ARTICLE
Auteur(s) : Henri
Damon1,2, François Mion1,3
1Hospices Civils de Lyon. Exploration Fonctionnelle
Digestive, Hôpital E. Herriot, pavillon H, 69437 Lyon cedex
03
2Exploration Fonctionnelle Digestive, Clinique
Protestante, Caluire et Cuire
3Université Lyon 1
L’incontinence anale (IA) peut se définir comme une condition dans
laquelle la perte involontaire de gaz et/ou de selles par l’anus
constitue un problème social ou d’hygiène. Elle a un retentissement
majeur sur la qualité de vie [1]. La prévalence exacte de l’IA est
difficile à évaluer du fait de l’absence de définition
standardisée. Une revue de la littérature récente [2] réalisée à
partir de 16 enquêtes de prévalence montrait des chiffres allant de
2 à 20 %.Un interrogatoire exhaustif et un examen clinique
complet, général et périnéal, constituent un préalable obligatoire
à toute exploration périnéale complémentaire. En effet, il est
nécessaire d’intégrer les résultats de ces différents examens à
l’observation clinique du patient. La prise en charge doit avoir
comme objectifs l’amélioration des symptômes cliniques, mais
également celle de la qualité de vie.
Définition et physiopathologie
L’IA est un symptôme dont l’expression clinique et les mécanismes
sont très variables. Le support physiopathologique de l’IA est le
plus souvent multifactoriel [3]. Nous distinguerons les IA
d’origine périnéale et les IA avec périnée normal (tableau 1).
Les IA d’origine périnéale correspondent à quatre types de
mécanismes : lésion du sphincter anal, neuropathie pudendale,
les atteintes du réservoir rectal et les troubles de la statique
rectale.
Parmi les facteurs physiopathologiques, les lésions
sphinctériennes sont probablement les mieux documentées. La cause
la plus fréquente de défect du sphincter anal est l’accouchement
par voie basse. Dans une revue de la littérature réalisée par
Oberwalder et al. [4], l’incidence des défects du post partum était
de 26,9 % chez la primipare. Un défect peut également être
secondaire à une chirurgie anorectale. La cure de fistule anale est
l’intervention la plus à risque d’incontinence, néanmoins
l’hémorroïdectomie, la dilatation anale, et la sphinctérotomie pour
fissure anale peuvent également engendrer des défects du sphincter
anal. Il faut également préciser que toutes les lésions
échographiques sphinctériennes ne sont pas systématiquement
responsables d’IA.
La neuropathie pudendale. Snooks et al ont montré en 1984
[5] que le nerf pudendal pouvait être étiré lors des efforts de
poussée de la parturiente. Une neuropathie pudendale similaire peut
survenir dans le cadre de la dyschésie chronique et du périnée
descendant.
Le rectum est un réservoir compliant où les selles peuvent être
stockées temporairement, permettant une évacuation différée. Si la
compliance rectale est diminuée, le rectum perd sa fonction de
réservoir. Les étiologies des microrecties sont nombreuses :
rectite radique, rectocolite hémorragique, maladie de Crohn,
infiltration de la paroi rectale par une tumeur, chirurgie
rectale.
Les troubles de la statique rectale sont souvent à l’origine
d’une IA. En cas de prolapsus extériorisé, l’IA est fréquente
(50 % des cas environ).
Les IA avec périnée normal correspondent aux diarrhées
chroniques (dont il conviendra de déterminer la cause par les
examens morphologiques ou biologiques adaptés), aux pathologies
neurologiques centrales (SEP, traumatismes médullaires, démence…).
L’IA peut également être secondaire à diverses neuropathies
périphériques ou du système nerveux autonome : diabète,
alcoolisme, carences nutritionnelles, insuffisance rénale
chronique, maladies auto-immunes.
Tableau 1 Principaux mécanismes physiopathologiques de
l’incontinence anale.
|
Structure atteinte
|
Étiologie
|
|
Sphincter anal
|
Défect post-obstétrical, post chirurgical ou post traumatique
|
|
Ampoule rectale
|
- Rectite inflammatoire, radique
- Résection chirurgicale
|
|
Neuropathie pudendale
|
- Lésions obstétricales
- Dyschésie chronique
|
|
Atteinte neurologique centrale
|
- Sclérose en plaques
- Accidents vasculaires cérébraux
- Démence
- Tumeur
|
|
Troubles du transit
|
- Diarrhées chroniques
- Stase stercorale au niveau rectal
|
|
Troubles de la statique pelvienne
|
Prolapsus rectal extériorisé (ou intra-anal)
|
Évaluation de la gravité des symptômes
L’évaluation objective de la gravité des symptômes est un problème
difficile. Aussi l’utilisation de scores doit actuellement être
recommandée [6]. Deux types de scores peuvent être utilisés. D’une
part, les scores de symptômes évaluant la gravité et la sévérité de
l’IA elle-même. D’autre part, les scores de qualité de vie évaluant
le retentissement de l’IA sur la vie quotidienne du patient.
