ARTICLE
Auteur(s) :, Pierre Jouffret1, Françoise
Labalette2, Vincent Lecomte1, Annette
Penaud3, André Pouzet4, Lionel
Quéré3
1CETIOM, Zone Sud, Station Inter-Instituts, 6, chemin
de Côte Vieille, 31450 Baziège jouffret@cetiom.fr
2ONIDOL, Paris
3CETIOM, Grignon
4CETIOM, Paris
La 16e Conférence internationale sur le tournesol s’est
déroulée à Fargo (États-Unis, Nord Dakota) du 29 août au 2
septembre 2004. Bien que deux fois moins nombreuse qu’à Toulouse
(2000), l’assistance a néanmoins permis de réunir les principaux
responsables des programmes de recherche sur le tournesol dans le
monde.Ce bref compte rendu présentera successivement :
- – la situation du tournesol aux États-Unis ;
- – la synthèse des six conférences plénières ;
- – les points marquants des douze ateliers ;
- – les principaux rendez-vous internationaux à venir
concernant le tournesol1.
Le tournesol aux États-Unis
Régulièrement décroissante, la sole tournesol est passée depuis
deux ans sous le seuil du million d’hectares aux États-Unis.
Au Nord-Dakota, là où les sols sont les plus riches, comme la
Red River Valley, le tournesol est ainsi progressivement remplacé
par le soja et le maïs. La pluviométrie estivale abondante mais
aussi l’usage de variétés résistantes au Roundup semble être à
l’origine du développement du soja dans ces milieux à potentiel
élevé.
Cette tendance limitant la culture à des conditions
pédoclimatiques difficiles, répondant peu à l’intensification des
intrants, n’est pas spécifique au Nord-Dakota : on la retrouve
au Dakota du Sud, en Argentine et pour partie au moins en France.
Elle permet aussi son développement dans les régions où les
intrants sont peu disponibles. Ceci explique que finalement de
nombreux pays du monde pratiquent cette culture et que 25 d’entre
eux, malgré un nombre relativement restreint de participants, aient
été représentés à cette conférence.
Le colloque fut ainsi le cadre d’échanges et de discussions
parfois animées autour de présentations le plus souvent bien
articulées. Six conférences plénières et douze ateliers avaient été
mis en place par le Comité d’organisation. Ce type d’organisation
devient le modèle dominant des conférences internationales.
Les conférences plénières
Six thèmes ont été retenus :
- – la qualité de l’huile,
- – la résistance durable aux principales maladies,
- – la prospection des espèces sauvages,
- – la génomique du tournesol,
- – les avancées dans la physiologie du tournesol,
- – la situation mondiale et développement futur des
marchés du tournesol.
• La qualité des huiles. Progrès pour les modifications
génétiques de la qualité de l’huile de tournesol (J.
Fernandez-Martinez – CSIC, Cordoue, Espagne).
L’étude du déterminisme génétique de certains caractères (par
exemple, la teneur en acide oléique) intègre désormais la prise en
compte de l’interaction entre caractères.
J. Fernandez-Martinez a ainsi montré l’impossibilité d’obtenir à
la fois des teneurs élevées en palmitique et en stéarique, ou des
teneurs élevées en oléique et en stéarique, alors qu’il est
possible d’élever simultanément les teneurs en oléique et en
palmitique.
L’étude des tocophérols laisse entrevoir la possibilité de
remplacer l’alphatocophérol dominant, par du bêta-, du gamma- ou
même du delta-tocophérol, au pouvoir antioxydant supérieur. Les
gènes gouvernant leur synthèse semblent indépendants de ceux
contrôlant les acides gras, ce qui devrait faciliter la sélection
simultanée pour ces deux caractères.
La question de l’impact de l’environnement sur la composition en
acides gras n’a pas été abordée.
À noter l’obtention d’une lignée à moins de 6 % d’acides
saturés 16 :0 et 18 :0 (présents à hauteur de 10 %
dans les variétés standard).
• Les résistances aux maladies. Sélection pour la résistance
durable aux principales maladies du tournesol (F. Vear – INRA,
Clermont-Ferrand, France).
Felicity Vear a présenté un état des lieux tel qu’il ressort des
publications dans les congrès internationaux.
Sclerotinia et mildiou sont les principaux parasites étudiés, et
l’orobanche prend le pas sur le phomopsis. Si le sclerotinia est
étudié un peu partout, le mildiou tend à devenir une exclusivité
française, en raison des efforts entrepris pour mettre au point des
solutions durables d’une gestion des résistances (les résistances
monogéniques étant massivement contournées au bout de six ans
environ après les premières détections). Pour F. Vear, l’empilement
des résistances paraît la meilleure solution, à condition qu’elle
soit « soutenue » par une résistance quantitative, qui a
été repérée mais qui n’est pas encore suffisamment maîtrisée pour
être intégrée dès maintenant dans des programmes de sélection.
La résistance du tournesol aux herbicides tels que
l’imidazolinone apporte une solution efficace au problème de
l’orobanche, mais le risque de contournement n’est pas nul si cette
solution se développe pour le contrôle du parasite.
• La prospection des espèces sauvages. Prospection des espèces
d’Helianthus en Amérique du Nord : challenges et opportunités
pour la recherche de richesses (G. Seiler et T. Gulya, USDA Fargo,
États-Unis).
L’exposé de G. Seiler et T. Gulya sur la prospection des espèces
sauvages de tournesol en Amérique du Nord a surtout porté sur des
questions de méthodologie.
L’intérêt économique des espèces sauvages est indéniable :
la stérilité mâle cytoplasmique PET1, utilisée pour la fabrication
d’hybrides vient de H. petiolaris, et que des sources de résistance
au mildiou, à la rouille, à l’orobanche, au sclerotinia et aux
insectes ont été ainsi transférées au tournesol cultivé à partir
d’espèces sauvages.
La collection, initiée en 1947 par C. Heiser, de l’université
d’Indiana, est aujourd’hui conservée et gérée à Ames (Iowa) et
comprend 2 163 entrées (hors H. annuus cultivés) dont les 2/3 sont
des espèces annuelles. Des échantillons ont servi de bases aux
collections gérées en France (comprenant 45 des 50 espèces
sauvages), en Serbie-Monténégro (39 des 50 espèces sauvages) et en
Bulgarie (37 des 50 espèces sauvages).
T. Gulya et G. Seiler ont insisté sur le fait que certaines
populations d’espèces sauvages ont disparu et que des prospections
nouvelles sont toujours nécessaires pour identifier de nouvelles
espèces et élargir la variabilité génétique des populations de
certaines espèces de la collection : sur les 65 taxons
(espèces et sous-espèces) identifiés, on considère que la
disponibilité est suffisante pour seulement 37 d’entre elles (pour
lesquelles on dispose de plus de 2 000 graines en collection). Soit
un travail de dix ans d’après les auteurs !
• La génomique et la base de données génomique. Génomique du
tournesol et base de données sur la génomique des Compositae (S.
Knapp – University of Georgia, États-Unis).
La caractérisation du génome du tournesol et d’autres compositae
a bien progressé au cours des dernières années.
Deux points sont à souligner :
- – La caractérisation des phénotypes, indispensable pour
la compréhension des fonctions des gènes, ne progresse pas aussi
vite que la connaissance du génome. Par contrecoup, les équipes
sont plus favorablement disposées à approfondir les problématiques
pour lesquelles la caractérisation du phénotype est simple (par
exemple la composition en acides gras ou les teneurs en
tocophérols) que celles pour lesquelles cette caractérisation est
difficile (résistance aux maladies, mais aussi teneur en huile,
etc.).
