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Micro-ARN et oncogenèse


Bulletin du Cancer. Volume 92, Numéro 9, 757-62, Septembre 2005, point sur...


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Jean Bénard, Setha Douc-Rasy , Département de biologie et de pathologie médicale & UMR 8126-CNRS, Institut Gustave-Roussy, 94805 Villejuif Cedex.

Résumé : Les micro-ARN endogènes (miARN) régulent négativement l’expression d’une variété de gènes. Ces toutes petites molécules non codantes d’ARN (18 à 25 ribonucléotides) assurent un mécanisme, spécifique et efficace, de répression de l’expression d’ARNm cibles en régulant leur traduction en protéines, généralisant ainsi le phénomène d’ARN interférence. Ils jouent donc un rôle majeur dans le développement tissulaire des règnes végétal et animal en participant au contrôle spatiotemporel strict des niveaux de protéines régulatrices de chacun des tissus. Des travaux parus durant l’été 2005 montrent qu’ils participent aussi à l’oncogenèse. Certains miARN exercent des propriétés oncogéniques dans des modèles de lymphomes, d’autres manifestent des propriétés anti-apoptotiques dans les glioblastomes. Le profil d’expression des miARN humains découverts aujourd’hui (environ 200) signe le lignage d’un tissu tumoral, ce qui peut être utile pour le diagnostic. L’existence de miARN dans les tumeurs solides et les hémopathies ouvre des perspectives inédites pour la compréhension de l’oncogenèse et, peut-être, la prise en charge des maladies cancéreuses.

Mots-clés : micro-ARN, oncogenèse

Illustrations

Figure 1 Synthèse d’un miARN et mécanisme d’action. Transcrit dans le noyau, le précurseur du miARN (pri-miARN) adopte une structure en épingle à cheveux, qui satisfait à l’autocomplémentarité nucléotidique de la majeure partie de sa séquence. Ce pri-miARN est immédiatement modifié en pré-miARN avant d’être exporté vers le cytoplasme. La structure du premier transcrit guide le « génomicien » dans sa prédiction de la séquence du gène qui transcrit un miARN. L’action ultérieure d’une enzyme, le Dicer, va entraîner la perte de la partie repliée non appariée et aboutir au miARN mature dont un seul brin (rouge) est incorporé dans le RISC (RNA induced silencing complex), l’autre brin (bleu) étant dégradé. Un groupement monophosphate marque l’extrémité 5’ de chaque fragment. La qualité de l’appariement entre miARN (rouge) et l’ARNm cible (noir) détermine le complexe RISC à dégrader l’ARNm (bon appariement) ou bien à inhiber la traduction de l’ARNm cible (appariement imparfait).

Figure 2 Action du miR1 sur le développement cardiaque. D’après B. Bruneau [14]. Au stade précoce de développement du cœur, le gène codant miR1 reste silencieux alors que le facteur de transcription Hand 2 est produit. En s’exprimant au stade tardif, miR1 « éteint » l’expression de Hand2, nécessaire à la prolifération des cardiomyocytes. Ainsi la croissance du muscle cardiaque est-elle stoppée.


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