Les scores de symptômes sont nombreux. La plupart des scores
peuvent être administrés sous forme d’auto-questionnaires.
Actuellement le score le plus largement utilisé est le score de
Jorge et Wexner [7]. Il comporte 5 items portant sur le type de
pertes (sous forme de gaz, liquide, solide) le port d’une
protection et le retentissement sur la vie quotidienne. Chaque item
est coté de 0 à 4 en fonction de la fréquence du symptôme, le score
maximum (incontinence complète) étant de 20/20 (tableau 2).
La qualité de vie liée à l’état de santé est devenue un critère
d’évaluation de plus en plus utilisé : le traitement des
pathologies fonctionnelles doit avoir comme objectif de permettre
aux patients de mieux vivre. Plusieurs questionnaires peuvent être
utilisés dans le cadre de l’IA. En pratique quotidienne, nous
utilisons le score GIQLI [8], il s’agit d’un score intermédiaire,
validé pour l’ensemble des pathologies digestives, et par rapport
au score générique SF-36.
Tableau 2 Score d’incontinence anale de Jorge et Wexner
[Jorge, 1993 #1697].
|
Type d’incontinence
|
Fréquence
|
|
Jamais
|
Rarement
|
Parfois
|
Souvent
|
Toujours
|
|
Solide
|
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
|
Liquide
|
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
|
Gaz
|
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
|
Garniture
|
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
|
Altération vie courante
|
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
Explorations dans le cadre de l’IA
Manométrie anorectale
La manométrie anorectale (MAR) est largement utilisée pour
l’évaluation initiale du patient présentant une IA. Il existe de
nombreuses techniques, mais les résultats ne semblent pas
significativement différents en fonction de la technique utilisée
[9].
Sur le plan diagnostique, la MAR permettra l’évaluation de la
valeur fonctionnelle du sphincter anal, de la sensibilité et de la
compliance rectale. Elle permet ainsi de préciser le mécanisme de
l’IA : incompétence sphinctérienne et/ou anomalie du réservoir
rectal. L’atteinte de la compliance rectale peut correspondre à
deux types de tableaux. Le mégarectum fonctionnel (augmentation de
la compliance) se traduira par une IA par regorgement ; les
fuites de selles sont essentiellement à type de soiling et
s’expliquent par un « débordement » du contenu rectal.
Les microrecties (rectites inflammatoires, radiques) induisent une
diminution de la compliance, et des besoins urgents,
irrépressibles.
Du point de vue thérapeutique les données objectives fournies
par la MAR permettront de guider au mieux la rééducation
périnéale : amélioration de la contraction volontaire,
correction d’un asynchronisme associé. En cas d’anomalies de la
sensibilité et/ou de la compliance rectale, la rééducation de la
sensibilité rectale par sonde à ballonnet est fondamentale. Par
ailleurs, les données de la MAR serviront de référence pour
l’évaluation des traitements (valeur médico-légale avant
intervention chirurgicale ?).
Endosonographie anale
Dans le cadre du bilan d’une IA, l’endosonographie anale (EEA)
permet de diagnostiquer la présence d’une lésion du sphincter anal
interne et/ou externe ainsi que son extension (figure 1). La performance
de l’EEA a été bien établie par comparaison avec l’étude des pièces
chirurgicales [10]. La sensibilité et la spécificité vont de 83 à
100 % pour le diagnostic de défect du sphincter anal. Dans le
cadre de l’IA, la plupart des séries de la littérature ont mis en
évidence une rupture sphinctérienne dans environ 2/3 des cas [11,
12]. L’endosonographie a donc permis de révéler le rôle majeur et
sous-estimé jusqu’alors des défects sphinctériens dans l’IA.
L’impact thérapeutique de l’EEA est indéniable. La mise en
évidence d’une rupture sphinctérienne permet d’envisager une
réparation chirurgicale. Néanmoins, il faut nuancer les indications
en fonction de l’extension radiaire des défects.
