ARTICLE
Auteur(s) : S Ziania1,2, N Berthoa3, G Atlan1, M-L
Fievet3, P Ecollan3, J-L
Beaudeux1,4
1Service de biochimie métabolique, Hôpital
La Pitié-Salpêtrière, APHP, Paris
2Service de biologie, Hôpital national
Saint-Maurice/Esquirol, Saint-Maurice
3Service mobile d’urgence et de réanimation
(SMUR) et Département d’anesthésie-réanimation, Hôpital
La Pitié-Salpêtrière, APHP, Paris
4Service de biochimie, Hôpital universitaire
Charles Foix, APHP, Ivry-sur-Seine
Article reçu le 18 Septembre 2009, accepté le 28 Octobre
2009
L’arrêt cardiaque extrahospitalier constitue un enjeu médical
majeur tant par sa fréquence que son pronostic très sombre à court
terme. Les atteintes lésionnelles cérébrales constituent une
cause majeure de morbidité et de mortalité après un arrêt cardiaque
suivi d’une réanimation cardiopulmonaire, en particulier en milieu
extrahospitalier où les délais de prise en charge initiale
(premiers secours) et médicale (par une unité mobile d’urgence et
de réanimation) sont plus importants qu’en secteur hospitalier. Une
évaluation précoce du degré d’atteinte cérébrale et de son
évolution après l’arrêt cardiaque et la réanimation influencent la
prise en charge médicale et les stratégies thérapeutiques (pour
revue voir [1]). Les examens neurologiques et
électrophysiologiques précoces ne sont en général pas prédictifs de
l’évolution à court (quelques jours), moyen ou long terme (quelques
mois) du patient et des séquelles neurologiques éventuelles [2]. Un
biomarqueur dont le dosage sanguin refléterait la sévérité des
lésions cérébrales permettrait d’améliorer l’évaluation initiale et
de quantifier l’atteinte cérébrale post-arrêt cardiaque, comme les
marqueurs cardiaques le font pour l’infarctus du myocarde.
Dans cette perspective, le dosage de différentes molécules a été
proposé au cours des dernières décennies, mais la plupart d’entre
elles ont été progressivement abandonnées par manque de spécificité
ou de sensibilité. Des marqueurs biochimiques de l’état
hypoxique cérébral aigu (énolase spécifique neuronale (NSE),
protéine S-100B…) ou d’un état inflammatoire réactionnel
(interleukine IL-8) ont été proposés [3].
La protéine S-100B est une protéine dimérique synthétisée
principalement par les cellules astrogliales du système nerveux
central et les cellules de la gaine de Schwann. C’est une protéine
cytosolique fixant le calcium, mais des actions extracellulaires
sur la croissance et la prolifération cellulaires lui ont également
été attribuées (pour revue voir [4, 5]). L’intérêt du dosage de la
protéine S-100B en biologie clinique est lié à sa libération au
niveau extracellulaire au cours de processus tumoraux dans lesquels
le gène de la protéine S-100B est (sur)exprimé, et lors d’une
atteinte du tissu cérébral aiguë, d’origine vasculaire,
traumatique, ou chronique. En raison de sa neurosélectivité [6, 7]
et de sa demi-vie d’élimination brève, la protéine S-100B peut
constituer un marqueur biologique précoce et sensible pour évaluer
l’atteinte cérébrale post-arrêt cardiaque et son évolution.
L’objectif de notre étude a été d’apprécier le retentissement
sur le cerveau d’un arrêt cardiaque intervenant en milieu
extra-hospitalier, récupéré par réanimation immédiate, et de
rechercher un intérêt prédictif à court terme du dosage de ce
marqueur sur l’évolution du patient après l’arrêt cardiaque.
Les concentrations plasmatiques de la protéine S-100B ont été
déterminées dans les premières minutes et dans les
48 premières heures suivant la réanimation cardiorespiratoire
après un arrêt cardiaque survenu en secteur extrahospitalier.
Les valeurs de la protéine S-100B et son évolution sur
48 heures ont été confrontées à l’évolution (survie, décès) du
patient après sa réanimation initiale.