- – Deux cartes génétiques sont utilisées par la
communauté des chercheurs : celle de S. Knapp (Oregon State
University) et celle de L. Gentzbittel (Cartisol – Université de
Clermont-Ferrand).
Nombreux sont ceux qui ont souhaité une « fusion » de ces
outils. Selon des sources autorisées, cette mise en commun pourrait
arriver en 2005, les moyens restant à déterminer.
• Physiologie du tournesol. Avancées dans la physiologie du
Tournesol (A. Hall – CONICET – Faculté d’agronomie, Buenos Aires,
Argentine)
Le groupe d’écophysiologistes argentins est probablement
aujourd’hui le plus performant et le plus actif (l’Australie et la
France semblant moins impliquées).
La présentation de A. Hall, particulièrement appréciée des
agronomes et écophysiologistes, a porté sur l’effet du rayonnement,
de la température et de leurs interactions sur le nombre de graines
par unité de surface.
Contrairement à d’autres espèces, notamment le blé ou le maïs,
le nombre de graines pour le tournesol se détermine pendant une
période longue (de l’initiation à la floraison) et des
compensations sont possibles. Par exemple, des températures basses
à l’initiation augmentent le nombre d’ébauches florales, mais leur
viabilité diminue. La prise en compte du taux de croissance de la
plante permet de mieux expliquer les variations du nombre de
graines sous l’influence de la température et du rayonnement,
confirmant ainsi l’hypothèse dominante selon laquelle c’est la
source (les assimilats disponibles) et non les puits (nombre de
graines potentiel) qui serait le facteur limitant pour le
rendement.
De même, pour le poids moyen des graines, si la durée (ou le
taux) de croissance des graines rend bien compte du poids final, la
modélisation de l’effet de la température n’est pas encore bien
établie. Pour progresser, la prise en compte de différents
compartiments tels que l’amande et la coque présentant des
dynamiques de croissance différentes serait nécessaire.
Enfin, pour la teneur en huile, il convient aussi de distinguer
le ratio amande/coque et d’étudier la teneur en huile de
l’amande.
En conclusion, A. Hall a dégagé plusieurs approches visant les
mécanismes écophysiologiques à étudier en priorité :
- – la modélisation 3D pour évaluer la pertinence a priori
de certaines hypothèses ;
- – l’analyse rétrospective des changements dans les
caractéristiques des variétés cultivées au cours des vingt
dernières années (par exemple : durée du cycle
préfloraison ; ratio tiges/feuilles ; indice de
récolte ; teneur en huile) ;
- – l’analyse des interactions
génotypes/environnement.
• L’économie du tournesol. Situation mondiale et développement
futur des marchés du tournesol (L. Kleingartner – NSA, Bismarck,
États-Unis)
Au-delà des données statistiques sur la baisse progressive de la
part du tournesol dans la production de graines oléagineuses, en
surface et en rendement, cette présentation du directeur de la
National Sunflower Association a permis de mieux comprendre le
positionnement du tournesol aux États-Unis.
Ces dernières années, la destination du tournesol nord-américain
s’est en effet complètement inversée : exportée à près de
70 % il y a cinq ans, la production est aujourd’hui absorbée à
plus de 75 % par le marché intérieur. De mondial le marché du
tournesol est ainsi devenu régional pour les producteurs du
Nord-Dakota. Ce retournement s’explique essentiellement par le coût
de transport (la graine de tournesol est de faible densité) et le
développement du tournesol « mid-oléique » bien valorisé
sur le marché nord-américain.
Le fait que le prix de la graine soit presque entièrement tiré
par celui de l’huile est l’autre aspect déterminant. La stratégie
qui en découle et visant à se démarquer de l’huile de soja,
quasiment perçue aux États-Unis comme un sous-produit des
tourteaux, conduit sur le plan de la recherche et de la sélection à
encourager la diminution des saturés et l’augmentation de l’oléique
(la production de biocarburants à partir de l’huile de tournesol
n’étant pas une priorité, les producteurs de soja s’étant emparés
du créneau).
L’amélioration de la compétitivité demeurant une condition
essentielle, le recours aux OGM n’est pas proscrit, sur le moyen
terme, aux États-Unis.
Les ateliers
Composition de l’huile, nouvelles utilisations et valeur
ajoutée
Dans un contexte à forte connotation scientifique et semencière,
principalement orientée vers la génétique, la physiologie et la
pathologie, les communications touchant aux procédés de
transformation, à l’utilisation des huiles et tourteaux et aux
marchés étaient minoritaires. Un workshop leur était néanmoins
consacré.
Dix-sept interventions en constituaient le menu, quelque peu
hétérogène.
Composition des graines
- – Protéines. Deux interventions sur les
protéines ont mis en évidence l’une (Anisimova et al., vol II,
767-772 ; VIR et VIZR, Russie), une variabilité génétique des
teneurs en protéines riches en méthionine (intérêt pour
l’alimentation animale), l’autre (Liu et al., vol II,
773-778 ; Institut botanique de Pékin, Chine) deux protéines
jouant un rôle protecteur lors du vieillissement de la graine
et donc de l’évolution de la qualité germinative.
- – Génotypes oléiques. L’équipe de Krasnodar (Demurin et
al., vol II, 779-782, Russie) a conforté l’hypothèse de mécanismes
de régulation de gènes graine-spécifiques dans le déterminisme,
assez complexe, de ce caractère et une équipe de l’INRA (Roche et
al. vol II, 783-791, Centre de Toulouse) a présenté des résultats
d’études agrophysiologiques sur les effets et interactions
génotypes milieu (effet du stress hydrique, des températures
moyennes au-dessus de 20 °C) sur les compositions en acides
gras de variétés conventionnelles et oléiques.
- – Les tocophérols. Ils ont fait l’objet de deux
communications. L’équipe du CSIC (Velasco et al. vol II,
793-798 ; Cordoue, Espagne) a confirmé, après les travaux de
Demurin (Krasnodar, Russie), l’existence de variants naturels et de
mutants portant sur la composition et la teneur en tocophérols avec
des sources à très haute teneur en gamma tocophérols (près de
90 %) et en delta-tocophérols (jusqu’à plus de 70 %) et
bêtatocophérols (jusqu’à plus de 60 %), alors que
l’alphatocophérol (vitamine E) constitue habituellement la forme
majoritaire (à 94 %). Une équipe issue du partenariat français
autour de semenciers (ASEDIS-SO), de l’ESAP et de l’ONIDOL (France)
a mis en évidence le fort effet du milieu, et dans une moindre
mesure du génotype, sur la teneur totale et la composition en
tocophérols et a présenté les premiers résultats des cinétiques
d’accumulation, aujourd’hui mal connues, de ces composés au cours
de la phase reproductive (pas de texte fourni dans les actes). Par
ailleurs, la recherche de marqueurs des diverses formes de
tocophérols est engagée par plusieurs équipes.
