ARTICLE
Auteur(s) : Marie-Pierre
Lehougre1, Manuela Romero2
1Unité des maladies génétiques du globule rouge,
Hôpital Henri-Mondor, 51 avenue du Maréchal De Lattre de Tassigny,
94000 Créteil
2Centre de référence de la drépanocytose, Service de
pédiatrie, Hôpital intercommunal de Créteil, 40 avenue de Verdun,
94010 Créteil
L’annonce dans le cadre de la consultation de conseil
génétique
Introduction
L’incurabilité et la gravité de la drépanocytose en font une
pathologie pour laquelle le diagnostic prénatal est autorisé par la
loi1. Il doit être précédé, selon les
termes de celle-ci, d’une consultation médicale de conseil
génétique. Cette consultation se déroule à l’UMGGR2 de l’hôpital Henri-Mondor une demi-journée
par semaine. Elle est organisée en binôme médecin/psychologue et
permet de recevoir les consultants dans un délai très court.
Enjeux et paradoxes de la consultation
La particularité de cette consultation, articulée à la spécificité
de la maladie qui nous occupe, ouvre bon nombre de réflexions et de
questionnements.
Du contexte de la rencontre à la teneur des paroles qui sont
prononcées, de nombreux paradoxes sont à l’œuvre : place
paradoxale du médecin, non plus soignant mais
« annonceur » ; place paradoxale d’un couple,
concerné par une pathologie dont il ne souffre pas le plus souvent,
mais dont il devient, par cette parole d’annonce, le transmetteur
pathogène ; paradoxe d’une maladie enfin, sans stigmate, mais
dont « la particulière gravité reconnue comme incurable au
moment du diagnostic » autorise, selon les termes de la loi,
le recours au DPN et à l’interruption de la grossesse pour motif
médical (IMG).
Comment soutenir la tension entre la nécessité d’annoncer une
vérité si intime qu’elle en est génétique et la crainte de
déclencher un cataclysme dans ce contexte hautement anxiogène de la
grossesse ? Voilà bien la complexité au sein de laquelle il
s’agit de construire à chaque fois un chemin singulier à partir
d’une histoire singulière.
Le médecin est donc soumis à un effort psychique particulier car
il doit formuler une information qu’il voudrait la plus objective,
rationnelle et explicative possible sur ce qui apparaîtra pour ses
patients parfois comme une abstraction. Il doit tenir compte de ce
que les patients peuvent comprendre, supporter, ou savent déjà,
mais aussi des conséquences de ce qu’il dira sur eux. Il doit
trouver une attitude qui satisfasse son souci de ne pas rassurer
faussement, sans pour autant dramatiser, tout en faisant comprendre
l’importance de ce qui est dit [1].
Du paradoxe de la demande à l’annonce du risque
Si la consultation se traduit invariablement par une réponse, il
nous faut d’ores et déjà remarquer qu’elle repose bien peu souvent
sur une réelle demande : certes peurs et fantasmes sont
présents qui alimentent des interrogations chez les futurs parents,
mais à la première question du praticien : « Que puis-je
faire pour vous ? », c’est fréquemment la lettre d’un
professionnel, dont les consultants se font le porte-parole, qui
est tendue ; quand ce ne sont pas des résultats de laboratoire
(chiffres, pourcentages), comme autant de mesures de la
déviance : « Depuis que je sais que je suis partielle
(AS) je ne me sens plus la même, c’est comme une malédiction, ça me
pourrit la vie (…) je ne peux pas être rassurée comme si les
mots ne suffisaient plus. » nous dira cette jeune femme
découverte AS, le père de son enfant à naître étant lui AA.
En lieu et place d’une demande vraiment élaborée, nos
consultants exprimeront plutôt une crainte plus ou moins diffuse,
la sensation d’un danger latent : « Je ne sais pas
pourquoi je suis là mais je sais que c’est grave. » Il n’est
pas rare en effet que la consultation opère comme une levée du
refoulement. Ainsi, ce qui peut rendre particulièrement traumatique
cet instant où le risque est annoncé, c’est précisément ce
« je ne sais pas mais je sais », autrement dit ce lien de
causalité qui se tisse petit à petit entre le discours du médecin
et ce retour du refoulé qui rend tout à coup accessible à la
conscience ces images d’un autre temps, d’un autre lieu ;
vision de ces malades aux yeux jaunes et au ventre gonflé vus aux
pays, dont la petite taille, signe de l’anémie chronique, marquait
la fragilité ; paroles entendues aussi sur leur mort prochaine
et inéluctable, sans parler des croyances véhiculées par
l’imaginaire populaire sur cette maladie de la douleur à
l’étiologie obscure. Autant de représentations redoutées et
refoulées, de symbolisations de la mort qui font retour
aujourd’hui, par les paroles d’un médecin, comme une cohorte de
revenants.
La première question des consultants est invariablement :
« Peut-on changer les choses ?» Elle est le signe de
la dérisoire tentative de maîtriser cette transmission dont il est
si difficile d’admettre qu’elle échappe, aujourd’hui et pour chaque
grossesse, à la toute-puissance des géniteurs.
