d’eau douce ;
- – la présence d’espèces de milieux côtiers et saumâtres
comme Arthrocnemum indicum, Blutaparon vermiculare, Salicornia
europea, Tamarix senegalensis, Zygophyllum waterlotii.
Ces différents milieux ont une large répartition intertropicale.
Ainsi pourrait-on expliquer l’importance accrue des espèces
pantropicales, afro-asiatiques et cosmopolites au détriment des
espèces strictement africaines.
Tableau 5 Classement biogéographique des espèces
recensées.
|
Affinités biogéographiques
|
NE
|
%
|
|
Espèces africaines (Af)
|
23
|
17,42
|
|
Espèces afro-américaines (Am)
|
2
|
1,52
|
|
Espèces afro-américaines et asiatiques (Am As)
|
4
|
3,03
|
|
Espèces afro-asiatiques (As)
|
28
|
21,21
|
|
Espèces afro-asiatiques et australiennes (Asu)
|
7
|
5,30
|
|
Espèces afro-asiatiques-américaines-australiennes ou européennes
(Masue)
|
6
|
4,55
|
|
Espèces afro-malgaches (M)
|
4
|
3,03
|
|
Espèces afro-malgaches et asiatiques (Mas)
|
4
|
3,03
|
|
Espèces cosmopolites (Cosm)
|
12
|
9,09
|
|
Espèces pantropicales (Pt)
|
42
|
31,82
|
|
Total
|
132
|
100,00
|
Conclusion
La flore du PNOD est une flore relativement diversifiée et compte
132 espèces réparties dans 99 genres et 48 familles.
Par ordre d’importance, les Poaceae, Cyperaceae, Fabaceae,
Amaranthaceae, Convolvulaceae, Aizoaceae, Asclepiadaceae,
Chenopodiacee et Mimosaceae sont les mieux représentées
puisqu’elles totalisent plus de la moitié des espèces inventoriées.
Les autres familles moins représentées participent toutefois à
la diversité de la flore notamment les familles monospécifiques.
Cette flore est à dominante herbacée et caractéristique de
milieux très diversifiés allant des milieux saharien et sahélien
aux milieux semi-aquatiques et aquatiques d’eau douce et aux
milieux côtiers saumâtres en raison de la diversité des écosystèmes
qu’on y rencontre.
Cette flore est constituée pour plus de la moitié des espèces
par des annuelles (Poaceae, Amaranhaceae, Convolvulaceae, Aizoaceae
etc.) mais également par une importante proportion d’espèces
pérennes herbacées et ligneuses (Cyperaceae, Mimosaceae etc.) qui
forment pendant la saison des pluies comme en saison sèche un
important tapis herbacé qui donne au parc sa physionomie.
Les espèces à mode de reproduction végétative représentent un
atout pour revégétaliser certaines zones dénudées du parc.
En raison de la diversité des milieux à répartition largement
intertropicale, cette flore est caractérisée par une forte présence
d’espèces pantropicales, afro-asiatiques et cosmopolites au
détriment des espèces strictement africaines.
Le PNOD apparaît comme étant un site de haute biodiversité en
raison de la diversité des milieux dans une aire relativement
réduite. À ce titre, il devrait être protégé des feux de brousse,
du pâturage et de l’agriculture.
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