Plus largement, en termes de composition, le vent soufflait assez
fort lors de la conférence en faveur du tournesol haut oléique avec
des acteurs annonçant en 2005 une accélération de la demande tirée
par des préoccupations nutritionnelles (réduction des acides gras
trans, substitution d’huiles hydrogénées), notamment en provenance
du continent nord-américain. Dans une représentation idéale des
variétés oléiques, les semenciers et instituts (par exemple,
l’Institut des grandes cultures et des cultures légumières, Novi
Sad) les associent volontiers avec une teneur augmentée en
tocophérols permettant d’obtenir des huiles « encore
meilleures pour la santé » aux propriétés antioxydantes
renforcées.
Nouvelles utilisations et procédés
Trois communications du laboratoire de l’École de chimie de
Toulouse, France (Geneau et al. vol II, 799-804, Kartika et al. vol
II, 805-810 et 811-816) ont concerné la technologie d’extrusion par
bivis soit du tourteau, en vue de la fabrication d’agromatériaux
(par injection moulage), soit des graines dans le but d’extraire
l’huile en une étape. Les conditions opératoires semblent toutefois
devoir encore être améliorées pour fournir des produits aux
caractéristiques compatibles avec les exigences du marché.
Pajin et Jovanovic (vol II, 841-846) de l’Université et Institut
des grandes cultures et cultures légumières de Novis Sad (Serbie
Monténégro) ont présenté des tests prometteurs sur l’enrobage sucré
des graines de tournesol de bouche pour leur incorporation dans les
barres céréalières ou les muesli.
Une équipe CETIOM et ADEME (Queré, Reau et Poitrat ; vol
II, 847-852 ; France) a restitué les résultats des bilans
énergétiques (efficience de 3,16) et gaz à effet de serre
(réduction des émissions de 2,64 t éq CO2/t de
biocarburant) obtenus avec l’ester méthylique de tournesol comme
biocarburant.
Conditions de développement de la culture
Les représentants turcs (Kaya, vol II, 817-822 ; Trakya
Agricultural Research Institute) et chinois (Zhuang, vol II,
823-826 ; National Seed Group Corporation) ont passé en revue
les besoins de leur marché, notamment en termes de variétés et de
semences. Ils ont souligné l’importance du tournesol de bouche
(confectionary types consommés en direct comme snacks) dans leur
sole nationale, avec plus de 12 % des surfaces en Turquie et
60 % pour la Chine (pour mémoire, 80 % des surfaces au
Canada et 25 % aux États-Unis sont aussi cultivées avec des
confectionary types).
Des équipes australiennes (Serafin et Belfield, vol II,
827-833 ; New South Wales Agriculture) et yougoslaves (Bosnjak
et Rodic, vol II, 835-840 ; Faculté d’agriculture de Novi Sad)
ont tenté d’analyser les causes du déclin et les freins à
l’expansion du tournesol dans leurs zones, sous les angles
agronomiques et surtout économiques (coûts de production,
investissement dans le développement, comportement et demandes de
l’industrie). Elles ont mis toutes deux en évidence la baisse de
compétitivité relative de la culture dans les rotations locales et
les effets déplétifs d’un marché mondial finalement modeste et pas
assez rémunérateur.
Pathologie et résistance aux maladies
Mildiou
V. Molinero-Demilly a présenté ses travaux sur l’optimisation du
test d’évaluation de la résistance sur plantules (vol I,
99-104) : la concentration de l’inoculum, la longueur de la
radicule et l’humidité de la chambre de culture pendant la phase
d’incubation pouvant entraîner des différences de sporulation sur
les cotylédons et rendre difficile la caractérisation
résistance/sensibilité de certaines variétés résistantes.
D. Tourvieille a exposé les axes d’une stratégie de gestion
durable des résistances spécifiques (vol I, 111-115) et montré que
les virulences d’une population de P. halstedii race 100 et 710
évoluent rapidement dans les différents cas de pyramidage des gènes
Pl dans un seul génotype : aucune nouvelle virulence n’est
décelée après trois cycles de « culture » des gènes en
alternance ou en mélange.
La mise en évidence dans une importante série de génotypes de H.
annuus cultivés d’une large gamme de comportements au mildiou
indépendamment du pathotype et en l’absence de gène de résistance
spécifique Pl efficace, suggère l’existence d’une résistance
partielle qui pourrait être utile en complément de la résistance
spécifique apportée par les gènes Pl (Tourvieille et al., vol I,
105-110).
Deux communications présentées par des équipes hongroises ont
rendu compte : l’une, d’une tentative de caractériser les
populations de P. halstedii grâce au polymorphisme de deux
isoenzymes GPI (glucose 6 phosphate isomérase) et PGM
(phosphoglucomutase) ; cependant l’outil n’est pas
race-spécifique. À noter que la race 717 a été isolée non pas sur
tournesol mais sur Xanthium strumarium (H. Komjati et al., vol I,
93-97) ; l’autre d’un niveau de résistance induit par un
stimulateur de défense, Bion 50 WG. Ce traitement appliqué sur
semences permet de réduire significativement la sporulation sur
cotylédons et le nombre de plantes qui disparaissent par fonte de
semis (R. Ban et al., vol I, 89-92).
Sclerotinia
L’INRA de Clermont-Ferrand a présenté sa méthode de contamination
des capitules par ascospores (F. Serre et al., vol I, 129-133) et
des résultats montrant qu’il n’y a pas d’interactions entre
génotypes et isolats indiquant qu’il s’agit bien de résistance
quantitative (F. Vear et al., vol I, 135-140).
Si l’INRA note la fréquence de capitules atteints et un indice
de latence, l’USDA associe au pourcentage de capitules atteints une
note de gravité d’attaque en termes de surface attaquée. De plus,
l’usage d’une brumisation en pépinière a permis d’améliorer la
contamination même si l’évaluation de nouveaux hybrides n’est pas
totalement satisfaisante au regard de la précocité du matériel (B.
Henson et al., vol I, 141-145).
Phomopsis
Les effets de quelques pratiques culturales sur la pression maladie
ont été étudiés par P. Debaeke et al. (vol I, 117-123) qui a montré
que les taches encerclantes sont maximales pour un apport d’azote
élevé et que davantage de feuilles sont atteintes sans
fertilisation azotée. Une augmentation de l’incidence de taches
encerclantes est également constatée avec l’augmentation de la
densité.
Des travaux russes (Terekhov et al., vol I, 125-128) confirment
le rôle des ascospores dans la contamination aérienne du
tournesol.
Fusarium
En Russie, deux espèces de Fusarium ont été identifiées comme
responsables de symptômes de réduction de la hauteur des plantes et
du diamètre des capitules et qui affectent le rendement, le poids
de mille grains et la teneur en huile des plantes sensibles (T.
Antonova et al., vol I, 79-83). Il s’agit de F. oxysporum var
orthoceras et F. sporotrichiella var sporotrichioides. Bien que
moins répandue, cette dernière espèce se montre la plus agressive
et de plus est toxique pour l’homme et les animaux. L’injection
d’une suspension de ses spores dans l’hypocotyle conduit à
l’expression en bas de tige d’une nécrose circulaire noire
ressemblant à notre « phoma » bas de tige ! Des
différences de rendement observées chez de nombreux génotypes
suggèrent l’existence de résistance. Une sélection est d’ailleurs
entreprise avec la mise au point d’un test de contamination au labo
au stade plantule et d’un test au champ en contamination
artificielle du sol. La combinaison de ces deux tests va permettre
d’augmenter la sélection d’individus résistants au Fusarium
(Goncharov et al., vol I, 85-88).