Devant l’invisible et implacable danger qui pèse dorénavant sur
l’enfant à naître, la distribution aléatoire des gènes ne convient
pas à la psyché et il s’avère souvent impossible de faire sa place
au hasard. La consultation est alors indissociable de la recherche
de sens : « Pourquoi moi ? Pourquoi nous ?
Pourquoi suis-je comme cela ? »
Mais aussi de la recherche d’un coupable : culpabilité
toute trouvée lorsqu’elle fait écho à une faute sexuelle, à un
désir réprouvé, à un interdit bravé.
À première vue, la tâche de nos médecins peut paraître plus
simple que pour d’autres pathologies génétiques où le risque
s’évalue en pourcentage. Néanmoins, s’il est possible de raisonner
en tout ou rien, la variabilité phénotypique de la drépanocytose
introduit un paramètre important et une difficulté
supplémentaire.
Parce que « le dire » est au premier plan, un soin
tout particulier est apporté au choix du vocabulaire usité car les
mots utilisés sont, par leurs essences mêmes, susceptibles
d’alimenter les fantasmes et d’induire des confusions. Il convient
d’être attentifs à l’impact qu’ils produiront et aux possibilités
de compréhension des personnes mais aussi aux conséquences
subjectives de ce qui est annoncé : c’est-à-dire à la teneur
des représentations sur le statut de risque et sur l’anticipation
de l’impact du résultat sur la vie future.
Nous sommes donc particulièrement attentifs aux remaniements
psychiques à l’œuvre et aux préoccupations qui apparaissent au
travers des questions posées par nos patients, afin de favoriser
l’ouverture vers un travail d’élaboration.
Deux possibilités pour un choix impossible
Dépourvue de son pouvoir de soins, la médecine dans un tel contexte
a pour seule offre celle de savoir, de connaître avant l’heure,
l’état de santé du futur enfant et de permettre aux parents, le cas
échéant, d’interrompre la grossesse.
Cette possibilité présente un atout indéniable face à
l’arbitraire comme nous l’a dit M. T déjà père d’une fillette
malade, née au Congo : « Moi je veux savoir pour ne pas
continuer dans cette fatalité », « Aujourd’hui j’ai le
choix, je veux en profiter. »
Elle ouvre néanmoins sur une dimension qui n’est pas sans
plonger les protagonistes dans un monde étrange et inquiétant
que Freud [2] entrevoyait il y a un siècle, mais dorénavant
accessible par les techniques modernes. Arrêtons-nous sur
l’histoire de Mr et Mme R.
M. et Mme R sont parents de deux enfants (AA et AS). Une
3e grossesse un an auparavant a fait l’objet d’un
DPN qui a révélé un fœtus SS ; l’IMG a été pratiquée à
20 semaines. Cette 4e grossesse est âgée de
8 semaines au jour du conseil génétique. C’est d’emblée
l’expérience de l’IMG qui est relatée par M. R. qui explique durant
de longues minutes et avec force détails, la procédure
d’interruption. Il insiste surtout sur l’image des traces des pieds
de l’enfant qu’on lui a montrée sur un papier après l’interruption.
Il dira à plusieurs reprises : « c’est pas bien d’aller
chercher là », en montrant le ventre de sa femme. Son épouse
nous dit en pleurant : « J’ai su dès le début que ça
n’irait pas pour cette grossesse-là ; c’est pour ça que j’ai
voulu le DPN. » Elle fera part aussi d’un fait qui l’a trouble
en précisant que « la maladie est arrivée lorsqu’on en a
parlé », c’est-à-dire à l’occasion de la 3e
grossesse.
De cette puissance particulière des mots, Simone Sausse nous dit
qu’ils ont « ce caractère de protéger et de terrifier à la
fois ( …) Les mots protègent de la terreur sans nom en la
maîtrisant par le langage. » [3] et l’on voit combien il est
crucial pour M. R de partager avec nous son effroyable expérience,
à l’instant même où le danger apparaît à nouveau. On voit aussi
dans les propos de Mme R combien, dans ces moments où l’impuissance
confine à la détresse, les modes de défenses psychiques puisent
dans des fonctionnements préhistoriques de la psyché :
« Les attitudes sont alors gouvernées par la toute puissance
de la pensée : dire le mot c’est concrétiser la chose ;
ne pas le dire serait une façon de l’annuler
magiquement. ».
M. R affirmera à la fin de la consultation « si celui-ci
est SS, on le garde quand même ». Finalement le DPN n’aura pas
lieu.
M. et Mme Y attendent, eux, leur premier enfant. Elle
est SC asymptomatique, lui est AS. Ils sont maliens. Après avoir
écouté attentivement le médecin, M. Y dira son point de vue en ces
termes, alors que son épouse approuvera à plusieurs reprises d’un
signe de tête : « Le problème se reposera à chaque
grossesse, dira-t-il, si on fait ça autant se séparer tout de
suite », il ajoutera : « Mon épouse est fille unique
et si on fait ça, ses parents ne seront jamais des
grands-parents et ça elle n’a pas le droit ».
