ARTICLE
Auteur(s) : Tanguy Leroy1, Véronique
Christophe1, Nicolas Penel2, Pascal
Antoine1, Laurence Vanlemmens2, Michel
Reich2, Stéphanie Clisant2
1Univ. Lille Nord de France - Université de Lille-III
- URECA EA 1059, BP 60149 F-59653 Villeneuve-d’Ascq Cedex
2Centre Oscar-Lambret, Lille
Article reçu le 25 Mars 2008, accepté le 16 Avril 2008
Introduction
La progression des connaissances thérapeutiques en médecine repose
essentiellement sur la recherche clinique. Dans un souci de
protection des personnes et conformément au souhait d’une large
majorité des patients d’obtenir toutes les informations disponibles
sur leur prise en charge [1], la législation impose qu’une
information détaillée soit fournie aux futurs participants à propos
des traitements à l’étude, des bénéfices et effets adverses
possibles et d’éventuels traitements alternatifs qui pourraient
leur être proposés s’ils ne prenaient pas part à l’étude clinique.
Cette information est donnée à la fois oralement par le médecin
investigateur et par écrit sous forme d’une « note
d’information ». Elle doit permettre aux personnes de prendre
une décision autonome, « libre et éclairée » quant à leur
participation au protocole d’étude clinique [2, 3], participation
qui débute effectivement dès la signature du formulaire de
« consentement éclairé ». De nombreuses études ont été
menées pour identifier les facteurs favorisant et/ou limitant le
processus d’inclusion [4-8]. L’un des facteurs limitants les plus
fréquemment cités par les patients concerne le processus de
randomisation [9, 10]. Bien souvent, en effet, les études cliniques
requièrent une comparaison entre deux ou plusieurs approches
thérapeutiques. L’attribution du traitement dans le cadre de
l’essai s’effectue alors par tirage au sort (randomisation) afin de
minimiser les biais potentiels pouvant influencer la comparaison
des traitements [11, 12]. En dépit des précautions éthiques mises
en place par les équipes, certains patients refusent parfois de
participer aux études cliniques randomisées car ils n’acceptent pas
que le choix du traitement qui leur est administré puisse dépendre
de facteurs externes indépendants de la relation thérapeutique
qu’ils entretiennent avec leur médecin [12-14]. Ce dernier résultat
incite à s’intéresser à la manière dont les informations sont
perçues et comprises par les patients. La proposition qui leur est
faite de participer à une étude clinique randomisée nécessite en
effet qu’un message complexe leur soit transmis de façon claire
afin de favoriser leur compréhension de la situation. Or, les
recherches tendent à mettre en évidence un défaut de compréhension
des patients en ce qui concerne justement le processus de
randomisation lui-même [10], ainsi que les modalités et finalités
de la recherche clinique. Joffe et al. [15] ont ainsi conduit
une étude chez 205 patients inclus dans un essai clinique. D’après
ces auteurs, 74 % de ces patients n’ont pas perçu que le
traitement administré n’était pas « standard », 70 %
que l’efficacité du traitement n’est pas définitivement établie,
63 % que le traitement expérimenté pouvait entraîner une
toxicité supplémentaire et 29 % que le bénéfice qu’ils en
tireraient n’était pas certain. Par ailleurs, la mémorisation des
informations apportées lors de l’inclusion dans un essai clinique
semble de courte durée [16, 17]. Par exemple, Bergler et al.
[16] montrent que deux heures après avoir signé un consentement
éclairé, les patients inclus commettent près de 30 % d’erreurs
lors de la passation d’un questionnaire portant sur les modalités
de l’étude clinique et près de 40 % d’erreurs trois mois plus
tard. Ces difficultés de compréhension pourraient être directement
liées à la complexité des documents explicatifs remis aux
participants [18-22]. En effet, selon une étude française, un
participant inclus sur quatre ne lirait pas intégralement les notes
d’informations jugées trop longues par 42 % d’entre eux [18].
