ARTICLE
Auteur(s) : François Meffeja1, Thomas
Dongmo1, Jean-Marie Fotso1, Jean-Claude
Fotsa1, Jeannette Tchakounté1, Ndoumbe
Nkeng1
1 Centre de recherche agricole pour le développement,
s/c BP 7070, Yaoundé, Nkolbisson, Cameroun
Au Cameroun, 128 000 tonnes environ de drêches humides
sont annuellement dégagées par les brasseries locales et
constituent une source alimentaire potentielle pour l’élevage des
porcs et des volailles en milieu urbain et périurbain. C’est un
sous-produit d’une très grande disponibilité. Sur le marché
camerounais, les aliments commerciaux pour les porcs deviennent de
plus en plus chers et ne sont plus à la portée des petits éleveurs.
Le prix au kilo de provende varie de 240 FCFA pour l’aliment
porcelet à 180 FCFA pour l’aliment finition. Un sac de
50 kilos de drêche humide coûte 1 000 FCFA à
20 % de matière sèche environ, ce qui revient à 100 FCFA
le kg de drêche desséchée. Elle est vendue à l’état frais le long
des routes et dans les dépôts spécialisés. Les tentatives de
séchage industriel pour son incorporation dans les aliments
complets se sont avérées non économiques à cause des coûts
énergétiques élevés [1]. Peu d’élevages porcins utilisent de nos
jours les concentrés azotés, minéralisés et vitaminés (CAMV), les
tourteaux de soja, les farines animales ainsi que les acides animés
de synthèse dans la formulation des aliments en raison de leur coût
prohibitif suite à la dévaluation du franc CFA en 1994.
Les drêches des brasseries, qui sont des résidus ayant servi à la
fabrication de la bière, sont utilisées de matière empirique à plus
de 90 % dans l’engraissement des porcs en milieu urbain,
malgré la faible digestibilité de sa matière organique
(43,3 %) et de ses protéines brutes (58,9 %) [2]. Cela
entraîne une faible croissance des animaux et une baisse de
productivité dans les élevages. Pourtant, l’utilisation rationnelle
de ce sous-produit, riche en protéines, minéraux et vitamines mais
très cellulosique, permettrait de réduire les charges alimentaires
en élevage en laissant ainsi une part importante des céréales pour
la consommation humaine. Peu de données existent sur les
possibilités d’utilisation des drêches des brasseries dans
l’alimentation des porcs, soit à l’état humide et ensilé, soit
desséché. Les drêches desséchées des brasseries ont été utilisées
[2] en remplacement du tourteau de soja chez les porcs en finition
et aucune différence significative n’a été observée sur le gain du
poids moyen journalier et sur la qualité de la carcasse jusqu’au
taux de 50 % de protéines supplémentaires fournies par les
drêches. De même, l’utilisation de la drêche humide réduisait le
gain de poids de 15,5 % et augmentait à la fois la
consommation et le coût de production. Chez les porcs en finition
et les truies en lactation, un niveau de supplémentation économique
de 1 kilo d’aliment complet par porc et par jour pour une
consommation de 4 à 5 kilos de drêche humide est nécessaire
pour de bonnes performances [3].
Chez la volaille, un taux d’incorporation satisfaisant de
20 % de drêche desséchée a été enregistré chez le poulet de
chair [4] et de 20 à 30 % dans l’aliment des poules pondeuses
[5, 6]. Il a été montré que, en séparant la drêche des brasseries
en deux fractions (fine et grossière), la fraction fine, riche en
protéines, peut remplacer le tourteau de soja dans les régimes de
poulets de chair en finition, à condition de supplémenter en lysine
et en méthionine [7].
L’objectif de cette étude est de tenter de valoriser l’utilisation
de la drêche ensilée des brasseries et de déterminer le niveau
optimum d’utilisation économique dans les rations alimentations des
porcs pour chacune des phases de croissance (post-sevrage,
croissance et finition).