Oser regarder la teneur de ce que l’on a transmis relève, en
effet, d’une certaine audace que M. et Mme Y n’assument
pas. C’est non seulement remettre en question ce qui fait la teneur
de leur propre désir3 – pour M. et
Mme Y celui de s’être choisis et marié – de leur
propre identité – être fille ou fils de – mais c’est aussi
critiquer la part reçue des parents, et au-delà d’eux des ancêtres
morts, en leur interdisant possiblement l’accès à
l’immortalité ; ce qui s’avère particulièrement inconcevable
pour M. et Mme Y et au-delà d’eux dans beaucoup de
sociétés. C’est encore se couper de sa lignée, de son sang, à
l’heure même où l’on participe à sa construction, en devenant soit
même parent. Comment faire alors pour assumer de telles
contradictions ?
Au terme de la consultation, M. Y nous gratifiera d’un
« merci quand même » qui en dira long sur l’ampleur du
paradoxe auquel il a été soumis !
L’expérience du DPN peut se révéler à ce point bouleversante,
étrange, taboue, si lourdement emprunte de culpabilité, qu’elle est
souvent cachée aux parents, aux proches. Le couple s’en trouvera
certes soulagé, mais cela montre combien s’entrechoquent des
logiques et des systèmes de pensées souvent incompatibles. Le
pragmatisme scientifique et opératoire rencontre un monde de
l’irrationnel, un royaume gouverné par la toute-puissance de la
pensée, où dire le mot équivaut à concrétiser la chose, où le taire
permet de l’écarter « magiquement » [4], comme nous le
dit Mme R.
La consultation de conseil génétique prendra, bien évidemment,
des allures radicalement différentes lorsqu’elle s’adressera à des
personnes touchées par la maladie, soit pour elles-mêmes soit pour
un proche. La demande de DPN (et donc d’IMG) sera corrélée
positivement, on s’en doute, à une connaissance précise de la
maladie, autrement dit à la puissance de son impact au quotidien,
sur la famille et sur le couple. Dans leur très grande majorité,
les parents d’un enfant malade, a fortiori si celui-ci est porteur
d’une forme très symptomatique de la maladie, consulteront très
précocement et auront recours au DPN et souvent à l’IMG en cas de
résultat péjoratif.
Parfaitement informés, ils seront aussi extrêmement au fait des
techniques d’investigation et de leurs modalités. Chez eux, la joie
d’une nouvelle grossesse sera rapidement étouffée par la
réactivation du traumatisme inhérent au risque encouru et à son
cortège d’angoisse de mort, et d’une culpabilité féroce qui agira
tout azimut.
M. et Mme L sont originaires du Cameroun. Ils se
présentent avec leurs deux enfants : Catherine, 5 ans et
demi, et son petit frère Paul, âgé de 3 ans.
Catherine avait été dépistée SS à l’occasion du dépistage
néonatal. Paul, AA, a été dépisté par une amniocentèse. La
congélation du sang de cordon à la naissance avait révélé un typage
HLA incompatible entre les deux enfants.
Madame est enceinte de 8 semaines. Ils demandent tout deux
la biopsie du trophoblaste et parlent de la congélation du sang de
cordon.
Au plan administratif, le couple n’est pas marié et ne vit pas
sous le même toit.
Catherine est au centre du discours parental comme elle est au
centre de la consultation par ses entrées intempestives dans le
bureau. Elle dira, parfaitement au fait de ce qui se joue dans
l’ici et maintenant : « Moi je suis SS, mais pas mon
frère ». Le petit frère, lui, tentera durant toute la
consultation de se faire remarquer sans produire, étrangement, le
moindre bruit.
Il est permis de penser que cette troisième grossesse est
destinée à soigner Catherine ; ce rôle avait-il été attribué à
Paul ? On peut se questionner sur la place respective des
enfants ; de Catherine, toute-puissante à bien des égards. Ses
parents sont-ils encore ensemble pour elle ? Ce petit frère
n’est-il pas celui qui a raté sa vocation, celle de la
soigner ? Qui peut-il être alors que son sang ne soigne pas sa
sœur ? Est-il « condamné » à aller bien, lui qui
n’est même pas du « même sang » que ses parents
(AA) ? Comment peut-il alors trouver sa place avec ce
statut de bien portant ?
Autant de questions qui montrent combien, s’il faut se réjouir
des avancées de la science, il convient néanmoins de tenir compte
des remaniements qu’elles induisent inévitablement au cœur des
familles.
Cette possibilité de savoir pourra parfois devenir cruciale dès
lors que le risque potentialisera des angoisses venant entraver la
nécessaire rêverie maternelle. « Je fais des cauchemars depuis
que l’on m’a parlé du problème, je vois mon bébé comme un monstre.
Je ne sais pas si je vais arrêter la grossesse mais je veux savoir
tout de suite s’il est malade », nous dit Mme R,
enceinte de son premier enfant.