Certains patients délégueraient à leur médecin la prise de
décisions concernant leur santé, préférant un mode paternaliste
plutôt que partagé de la décision thérapeutique [23-25]. Malgré les
précautions prises par les investigateurs, la proposition de
participer à une étude clinique pourrait être perçue comme une
décision thérapeutique du médecin et acceptée comme telle par le
patient. Ce dernier signerait alors le consentement éclairé sans en
prendre connaissance en détail. Bergler et al. [16] rapportent
ainsi que même si 95 % des patients inclus souhaitent recevoir
des informations à propos de l’étude clinique proposée, 75 %
des patients déclarent aussi qu’ils auraient accepté de participer
à l’étude même s’ils n’avaient reçu aucune information. De plus,
selon Cox et Avis [26], la relation de confiance établie entre le
médecin investigateur et le patient pourrait influer sur
l’assimilation des informations médicales reçues et l’acceptation
de prendre part à une étude clinique car les patients s’en
remettraient plus facilement à l’avis du praticien. Il se pourrait
donc que les patients les plus satisfaits par les soins reçus
considèrent moins attentivement l’information délivrée par leur
médecin et qu’ils aient donc une moins bonne connaissance des
enjeux de l’étude clinique. Enfin, la capacité des personnes à
assimiler l’information reçue serait fortement réduite en situation
de stress [27]. Plus généralement, un niveau élevé d’anxiété serait
associé à une moins bonne compréhension d’informations écrites
[28]. Or, la proposition de participer à une étude clinique fait
suite, dans la plupart des cas, à l’annonce d’une mauvaise nouvelle
concernant la santé du patient – progression de la maladie,
efficacité insuffisante du traitement précédent. L’anxiété
potentiellement induite par le contexte d’information et/ou par les
renseignements relatifs à l’étude clinique – situation non
familière et incertaine – pourrait perturber le traitement de
l’information. De toute évidence, évaluer la compréhension que
peuvent avoir les patients qui acceptent de participer à un essai
clinique n’est pas aisé, a fortiori lorsqu’il s’agit d’un essai
randomisé. Pour autant, cette question demeure cruciale pour une
bonne prise en charge des patients. Ceux-ci doivent non seulement
saisir parfaitement les termes du consentement de participation,
mais les praticiens doivent également être en mesure d’apporter
toutes les informations complémentaires susceptibles d’aider les
patients à accéder à une perception claire de la situation d’étude
clinique. Réduire les incertitudes des patients paraît en effet
indispensable au maintien de leur adaptation psychologique et
émotionnelle et, en conséquence, de leur qualité de vie. À notre
connaissance, il n’existe pas à l’heure actuelle d’instrument de
mesure validé en français qui permette d’évaluer la compréhension
objective qu’ont les patients des modalités et finalités de
participation à un essai clinique randomisé (phase II ou III).
L’objectif principal de cette étude sera donc d’élaborer un tel
outil (ICEC-R). Les objectifs secondaires seront 1) de comparer les
scores obtenus à l’ICEC-R de différents groupes de participants en
fonction de leur niveau d’expertise dans le domaine (du médecin au
profane), et 2) de vérifier si l’état d’anxiété et la satisfaction
des patients par rapport aux soins ont un impact sur le score
global de compréhension objective obtenu à l’ICEC-R.
Méthode
Participants
L’échantillon comprend 474 participants répartis de la manière
suivante : 73 « patients cibles » atteints d’une
pathologie cancéreuse et inclus dans un essai clinique randomisé,
97 « patients standard » atteints d’une pathologie
cancéreuse mais non inclus dans un essai clinique, 25
« médecins » procédant aux inclusions de patients dans
des essais cliniques, 18 « soignants » ne procédant pas
aux inclusions dans les essais cliniques, 261
« profanes » (étudiants en psychologie). Les
caractéristiques de chaque sous-groupe sont présentées dans les
tableaux 1a et 1b. Les patients ont été recrutés majoritairement
dans un Centre de lutte contre le cancer (63,5 %), et dans
deux services d’oncologie de centres hospitaliers du nord de la
France (30,6 %). Les soignants ont tous été recrutés dans le
CLCC. Les critères d’inclusion sont les suivants. Tous « les
patients cibles » inclus dans un essai clinique randomisé
durant la période de mai 2006 à juin 2007, sans limitation d’âge,
de sexe ou de localisation tumorale, suivis lors d’une
chimiothérapie ou d’une radiothérapie en hôpital de jour ou en
hospitalisation étaient susceptibles d’être sélectionnés s’ils
étaient en mesure de répondre à un questionnaire. Les mêmes
critères ont été appliqués aux « patients standard » à la
seule différence qu’ils n’étaient pas, et n’avaient jamais été,
inclus dans un essai clinique et n’avaient jamais reçu
explicitement d’informations sur les modalités et finalités des
essais cliniques lors de leur parcours de santé. Les
« médecins » sont des oncologues participant à
l’inclusion de patients dans des essais cliniques randomisés. Le
groupe de « soignants » est composé de soignants (13
infirmières, 2 aides-soignantes et 3 psychologues) n’ayant jamais
participé à l’inclusion de patients dans un essai clinique, ni
jamais reçu de formation à cet égard.
Les « profanes » sont tous des étudiants en seconde
année de psychologie n’ayant jamais été confrontés personnellement,
ou par le biais d’un proche, à une inclusion dans un essai
clinique, et n’ayant reçu aucune formation ou information
spécifique à ce sujet.
Tableau 1a Caractéristiques des patients cibles (n =
73) et patients standard (n = 97).