Patients et méthodes
Patients et prise en charge médicale
De façon spécifique à ce travail, un protocole d’étude entre le
Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) et le Service de
biochimie métabolique de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière
(APHP, Paris) a été établi, consistant à prélever systématiquement
tous les patients présentant un arrêt cardiorespiratoire (ACR)
survenu à l’extérieur de l’hôpital et pour lequel le SMUR est
appelé en urgence. Au total, 27 patients présentant un ACR
extrahospitalier ont été inclus et exploités.
À la suite de l’arrêt cardiorespiratoire survenu à domicile ou
sur la voie publique, tous les patients inclus ont reçu sur place
un massage cardiaque externe, un choc électrique externe ou les
deux par l’équipe du SMUR (si elle était déjà présente sur les
lieux) ou lors du premier secours par les personnes présentes ou un
médecin appelé pour intervention. À l’arrivée de l’équipe du SMUR,
les patients ont reçu quasi systématiquement plusieurs bolus
d’adrénaline (1 mg/3 min) permettant ainsi de récupérer
un rythme cardiaque spontané. Les patients ont ensuite été
transférés par le SMUR dans une structure hospitalière de proximité
pour poursuite de la prise en charge. À l’arrivée à l’hôpital, tous
les patients avaient un score de Glasgow (GCS) à 3/15, étaient en
mydriase bilatérale aréactive, avec acidose lactique le plus
souvent. Tous ont été admis dans un centre de réanimation médicale.
Les caractéristiques des patients et de leur prise en charge
sont regroupées dans le tableau 1.
Tableau 1 Caractéristiques démographiques, cliniques,
biologiques et évolutives des patients inclus dans l’étude.
Les données sont fournies, pour les valeurs chiffrées, sous la
forme de moyenne ± écart type.
|
Nombre de patients
|
27
|
|
Ratio H/F
|
20/7
|
|
Âge (ans)
|
63,8 ± 18,1
|
|
Origine de l’arrêt cardiorespiratoire :
|
|
|
Neurologique
|
2
|
|
Cardiaque
|
9
|
|
Respiratoire
|
7
|
|
Autre/non identifiée
|
9
|
|
Délai entre l’ACR et les premiers secours (min)
|
8,5 ± 4,0
|
|
Délai entre l’ACR et la réanimation (min)
|
10,3 ± 7,8
|
|
Évolution favorable (survie)
|
6
|
|
Cause finale du décès :
|
|
|
Neurologique
|
11
|
|
Défaillance multiviscérale
|
7
|
|
Cardiaque
|
1
|
|
Indéterminée
|
2
|
|
S-100B sérique (μg/L) :
|
|
|
H0
|
0,84 ± 3,57
|
|
H12
|
1,37 ± 2,68
|
|
H24*
|
0,81 ± 3,81
|
|
H48**
|
0,60 ± 3,13
|
Échantillons biologiques et dosage
de la protéine S-100B
Un prélèvement sanguin a été systématiquement effectué sur le lieu
de l’ACR, après la réanimation par l’équipe du SMUR, le délai
variant de quelques minutes dans la majorité des cas à
35 minutes au plus tard (patients systématiquement intubés,
ventilés). Les échantillons correspondants (H0) ont été
transmis au laboratoire au retour de l’équipe du SMUR à
La Pitié-Salpêtrière. Des prélèvements sanguins à H12,
H24 et H48 de l’ACR ont par la suite été effectués par le
service de réanimation ayant accueilli le patient, puis transmis au
laboratoire + 4 °C dans un délai n’excédant pas 6 heures.
Les prélèvements sanguins ont été effectués sur tube sec sans
gel séparateur ; les tubes ont été centrifugés 20 minutes à 1
800 g, puis le sérum a été séparé, fractionné et conservé à -
20 °C jusqu’à la réalisation des dosages (dans un délai maximal de
deux mois).
La mesure des concentrations sériques de la protéine S-100B a
été réalisée par électrochimioluminescence utilisant un anticorps
spécifique de la sous-unité β sur l’analyseur Elecsys
2010® (Roche Diagnostics®). Le dosage a
été effectué à l’aide de réactifs (ainsi que les solutions de
calibrage et de contrôles) distribués par la société Roche selon
les recommandations du fournisseur. La durée du test est de 18
minutes. Le seuil de détection est de 0,005 μg/L, avec un
domaine de mesure qui s’étend jusqu’à 39 μg/L et un seuil de
normalité de 0,10 μg/L.