D’autres fois, le prix à payer pour savoir et avoir le choix
sera trop lourd notamment lorsque la grossesse actuelle fait suite
à d’autres qui n’ont pas abouti (fausses couches, IVG et surtout
IMG) ou lorsque le terme de la grossesse est à ce point avancé que
les mouvements fœtaux sont ressentis par la future maman.
L’annonce du résultat
L’annonce de la maladie chez l’enfant à naître après un DPN fait
systématiquement l’objet d’un nouveau rendez-vous avec le même
médecin et en notre présence. C’est toujours un moment douloureux
mais le parcours progressif de nos patients vers ce moment évite
sans aucun doute que nous assistions à un effondrement.
Que dans une tentative de maîtrise, ils nous disent « je le
savais », ou au contraire que la réaction de surprise soit
l’expression apparente du déni, on parlera dans tous les cas de
« vacillement psychique », comme le décrit très bien
Simone Sausse [3]. Le sujet disparaît et le langage avec, c’est
alors le silence qui s’installe dans le bureau, longuement parfois.
Loin d’être un moment vide, il s’agit au contraire d’un temps
nécessaire à l’appropriation de l’annonce et qu’il convient de
ménager.
Le dépassement du moment de sidération pourra donner accès à des
sentiments emprunts de culpabilité ou d’injustice plus ou moins
clairement exprimés : « on dit que ça n’arrive qu’aux
autres », « pourquoi moi, qu’est-ce que j’ai fait au bon
dieu », « c’est Dieu qui l’a voulu ».
Il est ainsi permis aux consultants de s’exprimer sur ce qu’ils
ressentent, de dire leur détresse en des termes qui nous
permettront de cerner ce qui est important pour eux. Notre rôle
sera dès lors de cheminer près d’eux, et dans nos compétences
respectives, d’accompagner leur réflexion sans jamais l’orienter ni
l’infléchir. Par cette neutralité, plus que jamais bienveillante,
il s’agira, avec eux, d’identifier ce qui sera défini comme
décisif. Car au terme de la consultation, il leur faudra prendre
une décision dont on a bien compris qu’elle ne sera jamais
satisfaisante, mais dont ils resteront jusqu’au bout les
maîtres.
Conclusion
À la déception du lecteur qui attendrait d’un tel exposé, un
protocole, une façon de faire lui permettant de cerner une fois
pour toutes les enjeux, pièges et difficultés d’une telle
entreprise, nous dirions non seulement qu’il n’y a pas de recette
mais surtout pas de protocole pour rendre intelligible ce moment.
Le seul « savoir-faire » est certes de dire mais de
permettre d’entendre, en offrant les conditions d’empathie, de
disponibilité et d’accompagnement indispensables à un savoir
médical apprivoisé mais surtout approprié, et donc à l’émergence
d’un surcroît de liberté malgré la contingence.
Ce travail fort difficile nécessite que le praticien ait, un
tant soit peu, fait une place à l’idée de la mort. Comment en
effet, accompagner ces parents dans l’épreuve lorsque soi-même on
ne renonce pas, on refuse l’existence de limites ? Il
nécessite du psychologue qu’il ne perde jamais de vue les enjeux
inconscients, qu’il entende sur l’autre scène ce qui précisément se
décide à l’insu même du sujet.
L’enjeu est de taille car des modalités de cette consultation
dépendront que s’ouvre un ailleurs, pour cette mère, ce couple,
cette famille, tout à coup projeté, par des paroles oraculaires,
dans la maladie.
Les effets de l’annonce dans l’après-coup
Donner la vie et la maladie : un paradoxe difficile
Dans le service de pédiatrie de l’hôpital intercommunal de Créteil,
l’annonce de la maladie relève de la compétence du médecin.
Celui-ci offre la possibilité à chaque famille, si elle le désire,
de rencontrer le psychologue. Aussi, ce travail d’écriture
s’appuiera sur le discours des parents évoquant, dans un
après-coup, ce moment inaugural.
Le temps suspendu
Mme T évoque le moment de l’annonce de la maladie de son
enfant, dix ans plus tard, avec la même intensité des émotions,
comme si la blessure n’avait jamais pu se refermer, comme si la
béance était entière : « Quand j’ai appris pour mon
enfant, c’est la douleur immense, la douleur énorme… (long
silence), j’avais le téléphone dans les mains, mon bébé dans les
bras, je me suis assise et j’ai pleuré pendant une heure. »
Elle décrit avec quelle stupeur elle a entendu les mots de
l’infirmière au téléphone. Lorsque nous la questionnons sur ce qui
s’est joué en elle durant cette heure à pleurer, elle ne peut
rien en dire. L’activité psychique semble suspendue :
« Je ne sais pas ce qui s’est passé en moi, c’était comme si
tout s’écroulait, je n’avais plus de force. Après, j’ai pu
reprendre la vie (…) ». De nombreuses familles témoignent de
ce sentiment d’anéantissement, d’une véritable rupture dans leur
vie psychique, comme si ce coup de téléphone, dans l’histoire de
Madame T, venait signer l’arrêt de mort de son enfant, voire le
sien puisqu’elle « reprend vie » passé le choc de
l’annonce. Les mots manquent, le poids du réel envahit l’espace
psychique et suspend le temps de sa logique chronologique :
cet enfant au début de sa vie, d’emblée menacé de mort échappe au
langage maternel… Cette annonce du diagnostic est une véritable
effraction du réel dans la psyché de beaucoup de parents, au sens
lacanien du terme. Son impact est mortifère, venant geler
l’activité psychique des sujets, il n’y a plus de distance de la
pensée : la mort est là !
