ARTICLE
| Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis
quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire
en fonction des données les plus récentes, ils ne résultent
pas d'une revue systématique de la littérature, mais d'une
veille documentaire en continu des principales revues médicales publiant
des études fondées sur les preuves, ou des recommandations
en résultant1. Ils ont pour ambition de fournir au médecin
généraliste une actualisation des données sur les questions
pertinentes pour leur pratique retenues par le comité de rédaction. |
La prise en charge de la BPCO relève, au moins pour une longue période,
des soins primaires. Si la précocité des traitements améliore
les résultats, les données des études des 10 dernières
années ont bien montré la possibilité d'obtenir, faute
de régression, une stabilisation de la dégradation fonctionnelle
autrement inéluctable, en réduisant les facteurs de risque, surtout
le tabagisme, presque toujours en cause, et en modifiant le style de vie.
BPCO : traitements des formes symptomatiques
La BPCO est longtemps asymptomatique. La seule mesure efficace pour ralentir
l'évolution de la maladie est l'arrêt du tabac, aucun médicament
n'ayant montré de bénéfice sur le devenir des patients
[1]. L'apparition de symptômes (toux, expectoration, dyspnée) justifie
toujours l'arrêt du tabac qui, là encore, a prouvé son efficacité,
mais implique également des moyens pharmacologiques et non pharmacologiques.
Leur efficacité doit être appréciée sur l'amélioration
des symptômes, de la fonction respiratoire, de la qualité de vie,
la diminution de fréquence des exacerbations et des hospitalisations,
et au total la réduction de la mortalité. Quatre synthèses
nous donnent quelques éléments de réponse sur les moyens
dont nous disposons, leur efficacité, leur rapport avantages/inconvénients,
selon les stades de gravité, léger, modéré, ou sévère
[2-5].
Entraînement physique : toujours utile
Il s'agit d'un entraînement à l'effort plus que d'une vraie kinésithérapie,
visant à améliorer l'activité physique, l'état psychologique,
l'amyotrophie souvent présente. Elle concerne toutes les formes de BPCO
jusqu'aux plus sévères avec dyspnée gênant les activités
quotidiennes. Elle améliore la dyspnée, l'état de santé
global, mais ni le taux d'hospitalisations ni la mortalité.
Bronchodilatateurs : traiter la dyspnée
Leur effet est modeste sur la spirométrie, mais ils améliorent
souvent les capacités d'effort, justifiant leur prescription dès
qu'il existe une dyspnée, souvent méconnue par le patient. Ils
améliorent la qualité de vie et réduisent la fréquence
des exacerbations, sans effet sur l'évolution de la fonction respiratoire,
ni sur la mortalité [2-4].
Il s'agit surtout de produits inhalés : bêta-2 stimulants
d'action brève (salbutamol, terbutaline), d'action prolongée
(salmétérol, formotérol), anticholinergiques
(ipratropium, oxitropium). La théophylline n'est plus guère utilisée
en raison notamment de ses effets secondaires.
L'association de deux classes peut avoir un effet supérieur à
une monothérapie [2-4].
Dans les formes légères avec symptômes intermittents les
produits d'action brève ont leur meilleure indication. Dans les formes
avec dyspnée plus marquée, les produits d'action prolongée
seront préférés, en choisissant le produit selon la réponse.
En cas d'effet insuffisant, on peut associer anticholinergique et bêta-2
stimulants [2-4].
Corticoïdes : seulement dans les formes sévères
Plusieurs synthèses et méta-analyses ont montré que l'usage
des corticoïdes inhalés réduisait de 30 % la
fréquence des exacerbations, mais essentiellement dans les formes sévères
(dyspnée et épisodes répétés d'exacerbations,
VEMS < 70 %). Ils n'ont pas d'effet sur le déclin du VEMS, ni sur
la mortalité. Les effets secondaires sont surtout des candidoses buccales
et des hématomes cutanés. Il peut y avoir une diminution de la
densité osseuse, mais sans augmentation du risque fracturaire [2-4] et
une augmentation du risque de pneumonie [6].
L'association corticoïdes inhalés + bêta-2 stimulants
dans les BPCO sévères (VEMS < 60 %) ne réduit pas non
plus la mortalité, mais améliore l'état de santé
global, réduit la fréquence des exacerbations, et protège
contre un déclin de la fonction respiratoire [6].
Les corticoïdes oraux ne sont utiles que lors des exacerbations,
sans dépasser 20 jours.