La mise en évidence d’un défect du post partum peut
éventuellement modifier l’attitude de l’obstétricien en cas de
nouvelle grossesse, en faisant discuter une éventuelle césarienne
prophylactique [13].
Viscérogramme pelvien
Dans le cadre de l’IA, la place du viscérogramme pelvien demeure
encore mal définie. On recherchera soit une anomalie de position
(périnée descendant et/ou descendu) soit une anomalie morphologique
(rectocèle et/ou prolapsus du rectum).
Le prolapsus rectal interne, intra-anal est retrouvé chez
35 % des femmes présentant un prolapsus génital. Il faut
également être prudent avant de conclure à la responsabilité
clinique du prolapsus rectal intra-anal dans l’IA. Le prolapsus
extériorisé (figure
2) est souvent évident à l’examen clinique. Ce dernier peut
cependant avoir du mal à le reproduire. Le viscérogramme pelvien
permet donc dans certains cas de confirmer le prolapsus et surtout
de mettre en évidence des anomalies associées.
Les rectocèles accompagnent une dyschésie et/ou une
incontinence. L’IA associée à une rectocèle peut correspondre à
l’évacuation retardée et non contrôlée de son contenu après une
selle jugée comme normale par le patient.
IRM
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet également une
approche précise de l’anatomie du sphincter. Elle a l’avantage de
pouvoir explorer les trois plans de l’espace. L’IRM permet le
diagnostic des défects du sphincter interne et du sphincter
externe, mais la place exacte de l’IRM pour ce diagnostic de défect
demeure controversée et doit être réservée aux échecs de l’EEA.
L’IRM dynamique permet également l’évaluation précise des
troubles de la statique pelvienne. Sa place exacte reste également
à préciser.
Électrophysiologie
Les explorations électrophysiologiques périnéales comportent :
l’électromyographie de détection, la mesure de la latence motrice
distale du nerf pudendal, l’étude des réflexes sacrés et des
potentiels évoqués somesthésiques et moteurs périnéaux.
L’électromyographie de détection (EMG) du sphincter anal externe
est actuellement abandonnée par la plupart des équipes et remplacée
par la cartographie anatomique réalisée par EEA. Les explorations
électrophysiologiques sont utiles lorsqu’on suspecte une atteinte
neurologique centrale ou périphérique. Néanmoins, la fréquence des
anomalies et la mauvaise spécificité des résultats invitent à
limiter leurs indications uniquement au bilan préchirurgical.
S’agit-il d’un facteur pronostique ?.
Prise en charge thérapeutique
Les moyens thérapeutiques à notre disposition
Traitements non chirurgicaux
Traitement médical et conseils hygiénodiététiques
Le traitement médical repose essentiellement sur la régularisation
du transit intestinal : mucilages, antispasmodiques,
ralentisseurs du transit, chélateurs des sels biliaires. La
recherche d’erreurs diététiques éventuelles sera systématique.
L’utilisation de tampons anaux peut également être utilisée,
essentiellement en cas de besoins urgents.
Rééducation périnéale et abdominale
De multiples protocoles ont été décrits. Néanmoins, il est possible
d’individualiser trois grands types de rééducation : la
coordination rectosphinctérienne (contracter le sphincter en
réponse à une distension rectale) ; la rééducation de la
sensibilité rectale (par ballonnets gonflés à volumes variables
dans le rectum) ; amélioration de la qualité (force, et durée)
de la contraction anale volontaire. La durée et la fréquence des
séances de rééducation varient de façon importante en fonction des
centres, et il n’existe pas de technique ayant fait la preuve de sa
supériorité par rapport à une autre. Il est également fondamental
d’associer à la rééducation périnéale une rééducation de la sangle
abdominale et de la respiration.
Le taux de succès de la rééducation varie de 50 à 90 %
[14-19]. Norton et al. [16] ont remis en cause l’intérêt de la
rééducation périnéale. Dans cette étude, l’amélioration clinique
dans le groupe rééducation périnéale n’était pas significativement
supérieure à celle du groupe traité sans rééducation. Néanmoins,
les insuffisances méthodologiques de cette étude limitent son
impact pratique [20].