Résultats
Population étudiée et caractéristiques de l’ACR
L’âge des patients inclus variait de 19 à 88 ans (moyenne
: 63,8 ans) avec une prédominance de personnes de plus de
65 ans (55 %) (tableau 1).
L’effectif était constitué de 20 hommes et 7 femmes. Dans
leurs antécédents, la grande majorité des patients souffraient
d’une pathologie cardiaque ou pulmonaire sous-jacente (n =
16 - troubles du rythme ou hypertension artérielle) ;
d’autres, avaient un terrain immunodéprimé ou une pathologie
métabolique acquise (n = 8). Tous les sujets présentaient un
terrain fragile certain, avec une pathologie médicale sous-jacente
avant leur ACR.
L’arrêt circulatoire est intervenu le plus souvent au domicile
du patient (20/27), parfois sur la voie publique (5/27) ou dans un
milieu médicalisé non hospitalier (1/27), souvent en présence d’un
témoin direct (21/27). Les premiers soins ont été réalisés
dans la très grande majorité des cas par les pompiers ou un médecin
d’urgence (SOS médecins). L’origine de l’ACR était variable :
neurologique (hémorragie méningée), cardiaque (fibrillation
ventriculaire, cardiopathie ischémique), pulmonaire (pendaison ou
inhalation le plus souvent) ou encore médicamenteuse (tentative de
suicide).
Le délai entre le début de la réanimation réalisée par le SMUR
et le prélèvement de la protéine S-100B à H0 a varié de
3 à 35 minutes. Le retour à l’activité cardiaque et
respiratoire spontanée a varié entre 6 et 45 minutes.
Parmi les 27 patients, six ont évolué favorablement avec une
récupération (partielle ou totale) en quelques jours.
Les 21 autres sont décédés. Les causes de décès
étaient : neurologique (11 cas/21), défaillance multiviscérale
(7/21), cardiaque (1/21), indéterminée (2/21).
Concentrations sériques de la protéine S100B
à H0
Les données concernant les valeurs sériques de la protéine S-100B à
H0 sont reproduites dans le tableau 1 et la figure 1. À ce temps
de l’étude, plusieurs constats peuvent être faits :
- – la concentration sérique de la protéine S-100B mesurée
était supérieure à la valeur limite de normalité (0,10 μg/L)
pour tous les patients au décours de l’arrêt circulatoire (juste
après la réanimation) ;
- – les sujets ayant survécu avaient une concentration
sérique de la protéine S-100B à H0 inférieure à 0,80 μg/L dans
la majorité des cas (5/6) ; le sixième cas avait une concentration
élevée (2,36 μg/L) mais qui a diminué très rapidement dès H12
(cf. infra) ;
- – trois patients décédés avaient une concentration de la
protéine S-100B inférieure à 0,80 μg/L ;
- – l’origine cardiaque de l’ACR a été associée à une
valeur de la protéine S-100B comprise entre 0,79 et 3,39 μg/L
et la cause pulmonaire de l’arrêt avait à une valeur comprise entre
0,37 et 15,83 μg/L ;
- – tous les résultats de protéine S-100B supérieurs à
1 μg/L (sauf 1) ont été associés au décès du patient même si
les concentrations ont pu diminuer par la suite ;
- – les patients qui avaient une concentration de protéine
S-100B très élevée (supérieure à 4 μg/L) étaient ceux qui
avaient reçu une réanimation de l’équipe du SMUR tardive, qui
pourrait expliquer le passage massif de la protéine S-100B dans la
circulation (tableau 1). Par
contre, nous n’avons pas retrouvé de corrélation entre la
concentration de protéine S-100B à H0 et le délai entre l’ACR et le
retour à une activité cardiaque spontané ;
- – pour les sujets ayant eu une évolution défavorable,
les concentrations sériques de la protéine S-100B à H0 ne sont pas
apparues significativement différentes selon la cause finale du
décès, mais on a pu toutefois noter que tous les patients décédés
pour des causes neurologiques avaient tous des protéines S-100B
très élevées (> 3,0 μg/L).