Verticillium
En Argentine, la plupart des hybrides commerciaux sont résistants
au Verticillium dahliae. Cependant quelques plantes malades dans
des matériels classés comme parfaitement résistants sont parfois
observées. À partir de telles plantes, il est mis en évidence
l’existence de deux races de V. dahliae, VArg 1 et Varg2, qui se
révèlent différentes de la race américaine à laquelle elles ont été
comparées (Galella et al., vol I, 177-80).
Alternaria
L’alternaria demeure une préoccupation des Australiens qui
cherchent à préciser l’héritabilité de la résistance dans les
combinaisons hybrides. La résistance des hybrides F1 est
généralement supérieure à celle estimée d’après les lignées
parentales. Les lignées de restauration exprimeraient une forte
dominance pour les gènes contrôlant la résistance à l’alternaria
(Kong et al., vol I, 147-153).
Rhizopus
Une attaque de grande ampleur de rhizopus a eu lieu en 2003 dans la
province de Vojvodine (Serbie-Monténégro). Suite aux dégâts
totalement inhabituels d’un ravageur du coton Helicoverpa armigera,
R. stolonifer s’est développé, entraînant la pourriture des
capitules (S. Masirevic et al., vol I, 159-163).
Espèces sauvages et ressources génétiques
Une équipe bulgare a évalué des lignées et hybrides
interspécifiques et intergénériques vis-à-vis du sclerotinia en
contamination artificielle (technique de la paille) au champ, et
obtenu du matériel présentant des niveaux de résistances plus
élevés comme par exemple quatre croisements interspécifiques H.
annuus cultivé × H. argophyllus ou encore des croisements
intergénériques H. annuus × Tithenia rotundifolia ou H. annuus ×
Inula helenium… Mais les formes étant loin d’être génétiquement
homogènes, les résultats d’évaluation au champ présentent beaucoup
de variabilité (M. Christov, vol II, 693-7).
Plusieurs méthodes de contamination artificielle ont été
expérimentées pour évaluer le comportement 96 populations
américaines de deux espèces sauvages H. maximiliani et H. nuttallii
face aux attaques de sclerotinia capitule et tige. Les meilleurs
résultats ont été obtenus avec un apport d’inoculum sous forme de
graines de millet contaminées par du sclerotinia, broyées et
dispersées à trois reprises à deux semaines d’intervalle sur les
plantes qui sont ensuite recouvertes de sacs papier. Dans ces
conditions, quinze populations ne montrent aucun symptôme (K.
Rashid et Seiler, vol II, 751-4).
Une nouvelle source de CMS (stérilité mâle cytoplasmique),
différente de PET1, a été obtenue à partir de H. giganteus. Des
gènes de restauration de fertilité ont été identifiés chez les
Helianthus pérennes. L’obtention d’amphiploïdes interspécifiques
peut contribuer au transfert des gènes d’intérêt (C. Jan, vol II,
709-12).
Dans un croisement interspécifique H. californicus (CA47) ×
lignée HA89, l’étude de la F1 obtenue après culture embryonnaire a
conduit à la mise en évidence d’anomalies dans les divisions
méiotiques, donnant des dyades ou triades au lieu des tétrades
attendues et phénotypiquement de gros grains de pollen. Ces
observations suggèrent un contrôle génétique de la production des
gamètes non réduits. De tels gènes présentent un énorme intérêt
pour la production d’amphiploïdes et l’utilisation d’espèces
d’Helianthus pérennes diploïdes et tétraploïdes en amélioration du
tournesol (C. Jan et al., vol II, 713-719).
Enfin, une collection de ressources génétiques d’Helianthus est
en cours de constitution au Northern Central Regional Plant
Introduction Station de Ames dans l’Iowa. Cette collection
représente quelque 3 860 accessions (y compris les différentes
variétés cultivées) appartenant à 47 espèces d’Helianthus. Cette
station a en charge le maintien et la caractérisation de la
collection vis-à-vis notamment des maladies comme l’alternaria et
le septoria. Parmi la collection de H. annuus sauvages et cultivés,
près de 90 % des semences sont disponibles et peuvent être
fournies gratuitement à tout demandeur pour des fins de recherche
et d’amélioration du tournesol (Marek et al., vol II, 761-5).
Agronomie – Fertilisation
Sur les huit interventions prévues, seule l’intervention du CETIOM
sur la mise au point d’Heliotest a été présentée : de
nombreuses questions ont été posées sur le sujet (efficacité en
zones sèches où la sécheresse risque de rendre l’application
tardive d’azote inefficace, risque de brûlures, forme d’azote à
préférer…).
Il ressort clairement que la fertilisation azotée n’est pas une
grande préoccupation dans les autres pays, ce qui est relativement
logique vu les niveaux de rendement obtenus en général, la plupart
du temps inférieurs à 2 t/ha (y compris aux États-Unis).
Agronomie – Management
- • Amélioration de la teneur en huile dans un bassin de
production et conséquences : Il s’agit de l’étude menée par le
CETIOM et l’INA (M. Lebail) en Poitou-Charentes (Oléocope 76).À
noter qu’en Argentine le tournesol serait payé aux producteurs
selon la teneur en huile à raison de 2 % de bonus de prix pour
1 point d’huile en plus. Cette politique aurait entraîné une
évolution forte des variétés choisies et une augmentation
spectaculaire de la teneur en huile moyenne de la production.
- • Dessiccation des variétés stay-green en comparaison
aux variétés classiques (NDSU Fargo).La dessiccation est une
préoccupation aux États-Unis où le climat conduit certaines années
à utiliser cette technique. Il y aurait en moyenne de l’ordre de
15 % des tournesols défoliés chaque année au Nord-Dakota.En
moyenne dans cet État, les semis s’effectuent fin mai et la récolte
a lieu mi-octobre à la fin octobre.Une comparaison entre tournesols
conventionnels et stay-green était effectuée avec une dessication
au paraquat à un stade de 50 % d’humidité des graines.
L’expérimentation conclut que les graines de tournesols dessèchent
aussi vite sur des tournesols conventionnels que sur des
stay-green. Mais, quand l’humidité du grain atteint 15 %
(18 jours après l’application) sur les deux types variétaux,
le réceptacle du capitule et la tige sont nettement plus humides
sur les stay-green. Le réceptacle est alors à 38 % d’humidité
sur le conventionnel (donc, tout juste récoltable) et à 55 %
sur le stay-green, ce qui retarde la possibilité d’une récolte sans
pertes de 5 à 8 jours.
- • Effet de la date de dessiccation sur la germination
des semences (Novi-Sad).Des comparaisons de dessiccation d’hybrides
à différents stades (7, 14, 21, 28 jours après floraison, et,
témoin non traité au Réglone®) montrent que les
applications 7 jours après floraison (humidité graines de
65 %) conduisent aux plus bas taux de germination des semences
(86 %) alors que les applications 21 jours après
floraison (humidité des graines de 44 %) conduisent aux taux
les plus hauts (91 %).