Quelles que soient les précautions des médecins dans le choix de
leurs mots pour annoncer la drépanocytose d’un enfant à ses
parents, ces derniers reçoivent ce diagnostic de manière
catastrophique. En effet, chacun d’entre nous sait de façon
intellectualisée que l’être humain est mortel, mais en se
confrontant à la maladie grave, le sujet n’a plus la distance
nécessaire avec la mort. Celle-ci s’inscrit brutalement dans la
réalité des personnes et bouleverse leurs repères. La logique
généalogique, autrement dit, le fantasme d’une descendance
permettant une forme d’immortalité de la famille vacille. L’annonce
de la drépanocytose pour cette mère, comme pour beaucoup de mères,
semble constituer un « accident de la parole », un point
de sidération. Au-delà d’un simple diagnostic, ce qu’elle a
probablement entendu sans pouvoir se le formuler, c’est l’annonce
d’une mort précoce de son enfant. Le discours médical devient alors
celui de l’oracle, celui qui inscrit cet enfant dans une mort
prochaine…
Cet effet d’annonce plonge le sujet dans l’effroi (ou la
frayeur, selon les traductions) tel que Freud a pu l’aborder [5].
L’effroi est une réaction de détresse psychique du moi face à une
situation de danger à laquelle il n’était pas préparé. C’est un
état de surprise débordant le pare-excitation, surprise que le moi
subit passivement car sans défense. Or c’est bien de cela dont
semblent parler les parents en place d’apprendre la maladie grave
de leur enfant. Les mots employés par le médecin semblent faire
irruption dans le psychisme de celui qui les reçoit et plongent ce
dernier dans une véritable sidération.
Le vide de la pensée suivant l’annonce du diagnostic s’observe
fréquemment dès lors que les parents sont invités à évoquer leurs
réactions au moment des révélations médicales. L’accompagnement
psychologique consiste avant tout à permettre l’expression des
émotions, à retrouver l’usage des mots pour décrire
l’indescriptible, pour inscrire cet événement dans une continuité
du récit de vie. Car : « Une vie n’est supportable, aussi
intolérable soit-elle, que si elle a un sens, que si elle peut
avoir une représentation unifiante. Le non-sens, l’accident, le
morceau de vie séparé, demande toujours à être repris dans une
image totale de la vie » [6]. Il s’agit de relancer la
créativité psychique autour d’un événement insensé et mortifère,
permettre aux parents, en questionnant leurs expériences passées,
de réaliser pleinement leurs propres ressources internes et de
redevenir ainsi sujets de leurs histoires. Le psychologue offre la
possibilité de réintroduire de la temporalité là où tout semblait
figé : ce temps de l’annonce peut être pensé/pansé et c’est à
travers ce travail d’élaboration psychique qu’un devenir avec
l’enfant malade devient possible…
Le temps de la lutte (les mécanismes de défense)
L’annonce de la maladie sépare un avant et un après : un avant
mythique où rien de la souffrance n’existait et un après
angoissant, inquiétant, où l’épée de Damoclès suspendue au-dessus
de la tête de l’enfant semble tout régir. À la mesure de la
violence ressentie lorsque le discours médical vient poser le
verdict d’une mort annoncée, le sujet réagit psychiquement pour
lutter contre ses affects destructeurs : le discours des
parents devient l’indicateur des modes de défense mis en œuvre pour
affronter la rupture créée par l’annonce de la maladie. Ces
mécanismes psychiques vont avoir des répercussions diverses dans
les relations avec l’enfant, mais aussi dans son développement
psychoaffectif, lequel s’effectue en étayage sur l’organisation
psychique de la mère principalement dans les premiers temps de vie.
Winnicott a largement insisté sur l’importance des liens primaires
entre la mère et l’enfant (notion de « mère suffisamment
bonne », notion de « holding », etc.) :
« Des soins maternels satisfaisants, il découle l’édification
chez l’enfant d’un sentiment de continuité d’être, base de la force
du moi. Alors qu’au contraire, chaque carence des soins aboutit à
une interruption de ce sentiment de continuité d’être, interruption
causée par les réactions aux conséquences de cette carence ;
un affaiblissement du moi en résulte » [7]. Comment une mère
prise dans la terreur de l’effet d’annonce peut-elle être
disponible psychiquement pour offrir la sécurité nécessaire dans
les soins qu’elle prodigue à son enfant ? Comment cet enfant
peut-il se construire si les bases de la relation sont empreintes
d’une menace mortelle ?