Les mesures de la concentration sérique de la protéine S-100B à
H12, H24 et H48 ont permis de faire les observations suivantes
:
- – les cinétiques d’évolution des 6 patients ayant
survécu ont toutes montré une décroissance rapide de la protéine
S-100B plasmatique. Cette décroissance a été particulièrement
importante pour l’unique patient dont la concentration initiale
était à 2,36 μg/L, puisque dès H12, la concentration n’était
plus que 0,54 μg/L ;
- – les 3 patients décédés qui avaient une concentration
de la protéine S-100B < 0,8 μg/L ont eu une augmentation
très rapide de la concentration sérique du biomarqueur à partir de
H12 ;
- – l’évolution des concentrations plasmatiques de la
protéine S-100B entre H12, H24 et H48 n’est pas apparue différente
selon la cause du décès.
La figure 2 illustre les
cinétiques d’évolution des concentrations sériques de la protéine
S-100B chez 4 patients représentatifs de l’étude (2 ayant
survécu, 2 étant décédés). A H12, H24 et H48, la
cinétique montre bien l’intérêt d’un suivi car les concentrations
sanguines de la protéine S-100B des survivants ont nettement décru
voire se sont normalisées, alors que pour les patients décédés, la
concentration sérique de la protéine S-100B a continué à augmenter
ou a montré une réaugmentation secondaire, qui s’est avérée
prédictive de l’issue fatale.
La figure 3 synthétise
l’évolution des patients après ACR en fonction de la concentration
sérique de la protéine S-100B à H0 et de la cinétique
d’évolution du biomarqueur dans les jours suivant la
récupération.
Discussion
L’arrêt cardiocirculatoire est défini par un arrêt de la
circulation ayant pour origine une défaillance de la pompe
cardiaque ou du système vasculaire. L’effondrement du débit sanguin
cérébral consécutif à cet arrêt engendre des troubles de conscience
immédiats qui mettent en jeu très rapidement le pronostic vital.
Le patient en situation d’arrêt cardiaque est aréactif,
inconscient, ne présente pas de mouvement respiratoire spontané et
il y a disparition des pouls carotidien et fémoral. Contrairement à
la syncope, qui est liée à une inefficacité cardiaque spontanément
réversible, le phénomène d’arrêt cardiocirculatoire est
irréversible sans mise en place d’une réanimation, et conduit dans
ce cas à l’arrêt irréversible de toutes les fonctions biologiques,
et donc au décès.
L’arrêt respiratoire survient 20 à 60 secondes après
le début de l’arrêt circulatoire. Il est dû à l’anoxie des
centres respiratoires du tronc cérébral. L’action combinée de
l’arrêt circulatoire et de l’arrêt respiratoire aboutit rapidement
à une acidose métabolique et une anoxie cellulaire.
Le pronostic vital et le pronostic fonctionnel cérébral
dépendent uniquement de la rapidité et de l’efficacité du
traitement instauré. On considère que les lésions ischémiques
deviennent irréversibles au niveau cérébral au bout de
4 minutes, délai au-delà duquel il y a mort cérébrale [8].
L’arrêt cardiaque intrahospitalier a fréquemment une origine
cardiovasculaire (88 %) ; il s’agit souvent de sujets âgés
présentant un arrêt cardiaque suite à une défaillance
multiviscérale, et dont les organes sont « trop mauvais pour vivre
» (too bad to live) [9]. La survie à l’issue d’un arrêt
cardiaque intrahospitalier se situe entre 9 % et 37 % avec une
moyenne de 15 % [9, 10].
L’arrêt cardiaque extrahospitalier constitue un enjeu médical
majeur tant par sa fréquence que son pronostic très sombre à court
terme. Si des taux de survie proche de 30 % ont été rapportés par
certains centres pilotes, plus particulièrement aux États-Unis, la
survie des patients ayant fait un arrêt cardiaque extrahospitalier
n’était encore que de 2 à 3 % en France, dans les années 1990
[11]. Environ 10 % de décès annuels (soit environ 50 000) sont
attribués, en France, à une mort subite. L’incidence dans la
population générale en est de 1 à 2 pour 1 000.
L’étude française Monica a évalué la prévalence de l’origine
coronarienne de ces décès aux environs de 60/100 000 chez
l’homme et de 10/100 000 chez la femme [12].