Autres moyens pharmacologiques
Les mucolytiques réduisent légèrement la fréquence
et l'intensité des exacerbations. Les antitussifs et sédatifs
sont contre-indiqués. Les antibiotiques ne sont utiles
qu'en cas d'exacerbation [4]. Les vaccinations sont largement recommandées
: vaccination antigrippale annuelle, vaccination antipneumococcique,
malgré l'absence d'étude spécifique.
Que conclure pour notre pratique ?
Les objectifs des traitements de la BPCO visent les symptômes,
la qualité de vie, la réduction de fréquence des
exacerbations. La plupart n'influent pas sur la fonction respiratoire
et l'espérance de vie.
L'arrêt du tabac reste la base, d'efficacité prouvée
par toutes les études.
L'entraînement physique est toujours bénéfique
sur la qualité de vie.
Les vaccinations antigrippale et antipneumococcique sont conseillées,
malgré l'absence d'études spécifiques.
Les bronchodilatateurs inhalés sont indiqués dès
qu'il y a des symptômes, le choix dépendant de l'efficacité
observée sur ces symptômes.
Les corticoïdes inhalés ne sont indiqués que dans
les formes sévères, seuls ou associés à
un bronchodilatateur. Les corticoïdes oraux sont réservés
aux exacerbations.
Le tout doit s'inscrire dans une démarche d'éducation
thérapeutique.
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Exacerbations de BPCO : les données des études
Chez les patients atteints de BPCO, au-delà des symptômes qui
permettent longtemps une vie normale ou acceptable, les exacerbations constituent
le risque principal et marquent très souvent un tournant évolutif.
C'est à la capacité de réduction de leur fréquence
et leur sévérité qu'est apprécié le bénéfice
des traitements des formes symptomatiques. Quelle est la définition des
exacerbations, leur fréquence et leurs risques ? Comment les traiter,
quelle y est la place des corticoïdes et des antibiotiques ? Les études
apportent des données utiles, avec la réserve de leur hétérogénéité
et de leur provenance essentiellement hospitalières [7-10].
Une définition clinique, des conséquences notables
Elle est fondée sur l'augmentation de la dyspnée, de la toux,
de l'expectoration et de sa purulence. Elle est dite légère
si un seul symptôme est concerné et n'entraîne pas de consultation
(50 % des cas), modérée avec au moins deux symptômes
et une consultation médicale avec le plus souvent un traitement ambulatoire,
sévère nécessitant une hospitalisation. Le
diagnostic est clinique.
La fréquence des exacerbations croit avec les stades de la BPCO [1]
: 2,7 par an pour les stades moyens (2A) et 3,9 pour les stades sévères
(2B et 3) ; elle croit aussi avec le tabagisme. La sévérité
et la mortalité croissent aussi avec les stades, les saisons, l'âge,
les comorbidités. La mortalité chez les hospitalisés est
de 3 à 4 %, mais chez ceux nécessitant le passage en soins intensifs
elle est de 11 à 24 % et autour de 45 % dans l'année qui suit.
Après un épisode aigu, la plupart des patients voient diminuer
leur statut fonctionnel et leur qualité de vie, et 50 % seront réhospitalisés
dans les 6 mois [7].
Une étiologie dominée par les infections
L'origine est infectieuse (bactérienne ou virale) dans 50 à
70 % des cas, liée à la pollution pour 10 %, indéterminée
pour 30 %. Les 3 principales bactéries sont Hæmophilus influenzae,
Streptococcus pneumoniae, Moraxella catarrhalis. Pseudomonas aeroginosa
est à rechercher en cas de formes sévères, d'hospitalisations
antérieures, d'antibiothérapie récente. L'analyse des sécrétions
nasopharyngées et des expectorations, recommandée en cas d'antibiothérapie
antérieure, ou d'exacerbation modérée à sévère,
ne doit pas retarder le traitement.
L'origine virale est notée dans 20 à 40 % des cas, pouvant se
compliquer d'atteinte bactérienne. Le virus grippal est responsable d'une
morbidité et mortalité non négligeables [10].
Des traitements dominés par les antibiotiques
Les bronchodilatateurs, déjà utilisés en
général, peuvent être poursuivis, mais les études
sont disparates et peu nombreuses. La théophylline est déconseillée
en raison d'un risque d'effets secondaires [7].