Les réactions parentales peuvent parfois être
« excessives » comme cette mère, qui, en réaction
phobique face à l’annonce de la maladie de son enfant, s’est
complètement coupée de l’extérieur, affolée à l’idée de prendre le
moindre risque en ce qui concerne la santé de son bébé :
« Je ne reçois plus personne chez moi, je passe tout à l’eau
de javel, j’ai tellement peur des microbes, on m’a dit qu’à la
moindre maladie mon enfant pouvait mourir… ». Pour elle, les
recommandations médicales occupent toute la place psychique.
Incapable de rencontrer son enfant, elle est centrée sur la
maladie, de manière rigide et obsessionnelle, tant la menace
mortelle est perçue de façon violente. Le poids des mots de la
médecine européenne est tel qu’il fige toute son activité
psychique : elle exécute de façon presque automatique ce qu’il
faut faire pour garantir un maximum de « prévention »
pour son enfant. Probablement que « faire » ce qui est
bien pour son bébé lui évite en quelque sorte de
« penser » à la douleur ressentie au plus profond
d’elle-même. C’est au détour de nombreuses rencontres qu’elle peut
faire le deuil d’un enfant bien portant, avec toute la souffrance
que ce travail de deuil engage, pour enfin regarder son enfant
malade et non plus la maladie. Elle s’approprie la maladie de son
enfant comme un point réel de son existence, elle l’inscrit dans un
registre imaginaire et symbolique (la mise en mots permet ce
travail) et prend la distance nécessaire pour se dégager des
mouvements mortifères. Ainsi, réalisant que son attitude vient
davantage révéler les enjeux psychiques qui la sous-tendent
(autrement dit, une lutte « désespérée » contre ses
angoisses de mort) et non pas protéger son enfant, elle en vient
progressivement à abandonner ce comportement pour laisser émerger
les questions qui la hantent. Elle s’offre alors la possibilité
d’être surprise par son enfant qui, au-delà de la maladie,
existe !
La rigidité de certains mécanismes de défense peut mettre en
péril la qualité de la relation parents-enfant. L’écoute avertie du
psychologue, mettant en lumière les mécanismes en jeu ou les
traumatismes passés (résolus ou pas), peut permettre un
assouplissement de ces fonctionnements psychiques car la
verbalisation est un des moyens de sortir du traumatisme.
Avoir un enfant malade à la naissance, maladie transmise par les
parents, est une épreuve spécifique et les réactions des familles
face à l’annonce du diagnostic paraissent très variables. L’arrivée
de la maladie dans la famille peut venir bouleverser son équilibre
et avoir de graves conséquences pour chacun des membres. Certains
parents semblent « accepter » d’emblée la maladie de leur
enfant, d’autres à l’extrême se séparent dans la douleur et la
culpabilité peu de temps après l’annonce. Dans les deux cas, quels
que soient les mécanismes inconscients en jeu, nous ne pouvons
ignorer la souffrance induite par l’arrivée de cette maladie.
Parfois, le psychologue peut questionner « l’acceptation trop
rapide » de certaines familles et mettre en lumière des
mécanismes de défense préoccupants tels que le déni de la maladie
car en effet, comme le souligne G. Rimbault : « Devant un
événement insupportable, le premier mouvement de protection, ou
mécanisme de défense, est la négation de l’événement, la surdité,
l’oubli… le malentendu » [6]. Dans ce cas-là, la santé de
l’enfant est en jeu puisque les parents ne peuvent réaliser qu’il
est malade et risquent alors de négliger certains symptômes liés à
la drépanocytose, les banaliser et amener tardivement leur enfant à
l’hôpital.
Lorsque le sentiment de culpabilité, lié à l’histoire des
parents et leurs personnalités (mais aussi majoré par la
transmission génétique de la maladie), est trop présent, et que
l’angoisse n’est pas métabolisée, les relations avec l’enfant
deviennent compliquées. Il n’est pas rare de rencontrer des
familles en grande difficulté pour poser des limites à leur enfant,
lequel, dans un statut « d’enfant roi », y perd tout
repère pour se construire et devient un véritable tyran pour
l’ensemble de la famille (les fratries peuvent en témoigner).
Ainsi, les entretiens psychologiques avec les parents permettent de
discuter de la place de chacun, de verbaliser les inquiétudes
sous-jacentes des comportements observés et d’ouvrir de nouvelles
perspectives dans leurs relations. La question de l’agressivité
inconsciente ne peut être évitée : quelle place accorder à cet
enfant qui vient ainsi fragiliser l’équilibre familial ? Il
paraît essentiel de l’avoir à l’esprit et d’en favoriser
l’expression verbale au cours des entretiens psychothérapiques car
nous savons qu’avec ce moyen nous pouvons prévenir certains
passages à l’acte violents sur l’enfant. Lorsque ces parents, en
extrême souffrance, acceptent de rencontrer un psychologue du
service, un travail d’élaboration peut alors s’engager et permettre
le plus souvent de restaurer une relation avec leur enfant, dans un
premier temps vécue comme étant source de tous les maux.
