Un groupe d'experts suisses principalement urgentistes, neurologues
et épidémiologistes propose des recommandations pour le
diagnostic des céphalées aiguës non traumatiques en premier
recours.
Les céphalées aiguës de ce type représenteraient
4 % des consultations de premier recours, et en population générale,
90 à 95 % sont considérées comme idiopathiques (primaires).
Partant de la lecture de 11 recommandations répondant aux critères
de qualité AGREE, les auteurs proposent un arbre décisionnel fondé
sur la présence ou non de « signes d'alerte » : la présence
d'un ou plusieurs de ces signes doit faire suspecter une céphalée
secondaire et poser l'indication d'une consultation et d'examens spécialisés
: céphalée nouvelle (surtout après 50 ans) ou « différente
», explosive, isolée et fébrile sans foyer infectieux évident,
déclenchée ou aggravée par l'effort, accompagnée
d'HTA et/ou rash et/ou méningisme et/ou perte pondérale, de myalgie
ou de symptômes neurologiques, ou dans un contexte particulier tel qu'une
manipulation de la nuque, une infection à VIH, la grossesse ou le post-partum,
un cancer, etc.
Ceppi M, Willi C, Hugli O, Regli L, Cereda C, Maeder P et al. Recommandations
pratiques pour le diagnostic en urgence des céphalées aiguës
non traumatiques. Rev Med Suisse. 2008;4:1741-6.
Commentaires de la rédaction
* La méthodologie suivie par ce groupe d'experts est explicite et répond
bien aux critères de qualité exigibles d'une telle recommandation,
qui se veut une adaptation au contexte médical suisse des guides existants
sans nécessairement refaire l'analyse complète de la littérature.
* Le tableau des critères diagnostiques de céphalées primaires
récapitule bien les conditions cliniques habituelles en premier recours
: migraines avec ou sans aura, céphalées de tension, céphalées
« en grappe ».
* Les implications pratiques de cette recommandation restent à décliner
localement, tant les conditions des filières de soins existantes peuvent
varier d'un endroit à l'autre...
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