- • Variabilité intraspécifique du tournesol à l’égard de
la densité (Faculté d’agronomie de Buenos Aires) : l’équipe
argentine a montré (Pereira et al. : 2003) qu’une voie pour
obtenir des hauts rendements de tournesol serait d’utiliser de
hautes densités de peuplement (par exemple : 140 000
plantes/ha) en l’absence bien sûr de verse et de maladie.Le travail
présenté est un travail exploratoire en vue de permettre une
sélection sur des variétés résistantes aux HPD (High Population
Density). C’est une étude d’évaluation de la variabilité
intraspécifique sur la résistance des hybrides à des hautes
densités: les valeurs et les liaisons entre différentes variables
sont étudiées (hauteur à bouton floral, à floraison, longueur
4e internœud, inclinaison des tiges, nombre de graines
par plante, indice de récolte, rendement…) sur différents hybrides
cultivés en Argentine. L’étude montre une certaine variabilité
intraspécifique sur les relations entre ces caractères.
- • Observatoires régionaux pour le diagnostic des
facteurs limitants du rendement (CETIOM).La méthode et les
principaux résultats obtenus sur les observatoires CETIOM en 2003
ont été présentés.
Génétique et sélection
La première séance, animée par F. Stoenescu (Roumanie) et A. Scott
(Australie), a été marquée par la présentation de nombreux travaux
menés à l’Institut de Novi-Sad. Il a généralisé l’analyse path
coefficient analysis qui permet de distinguer les effets directs
des effets indirects des composantes du rendement et d’identifier
celles à retenir comme critères de sélection.
C’est ainsi que parmi six caractères morphophysiologiques,
l’analyse indique que la hauteur de la plante, la surface foliaire
totale de la plante et la longueur du pétiole sont les caractères
les plus importants pour le rendement en grains par plante (Haldni
et al., vol II, 491-5). La même analyse sur les composantes du
rendement du capitule montre que la teneur en huile a un effet
direct hautement significatif sur le poids de 1 000 graines alors
que la teneur en protéines montre au contraire un effet direct
négatif hautement significatif (Joksimovic et al., vol II, 525-30).
Enfin, de l’étude de huit caractères biologiques et de leurs
corrélations sur le rendement en grains, il ressort que seuls le
nombre de graines remplies et le poids de 1 000 graines ont les
effets directs positifs les plus importants sur le rendement
(Dusanic et al., vol II, 531-537).
La surface foliaire totale, la surface foliaire résiduelle et la
teneur en azote de la feuille apparaissent comme des caractères
héritables qui pourraient être utilisables dans la sélection
d’hybrides à haut rendement (Triboi et al., vol II, 517-2l).
Eco-physiologie (thèmes)
Physiologie et rendement
- • Les déterminants physiologiques du rendement chez des
hybrides anciens et nouveaux (Debaeke et al. France) : les
raisons du progrès génétique : amélioration de l’interception
de la lumière grâce au maintien de feuilles vertes plus longtemps
et meilleure teneur en azote dans la plante, meilleur indice de
récolte. Vol I p. 267.
- • L’amélioration des relations source/puits : une
méthode pour « screener » le potentiel de rendement en
tournesol (E Grimm et al. Université de Halle, Allemagne) :
l’augmentation des rendements sera permise par une augmentation des
sources en carbone (surface foliaire verte) plutôt que par
l’augmentation des puits (graines). Vol. I p. 275.
Fonctionnement physiologique des akènes et du capitule
- • Connexions vasculaires entre le réceptacle et les
akènes vides (M. Alkio et al. Université de Halle, Allemagne).
- • Développement de la cuticule et des cires
épicuticulaires dans le péricarpe des graines (L.F. Hernandez et
al., Argentine). Vol. I p. 329.
- • Morphologie et distribution des akènes mal remplis sur
le capitule (L I Lindström et al., Argentine). Vol. I p. 333.
Effets du milieu, des pratiques culturales et des états du
couvert sur l’élaboration du rendement et ses composantes
- • Effets de l’excès d’eau sur le remplissage du grain
(M.L. Pereira et al., Argentine) : mise en évidence d’un effet
direct d’un excès d’eau sur le rendement, variable selon la date
d’intervention du stress et le type de sol. Baisse du poids d’un
grain liée à réduction de surface foliaire et de la photosynthèse.
Vol. I p. 281.
- • Effets de la photopériode et de la date de semis sur
le développement (R Mac Donough et al. Argentine) : les
modèles de développement du tournesol pourraient être améliorés en
intégrant les effets de la photopériode sur la durée de la phase
initiation florale – bouton étoilé, sur le phyllochrone et sur la
durée de la phase dernière feuille – floraison). Vol. I p.
309.
- • Effets de la structure et de la densité de peuplement
sur la surface foliaire et le rendement (M.L. Pereira et al.,
Argentine) : le rendement augmente avec la densité jusqu’à 14
plantes/m2. La réponse à la densité est plus forte avec
écartement large (1,40 m) qu’avec écartement 70 cm. Il
semble donc possible d’augmenter le potentiel de rendement en
augmentant la densité (la capacité physiologique de la plante à
mettre en place des graines et les remplir n’est pas limitée à
forte densité), à condition de contrôler maladies et verse. Vol. I
p.
Comportement à la sécheresse (thèmes)
- • Effets du stress hydrique sur le développement et les
composantes du rendement de quelques hybrides (E. Andrei,
Roumanie). Vol. I p. 251.
- • Effets du stress hydrique et des averses de grêles sur
le rendement et ses composantes pour quelques hybrides (M.
Krizmanic et al. Croatie). Vol. I p. 257.
- • Effets de l’ajustement osmotique sur le rendement en
situation de stress hydrique (C. Chimenti et al., Université
agronomie, Argentine). Les familles génétiques présentant un
meilleur ajustement osmotique sont davantage capables d’extraire
l’eau du sol et ont un meilleur rendement et une plus grande durée
de surface foliaire que les familles à faible ajustement osmotique,
et sont donc plus tolérantes au stress hydrique post-floraison.
Poids d’un grain et nombre de grains sont les composantes les plus
affectées par le niveau d’ajustement osmotique. Vol. I p. 261.
- • Simulation de la température de l’air sous un couvert
de tournesol (D.T. Mihailovic et al., Serbie Monténégro). Mise au
point d’un outil de simulation de la température sous couvert.
Outil pouvant être utilisé dans les modèles épidémiologiques
simulant le développement de maladies. Vol. I p. 287.
- • Effets de températures élevées sur la croissance du
grain et la qualité (D Rondanini et al. Argentine). Des
températures supérieures à 35 °C en début de remplissage du
grain ont un effet négatif sur le PMG alors que si elles
interviennent plus tard l’effet est moindre. T > 35 °C
affecte aussi teneur en huile, profil en AG, rapport coque/amande.
Différences d’effets entre génotypes. Vol. I p. 293.
- • Relations entre incorporation des isotopes de carbone
par le tournesol et les performances en situations de stress
hydrique (C. Lambrides et al., Australie). Le rapport C13/C12 (que
les plantes incorporent dans leurs tissus) est lié à l’efficience
de transpiration, et peut être utilisé en sélection des plantes
pour améliorer les performances en conditions limitantes en eau
(gains de 10-15 % possibles). Vol. I p. 323.
- • Évaluation d’hybrides de tournesol pour la tolérance à
la sécheresse.
Orobanche et maîtrise des adventices
Contexte
L’unique innovation du congrès en matière de désherbage a concerné
les tournesols résistants à la famille des imidazolinones (imi) ou
des sulfonylurées (sulfo) : une technique permettant de
désherber le tournesol en post-levée.
Le caractère de résistance du tournesol à la famille des imi a
été isolé de manière « classique » (i.e. non OGM) :
les premiers tournesols résistants ont été repérés en 1996 aux
États-Unis dans des parcelles de soja désherbées avec cette famille
chimique.