Le temps de la reconstruction
La découverte de la maladie peut venir réveiller chez les membres
de la famille d’anciennes peurs et de vieilles culpabilités
jusqu’alors enfouies au plus profond d’eux-mêmes. La brutalité
ressentie lors de l’annonce peut, dans certains cas, faire
ressurgir des événements antérieurs qui semblaient oubliés,
réactiver des fantasmes inconscients et entraîner une véritable
crise traumatique comme le souligne justement Catherine
Graindorge : « L’annonce d’une maladie de l’enfant
représente donc, une véritable crise traumatique : par les
ruptures qu’elle introduit (…) parce qu’elle malmène
obligatoirement les repères de chacun et particulièrement ceux du
couple (…), parce qu’elle place chacun dans une insécurité
particulièrement préjudiciable à l’instauration et la consolidation
des liens parents-enfant (…), parce qu’elle intensifie les
mécanismes défensifs de chacun… » [8].
Madame T (citée plus haut) évoque lors d’un autre entretien le
souvenir terrible du décès de sa tante (âgée de 10 ans) :
« Elle est morte dans la douleur en criant notre nom, j’étais
là, je l’ai vu mourir, et je ne pouvais rien faire (…). Je pense
que c’était la rate gonflée, mais dans mon village (elle est
originaire du Mali), on ne savait pas tout ça. » Elle
poursuit : « Le plus dur quand on apprend la maladie,
c’est pas pour le présent, c’est pour plus tard, on pense pas à
tout de suite mais à quand il sera grand… Tout le monde espère que
les parents partent avant les enfants et quand il y a la maladie,
on ne sait pas, peut être que l’enfant va partir avant… ». La
résurgence de ce souvenir, lié à ce travail de verbalisation lui
permet de faire des liens intéressants entre deux moments
traumatiques de sa vie, cela dans un double mouvement de
compréhension : elle résout l’énigme du décès de sa tante en
le rationalisant avec les connaissances de la médecine européenne
(la rate trop grosse) et peut mettre en mots son angoisse de mort
concernant son enfant en liant l’effet d’annonce au souvenir
d’enfance : « Ma tante n’a pas eu le temps de devenir une
femme »…
C’est bien en acceptant de relier différents événements entre
eux, dans un travail d’élaboration psychique, que chaque parent,
progressivement, peut devenir l’écrivain de son histoire et sortir
de son statut de victime.
La place du psychologue à l’hôpital est pour beaucoup de
patients celle de celui à qui « on peut tout dire » et
avec la drépanocytose, cela prend un sens tout particulier
lorsqu’on connaît le poids du secret pour certaines familles… En
effet, nombre d’entre elles sont très isolées avec la maladie de
leur enfant. Elles cachent la drépanocytose aux autres membres de
leur famille pour des raisons parfois difficiles à élucider pour un
psychologue non sensibilisé à la dimension culturelle. Nous
interrogeons souvent les patients africains et antillais sur la
manière dont est vécue la maladie dans leur culture d’origine, ce
qui peut nous permettre de mettre en lumière certaines paroles,
certains comportements notamment autour du tabou… En effet, dans de
nombreuses ethnies, la drépanocytose est une maladie honteuse ou
encore diabolique. Parfois en parler au reste de la famille peut
devenir une brèche ouverte pour les gens mal intentionnés, car un
enfant drépanocytaire pourrait « mettre le reste de la famille
en danger », me dit une mère, il fragilise la famille,
l’ouvrant au pouvoir du sorcier… Il ne s’agit pas d’énumérer les
nombreux éclairages culturels que m’apportent les patients en
séance psychothérapique puisque « la culture n’existe pas en
dehors de l’échange, car elle n’existe pas en dehors des individus.
La culture est produite par l’échange entre les individus et entre
les groupes » [9]. Mais il s’agit bien d’être au plus près des
interprétations des parents avec leurs spécificités, dans leur
singularité, or, pour cela, le psychologue ne peut faire l’économie
de la dimension culturelle. Parce que, souvent nous rencontrons les
mères en consultation (les pères se faisant plus discrets), nous
pouvons davantage parler au nom des femmes rencontrées… Le tabou de
la maladie vient parfois protéger le couple : beaucoup de
mères craignent le pouvoir de la belle famille sur leur mari, elles
ont peur de la remise en cause de leur mariage du fait de la
maladie de leur enfant… Mais au-delà d’une « simple »
explication sociale, religieuse ou culturelle de certains discours
parentaux, il faut entendre ces reconstructions comme un travail
d’élaboration : lorsque des personnes tentent d’expliquer
leurs actes ou pensées en faisant référence à leurs groupes
d’appartenance, c’est qu’elles effectuent déjà un travail sur la
maladie, l’inscrivant dans leurs tissus de représentations.