Les corticostéroïdes par voie systémique
sont efficaces en cures courtes (5 à 15 jours) dans les cas sévères
hospitalisés. Versus placebo ils réduisent les échecs de
traitement, la durée d'hospitalisation, les récidives précoces
des 3 premiers mois, améliorent passagèrement la spirométrie.
Les données sont plus incertaines pour les BPCO non hospitalisées
[7].
Les antibiotiques ont largement prouvé leur efficacité
dans les formes modérées à sévères hospitalisées.
Sur une méta-analyse de 11 essais randomisés, ils diminuent la
mortalité de 77 %, les risques d'échec du traitement de 53 %,
la purulence des crachats de 44 %. Les antibiotiques conseillés sont
l'amoxicilline ou les tétracyclines, pour une durée de 5 à
10 jours, et en cas de facteurs de risque de pseudomonas. Mais ces études
sont très hétérogènes, le plus souvent avant l'émergence
des formes bactériennes multirésistantes, avec de nombreux facteurs
confondants, et surtout ont une très faible représentation d'études
ambulatoires. Les deux études en soins primaires n'ont pas mis en évidence
de bénéfice du traitement antibiotique [8, 9].
Que conclure pour notre pratique ?
Les exacerbations rythment souvent les tournants évolutifs
de la BPCO. Les prévenir est le but principal du traitement
des formes légères à modérées ; les
traiter vise à en réduire les conséquences.
Les études sur les moyens thérapeutiques sont en majorité
d'origine hospitalière : en dehors des moyens spécifiques
pour les formes sévères, corticoïdes et les antibiotiques
ont prouvé leur efficacité, mais seulement dans les formes
modérées à sévères.
Les exacerbations légères à modérées
sont en majorité « affaire de généraliste »
[11]. Mais il faut adapter des recommandations fondées sur des
données d'origine hospitalière et concernant les formes
modérées à sévères aux patients avec
exacerbation légère à modérée que le
généraliste sera le plus souvent amené à prendre
en charge.
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Exacerbations de BPCO : le rôle du généraliste
Si les exacerbations sont fréquentes chez les patients atteints de
bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), la moitié ne font pas
l'objet d'un recours médical, et pour les autres, le plus souvent des
formes légères à modérées, les recommandations
pour le traitement ambulatoire, issues surtout d'études hospitalières,
sont imprécises. Faudrait-il des consultations plus précoces ?
L'éducation des patients est-elle utile ? Qui traiter à domicile,
avec quoi, qui hospitaliser ? Quelques études apportent des éléments
de réponse [12-14].
La précocité du traitement améliore les résultats
128 patients anglais porteurs d'une BPCO ont été suivis entre
1996 et 2002 [12]. Ils notaient tous leurs symptômes respiratoires et
les appels au médecin. 1 099 exacerbations ont été notées,
658 ont entraîné un recours au médecin. 600 (94 %) ont été
traités avec antibiotiques, associés à des corticoïdes
par voie orale chez 241 patients (43 %). 6,4 % des cas nécessitèrent
une hospitalisation, plus souvent chez les patients ne consultant pas. En moyenne,
le temps entre le début des symptômes et le traitement était
de 3,69 jours et le temps de guérison de 10,7 j. Le recours précoce
au traitement était associé à une guérison plus
rapide, une meilleure qualité de vie et un moindre risque d'hospitalisation
en urgence. L'âge, l'aggravation de la dyspnée, la purulence des
crachats, un wheezing étaient des facteurs de recours précoce.
L'étude, non comparative, ne permet pas de conclure sur le bénéfice
des divers traitements.
L'éducation du patient réduit les hospitalisations
191 patients québécois avec BPCO sévère, ayant
déjà été hospitalisés au moins une fois,
ont été randomisés entre un programme d'éducation
ou les soins usuels, et suivis un an. La formation comportait 6 modules sur
la BPCO, les exacerbations et leur gestion, le style de vie à adopter.
Elle était accompagnée d'une prescription préétablie
par le médecin traitant avec antibiotique et corticoïde pour 10
à 14 jours s'il y avait 2 symptômes d'exacerbation (dyspnée,
expectoration et caractère purulent de celle-ci). Sur un an les hospitalisations
étaient réduites de 40 % (95 vs 161), les appels non programmés
à un médecin de 60 % (46 vs 112), les recours aux services d'urgence
de 41 %, les scores de qualité de vie étaient améliorés
à 4 mois et à 12 mois. Cette étude, sans aveugle, ne permet
pas de conclure sur le bénéfice lié aux diverses interventions.