Ces résistances sont développées commercialement depuis deux
ans par BASF : des contrats commerciaux ont été établis
avec différents semenciers (Syngenta, LG, etc.) donnant naissance à
la technologie « clearfield »2 (correspondant au gène de résistance aux
imi).
Les résistances aux sulfo seront développées commercialement
débutera à partir de 2005 aux États-Unis par Pioneer-Dupont.
L’origine génétique de la résistance du tournesol aux sulfo et
aux imi est très proche (même locus). C’est un caractère
monogénique.
Actuellement les tournesols résistants aux imi se
développent :
- – dans les zones de production de tournesol où est
présente l’orobanche (Turquie, Espagne) : en
Turquie 15 % des surfaces de tournesol en 2004 sont
implantées avec du tournesol résistant aux imi – variété
Sanay® de Syngenta avec le désherbant
Intervix® (imazamox + imazapyr) de BASF ;
- – dans les zones de production en présence d’espèces
actuellement difficiles à détruire (Xanthium strumarium
notamment) ;
- – en Argentine : 20 000 ha en 2003/2005 (1 %
des surfaces nationales) ; de l’ordre de 150 000 ha (7 à
8 % des surfaces) pour la campagne 2004/2005 qui débute
là-bas ;
- – aux États-Unis où les tournesols résistants aux sulfo
devraient se développer à partir de 2005 (intérêt sur chardon des
champs) ;
- – l’Europe de l’Est (Roumanie) : tests en
cours.
Situation aux États-Unis
Cette technologie commence à s’y développer du fait de sa bonne
adaptation au travail du sol sans labour, très développé dans ce
pays, et de sa « souplesse » souvent évoquée par les
producteurs. De plus, en désherbage classique de pré-semis ou
pré-levée, les programmes appliqués sont souvent à base de
trifluraline, de pendiméthaline ou d’éthalfluralione, substances
actives à faible coût mais à spectre d’action assez limité (faible
efficacité sur beaucoup de dicotylédoness).
Cependant les tournesols résistants aux sulfo ou aux imi
présentent quelques limites ou risques a priori.
- • Par rapport aux flores en présence :
- – Imi. L’application répétée d’imi dans les sojas
classiques avant le développement de la technique « Round Up
ready®» a entraîné l’apparition de résistances chez les
mauvaises herbes, en particulier amarantes et solanacées, très
présentes dans la région (parcelles plus ou moins sales d’amarantes
observées lors de la tournée du 02/09). Ces mauvaises herbes
résistantes aux imi et aux sulfo sont appelées ALS resistant weeds,
ALS (acétolactate synthétase) étant l’enzyme impliquée dans la
résistance aux imi mais aussi au sulfo.De plus, l’utilisation d’imi
conduit à certaines restrictions dans les cultures suivantes de la
rotation, notamment certaines « non-legume broadleaf
crops » (dicotylédones hors légumineuses).
- – Sulfo. Dans la zone du Dakota du nord où nous avons
visité la ferme expérimentale de l’université de Fargo, les
graminées, notamment la sétaire, font partie des principales
mauvaises herbes. Or les sulfo ne sont pas efficaces contre cette
adventice. Cela conduit les firmes et les officiels à tester des
mélanges du type sulfo + pendiméthaline (Prowl®) en
application de post-levée précoce du tournesol.
- • par rapport aux tournesols sauvages :Ce
risque a été évoqué par des Non-Américains. Le tournesol étant
originaire d’Amérique du Nord, les tournesols sauvages y sont très
développés. On en rencontre dans les parcelles, en bord de routes,
dans les zones de chantiers. Le risque existe que l’utilisation de
tournesol résistant aux imi ne conduise au développement de
tournesols sauvages résistants aux imi (par croisement entre
tournesol cultivé et tournesols sauvages ou par pression de
sélection dans les champs cultivés). Ce qui poser des problèmes à
terme dans d’autres cultures désherbées aux imi (idem pour les
sulfo).Ce risque est cependant relativisé par les Américains, au
moins pour le soja. En effet, le soja Round Up ready®
(GM résistant au glyphosate) s’est très fortement développé aux
États-Unis au détriment des sojas « classiques »
désherbés aux imi. Dans ces sojas Round Up ready®, les
tournesols résistants aux imi ou aux sulfo (repousses et sauvages)
sont aussi aisément détruits que les non résistants.Par rapport à
ces risques de développement incontrôlé de résistances aux imi, J.
Miller, de l’USDA Fargo, a répondu qu’il y a déjà des résistances
naturelles dans les tournesols sauvages et qu’il est demandé aux
producteurs de tournesol résistant aux imi de prendre un certain
nombre de précautions sans qu’il ait précisé lesquelles (on peut
supposer : ne pas semer du tournesol résistant aux imi à côté
de tournesols sauvages, détruire les tournesols sauvages dans les
champs environnant). Vu que ces mesures semblent peu réalisables,
en particulier dans le contexte de production des États-Unis, cela
montre le peu d’intérêt porté pour l’instant à ces questions.Les
principales mauvaises herbes présentes dans les tournesols aux
États-Unis.Différentes espèces de sétaires, Kachia scoparia,
chardon des champs, Polygonum convolvus (renouée), Xanthium
strumarium, différentes espèces d’amarantes et de morelles, Iva
xanthifolia, Ambrosia artemisiifolia (plantes à moindre croissance
qu’en France semble-t-il), différentes brassicacées, chénopode
blanc, Artemisia biennis L., Salsola kali L.
Quelques références d’efficacité
- • Travaux de Richard K. Zollinger (North Dakota State
University) : comparaison de trois techniques de
désherbage :– à base de sulfentrazone en
post-semis-pré-levée du tournesol ;– à base d’imazamox
(35 g/ha) en post-levée;– à base de tribenuron (sulfonylurée à
18 g/ha) en post-levée.
Sulfentrazone : cette molécule a un intérêt car certaines
mauvaises herbes (amarantes, certaines solanacées) sont résistantes
aux « ALS herbicides » (imi ; sulfo) suite à leur
forte utilisation en soja dans le passé. Elle pourrait constituer
donc une alternative aux méthodes de désherbage actuelles et aux
tournesols résistants aux sulfo et aux imi.
Bon contrôle des différentes espèces de morelle, d’amarante, du
chénopode blanc, contrôle partiel du Xanthium strumarium,
l’ambroisie à feuille d’armoise et des brassicacées. Tournesol
« clearfield ».
L’imidazolinone a été testée seule à 35 g/ha appliqués sur un
tournesol entre les stades 2 feuilles et 8 feuilles. En France,
elle pourrait être homologuée à une dose supérieure (50 g/ha)… ces
quelques résultats sont donc à prendre avec prudence.
À noter, en cas de mélange de l’imazamox avec une solution
azotée (NH4+), il est recommandé d’ajouter un surfactant non
ionique.
Bon contrôle par imi des sétaires, des amarantes sensibles aux
ALS, du Xanthium strumarium, du chénopode blanc, des brassicacées,
d’une solanacée (Solanum ptychanthum).
Intérêt de la technique car « les repousses de tournesol
résistant aux imi sont facilement contrôlables dans les autres
cultures de la rotation ».
Tournesol résistant à l’Express® (sulfo) ou ERS.