|
Caractéristiques
|
Patients cibles
|
Patients standard
|
|
Âge (moyenne & intervalle)
|
55,14
|
[28-82]
|
52,18
|
[18-84]
|
|
Sexe (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
Hommes
|
41
|
56,16 %
|
54
|
55,67 %
|
|
Femmes
|
32
|
43,84 %
|
43
|
44,33 %
|
|
Situation familiale (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
Célibataire
|
6
|
8,2 %
|
12
|
12,7 %
|
|
Marié(e)/Pacsé(e)
|
52
|
71,2 %
|
70
|
74,5 %
|
|
Divorcé(e)
|
5
|
6,9 %
|
3
|
3,2 %
|
|
Veuf/ve
|
10
|
13,7 %
|
9
|
9,6 %
|
|
Mode de vie (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
Vivant seul(e)
|
9
|
13,1 %
|
13
|
13,9 %
|
|
Vivant en couple
|
40
|
57,9 %
|
49
|
52,7 %
|
|
Vivant en famille/avec enfants
|
18
|
26,1 %
|
30
|
32,3 %
|
|
Vivant avec des amis
|
2
|
2,9 %
|
1
|
1,1 %
|
|
Nombre d’enfants (mode et intervalle)
|
2
|
[0-8]
|
2
|
[0-8]
|
|
Enfants à charge (mode et intervalle)
|
0
|
[0-3]
|
0
|
[0-3]
|
|
Activité professionnelle (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
Actif
|
6
|
8,9 %
|
11
|
12,1 %
|
|
Actif en arrêt de travail
|
27
|
40,3 %
|
33
|
36,3 %
|
|
Étudiant
|
1
|
1,5 %
|
1
|
1,1 %
|
|
Sans emploi
|
3
|
4,5 %
|
16
|
17,6 %
|
|
Retraite
|
30
|
44,8 %
|
30
|
32,9 %
|
|
Année de l’annonce diagnostique (mode et intervalle)
|
2006
|
[1975-2007]
|
2006
|
[1991-2006]
|
|
Type de cancer (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
Sein
|
11
|
15,1 %
|
17
|
17,5 %
|
|
Urogénital
|
12
|
16,4 %
|
17
|
17,5 %
|
|
Poumon
|
18
|
24,7 %
|
2
|
2,1 %
|
|
Sarcome
|
12
|
16,4 %
|
9
|
9,3 %
|
|
Leucémie
|
|
|
19
|
19,6 %
|
|
Digestif
|
15
|
20,6 %
|
21
|
21,6 %
|
|
Autre
|
5
|
6,8 %
|
12
|
12,4 %
|
|
Traitement en cours (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
Chimiothérapie
|
71
|
97,3 %
|
90
|
92,8 %
|
|
Radiothérapie
|
2
|
2,7 %
|
7
|
7,2 %
|
|
Autonomie (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
Autonome au domicile
|
54
|
83,1 %
|
80
|
87,9 %
|
|
Conjoint aidant
|
4
|
6,1 %
|
7
|
7,7 %
|
|
Aide à domicile
|
5
|
7,7 %
|
2
|
2,2 %
|
|
Hébergement familial
|
2
|
3,1 %
|
2
|
2,2 %
|
|
Performance Status (OMS) (mode et intervalle)
|
0
|
[0-3]
|
1
|
[0-2]
|
|
Suivi psychologique & psychotropes (effectif & %)
|
13
|
18,8 %
|
8
|
9,3 %
|
Tableau 1b Caractéristiques des médecins (n = 25), des
soignants (n = 18) et des profanes (n = 261).
|
Caractéristiques
|
Médecins
|
Soignants
|
Profanes
|
|
Âge (moyenne & intervalle)
|
48,44
|
[30-59]
|
32,88
|
[20-53]
|
21
|
[19-28]
|
|
Sexe (effectif & %)
|
|
|
|
|
|
|
|
Hommes
|
11
|
44 %
|
5
|
27,8 %
|
53
|
18,8 %
|
|
Femmes
|
14
|
56 %
|
13
|
72,2 %
|
208
|
81,2 %
|
|
Statut professionnel
|
|
|
|
|
|
|
|
Praticien Hospitalier
|
25
|
100 %
|
|
|
|
|
|
Infirmière
|
|
|
13
|
72,2 %
|
|
|
|
Aide-soignante
|
|
|
2
|
11,1 %
|
|
|
|
Psychologue
|
|
|
3
|
16,7 %
|
|
|
|
Ancienneté de l’activité
|
|
|
|
|
|
|
|
professionnelle (moyenne en année et intervalle)
|
|
|
|
|
|
|
|
Durée totale
|
18
|
[1-34]
|
10
|
[1-33]
|
|
|
|
Durée dans le service
|
14
|
[1-30]
|
8
|
[1-30]
|
|
|
|
Degré d’expertise
|
|
|
|
|
|
|
|
Inclusions dans des ECR
|
25
|
100 %
|
|
|
|
|
|
Formation ou information
|
20
|
80 %
|
|
|
|
|
|
Auto-évaluation du degré d’expertise
|
|
|
|
|
|
|
|
Faible
|
2
|
8,4 %
|
5
|
27,8 %
|
211
|
81,1 %
|
|
Moyen
|
6
|
25 %
|
2
|
11,1 %
|
46
|
17,7 %
|
|
Bon
|
11
|
45,8 %
|
11
|
61,1 %
|
2
|
0,8 %
|
|
Très bon/excellent
|
5
|
20,8 %
|
|
|
1
|
0,4 % %
|
Procédure concernant les patients cibles et standard
Un psychologue rencontrait les patients répondant aux critères de
sélection à l’occasion de l’une de leurs venues à l’hôpital dans le
cadre de leur traitement. Après qu’ils aient été informés des
objectifs de l’étude, les patients ayant consenti à y prendre part
se voyaient remettre le questionnaire et le complétaient sur place.
