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Grossesse et antidépresseurs ISRS


Médecine. Volume 2, Numéro 4, Avril 2006, Thérapeutiques


Résumé  

Auteur(s) : Michel Gerson , Endocrinologue Hôpital Monod, Le Havre mgerson@ch-havre.fr .

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Mots-clés : effet secondaire, benzodiazépine, grossesse, inhibiteur de la capture de la sérotonine, malformation

ARTICLE

Les antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS, tableau 1) constituent la classe d'antidépresseurs la plus utilisée depuis plusieurs années. Malgré une mise sur le marché qui date de presque 20 ans pour la fluoxétine (1re AMM : 1988), il nous reste encore à apprendre sur la pharmacovigilance de ces antidépresseurs. La brève de ce mois-ci concerne les données les plus récentes concernant les effets pendant la grossesse

Paroxétine en début de grossesse et risque de malformations cardiaques

En décembre dernier, la FDA a publié une mise en garde sur le risque de malformations congénitales lié à la prise de paroxétine pendant le premier trimestre de la grossesse [1]. Cette mise en garde fait état de deux études épidémiologiques :

 la première d'après les données du registre national suédois : les femmes ayant reçu de la paroxétine au début de leur grossesse ont un risque doublé de malformation cardiaque (2 % versus 1 %) ;

 la seconde d'après les données des assurances aux états-Unis : le risque de malformation cardiaque est multiplié par 1,5 en cas d'exposition à la paroxétine.

Les malformations cardiaques observées sont des défauts du septum auriculaire ou ventriculaire.

En conclusion, la FDA conseille de ne pas débuter de traitement par la paroxétine chez les femmes ayant un projet de grossesse.

ISRS en fin de grossesse et risque d'hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né

L'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) persistante du nouveau-né survient chez 1 à 2 % des nouveau-nés dont 10 à 20 % ne survivent pas [2].

Une étude cas-témoins a été conduite par une équipe américaine afin de tester l'hypothèse selon laquelle l'exposition à un ISRS est associée à une augmentation du risque d'HTAP [3]. Cette étude a inclus 377 femmes dont les nouveau-nés étaient atteints et 836 femmes-témoins appariées entre 1998 et 2003. Dans le groupe HTAP, 14 nouveau-nés ont été exposés à un ISRS pendant leur vie foetale après la 20e semaine de grossesse tandis que 6 nouveau-nés ont été exposés dans le groupe témoin.

Les auteurs notent que pour autant que la relation soit causale le risque absolu d'HTAP chez les nouveau-nés exposés reste faible, de l'ordre de 6 à 12 pour 1 000, en d'autres termes qu'environ 99 % des mères exposées donneront naissance à un enfant indemne. D'oû leur conclusion prudente et rituelle incitant à prendre en compte l'ensemble du rapport bénéfice/risque.

Références

FDA Public health advisory paroxetine. www.fda.gov/cder/drug/advisory/paroxetine 2005 12.htm

Mills JL. Depressing observations on the use of selective serotonin-reuptake inhibitors during pregnancy. N Engl J Med. 2006;354:636-8.

Chambers CD, Hernandez-Diaz S, Van Marter LJ, Werler MM, Louik C, Jones KL, et al. Selective serotonin-reuptake inhibitors and risk of persistent pulmonary hypertension of the newborn. N Engl J Med. 2006;354:579-87.

 


Note :

1.Le mois prochain, nous nous intéresserons au risque suicidaire chez les enfants traités par ISRS.


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