Ce type de tournesol est en cours d’essai aux États-Unis et
l’homologation est prévue pour 2005. Les tournesols résistants aux
sulfo ont été obtenus par mutagenèse (non dirigée : ce n’est
donc pas un OGM au sens usuel du terme) puis sélection par
screening dès 1992 par la société Dupont.
Bon contrôle des amarantes sensibles aux ALS, du chardon des
champs (c’est un des intérêts de l’Express® par rapport
à l’Imazamox®), du Xanthium str.
Contrôle partiel de l’ambroisie à feuille d’armoise.
Pas de contrôle des sétaires (point faible de
l’Express® qui conduit à l’associer au
Prowl®).
Pas de restriction d’implantation de cultures suivantes au
tournesol.
- • Travaux de Popescu et ses collaborateurs
(Roumanie).
En Roumanie, le chardon des champs et le Xanthium strumarium posent
problème dans les cultures de tournesol.
Les imi (imazamox, imazapyr) pouvant être associés à la
pendiméthaline apportent dans ce pays des perspectives
intéressantes grâce aux tournesols clearfield.
L’imazapyr, à cause d’une forte persistance dans le sol, ne sera
fort probablement jamais homologué en Europe de l’ouest.
Les tests du Bolero (imazamox seul) appliqué à 48 g/ha, ce qui
est proche de la future dose probablement homologuée dans l’UE, sur
des tournesols au stade 4 à 6 feuilles permet de contrôler de 75 à
85 % le Xanthium strumarium et les autres espèces
présentes.
À noter que l’association l’imazapyr 40 g/ha + imazamox 18 g/ha
(Eurolighting) permet d’augmenter les efficacités à 85-95 %
sur l’ensemble des espèces, Xanthium str. compris.
L’absence d’efficacité de l’imazamox sur chardon des champs,
déjà évoquée dans les travaux américains, est ici confirmée. Par
contre, l’imazapyr semble avoir une bonne efficacité contre le
chardon des champs.
Pas de gros problème de sélectivité sur le tournesol hormis
quelques jaunissements qui disparaissent 20 à 25 jours après
l’application et sont sans conséquence sur le rendement avec les
trois produits testés.
Entomologie et dégâts d’oiseaux
Les dégâts d’insectes et d’oiseaux sont deux problèmes importants
aux États-Unis pour la culture du tournesol, ce qui explique que
les Américains soient intervenus en nombre dans ce workshop.
D’après T. Gulya, le fait que le tournesol soit une plante
endémique des États-Unis expliquerait la présence (contrairement
aux pays comme la France où il est d’introduction récente) de
nombreux insectes nuisibles associés à cette culture.
Les oiseaux, différents « blackbirds » en particulier,
sont également un problème important dans les plaines du nord, en
particulier en raison des dégâts qu’ils occasionnent en fin de
cycle sur les capitules (perte de 5 millions de dollars environ
chaque année).
- • Evaluation of sunflower for resistance to stem and
seed insect pests in North America (L Charlet : NDSU Fargo)Au
cours des années 2002 et 2003, des études ont été menées afin de
déterminer s’il existait des résistances génétiques à quatre
insectes dans les plaines centrales et du nord des États-Unis. Ces
études ont été menées, au plein champ, avec du matériel génétique
divers (lignées, hybrides, croisements interspécifiques…)
sur les insectes suivants :
- – Sunflower stem weevil (Cylindrocopturus
adspersus) : une sorte de charançon de la tige dont les larves
en se nourrissant dans la tige provoquent des casses de tige
(surtout en année sèche ou lors de coups de vent).
- – Banded sunflower moth (Cochylis hospes) : les
chenilles de ce lépidoptère se nourrissent des fleurons, graines en
formation et à maturité. Ceci est en particulier préjudiciable aux
confectionary sunflowers.
- – Sunflower moth (Homoseoma electellum) : une
pyrale, un peu différente de l’espèce européenne. Les larves
détruisent aussi les graines et provoquent des baisses de teneur en
huile.
- – Red sunflower seed weevil (Smicronyx fulvus) : un
coléoptère dont les larves détruisent les graines de tournesol.Des
résistances « prometteuses » à ces insectes ont été
identifiées. Ces résultats sont en cours de confirmation en essais
2004. À noter que pour le moment les mécanismes de résistance ne
sont pas connus.
- • Impact of planting date on sunflower beetle infection
and damage in cultivated sunflower (Knodel, Charlet, et al. :
NDSU Fargo).Sunflower beetle (Zygogramma exclamationis) est une
sorte de chrysomèle. L’adulte et la larve peuvent provoquer une
forte défoliation.L’auteur montre que retarder le semis est un
moyen intéressant de réduire les dégâts d’autant que cela n’empêche
pas l’effet d’un parasitoïde efficace (Myiopharus macellus).
- • Banded sunflower moth (Cochylis hospes) egg
distribution and survey techniques (K Mundal…: NDSU
Fargo).L’intervenant a exposé les conseils en matière de lutte
chimique spatialement raisonnée contre cet insecte (voir dégâts
ci-dessus) dont les pontes décroissent de la bordure à l’intérieur
du champ :
- – il évalue par comptage les œufs présents dans les
bractées de quelques capitules avant floraison, et ceci, sur
plusieurs « stations » réparties dans les premiers mètres
de la parcelle tout autour de la parcelle ;
- – il dispose (essais antérieurs supposés) d’un tableau
indiquant une economic distance, c’est-à-dire la distance au-delà
de laquelle l’insecte est insuffisamment présent pour justifier
économiquement un traitement pour un nombre d’œufs déterminé (une
faible présence indiquera par exemple de ne traiter que sur 30
mètres à l’intérieur du champ et une forte sur 200
mètres…) ;
- – il trace à partir du comptage d’œufs sur chaque
station une carte indiquant la partie de parcelle à traiter.
- • Effect of genotype, growing conditions, and several
parameters of sunflower attractiveness for bee visitation (Miklic
Novi-Sad).L’étude montre que la production de nectar et la
fréquentation des ruches par les abeilles dépendent plus de la
variété (plusieurs hybrides et lignées testées) et de l’année (2002
et 2003) que de la fertilisation (trois niveaux de fertilisation
testés en NPK : 0-0-0 ; 50-50-50 ; 100-100-100).
Cette dernière a finalement très peu ou pas d’influence dans les
conditions des essais.L’auteur constate aussi dans ces essais que
la quantité de nectar produite, qui diffère selon les variétés, ne
dépend pas de la longueur des corolles et que la longueur des
corolles n’a pas d’impact sur la fréquentation des
abeilles.L’intervenant a précisé que certains apiculteurs se
plaignaient aussi en Serbie de faibles productions de miel avec le
tournesol et de dégâts sur abeilles. Pour lui, les cires du
tournesol et l’abrasivité des graines pourraient expliquer certains
problèmes, et, en particulier, le fait qu’après de nombreuses
visites de fleurs, les abeilles puissent être
« endommagées ».Un représentant du ministère de
l’Agriculture de l’Ouganda a également fait part des difficultés
rencontrées par les apiculteurs de son pays.
- • Influences of land use patterns on blackbird abundance
in the prairie pothole region of North Dakota (NDSU Fargo).Il
s’agit d’une enquête écologique ayant pour but de mieux connaître
les relations entre l’abondance de différents blackbirds et les
différents milieux (forêts, terres cultivées, zones
humides…).L’étude montre que l’abondance de certains oiseaux est
étroitement liée à un type de milieu (zones humides pour le yellow
headed blackbird) alors que d’autres (common grackle) se retrouvent
dans des milieux très variés.L’objectif final est de fournir des
éléments permettant de limiter au mieux les dégâts d’oiseaux.