Ils remettaient le document complété au psychologue qui leur
précisait alors les tenants et aboutissants de la recherche et
répondait à leurs interrogations le cas échéant. Concernant les
médecins et les autres soignants, le psychologue en charge de
l’étude présentait l’étude aux participants répondant aux critères
d’inclusion. Suite à leur acceptation, chaque personne recevait le
questionnaire par courrier et le retournait anonymement sous pli à
l’équipe de recherche. Concernant les profanes, lors d’un cours
magistral de deuxième année de psychologie, les étudiants ont été
invités à participer à une étude concernant leurs connaissances à
propos des essais thérapeutiques. Suite à leur acceptation, les
étudiants complétaient le questionnaire et le redéposaient à la fin
de leur cours. Dans tous les cas, le caractère anonyme et
confidentiel des réponses était garanti.
Mesures
Tous les patients « cibles » ou « standard »
recevaient un questionnaire composé des échelles suivantes :
1) un inventaire de compréhension des essais cliniques randomisés
(ICEC-R) ; 2) une mesure de l’anxiété état et trait (STAI-Y
formes-A et B) ; 3) une échelle de satisfaction par rapport
aux soins prodigués (SAT 32 ou 35). Outre des informations
générales, les médecins, les soignants et les profanes ne
complétaient que l’ICEC-R.
Inventaire de compréhension des essais cliniques randomisés
(ICEC-R)
Cet inventaire a été élaboré à partir des informations contenues
dans les consentements éclairés écrits que les patients doivent
signer avant le début d’un essai clinique. Chaque item a été testé,
lu et corrigé indépendamment par deux médecins oncologues experts
du domaine jusqu’à l’obtention d’un accord inter juges total. Vingt
items ont été adoptés se référant à quatre domaines importants
d’informations présents dans le consentement : le cadre légal,
l’incertitude de l’issue du traitement, la randomisation, et les
conditions de sortie d’un essai. Les participants étaient invités à
indiquer pour chaque proposition si elle était vraie ou fausse. En
cas d’incertitude, ils pouvaient cocher la réponse « je ne
sais pas ». Dans un premier temps, les analyses ont porté sur
l’échantillon de « patients cibles ». L’analyse des
distributions de réponses a permis d’identifier les items
extrêmes : ceux pour lesquels les participants présentaient
plus de 75 % de bonnes réponses ont été éliminés car ils
avaient une faible capacité de distinction des patients en fonction
de leur niveau de connaissance et concernaient probablement des
informations acquises par la grande majorité. À l’opposé, les items
pour lesquels les sujets présentaient moins de 25 % de bonnes
réponses ont été également éliminés car ils étaient peu
discriminants, risquaient de mettre inutilement les patients en
situation d’échec et concernaient pour la plupart des informations
techniques ou des notions complexes. À l’issue de cette étape, 6
items ont été abandonnés. Dans un second temps, une analyse
similaire a porté sur les réponses de l’échantillon de
« médecins ». Les items donnant lieu à moins de 90 %
de bonnes réponses ont été supprimés. Étant donné le niveau
d’expertise de ces participants, une proportion moindre de réussite
peut être interprétée comme le risque d’une ambiguïté dans la
formulation des items. Cette étape a conduit à l’éviction de 4
autres items. Au final, 10 items ont donc été retenus (annexe 1).
Le score de compréhension correspond au nombre de réponses
correctes. L’intervalle s’étend de 0 à 10. Plus le score est élevé,
plus la compréhension objective est élevée.
Anxiété
Le niveau d’anxiété a été évalué à l’aide de l’inventaire d’anxiété
état et trait State-Trait Anxiety Inventory ; STAI-Y Formes-A
et B [29-32]. Les participants répondaient à deux séries de 20
items en se référant à ce qu’ils ressentaient « à l’instant,
juste en ce moment » et « en général… » selon quatre
modalités (non, plutôt non, plutôt oui, oui/presque jamais,
parfois, souvent, presque toujours). Le niveau ou score d’anxiété
d’un participant correspond à la somme de ses réponses et
l’intervalle des scores possibles s’étend de 20 à 80. Plus le score
est élevé, plus le répondant présente une anxiété état ou trait.
Satisfaction par rapport aux soins
La satisfaction par rapport aux soins a été mesurée grâce à la
SAT-32 pour les patients en hospitalisation [33] et la SAT-35 pour
les patients soignés en ambulatoire [34]. Les patients indiquaient
sur des échelles en 5 points (de mauvais à excellent) leur degré de
satisfaction par rapport aux compétences techniques, aux qualités
relationnelles, aux informations données, à la disponibilité des
médecins, et distinctement des infirmières. Venaient ensuite un
ensemble d’items sur le service et son organisation regroupés en 4
sous-échelles permettant d’évaluer les échanges d’informations
entre professionnels, l’apport d’information des autres personnels,
les délais d’attente et l’environnement physique du service. Enfin
un dernier item abordait la satisfaction globale par rapport aux
soins. Un score est calculé pour chaque sous-dimension. Plus le
score est élevé, plus la satisfaction est élevée.
Résultats
Analyse statistique
L’analyse des résultats s’est déroulée en deux temps. Il s’agissait
dans un premier temps de comparer les réponses à l’ICEC-R des
participants des différents groupes – des médecins aux profanes.