Électrostimulation transcutanée du nerf tibial postérieur
L’électrostimulation transcutanée du nerf tibial postérieur
consiste à stimuler les afférences sensitives du nerf tibial
postérieur, qui appartiennent au même territoire métamérique que
les racines sacrées. Au cours de la stimulation transcutanée, deux
électrodes de surface sont placées sur le trajet du nerf tibial
postérieur et sont connectées à un stimulateur externe. Une étude
préliminaire réalisée sur 10 patients présentant une IA montre que
7 patients sur 10 sont améliorés [21]. Une évaluation plus
objective est nécessaire, mais l’innocuité, la simplicité de
réalisation et le faible coût de cette technique la rendent
attractive.
Traitements chirurgicaux
La sphinctérorraphie consiste en une réparation sphinctérienne
directe d’une rupture du sphincter de l’anus sous repérage visuel
peropératoire, au mieux orientée par une échographie préalable. Le
résultat à court terme est satisfaisant et est considéré comme bon
à excellent dans 62 à 83 % des cas [22, 23]. Néanmoins, ces
résultats semblent se dégrader avec le temps [24].
La graciloplastie dynamisée associe une transposition du muscle
gracilis selon la technique décrite par Pickrell et al. [25] en
1952, à l’électrostimulation du muscle transposé. Le taux de succès
varie de 54 à 83 % [26] selon l’étiologie de l’IA.
Le sphincter anal artificiel correspond à l’implantation d’une
manchette en position périanale reliée à une pompe placée dans la
grande lèvre ou le scrotum et à un ballon régulateur de pressions
dans l’espace sous-péritonéal. Wong et al. [27] ont récemment
réalisé une étude multicentrique, parmi les 112 patients implantés
dont 41 ont du être explantés. Le taux de succès global était de
53 %, 85 % des patients non explantés avaient un bon
résultat.
La neuromodulation des racines sacrées (NRMS) a tout d’abord été
développée dans le cadre de l’incontinence urinaire par instabilité
vésicale. L’amélioration des signes digestifs associés chez
certains patients a conduit à son utilisation pour traiter l’IA.
Dans un premier temps, il est réalisé l’implantation par voie
transsacrée d’une électrode maintenue en place au contact des
racines sacrées (S3 ou S4), et reliée pendant deux à
3 semaines, parfois plus, à un boîtier de stimulation externe.
Ce test permet d’évaluer l’efficacité de la stimulation sur la
continence anale. Si le test s’avère concluant, dans un deuxième
temps, on réalise l’implantation définitive d’un système de
neuromodulation, placé dans la partie supéro-externe de la fesse et
relié à l’électrode tunnellisée. Jarett et al. [28] ont fait une
revue de la littérature : 75 à 100 % des patients
implantés de façon définitive étaient améliorés.
Dans le cadre du prolapsus rectal extériorisé, deux techniques
principales sont à envisager : la rectopexie et l’intervention
de Delorme. Enfin, dans le cadre du traitement chirurgical, Il
existe de nouvelles techniques de moindre utilisation et dont
l’intérêt reste à démontrer. Il s’agit des injections périanales et
de la radiofréquence du canal anal, proposées en cas de lésion
isolée ou d’atrophie du sphincter interne de l’anus.
En dernier recours, la colostomie peut s’avérer une alternative
efficace chez les patients refusant un procédé chirurgical
complexe, et très gênés par leurs symptômes : une colostomie
bien appareillée chez un malade bien éduqué est souvent préférable
à une IA sévère non contrôlée. La réalisation d’une
appendicostomie, ou d’une caecostomie de petit diamètre, permettant
de réaliser des irrigations antérogrades (procédé de Malone) du
côlon peut être une alternative à la colostomie.
Les indications en fonction des données cliniques et
paracliniques
Le traitement initial doit être le moins agressif possible et dans
la grande majorité des situations, débuter par une prise en charge
médicale.
IA et troubles du transit
Les patients ayant une diarrhée idiopathique pourront bénéficier
d’un traitement à base d’argiles, de ralentisseurs du transit de
type lopéramide ou de chélateurs des acides biliaires.
La recherche et le traitement d’une éventuelle constipation
chronique associée sont également fondamentaux. L’IA passive est
souvent associée à un encombrement stercoral rectal et/ou colique.
Il suffit parfois d’éliminer cet encombrement et de prévenir sa
récidive pour guérir l’IA. L’obtention d’une vidange rectale
complète est nécessaire. Ainsi, des suppositoires et/ou petits
lavements pourront être prescrits en association à des laxatifs per
os.