L’intérêt du psychologue de s’associer à ce qui fait leur fondement
social, leur inscription dans une communauté, devient le support
d’une véritable reconstruction psychique. Il s’agit d’accompagner
le sujet dans l’articulation de son histoire symbolique avec ses
références propres. Comment la maladie ou la mort est-elle parlée
au pays ? À quels symboles le sujet peut-il avoir recours pour
inscrire la drépanocytose dans son récit de vie ? Dans son
accompagnement, le psychologue devient le chercheur féru d’outils
symboliques susceptibles de mettre un sens sur une situation de
non-sens pour le sujet. Or ces outils sont à rechercher aussi dans
l’univers social, culturel et religieux de ce dernier.
Les enfants confrontés à la pathologie somatique grave sont sans
cesse en quête de sens, or leur théorie infantile de la maladie
s’appuie sur ce qu’on pourrait appeler l’imaginaire parental (sans
cesse en interaction avec l’évolution psychique des enfants) :
« Chez eux aussi, apparaissent des théories de la maladie
(très infiltrées de culpabilité renforcée dans le réel par la
transmission génétique de certaines maladies), des modifications de
l’investissement de l’enfant, des transformations de la
représentation de leur place, une mise en représentation et un
investissement de l’organe malade de l’enfant (…) Les fantasmes
parentaux sur leur enfant malade, la manière dont eux-mêmes
réagissent à ce que la maladie provoque en eux, l’élaboration
qu’ils tentent de produire de la maladie et de la souffrance de
l’enfant, leur réaction à cette atteinte narcissique, induisent
chez l’enfant des limitations de la fonction imaginaire et de la
possibilité qu’il a d’élaborer sa maladie » [10]. Ainsi,
offrir aux familles un espace de parole, support à la libre
association d’idées, permet de reconnaître, de favoriser et de
faciliter ce travail d’élaboration. L’expression verbale des
angoisses et des fantasmes parentaux entraîne des réaménagements
psychiques des sujets sans cesse en mouvement. Par
« ricochet », l’enfant bénéficiera du travail psychique
de ses parents. Le psychologue, par les questions qu’il soulève,
redynamise l’activité psychique mise en suspend le temps de
l’annonce et impulse cette force de vie en chacun des
protagonistes : un avenir avec l’enfant malade devient alors
possible à imaginer…
Conclusion
L’écriture de cet article a été pour nous le moyen de confronter
deux points de vue sur un événement à la fois même et différent.
Elle nous a permis de mettre au travail notre clinique et de
réfléchir aux enjeux de notre pratique. En outre, elle a été
l’occasion de vérifier, une fois encore, combien la complémentarité
des approches médicales et psychologiques est plus que jamais
requise lorsque l’on se trouve confronté à des questions humaines
telles que l’origine, la filiation, la maternité, la parentalité.
Références
1 Aubert-Godard A, Avant M, Gargiulo M,
Gortais J, Scelles R. Annonce du handicap. Analyse de ce
que vit le médecin-annonceur et des représentations qu’il a des
frères et soeurs et des pères. Paris : Fondation de France,
2005.
2 Freud S. L’inquiétante étrangeté. Paris : Gallimard,
1985 ; 342 p.
3 Sausse S. Le Miroir brisé. Paris : Calmann-Lévy,
1996 ; 201 p.
4 Freud S. Totem et Tabou. Paris : Gallimard,
1993 ; 351 p.
5 Freud S. Au-delà du principe de plaisir. In : Essais
de Psychanalyse. Paris : Petite Bibliothèque Payot,
1967 : 7-81.
6 Raimbault G. L’Enfant et la mort. Dunod, 1995 ; 203
p.
7 Winnicott D. De la pédiatrie à la psychanalyse. Payot,
1969 ; 464 p.
8 Graindorge C. Comprendre l’enfant malade. Paris :
Dunod, 2005 ; 208 p.
9 Cruche D. « Pour en finir avec la notion de culture
d’origine appliquée aux immigrés. In : La Revue internationale
d’études transculturelles et d’ethnopsychanalyse clinique. Ed.
Artcom, 1998, 1998 ; (p. 13).
10 Pedinielli JL, Bertagne P, Montreuil M. L’enfant et la
maladie somatique : « le travail de la maladie » in
Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence 1996 ; 44
(1-2) : 22-31.
2 Unité des maladies génétiques du globule
rouge.3 Ce qui pour beaucoup s’exprime en
terme de destin.1 Loi n° 94-654 du 29
juillet 1994 relative au don et à l’utilisation des éléments et
produits du corps humain, à l’assistance médicale à la procréation
et au diagnostic prénatal. Code de la santé publique français :
Article L 162.16 CSP : issu de la loi du 29 juillet 1994 sur le
diagnostic prénatal (DPN). « Il s’entend des pratiques médicales
ayant pour but de détecter in utero chez l’embryon ou le fœtus une
affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au
moment du diagnostic. Il doit être précédé d’une consultation
médicale de conseil génétique ».
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