Puis, pour les patients uniquement, les corrélations entre les
scores de compréhension, d’anxiété et de satisfaction par rapport
aux soins ont été examinées à l’aide du r de Pearson. Les
comparaisons ont été analysées à l’aide d’Anovas, de t-Student ou
de Chi carré le cas échéant. Les moyennes ± écarts types, les
fréquences et pourcentages de réponses selon le type de variable en
présence seront présentés. Le seuil de significativité retenu est
0,05.
Comparaison intergroupe du score de compréhension à
l’ICEC-R
Comme attendu, les scores les plus élevés, témoignant d’une bonne
compréhension du protocole, se retrouvent globalement pour la
catégorie « médecins » et les scores plus faibles pour
les « profanes » et les « patients standard ».
Entre les deux, viennent les « patients inclus » et les
« soignants » (tableau 2).
L’analyse de variance indique en outre un effet significatif
majeur du type de répondants sur le score de compréhension (p <
0,000 1). Comme attendu, les médecins obtiennent un score
significativement plus élevé que ceux de tous les autres
participants. Les patients inclus et les soignants ne se
différencient pas entre eux, mais se distinguent des patients
standard et des profanes. Profanes et patients standard obtiennent
des scores non significativement différents entre eux (figure 1).
Tableau 2 Données descriptives du score de
compréhension objective des essais cliniques selon le type de
participants.
|
Médecins
|
Soignants
|
Patients Inclus
|
Patients Standard
|
Profanes
|
|
Effectif
|
25
|
18
|
73
|
97
|
261
|
|
Moyenne
|
9,52
|
7,06
|
6.68
|
4,74
|
4,72
|
|
Écart type
|
1
|
2,77
|
2,57
|
2,40
|
2,21
|
|
Médiane
|
10
|
7,50
|
7
|
5
|
5
|
|
Intervalle
|
[6-10]
|
[0-10]
|
[0-10]
|
[0-9]
|
[0-10]
|
Test-Retest sur l’ICEC-R
La fidélité de l’ICEC-R a été mesurée sur un échantillon de trente
patients inclus dans un essai clinique à quinze jours d’intervalle.
Le coefficient de corrélation entre les deux scores est très
satisfaisant (0,84). La médiane des scores est de 6,5 aux deux
temps de passation avec une moyenne de 6,2 ± 2,31 pour le temps 1
et de 6,6 ± 1,85 pour le temps 2.
Liens entre l’ICEC-R, l’anxiété et la satisfaction par rapport
aux soins
Comme indiqué dans le tableau 3, aucune
corrélation significative n’est observée entre le score de
compréhension et le niveau d’anxiété-trait ou d’anxiété-état. Il en
est de même pour le lien avec la satisfaction par rapport aux soins
en général, ou plus spécifiquement aux soins prodigués par les
médecins ou les infirmières. Seule la satisfaction par rapport à
l’environnement physique du service est liée négativement au score
de l’ICEC-R pour les patients témoins-standard. Ce lien n’est
cependant pas retrouvé pour les patients cibles.
Tableau 3 Corrélations entre le score à l’ICEC-R et
l’anxiété (état-trait), la satisfaction par rapport aux soins.
|
Score à l’ICEC-R
|
|
Patients inclus
|
Patients standard
|
|
Anxiété État
|
0,10
|
-0,05
|
|
Anxiété Trait
|
-0,01
|
0,02
|
|
Score global de satisfaction
|
-0,11
|
-0,01
|
|
Satisfaction par rapport aux soins des médecins
|
|
|
|
Compétences techniques
|
0,13
|
0,07
|
|
Qualités relationnelles
|
-0,22
|
-0,08
|
|
Informations données
|
-0,07
|
-0,01
|
|
Disponibilité
|
-0,00
|
-0,15
|
|
Satisfaction par rapport aux soins des infirmières
|
|
|
|
Compétences techniques
|
-0,13
|
-0,06
|
|
Qualités relationnelles
|
-0,14
|
-0,09
|
|
Informations données
|
-0,01
|
-0,06
|
|
Disponibilité
|
-0,08
|
-0,07
|
|
Échange d’informations entre professionnels
|
-0,01
|
-0,07
|
|
Apport d’informations des autres personnels
|
-0,05
|
-0,07
|
|
Délais d’attente
|
-0,04
|
-0,14
|
|
Environnement physique du service
|
-0,01
|
-0,28*
|
Discussion-Conclusion
L’objectif principal de cette étude était d’élaborer un
questionnaire permettant d’évaluer la compréhension objective des
patients à propos des modalités et finalités de leur participation
aux études cliniques randomisées (phases II et III). Les analyses
ont permis de retenir un inventaire (ICEC-R) formé de dix items
suffisamment discriminants auprès des patients et dont les réponses
sont consensuelles au sein d’une population de médecins experts. Il
s’agit d’une échelle unidimensionnelle permettant de dégager un
score global de bonnes réponses sur 10 points, dont la cotation des
réponses est simple et rapide car indépendante des modalités de
l’étude clinique considérée. L’analyse de la compréhension
objective mesurée par le biais de l’ICEC-R confirme d’une part
l’expertise des médecins qui proposent à leurs patients de
participer aux protocoles de recherche biomédicale et, d’autre
part, le caractère non équivoque des items proposés. Par ailleurs,
la qualité de la compréhension mesurée chez les participants aux
essais cliniques randomisés s’avère comparable à celle rapportée
par Bergler et al. [16] et paraît, en conséquence, meilleure
que celle indiquée par d’autres auteurs [15]. Ces patients
commettent en effet 33 % d’erreurs en moyenne à propos des
modalités et finalités globales des essais. Ce score n’est pas
différent de celui qu’obtiennent des soignants ne participant pas à