Une revue systématique des essais concernant l'éducation du
patient dans les BPCO sur le modèle des maladies chroniques a retrouvé
20 essais randomisés, mais assez hétérogènes, et
avec des méthodologies souvent mal adaptées aux spécificités
des BPCO. Cependant la réduction des hospitalisations et des appels non
programmés semblait retrouvée [14].
Des recommandations pour les soins primaires
Une synthèse européenne apporte des recommandations pour la
médecine ambulatoire [8].
L'étape diagnostique concerne tout épisode aigu
surtout chez les fumeurs : jusqu'à 45 % des toux aiguës de plus
de 15 jours peuvent révéler une BPCO (ou un asthme). La purulence
des crachats était associée dans une étude à la
quantité de bactéries. Mais l'analyse des crachats n'est pas usuellement
recommandée en soins primaires. Elle peut se baser sur la sévérité
clinique, et les taux de résistance locaux.
Des corticoïdes oraux en cures courtes, très prescrits
en pratique, semblent justifiés dans les formes cliniquement sévères,
même non hospitalisées.
Un antibiotique doit être prescrit si 3 symptômes
sont présents : augmentation de la dyspnée, de l'expectoration,
de son caractère purulent accentué. Tétracycline et amoxicilline
sont les premiers choix. Les macrolides ne sont pas recommandés. Les
quinolones doivent être limitées aux cas de résistance prouvée
ou d'intolérance majeure.
Les critères d'hospitalisation sont la sévérité
de la BPCO, les comorbidités, la mauvaise réponse au traitement
ambulatoire et l'aggravation des symptômes.
Que conclure pour notre pratique ?
La BPCO est une maladie justiciable des modalités de prise
en charge des maladies chroniques, notamment de l'éducation
du patient en vue de lui permettre l'adoption des règles de vie
souhaitables et le partage de la décision. Le bénéfice
en est mesurable.
La BPCO est souvent méconnue et un tableau aigu peut permettre
d'en faire le diagnostic, notamment chez les fumeurs.
La prise en charge précoce des exacerbations apporte un bénéfice
: régression plus rapide des symptômes, réduction
des hospitalisations, meilleure qualité de vie.
L'analyse clinique permet l'orientation thérapeutique, soin
à domicile ou hospitalisation, corticothérapie orale, antibiothérapie
: la dyspnée et son importance, l'abondance de l'expectoration
et son caractère purulent, l'âge et les comorbidités
sont les principaux critères décisionnels.
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BPCO : améliorer la qualité et l'espérance de vie
Les approches non pharmacologiques sont l'un des aspects essentiels de la
prise en charge de la BPCO. Au-delà de sa grande prévalence, ce
qui caractérise cette maladie est sa longue phase asymptomatique, pendant
que s'installe la détérioration de la fonction respiratoire. Les
données des études des 10 dernières années ont bien
montré la possibilité d'obtenir, faute de régression, une
stabilisation de la dégradation fonctionnelle autrement inéluctable,
en réduisant les facteurs de risque, surtout le tabagisme, presque toujours
en cause [15], et modifiant le style de vie. L'American Thoracic Society et
l'European Respiratory Society ont fait le point factuel à ce sujet et
proposé des recommandations [16]. Un essai randomisé multicentrique
en a testé le bien-fondé, au moins à court terme [17].
Toutes les études convergent : il est possible de réduire la dyspnée,
d'augmenter les performances physiques, de réduire les hospitalisations,
donc d'améliorer la qualité et l'espérance de vie de ces
patients.
Les mesures préventives générales
La Société de pneumologie de langue française (SPLF)
recommande 3 mesures [15] : le sevrage tabagique (recommandation de grade A),
ou s'il est impossible, la réduction partielle du tabagisme par substitution
nicotinique (grade B), l'éviction des polluants professionnels respiratoires
(grade A) et la protection individuelle en cas de pollution atmosphérique
(grade B).
L'éducation du patient
Elle est fondamentale, concernant les règles de vie générale,
la prévention et le traitement précoce des exacerbations. Plusieurs
études ont montré qu'elles réduisaient les exacerbations
et les hospitalisations [18].
Le réentraînement physique
Il concerne toutes les formes de BPCO, visant un entraînement à
l'effort, un renforcement de l'activité physique.
Quand ? Il est indispensable même chez les patients dyspnéiques
et intolérants à l'effort, à tous les stades de la maladie
(notamment après les exacerbations) [15, 16].