IA et troubles de la statique rectale
Dans le cadre du prolapsus rectal extériorisé, le traitement
médical et la rééducation auront peu de place. Une rectopexie sera
réalisée avec correction des troubles de la statique associés
(entérocèle par exemple). L’intervention de Delorme sera plutôt
réservée aux sujets âgés et en cas de contre-indication à la
rectopexie. En cas de défect associé au prolapsus, l’attitude
habituelle est dans un premier temps de corriger le prolapsus.
IA d’origine sphinctérienne
Devant une rupture sphinctérienne, la sphinctérorraphie (réparation
sphinctérienne) est indiquée chez les patients présentant un défect
sphinctérien cliniquement significatif. Ce geste ne s’adresse
qu’aux ruptures du sphincter externe, qu’il existe ou non une
rupture associée du sphincter interne. L’extension radiaire mesurée
en échographie est importante à prendre en compte : il est
possible de proposer une réparation pour les défects inférieurs à
120 degrés de circonférence, néanmoins ce chiffre peut être
variable en fonction des équipes.
En cas de délabrement majeur, la réparation sphinctérienne est
illusoire, et il sera possible de discuter de l’indication d’une
graciloplastie dynamisée et/ou du sphincter artificiel.
IA par neuropathie pudendale (IA
« idiopathique »)
Associée à un sphincter anatomiquement normal, il s’agit
actuellement de l’indication principale de la neuromodulation des
racines sacrées. Néanmoins, certaines équipes ont montré que la
NMRS pouvait également être efficace en présence d’une rupture
sphinctérienne limitée. En cas d’échec de la NMRS, il est possible
de discuter au cas par cas de l’indication de la graciloplastie
dynamisée ou du sphincter artificiel.
Conclusion
L’IA a un retentissement majeur sur la qualité de vie des patients
qui en souffrent. Bien que dans la majorité des cas il soit
possible d’améliorer les symptômes, les patients ne consultent pas
pour ce problème. Cette absence de prise en charge a de multiples
raisons. Il s’agit encore d’une pathologie taboue, les patients
n’osent pas consulter, les médecins ne posent pas la question. Le
but essentiel du traitement est l’amélioration de la qualité de
vie. Les méthodes hygiénodiététiques, le traitement médical et la
rééducation périnéale sont très souvent suffisants en cas d’IA peu
grave.
Des progrès récents permettent de proposer de nouvelles
thérapeutiques efficaces dans les cas d’IA sévères.
Références
1 Damon H, Dumas P, Mion F. Impact of anal
incontinence and chronic constipation on quality of life.
Gastroenterol Clin Biol 2004 ; 28 : 16-20.
2 Macmillan AK, Merrie AE, Marshall RJ,
Parry BR. The prevalence of fecal incontinence in
community-dwelling adults : a systematic review of the
literature. Dis Colon Rectum 2004 ; 47 : 1341-9.
3 Rao SS, Patel RS. How useful are manometric tests of
anorectal function in the management of defecation disorders? Am J
Gastroenterol 1997 ; 92 : 469-75.
4 Oberwalder M, Connor J, Wexner SD.
Meta-analysis to determine the incidence of obstetric anal
sphincter damage. Br J Surg 2003 ; 90 : 1333-7.
5 Snooks S, Henry MM, Swash M. Faecal
incontinence after anal dilatation. Br J Surg 1984 ; 71 :
617-8.
6 Avery KN, Bosch JL, Gotoh M, Naughton M,
Jackson S, Radley SC, et al. Questionnaires to
assess urinary and anal incontinence : review and
recommendations. J Urol 2007 ; 177 : 39-49.
7 Jorge JM, Wexner SD. Etiology and management of
fecal incontinence. Dis Colon Rectum 1993 ; 36 :
77-97.
8 Slim K, Bousquet J, Kwiatkowski F,
Lescure G, Pezet D, Chipponi J. Première validation
de la version française de l’index de qualité de vie pour les
maladies digestives (GIQLI). Gastroenterol Clin Biol 1999 ;
23 : 25-31.
9 Simpson RR, Kennedy ML, Nguyen MH,
Dinning PG, Lubowski DZ. Anal manometry : a
comparison of techniques. Dis Colon Rectum 2006 ; 49 :
1033-8.
10 Sultan AH, Kamm MA, Hudson CN,
Nicholls JR, Bartram CI. Endosonography of the anal
sphincters : normal anatomy and comparison with manometry.
Clin Radiol 1994 ; 49 : 368-74.
11 Damon H, Henry L, Valette PJ, Mion F.
Incidence of sphincter defects in fecal incontinence : a
prospective endosonographic study. Ann Chir 2000 ; 125 :
643-7.