l’inclusion des patients dans les études cliniques, ce qui confirme
la nécessité pour ces patients de recevoir des informations de la
part de sources expertes. En d’autres termes, le temps
d’explication et de discussion entre le médecin et son patient au
sujet de l’étude clinique apparaît comme fondamental puisque les
autres personnels soignants ne sont pas en mesure de fournir une
information aussi exacte et détaillée. La qualité de la
compréhension des patients concernés se différencie toutefois de
manière significative du score de connaissances qu’obtiennent les
patients n’ayant jamais pris part à une étude clinique. Cela
confirme l’impact positif des notices d’informations malgré leur
complexité [18-22], et les difficultés que les patients semblent
effectivement rencontrer pour les assimiler (puisqu’en moyenne, une
information sur trois n’est pas correctement assimilée). Enfin, le
niveau de connaissances dont disposent les patients non concernés
par les études cliniques ne diffère pas de celui de sujets profanes
n’ayant jamais été informés au sujet des études cliniques. Cela
suggère que les patients s’informent peu au sujet de la possibilité
de prendre part à la recherche biomédicale s’ils n’y sont pas
invités par leur médecin. Ce dernier point soulève la question de
l’attitude préalable des patients vis-à-vis de ces protocoles de
recherche et de l’information qui leur est délivrée à ce propos en
dehors des procédures d’inclusion. L’ICEC-R est à notre
connaissance le seul questionnaire francophone évaluant la
compréhension objective à propos des essais cliniques randomisés.
Il compléterait ainsi le QCFic [35] qui concerne spécifiquement les
essais de phase I hors oncologie. D’autres outils sont disponibles
[36-39], mais n’ont pas été traduits en français et présentent des
caractéristiques différentes telles que l’évaluation de la
compréhension subjective et/ou une cotation dépendante du
protocole. Le second objectif de cette étude était de vérifier si
la compréhension objective des patients évaluée par l’ICEC-R est
dépendante de facteurs contextuels intra ou interpersonnels. Nous
nous sommes limités dans cette étude à vérifier l’impact de
l’anxiété des patients (trait et état) et de leur satisfaction par
rapport aux soins reçus. Contrairement aux études suggérant un
impact délétère de l’anxiété ou du type de relation
patient-soignant sur l’assimilation des informations médicales [27,
28], les réponses données par les patients à l’ICEC-R semblent
indépendantes de ces variables. En d’autres termes, l’anxiété des
personnes ne semble pas altérer leur perception et leur traitement
des informations reçues d’une part, ni leur capacité à répondre à
l’ICEC-R d’autre part. Ce résultat est d’ailleurs confirmé par la
très bonne fiabilité test-retest des réponses à l’inventaire. En
outre, la satisfaction des patients par rapport aux soins reçus ne
semble pas affecter l’intégration de l’information reçue concernant
les protocoles d’études cliniques proposés. Ce dernier résultat
suggère que la satisfaction en général que peuvent éprouver les
patients à l’égard des équipes soignantes n’altère pas forcément le
traitement cognitif des informations médicales spécifiques aux
essais cliniques. Les lacunes de compréhension observées pourraient
être imputables à la complexité des notices d’information remises
aux patients [18-22]. Une vérification spécifique de la
satisfaction réelle des patients concernant la démarche d’inclusion
en tant que telle pourrait toutefois être utile. Cette étude est
une première étape vers l’amélioration de nos connaissances sur la
compréhension qu’ont les patients des modalités et finalités de
leur participation à un essai clinique randomisé. Des prolongements
sont de fait nécessaires afin de confirmer la structure
unidimensionnelle de l’outil dans sa forme actuelle à 10 items
selon différentes pathologies et divers protocoles, afin de tester
son faible lien avec d’autres variables concomitantes telles que la
dépression, le grade de la maladie ou les stratégies de
communication praticien – patient notamment. Il serait également
intéressant de coupler dans une même étude l’ICEC-R et des items
évaluant la compréhension subjective. Il semble en effet tout aussi
pertinent d’apprécier la compréhension « factuelle » que
la compréhension « expérientielle » des patients pour
tenter d’améliorer la qualité de leur prise en charge. L’existence
d’outils de mesure fiables et simples d’utilisation nous semble un
atout indéniable pour la pratique clinique au quotidien. Cela
représente un intérêt clinique majeur pour réajuster l’information
délivrée aux patients en fonction des difficultés de compréhension
mises en évidence par la passation du questionnaire. Déterminer
quels facteurs intrinsèques ou extrinsèques affectent cette prise
d’information reste un enjeu primordial en oncologie
médicale.ICEC-R. Lisez chacune des affirmations suivantes
concernant votre traitement actuel, et indiquez si elle vous semble
VRAIE ou FAUSSE. Si vous n’êtes pas sûr(e) de la réponse, vous
pouvez cocher la case « NSP » (je ne sais pas). Répondez
en COCHANT la case qui correspond à votre réponse.