Matériel et méthode
Dispositif expérimental
Vingt-quatre porcelets (Landrace × Bershire × Duroc × Large
White) âgés de 8 semaines et pesant initialement
9,6 ± 0,3 kg ont été répartis au hasard dans
12 loges à raison de 2 porcelets par loge (1 mâle et
1 femelle) et soumis à 3 régimes expérimentaux et un
témoin (0 % de drêche ensilée) à raison de 3 répétitions
par traitement. Les régimes sont les suivants.
• Phase de post-sevrage
Témoin (R0) : 0 % drêche ensilée
(DE) + 100 % aliment complet (AC) ;
RI : 10 % DE + 90 % AC ;
RII : 20 % DE + 80 % AC ;
RIII : 30 % DE + 70 % AC.
• Phase de croissance
R0 : 0 % DE + 100 % AC ;
RII : 30 % DE + 70 %
AC ; RIII : 40 %
DE + 60 % AC ;
RIIII : 50 %
DE + 50 % AC.
• Phase de finition
R0 : 0 % DE + 100 % AC ;
RIII : 50 %
DE + 50 % AC ;
RIIII : 60 %
DE + 40 % AC ;
RIIIII : 70 %
DE + 30 % AC.
Après sevrage les animaux ont été déparasités et vaccinés contre
le rouget. Ils ont été ensuite repartis dans 12 loges
expérimentales construites en bois et au sol cimenté de dimension
3 m × 2,5 m. Chaque loge était munie d’un
abreuvoir et d’une mangeoire de dimensions respectives
1,5 m × 0,5 m et
0,5 m × 0,5 m. La température ambiante moyenne
dans le bâtiment était de 25 °C.
Les proportions de mélange (aliment complet + drêche),
calculées en fonction de la matière sèche de l’aliment et de la
drêche, étaient pesées et mélangées chaque jour pour chaque régime
après collecte et pesée des refus du jour précédent. Les
échantillons des refus étaient quotidiennement mis à l’étuve pour
déterminer leur teneur en matière sèche.
Les poids corporels des animaux étaient enregistrés au début de
l’expérience et tous les 15 jours pendant toute la durée
expérimentale de 128 jours. Les transitions alimentaires entre
différentes phases étaient faites en fonction de la phase
physiologique des animaux suivant la définition proposée par l’Inra
[8], avec la phase de post-sevrage variant entre 10 et
25 kilos de poids vif, la phase de croissance entre 25 et
60 kilos de poids vif et la finition comprise entre 60 et
90 kilos de poids vif.
Alimentation
La drêche utilisée provient de l’usine des Sociétés anonymes des
brasseries du Cameroun (SABC). Elle est ensilée à l’état frais dans
des sacs de polyéthylène pendant plusieurs jours, voire plusieurs
semaines, et ses caractéristiques ont été relevées (tableaux 1 et 2 ) [9, 10].
Tableau 1. Composition chimique de
la drêche desséchée des brasseries du Cameroun [9]
Table 1. Chemical composition of Cameroon dry brewer’s
grains
| Caractéristiques |
Drêches
desséchées |
| Matière sèche (%) |
91,7 |
| Énergie digestible
(kcal/kg) |
2 030 |
| Protéines
brutes (%) |
28,6 |
| Matières
grasses (%) |
7,6 |
| Cellulose brute (%) |
15,7 |
| Cendres (%) |
3,5 |
| Extractif non
azoté (%) |
43,8 |
| Minéraux (%) |
4,73 |
| Calcium (%) |
0,28 |
| Phosphore (%) |
0,60 |
Tableau 2. Teneur en aides aminés
de la drêche desséchée des brasseries du Cameroun en % des
protéines (ou en g/kg d’azote) [10]
Table 2. Amino acids composition of Cameroon dry
brewer’s grain
| Lysine |
0,85 |
Arginine |
1,20 |
| Méthionine |
0,36 |
Phénylalanine |
1,22 |
| Cystine |
0,43 |
Tyrosine |
1,06 |
| Tryptophane |
0,35 |
Acide aspartique |
1,34 |
| Thréonine |
0,85 |
Sérine |
0,99 |
| Leucine |
2,22 |
Acide glutamique |
2,48 |
| Isoleucine |
1,40 |
Proline |
2,48 |
| Valine |
1,41 |
Glycine |
1,01 |
| Histidine |
0,47 |
Alanine |
1,10 |
L’aliment complet de base a été formulé à base du maïs et du
tourteau de coton dont les compositions centésimale et chimique
sont présentées au tableau 3.