12 Abramowitz L, Sobhani I, Ganansia R,
Vuagnat A, Benifla JL, Darai E, et al. Are
sphincter defects the cause of anal incontinence after vaginal
delivery? Results of a prospective study. Dis Colon Rectum
2000 ; 43 : 590-6 ; (discussion 596-8).
13 Fynes M, Donnelly V, Behan M,
O’Connell PR, O’Herlihy C. Effect of second vaginal
delivery on anorectal physiology and faecal continence : a
prospective study. Lancet 1999 ; 354 : 983-6 ; [see
comments].
14 Beddy P, Neary P, Eguare EI, McCollum R,
Crosbie J, Conlon KC, et al. Electromyographic
biofeedback can improve subjective and objective measures of fecal
incontinence in the short term. J Gastrointest Surg 2004 ;
8 : 64-72.
15 Solomon MJ, Pager CK, Rex J, Roberts R,
Manning J. Randomized, controlled trial of biofeedback with
anal manometry, transanal ultrasound, or pelvic floor retraining
with digital guidance alone in the treatment of mild to moderate
fecal incontinence. Dis Colon Rectum 2003 ; 46 :
703-10.
16 Norton C, Chelvanayagam S, Wilson-Barnett J,
Redfern S, Kamm MA. Randomized controlled trial of
biofeedback for fecal incontinence. Gastroenterology 2003 ;
125 : 1320-9.
17 Martinez-Puente Mf M, Pascual-Montero JA,
Garcia-Olmo D. Customized biofeedback therapy improves results
in fecal incontinence. Int J Colorectal Dis 2003 ; 7 :
7.
18 Pager CK, Solomon MJ, Rex J, Roberts RA.
Long-term outcomes of pelvic floor exercise and biofeedback
treatment for patients with fecal incontinence. Dis Colon Rectum
2002 ; 45 : 997-1003.
19 Chiarioni G, Bassotti G, Stanganini S,
Vantini I, Whitehead WE, Stegagnini S. Sensory
retraining is key to biofeedback therapy for formed stool fecal
incontinence. Am J Gastroenterol 2002 ; 97 : 109-17.
20 Schott AM, Damon H, Mion F, Siproudhis L.
A randomized controlled trial of biofeedback that does not have the
power to conclude. Gastroenterology 2004 ; 126 :
1496-7 ; (author reply 1497).
21 Queralto M, Portier G, Cabarrot PH,
Bonnaud G, Chotard JP, Nadrigny M, et al.
Preliminary results of peripheral transcutaneous neuromodulation in
the treatment of idiopathic fecal incontinence. Int J Colorectal
Dis 2005 ; 1 : 670-2.
22 Buie WD, Lowry AC, Rothenberger DA,
Madoff RD. Clinical rather than laboratory assessment predicts
continence after anterior sphincteroplasty. Dis Colon Rectum
2001 ; 44 : 1255-60.
23 Jacobs PP, Scheuer M, Kuijpers JH,
Vingerhoets MH. Obstetric fecal incontinence. Role of pelvic
floor denervation and results of delayed sphincter repair. Dis
Colon Rectum 1990 ; 33 : 494-7.
24 Karoui S, Leroi AM, Koning E, Menard JF,
Michot F, Denis P. Results of sphincteroplasty in 86
patients with anal incontinence. Dis Colon Rectum 2000 ;
43 : 813-20.
25 Pickrell K, Broadbent T, Masters F,
Metzger J. Construction of a rectal sphincter and restoration
of anal continence by transplanting the gracilis muscle ; a
report of four cases in children. Ann Surg 1952 ; 135 :
853-62.
26 Madoff RD, Rosen HR, Baeten CG,
LaFontaine LJ, Cavina E, Devesa M, et al.
Safety and efficacy of dynamic muscle plasty for anal
incontinence : lessons from a prospective, multicenter trial.
Gastroenterology 1999 ; 116 : 549-56.
27 Wong WD, Congliosi SM, Spencer MP,
Corman ML, Tan P, Opelka FG, et al. The safety
and efficacy of the artificial bowel sphincter for fecal
incontinence : results from a multicenter cohort study. Dis
Colon Rectum 2002 ; 45 : 1139-53.
28 Jarrett ME, Mowatt G, Glazener CM,
Fraser C, Nicholls RJ, Grant AM, et al.
Systematic review of sacral nerve stimulation for faecal
incontinence and constipation. Br J Surg 2004 ; 91 :
1559-69.
|