|
Exemple
|
Vrai
|
Faux
|
NSP
|
|
Les essais cliniques ont pour but de mieux connaître les effets
d’un traitement à l’étude.
|
X
|
o
|
o
|
|
|
Vrai
|
Faux
|
NSP
|
|
1.
|
Pour les besoins de l’étude, les données concernant le patient
seront traitées de façon anonyme.
|
X
|
o
|
o
|
|
2.
|
Certains effets secondaires peuvent entraîner l’arrêt de la
participation du patient à l’essai clinique.
|
X
|
o
|
o
|
|
3.
|
Lors d’un essai clinique randomisé, tous les patients reçoivent le
même traitement.
|
o
|
X
|
o
|
|
4.
|
Les essais cliniques sont réglementés par des lois.
|
X
|
o
|
o
|
|
5.
|
Le patient peut quitter l’essai clinique sans fournir d’explication
à l’équipe soignante.
|
X
|
o
|
o
|
|
6.
|
Lors d’essais cliniques, tous les effets indésirables qui peuvent
apparaître sont connus.
|
o
|
X
|
o
|
|
7.
|
Si le patient décide de quitter l’essai clinique, cela risque
d’altérer la qualité des soins qu’il recevra par la suite.
|
o
|
X
|
o
|
|
8.
|
Le médecin peut être amené à taire certaines informations
concernant les effets positifs sur la santé et les effets
indésirables du traitement à l’étude.
|
o
|
X
|
o
|
|
9.
|
Dans le cadre d’un essai clinique randomisé, le traitement
administré a été déterminé par tirage au sort sans influence du
médecin.
|
X
|
o
|
o
|
|
10.
|
Les effets positifs sur la santé du traitement à l’étude sont
entièrement connus.
|
o
|
X
|
o
|
Références
1 Camhi B, Moumjid N, Brémond A. Knowledge and
preferences of the patients about medical information: a study on
700 patients in a regional comprehensive cancer centre. Bull Cancer
2004 ; 91 : 977-84.
2 Tattersall MHN, Simes RJ. « Issues in informed
consent ». In : Williams CJ (ed.). Introducing New
Treatments for Cancer : Practical, Ethical and Legal Problems.
New York : John Wiley & Sons, 1992.
3 Giesen D. The patient’s right to know – a comparative law
perspective. Medicine and Law 1993 ; 12 : 553-65.
4 Ellis PM. Attitudes towards and participation in
randomised clinical trials in oncology: a review of literature.
Annals of Oncology 2000 ; 11 : 939-45.
5 Castel P, Negrier S, Boissel JP. Why don’t
cancer patients enter clinical trials ? A review. European
Journal of Cancer 2006 ; 42 : 1744-8.
6 McDaid C, Hodges Z, Fayter D, Stirk L,
Eastwood A. Increasing participation of cancer patients in
randomised controlled trials : a systematic review. Trials
2006 ; 7 : 16.
7 Mills EJ, Seely D, Rachlis B, Griffith L,
Wu P, Wilson K, et al. Barriers to participation in
clinical trials of cancer : a meta-analysis and systematic
review of patient-reported factors. Lancet Oncology 2006 ;
7 : 141-8.
8 Townsley CA, Selby R, Siu LL. Systematic review
of barriers to the recruitment of older patients with cancer onto
clinical trials. Journal of Clinical Oncology 2005 ; 23 :
3112-24.
9 Fallowfield LJ, Jenkins V, Brennan C,
Sawtell M, Moynihan C, Souhami RL. Attitudes of
patients to randomised clinical trials of cancer therapy. European
Journal of Cancer 1998 ; 34 : 1554-9.
10 Featherstone K, Donovan JL. Random allocation or
allocation at random ? Patients’ perspectives of participation
in a randomised controlled trial. BMJ 1998 ; 317 :
1177-80.
11 Hellman S, Hellamn D. Problems of the randomized
Clinical trial. The New England Journal of Medicine 1991 ;
324 : 1585-9.
12 Passamani E. Clinical trials: are they ethical? The New
England Journal of Medicine 1991 ; 324 : 1589-91.
13 Snowdon C, Garcia J, Elbourne D. Making sense
of randomization: responses of parents of critically ill babies to
random allocation of treatment in a clinical trial. Social Science
& Medicine 1997 ; 45 : 1337-55.
14 Slevin M, Mossman J, Bowling A,
Leonard R, Steward W, Harper P, et al.
Volunteers or victims: patients’ views of randomised clinical
trials. British Journal of Cancer 1995 ; 71 : 1270-4.
15 Joffe S, Cook EF, Cleary PD, Clark JW,
Weeks JC. Quality of informed consent in cancer clinical
trials: a cross-sectional survey. Lancet 2001 ; 358 :
1742-3.
