Auteur(s) : Jean-Pierre Besancenot, Pascal Handschumacher, Jacques-André Ndione, Ibrahima Mbaye, Karine Laaidi , Climat et Santé, Faculté de médecine, BP 87900, 21079 Dijon cedex, Université Louis Pasteur, Faculté de géographie, 3, rue de l’Argonne, 67083 Strasbourg cedex, Centre de suivi écologique (CSE), BP 15 532, Dakar-Fann, Sénégal, Unité de recherche (UR) 024 Épidémiologie et prévention, Institut de recherche pour le développement (IRD), BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, Département Santé Environnement, Institut de veille sanitaire (InVS), 12, rue du Val d’Osne, 94415 Saint-Maurice cedex.
Résumé : De l’embouchure du fleuve Sénégal à la Djézireh soudanaise, en passant par les rives du lac Tchad, le Sahel constitue à la fois une transition écologique (steppe arborée, où l’on passe progressivement du désert saharien aux savanes soudaniennes) et un carrefour de civilisations (où convergent pasteurs nomades et agriculteurs noirs sédentaires, les seconds prenant peu à peu le relais des premiers à mesure que l’on descend vers le sud). À l’intérieur de cet « entre-deux-mondes », la santé des populations est fortement tributaire du milieu naturel, éventuellement modifié par l’action humaine. Elle participe simultanément ou alternativement des deux milieux encadrants. Mais la grande sécheresse des années 1970-1980 a entraîné des modifications profondes de la situation sanitaire, à la fois par ses effets directs (avec un renforcement de la pathologie de pays sec) et par les aménagements qu’elle a suscités (qui, eux, ont plutôt conduit à l’émergence ou à la réémergence de maladies jusque-là caractéristiques de pays plus humides).
Mots-clés : Santé, Climat, Eau, Sahel
Illustrations
Photo 1. La baignade, principal contact des enfants
avec l’eau et activité à haut risque de contamination.
Photo 2. Directement, par la présence de l’eau, et
indirectement, parce que populations et troupeaux se concentrent à
ses abords en saison sèche, la mare est au Sahel un lieu
particulièrement dangereux au plan épidémiologique.
Photo 3. La bilharziose urinaire est la parasitose
la plus répandue au Sahel, dès lors que le comportement des hommes
s’y prête : ils doivent introduire les œufs du parasite dans
l’eau, puis pénétrer dans celle-ci afin de se porter à la rencontre
des larves infestantes.
Photo 4. La bilharziose accompagne souvent les
actions qui visent à mettre en valeur les ressources hydriques.