Qu'en attendre ? Chez des patients motivés, au mieux
de leur traitement pharmacologique : améliorer leurs possibilités
d'activité physique, leurs symptômes respiratoires, leur fonction
cardiovasculaire, réduire les troubles de l'humeur (grade C), améliorer
la qualité de vie (grade A), mais aussi réduire les hospitalisations
[15, 16, 18].
Comment ? Le réentraînement des membres inférieurs
(marche sur tapis ou bicyclette ergométrique) est proposé [17]
(grade A), mais tous les exercices d'entraînement musculaire semblent
efficaces, avec poursuite à domicile. Un programme de 20 séances
minimum (30 mn 3 fois par semaine) 1 fois par an, fait consensus (grade B) selon
des modalités variables [15, 16]. Mais dans une étude sur 1 an,
les patients ayant un haut niveau d'activité physique usuelle sont moins
hospitalisés [17].
BPCO et poids
La mesure de l'index de masse corporelle montre la maigreur fréquente
des patients atteints de BPCO (1/3 des patients ambulatoires, 2/3 des patients
hospitalisés) [16]. Cette perte de poids se fait au détriment
de la masse grasse, entraînant cachexie et atrophie musculaire, associée
dans les études épidémiologiques à une surmortalité
indépendante du degré d'obstruction bronchique. Elle doit faire
l'objet de mesures rééducationnelles (exercice : cf. ci-dessus),
nutritionnelles (supplémentation), voire médicamenteuses (anabolisants,
mégestérol...) [16].
Quelle est la place de l'oxygénothérapie ?
L'oxygénothérapie à l'effort améliore la tolérance
à l'exercice. L'intérêt de l'oxygénothérapie
de longue durée (OLD) n'est démontré que dans le cas de
désaturations artérielles importantes (PaO2 diurne < 60 mmHg).
L'OLD doit alors être la plus prolongée possible au cours du nycthémère,
toujours > 15 heures par jour (grade A), avec contrôle technique régulier
de l'appareillage (grade A). Au-delà, le recours à une ventilation
endotrachéale relève de cas particuliers [15, 16].
Que conclure pour notre pratique ?
L'évolution de la BPCO n'est ni inéluctable ni linéaire.
Le sevrage tabagique est la 1re mesure ; le suivi du poids, l'activité
physique régulière, l'éducation du patient, l'autosurveillance,
participent à l'amélioration de la qualité de vie
et sa durée. Tout ceci nécessite un dialogue patient-médecin
particulièrement confiant.
La BPCO nécessite des interventions multidisciplinaires :
soins primaires pour le suivi habituel, avec parfois l'intervention d'infirmières
[18], et de structures de réadaptation ; avis spécialisés,
parfois hospitalisations pour certaines exacerbations, ou pour faire le
point, programmer une oxygénothérapie... Le récent
guide américano-européen [16] appelle de ses voeux une meilleure
coordination de ces interventions, en l'attente d'études spécifiques.
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Références
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En résumé : BPCO, les objectifs de la prise en charge
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Les objectifs des traitements de la BPCO visent les symptômes,
la qualité de vie, la réduction de fréquence des
exacerbations, même s'ils n'influent pas sur la fonction respiratoire
et l'espérance de vie. L'arrêt du tabac, l'entraînement
physique, les vaccinations antigrippale et antipneumococcique, les bronchodilatateurs
inhalés sont les principaux. Les corticoïdes inhalés
ne sont indiqués que dans les formes sévères. Plus
la prise en charge des exacerbations est précoce, plus elle apporte
de bénéfices. L'analyse clinique permet l'orientation thérapeutique.
Les exacerbations légères à modérées
sont en majorité « affaire de généraliste ».
La BPCO est une maladie justiciable des modalités de prise en charge
des maladies chroniques, notamment de l'éducation du patient en
vue de lui permettre l'adoption des règles de vie souhaitables
et le partage de la décision.
L'évolution de la BPCO n'est ni inéluctable
ni linéaire. Cela nécessite un dialogue patient-médecin
particulièrement confiant, au mieux dans le cadre d'interventions
multidisciplinaires : soins primaires pour le suivi habituel, avec parfois
l'intervention d'infirmières et de structures de réadaptation
; avis spécialisés, parfois hospitalisations pour certaines
exacerbations, ou pour faire le point, programmer une oxygénothérapie...
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Note : 1. Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet
de 4 publications de Bibliomed : 469 du 7 juin, 474 du 13 septembre, 475 du
20 septembre et 478 du 11 octobre 2007.
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