16 Bergler JH, Pennington AC, Metcalfe M,
Freis ED. Informed consent: how much does the patient
understand? Clinical Pharmacology and Therapeutics 1980 ;
27 : 435-40.
17 Olver IN, Buchanan L, Laidlaw C,
Poulton G. The adequacy of consent forms for informing
patients entering oncological clinical trials. Annals of Oncology
1995 ; 6 : 867-70.
18 Krupka E, Gendre D, Lafay C, Le Dez O,
Gelineau P, Perault-Pochat MC. Perception of written and
oral information by 50 healthy volunteers from a monocentric study.
Thérapie 2006 ; 60 : 31-8.
19 Franck L, Winter I. Research participant
information sheets are difficult to read. Bulletin of Medical
Ethics 2004 ; 195 : 13-6.
20 Grossman SA, Piantadosi S, Covahey C. Are
informed consent forms that describe clinical oncology research
protocols readable by most patients and their families? Journal of
Clinical Oncology 1994 ; 12 : 2211-5.
21 Paris A, Cracowski JL, Ravanel N,
Cornu C, Gueyffier E, Deygas B, et al.
Lisibilité de l’information écrite destinée aux sujets de prêtant à
une recherche biomédicale. La presse médicale 2005 ; 34 :
13.
22 Sharp SM. Consent documents for oncology trials: does
anybody read these things? American Journal of Clinical Oncology
2004 ; 27 : 570-5.
23 Charles C, Gafni A, Whelan T. Shared
decision-making in the medical encounter: what does it mean? (or it
takes at least two to tango). Social Science and Medicine
1997 ; 44 : 681-92.
24 Degner LF, Kristjanson LJ, Bowman D,
Sloan JA, Carriere KC, O’Neil J, et al.
Information needs and decisional preferences in women with breast
cancer. JAMA 1997 ; 277 : 1485-92.
25 Llewellyn Thomas HA, McGreal MJ, Thiel EC.
Cancer patients’ decision making and trial-entry preferences: the
effects of “framing” information about short-term toxicity and
long-term survival. Medical Decision Making 1995 ; 15 :
4-12.
26 Cox K, Avis M. Psychological aspects of
participation in early anti-cancer drugs trials. Report of a pilot
study. Cancer Nursing 1996 ; 19 : 177-86.
27 Schwartz-Arad D, Bar-Tal Y, Eli I. Effect of
stress on information processing in the dental implant surgery
setting. Clinical Oral Implants Research 2007 ; 18 :
9-12.
28 Waid LR, Kanoy III RC, Blick KA,
Walker WE. Relationship of state-trait anxiety and type of
practice to reading comprehension. Journal of Psychology
1978 ; 98 : 27-36.
29 Spielberger CD. State-trait Anxiety Inventory : a
Comprehensive Bibliography.Palo Alto, CA: Consulting Psychologists
Press, 1983a.
30 Spielberger CD. Manual for the State-Trait Anxiety Inventory
(Form Y) (“Self-evaluation questionnaire”).Palo Alto, CA:
Consulting Psychologists Press, 1983b.
31 Spielberger CD, Gorsuch RL, Lushene RE. Manual
for the State-Trait Anxiety inventory (“Self evaluation
questionnaire”). Palo Alto, CA : Consulting Psychologists
Press, 1970.
32 Bruchon-Schweitzer ML, Paulhan I. Manuel pour
l’Inventaire d’anxiété trait-état (forme Y). Paris : Éditions
du Centre de Psychologie Appliquée, 1990.
33 Bredart A, Bottomley A, Blazeby JM,
Conroy T, Coens C, D’Haese S, et al. An
international prospective study of the EORTC cancer in-patient
satisfaction with care measure (EORTC IN-PATSAT32). European
Journal of Cancer 2005 ; 41 : 2120-31.
34 Poinsot R, Altmeyer A, Conroy T,
Savignoni A, Asselain B, Léonard I, et al.
Validation multicentrique d’un questionnaire de satisfaction des
soins lors d’un traitement de chimiothérapie ou radiothérapie
ambulatoire. Bull Cancer 2006 ; 93 : 315-27.
35 Paris A, Cornu C, Auquier P, Maison P,
Radauceanu A, Brandt C, et al. French adaptation and
preliminary validation of a questionnaire to evaluate understanding
of informed consent documents in phase I biomedical research.
Fundamental Clinical Pharmacology 2006 ; 20 : 97-104.
36 Sugarman J, Lavori PW, Boeger M, Cain C,
Edson R, Morrison V, et al. Evaluating the quality
of informed consent. Cinical Trials 2005 ; 2 : 34-41.
37 Guarino P, Lamping DL, Elbourne D,
Carpenter J, Peduzzi P. A brief measure of perceived
understanding of informed consent in a clinical trial was
validated. Journal of Clinical Epidemiology 2006 ; 59 :
608-14.
38 Miller CK, O’Donnell DC, Searight HR,
Barbarash RA. The Deaconess Informed Consent Comprehension
Test : an assessment tool for clinical research subjects.
Pharmacotherapy 1996 ; 16 : 872-8.
39 Joffe S, Cook EF, et al. Quality of informed
consent : a new measure of understanding among research
subjects. Journal of the National Cancer Institute 2001 ;
93 : 139-47.
|