Tableau 3. Composition de
l’aliment complet
Table 3. Percentage composition of basal diet and
calculated chemical composition
| Ingrédients |
Composition
en % |
| Maïs |
54,0 |
| Tourteau de coton |
15,0 |
| Farine de sang |
4,0 |
| Farine de poisson |
3,0 |
| Tourteau de palmiste |
10,0 |
| Remoulage |
10,0 |
| Poudre d’os |
3,4 |
| Sel |
0,5 |
| Mélange vitamines et
oligo-éléments* |
0,1 |
| Total |
100 |
| Composition chimique
calculée |
|
| Énergie digestible
(kcal/kg) |
3 164 |
| Protéines
brutes (%) |
19,80 |
| Cellulose brute (%) |
5,30 |
| Lysine (%) |
1,00 |
|
Méthionine + cystine (%) |
0,70 |
| Tryptophane (%) |
0,20 |
| Thréonine (%) |
0,71 |
| Leucine (%) |
1,79 |
| Isoleucine (%) |
1,65 |
| Valine (%) |
1,11 |
| Calcium (%) |
1,30 |
| Phosphore total (%) |
1,00 |
| Coût aliment/kg (FCFA) |
148,8 |
* Composition des mélanges vitamines et oligo-éléments/kg.
Vit A : 2 400 000 UI ; Vit
D3 : 480 000 UI ; Vit E :
3 g ; Vit K3 : 0,4 g ; Vit
B1 : 0,2 g ; Vit B2 :
1 g ; Vit B3 : 2 g ; Vit
B6 : 0,2 g ; Vit PP :
6 g ; B12 : 0,004 g ; acide
folique : 0,1 g ; chlorure de choline :
60 g ; Mn : 16 g ; Co :
0,03 g ; Zn : 12 g ; sélénium :
0,05 g ; iode : 0,2 g ; cuivre :
2 g ; fer : 10 g ; DL méthionine :
150 g ; lysine : 100 g ;
flaphospholipol : 0,4 g ; antioxydant :
5 g ; calcium : 19 %.
Méthodes d’analyse
Les paramètres étudiés ont été la consommation alimentaire
moyenne, le gain de poids moyen journalier, l’indice de
consommation défini comme le rapport de la quantité de matière
sèche consommée sur le gain de poids moyen ainsi que le coût
alimentaire de production d’un kilo de poids vif.
En fin de la phase finition, deux porcs ont été abattus dans
chaque traitement à l’issue d’un jeûne hydrique de 12 heures,
en vue de déterminer, pour chaque régime alimentaire, le rendement
en carcasse, l’épaisseur moyenne du gras dorsal mesurée sur trois
points de la carcasse chaude, respectivement au niveau du cou
(première vertèbre), du dos (dernière côte) et du rein (dernière
vertèbre lombaire).
L’analyse statistique a été faite par le modèle de l’analyse de
variance et la comparaison des moyennes par le test de Duncan
[11].
Résultats et discussion
Les performances des porcs au cours des trois phases
physiologiques sont présentées dans les tableaux
4, 5 et 6.