L’objectif du travail était de voir si la protéine S-100B
pouvait être informative de la survie des patients après arrêt
cardiaque extrahospitalier. Les données actuelles sur
l’intérêt de la protéine S-100B en biologie clinique fait de cette
molécule un biomarqueur pertinent des atteintes lésionnelles aiguës
du tissu cérébral (pour revue voir [13]), primitives telles que
l’hémorragie intracrânienne [14] ou le traumatisme crânien [4], ou
secondaires, par exemple à la chirurgie cardiaque [15]. L’étude
rapportée ici était exploratoire et n’a porté que sur un nombre
limité de patients. Les conclusions sont résumées ainsi (figure 3) :
- – 95 % des sujets (18/19) ayant une concentration de
protéine S-100B à H0 supérieure à 0,80 μg/L sont décédés ; la
survie avec une concentration de protéine S-100B élevée est
nécessairement associée, dans notre étude, à une évolution
cinétique décroissante du biomarqueur à partir de H12 ;
- – 62 % des sujets (5/8) ayant une concentration de
protéine S-100B à H0 inférieure à 0,80 μg/L ont survécu à
l’ACR ;
- – 100 % des sujets ayant une concentration de protéine
S-100B à H0 inférieure à 0,80 μg/L et dont l’évolution
cinétique de la protéine S-100B à partir de H12 a été décroissante
ont survécu ;
- – 100 % des sujets dont l’évolution cinétique de la
protéine S-100B à partir de H12 a été croissante sont décédés.
Cette étude suggère donc que le seuil de 0,80 μg/L pourrait
être prédictif, s’il est associé à une évolution favorable des
concentrations plasmatiques de la protéine S-100B, d’une issue
favorable de l’ACR. Ce résultat apparaît tout à fait en accord
avec l’étude de Hachimi-Idrissi et al., portant sur
57 patients, dont les résultats suggèrent qu’une valeur-seuil
de la concentration plasmatique de la protéine S-100B de
0,70 μg/L pouvait être considérée comme déterminante pour
prédire la survie ou non du patient [16].
Chez les patients n’ayant pas survécu à l’arrêt cardiaque, ni
les concentrations sériques de protéine S-100B ni l’évolution
cinétique du biomarqueur jusqu’à H48 ne sont apparues
significativement différentes selon la nature du décès du patient,
même lorsqu’elle était neurologique. Il est probable que la
gravité de l’atteinte organique et la gravité des séquelles
fonctionnelles (neurologiques ou non) chez ces sujets sont
responsables d’une libération de la protéine S-100B cérébrale
importante, liée à des modifications de l’hémodynamique cérébrale,
immédiate dans les premières minutes de l’arrêt cardiaque et
prolongée dans les heures qui le suivent. Néanmoins, le suivi
neurologique des patients aurait été intéressant dans ce travail
(survivants ou finalement décédés après l’ACR) et sera utile à
inclure dans une étude plus large, pour préciser les variations de
la concentration sérique de la protéine S-100B selon l’intensité
des dommages cérébraux ou des séquelles neurologiques consécutives
à un ACR. Ils viendront alors compléter les résultats des
études de Grubb et de Prohl montrant que le dosage de la protéine
S-100B dans les premières heures suivant un ACR peut aider à
identifier les patients survivants chez lesquels persistera un
déficit cognitif [17, 18].
Conclusion
L’expression sélective de la protéine S-100B par les cellules
gliales du tissu cérébral peut être mise à profit pour la détection
de lésions du tissu nerveux, au cours de pathologies neurologiques
ou d’accidents lésionnels d’origine traumatique ou vasculaire.
La présente étude a permis de suivre l’évolution des
concentrations sériques de la protéine S-100B chez des patients en
arrêt cardiorespiratoire survenu à l’extérieur de l’hôpital.
Les résultats sont en faveur d’un rôle informatif de la
protéine S-100B dans la survie des patients après arrêt cardiaque
extrahospitalier. De plus, l’étude souligne que le seuil de
0,80 μg/L associé à une évolution favorable des concentrations
de protéine S-100B, pourrait être prédictif d’une issue favorable
de l’arrêt cardiorespiratoire. Une étude sur une plus large cohorte
de cas permettra de confirmer ces données préliminaires et
positionner le biomarqueur S-100B comme élément de prédiction de
l’issue de la réanimation après arrêt cardiaque.
Remerciements
Les auteurs remercient l’ensemble des équipes de SMUR et de
réanimation qui ont pris en charge les patients de l’étude, et plus
particulièrement les docteurs P. Robcquin et J. Kergueno.
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