Les données scientifiques sur le cancer du sein portent sur les traitements
médicaux de la maladie, peu sur son impact dans la sphère psychosociale.
C'est en cela que cette expérience genevoise de "réseau cancer
du sein" est innovante, impliquant les patientes à tous les niveaux,
de la prévention aux traitements, y compris les aspects de recherche
et d'enseignement, visant à promouvoir un réel empowermentdes
patientes. Les auteurs soulignent les retombées concrètes de ce
processus participatif : acquisition d'une réelle expertise par les patientes,
effet "levier" permettant des changements en profondeur du secteur médical
et social auxquels les seuls professionnels de santé sont peu enclins
d'accéder, collaborations interprofessionnelles notamment privé-public,
approche pluridisciplinaire, "marrainage" permettant l'accompagnement de celles
qui le souhaitent par une femme ayant elle aussi souffert de cancer du sein,
participation à l'enseignement, recherches centrées sur les besoins
des patientes et des professionnels, création d'un réseau de surveillance
des effets adverses, liens effectifs entre santé et social...
Grezet-Bento de Carvallho A, Griesser AC, Hertz S, Constantin M, Forni M,
Blagojevic S et al. Partenariat soignées-soignant(e)s. Rev Med Suisse.
2007;3:2418-23.
Commentaires de la rédaction !
* On aimerait en savoir "plus encore" sur une telle initiative qui pourrait
inspirer bien d'autres expériences. Ce "modèle" suisse semble,
à l'image des couteaux de même appellation, propre à résoudre
les innombrables problèmes générés par la maladie
où l'approche biomédicale, indispensable, est à l'évidence
insuffisante.
* Nous sommes évidemment très audelà d'un classique réseau
de soins de type ville-hôpital. Il y a là émergence concrète
d'une "médecine" fondée sur le partage de la décision,
avec ce qu'elle implique de partage d'expérience et d'écoute réciproque.
Changement de "paradigme" dont Médecine fait sa ligne éditoriale.
Affaire à suivre ?
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