- • Avian use of harvested crop fields during spring
migration through North Dakota (NDSU Fargo).Cette étude écologique
montre que les parcelles de tournesol constituent pour les oiseaux
migrateurs un milieu plus favorable que les autres cultures (soja,
maïs…) pour une escale au cours de leur migration de printemps. Ces
chercheurs sont en effet préoccupés par le fait que la mise en
culture de nombreuses terres dans le Nord-Dakota a réduit les
surfaces en prairies qui étaient les milieux principaux où les
oiseaux se reposaient au cours de leur migration. Les comptages,
lors d’enquêtes où 10 000 oiseaux de 33 espèces différentes ont été
observés, montrent en effet une plus forte abondance des oiseaux
dans les champs de tournesol que dans les autres. Les auteurs
précisent que la raison n’est pas connue et qu’ils ne savent pas si
c’est une question de qualité d’abri, de nourriture… ce qui
nécessitera une étude ultérieure.
- • Management of Cattail (Typha spp.) stands with
glyphosate to disperse Blackbirds (NDSU Fargo)Les cattails sont des
massettes (roseaux) dont certaines espèces sont identiques à celles
présentes en Europe : Typha angustifolia, par exemple, aurait
été importée d’Europe dans les années 1970 et, seule ou hybridée
avec une espèce endémique, s’est fortement développée depuis trente
ans aux dépens d’une végétation endémique moins vigoureuse.Ils
constituent des roselières dont la surface est de l’ordre de
2,4 % de la surface totale du Nord-Dakota (beaucoup de lacs,
de marécages…). Ces plantes de milieux humides constituent
d’excellents perchoirs et dortoirs pour les blackbirds en phase de
regroupement pré migratoire avant leur départ pour les régions plus
au Sud (delta du Mississipi). Les champs de tournesol situés à
proximité de ces roselières subissent fréquemment de forts dégâts
du début de la formation des graines jusqu’à la maturité (août à
octobre).S’appuyant sur des études écologiques et économiques
antérieures, l’USDA traite chaque année au glyphosate (avant
l’arrivée des oiseaux migrateurs) environ 1 % des surfaces en
cattails, en cherchant ainsi à diminuer les surfaces en cette
plante refuge et donc les dégâts sur les champs de tournesol
voisins.
- • Autres interventions sur les cattailsDeux autres
études sur l’abondance des cattails l’une dans les différents
milieux du Nord-Dakota, l’autre spécialement sur les bordures de
routes, ont été réalisées afin de « caler » au mieux la
lutte contre ces oiseaux.
- – Effects of aerial lines on red-winged blackbird
nesting success (Clark et al. : NDSU Fargo)Il s’agit d’une
étude cherchant à mettre au point un système permettant de
perturber la nidification des blackbirds.Le système consiste à
tendre entre deux piquets espacés de quelques mètres et de
2,5 m de haut, des fils de nylon espacés de 15 à 30 cm
qui vont ainsi perturber le comportement des oiseaux et la réussite
des nichées. Ce système est positionné entre les roselières (zones
de nidification) et les champs de tournesol.Des résultats positifs
sont obtenus et montrent qu’il existe des alternatives à la lutte
chimique (destruction des cattails au glyphosate).
Cartes génétiques et sélection assistée
Une nouvelle génération de marqueurs a vu le jour avec la technique
TRAP (Target Region Amplification Polymorphism) utilisée avec des
amorces PCR dessinées contre des séquences du tournesol EST
(Expressed Sequence Tag) dont plus de 70 000 sont d’ores et déjà
disponibles. Cette technique pourrait être utilisée avec succès
pour générer suffisamment de marqueurs et construire des cartes
denses permettant de cartographier tous les QTL d’intérêt
agronomique. C’est ainsi que pour la teneur en acide oléique, 176
marqueurs ont été générés. 160 se trouvent sur 17 groupes de
liaison à raison de 3 à 28 marqueurs par groupe de liaison et une
distance moyenne entre 2 marqueurs liés d’environ 9cM (Hu et al.,
vol II, 665-71).
La technique TRAP est appliquée à la recherche de marqueurs
associés à la tolérance du tournesol au sclerotinia. À partir d’un
croisement 3 voies, 102 marqueurs ont été générés. Seul un marqueur
de 411 bp est associé à la sensibilité au sclerotinia capitule et
pourrait être lié à l’un des gènes ou localisé dans l’un des QTL
(Chen et al., vol II, 631-6).
En utilisant des marqueurs SSR, une équipe allemande a mis en
évidence à partir de populations F3 issues de deux croisements R
résistant au sclerotinia tige × CM625 (sensible), 6 à 9 QTL pour
l’un des croisements et 3 à 4 QTL pour l’autre. Cette équipe
confirme la nature polygénique de la résistance au sclerotinia,
avec des héritabilités intermédiaires (Hahn et al., vol II,
637-41).
Cette technique TRAP est également utilisée pour générer des
marqueurs d’un gène de résistance au mildiou chez une nouvelle
source de résistance PI468435. Parmi 65 marqueurs obtenus, seul un
fragment de 257 bp est associé à la résistance au mildiou. Au vu
des ségrégations observées, la population PI468435 possèderait un
gène différent des gènes Pl6 et Pl8 (Hu et al., vol II, 623-9).
De son côté, une équipe argentine tente de dresser une carte
génétique de la région du locus Pl8 (gène de résistance au mildiou)
et du locus de la résistance à la rouille. Ils placent une dizaine
de marqueurs polymorphiques sur le groupe de liaison 13 encadrant
un QTL résistance rouille et un QTL résistance mildiou. Ainsi un
cluster de gènes de résistance qui confère la résistance à de
nombreuses races de mildiou peut inclure des gènes de résistance à
d’autres pathogènes (Abratti et al., vol II, 615-22).
Dans le cas du phomopsis, les QTL contrôlant la résistance sur
feuilles, pétioles et tiges sont distribués sur au moins 8 régions
chromosomiques. Mais il n’est pas mis en évidence de
co-localisation entre QTL d’expression de symptômes sur
feuilles et QTL d’expression de taches encerclantes sur tige.
L’héritabilité de la résistance au phomopsis apparaît complexe et
il serait intéressant de pyramider la résistance sur feuilles et
celle sur tiges grâce à une sélection assistée par marqueurs
(Bervillé et al., vol II, 643-9).
Depuis une dizaine d’années, on assiste à une multiplication de
marqueurs localisés sur une carte génétique propre au croisement
étudié. Au cours de la conférence, nombre de généticiens ont
exprimé le souhait d’une mise en commun de ces cartes qui
conduirait à disposer d’un plus grand nombre de marqueurs pour les
gènes ou QTL d’intérêt et faciliter la sélection assistée par
marqueurs.Remerciements. Aux collègues de l’USDA de Fargo
pour l’ambiance conviviale et l’organisation sans faille.2 D’après les informations recueillies, les lignées de
tournesol résistantes aux « imi » sont dans le domaine
public. Le label « Clearfield® » pour une
variété atteste que BASF et l’obtenteur de la variété ont validé la
technologie pour cette variété.1 Les
« Proceedings » seront disponibles à la documentation du
Cétiom.
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