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Les antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture
de la sérotonine (ISRS, tableau 1) constituent la classe d'antidépresseurs
la plus utilisée depuis plusieurs années. Malgré
une mise sur le marché qui date de presque 20 ans pour la fluoxétine
(1re AMM : 1988), il nous reste encore à apprendre sur la pharmacovigilance
de ces antidépresseurs. La brève de ce mois-ci concerne les données
les plus récentes concernant les effets pendant la grossesse
Paroxétine en début de grossesse et risque de malformations
cardiaques
En décembre dernier, la FDA a publié une mise en garde sur
le risque de malformations congénitales lié à la prise de
paroxétine pendant le premier trimestre de la grossesse [1].
Cette mise en garde fait état de deux études épidémiologiques
:
la première d'après les données du registre national suédois
: les femmes ayant reçu de la paroxétine au début de leur
grossesse ont un risque doublé de malformation cardiaque (2 % versus
1 %) ;
la seconde d'après les données des assurances aux états-Unis
: le risque de malformation cardiaque est multiplié par 1,5 en cas
d'exposition à la paroxétine.
Les malformations cardiaques observées sont des défauts
du septum auriculaire ou ventriculaire.
En conclusion, la FDA conseille de ne pas débuter de traitement
par la paroxétine chez les femmes ayant un projet de grossesse.
ISRS en fin de grossesse et risque d'hypertension artérielle pulmonaire
persistante du nouveau-né
L'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) persistante du nouveau-né
survient chez 1 à 2 % des nouveau-nés dont 10 à 20 % ne survivent pas
[2].
Une étude cas-témoins a été conduite
par une équipe américaine afin de tester l'hypothèse selon
laquelle l'exposition à un ISRS est associée à une augmentation du
risque d'HTAP [3]. Cette étude a inclus 377 femmes dont les nouveau-nés
étaient atteints et 836 femmes-témoins appariées
entre 1998 et 2003. Dans le groupe HTAP, 14 nouveau-nés ont été
exposés à un ISRS pendant leur vie foetale après la 20e
semaine de grossesse tandis que 6 nouveau-nés ont été
exposés dans le groupe témoin.
Les auteurs notent que pour autant que la relation soit causale le risque
absolu d'HTAP chez les nouveau-nés exposés reste faible,
de l'ordre de 6 à 12 pour 1 000, en d'autres termes qu'environ 99 % des mères
exposées donneront naissance à un enfant indemne. D'oû leur conclusion
prudente et rituelle incitant à prendre en compte l'ensemble du rapport bénéfice/risque.
Références
FDA Public health advisory paroxetine. www.fda.gov/cder/drug/advisory/paroxetine
2005 12.htm
Mills JL. Depressing observations on the use of selective serotonin-reuptake
inhibitors during pregnancy. N Engl J Med. 2006;354:636-8.
Chambers CD, Hernandez-Diaz S, Van Marter LJ, Werler MM, Louik C, Jones KL,
et al. Selective serotonin-reuptake inhibitors and risk of persistent pulmonary
hypertension of the newborn. N Engl J Med. 2006;354:579-87.
Note :
1.Le mois prochain, nous nous intéresserons au risque suicidaire
chez les enfants traités par ISRS.
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