Tableau 4. Performance des porcelets
nourris avec des taux croissants de drêche ensilée en phase de
post-sevrage
Table 4. Performance of weaning pigs fed with
increasing level of ensiled brewer’s grains
|
Paramètres/traitements |
0 |
10 |
20 |
30 |
ESM |
| Nombre
d’animaux |
6 |
6 |
6 |
6 |
|
| Durée (j) |
56 |
56 |
56 |
56 |
|
| Poids moyen
initial (kg) |
9,7a |
9,5a |
9,1a |
10,2a |
0,29 |
| Consommation
alimentaire moyenne en l’état (g/j) |
854 |
1 141 |
1 425 |
1 713 |
|
| Consommation
alimentaire moyenne en matière sèche (g/j) |
813a |
807a |
799a |
805a |
5,55 |
| Gain de poids
moyen quotidien (g) |
272a |
282a |
283a |
322b |
21,81 |
| Indice de
consommation (kg gain de poids/kg MS consommée) |
2,98a |
2,87a |
2,82a |
2,50b |
0,30 |
| Poids moyen
final (kg) |
24,9a |
25,2ab |
24,9a |
26,8b |
0,89 |
a,b, les moyennes d’une même ligne, affectées de la même lettre, ne
sont pas significativement différentes (p > 0,05).
ESM : erreur standard de la moyenne.
Tableau 5. Performances des porcs
en croissance nourris avec des taux croissants de drêche
ensilée
Table 5. Performance of growing pigs fed
with increasing levels of ensiled brewer’s grains
| Paramètres/traitements |
0 |
30 |
40 |
50 |
ESM |
| Nombre d’animaux |
6 |
6 |
6 |
6 |
|
| Durée (j) |
58 |
58 |
58 |
58 |
|
| Poids moyen initial (kg) |
24,9a |
25,2ab |
24,9a |
26,8b |
0,89 |
| Consommation alimentaire
moyenne en l’état (g/j) |
1 593 |
2 611 |
3 021 |
3 432 |
|
| Consommation alimentaire
moyenne en matière sèche (g/j) |
1 521a |
1 312b |
1 336b |
1 264c |
3 |
| Gain de poids moyen quotidien
(g) |
485a |
401b |
406b |
366b |
50 |
| Indice de consommation (kg
gain de poids/kg MS consommée) |
3,14a |
3,27a |
3,29a |
3,46a |
0,13 |
| Poids moyen final (kg) |
53,5a |
48,8b |
48,8b |
48,0b |
2,49 |
a,b,c, les moyennes d’une même ligne, affectées de la même lettre,
ne sont pas significativement différentes (p > 0,05).
ESM : erreur standard de la moyenne.
Tableau 6. Performances des porcs
en phase de finition nourris avec des taux croissants de drêche
ensilée
Table 6. Performance of finishing pigs fed with
increasing levels of ensiled brewer’s grains
| Paramètres/traitements |
0 |
50 |
60 |
70 |
ESM |
| Nombre d’animaux |
6 |
6 |
6 |
6 |
|
| Durée (j) |
14 |
14 |
14 |
14 |
|
| Poids moyen initial (kg) |
53,5a |
48,8b |
48,8b |
48,0b |
2,49 |
| Consommation alimentaire
moyenne en l’état (g/j) |
1 978 |
3 411 |
4 019 |
4 095 |
|
| Consommation alimentaire
moyenne en matière sèche (g/j) |
1 786a |
1 336b |
1 288bc |
1 139c |
278,52 |
| Gain de poids moyen quotidien
(g) |
530a |
352b |
220c |
144c |
169,22 |
| Indice de consommation (kg
gain de poids/kg MS consommée) |
3,35a |
3,84a |
5,85b |
7,93b |
2,14 |
| Poids moyen final (kg) |
60,9a |
53,8b |
51,9b |
50,1b |
4,74 |
a,b,c, les moyennes d’une même ligne, affectées de la même lettre,
ne sont pas significativement différentes (p > 0,05).
ESM : erreur standard de la moyenne.
Il ressort du tableau 4 que les
consommations de matière sèche ne sont pas différentes
(p > 0,05) entre les traitements. Cependant, le gain
de poids moyen journalier croît légèrement avec le niveau
d’incorporation de drêche ensilée dans la ration et il existe une
différence significative (p < 0,05) entre les
traitements R0, RI, RII et
RIII. De même, l’indice de consommation (IC) du régime à
30 % de drêche est significativement plus faible
(p < 0,05) que celui des trois autres régimes. Cette
amélioration de l’IC pourrait s’expliquer par un apport
supplémentaire de vitamines et d’acides aminés par la drêche dans
les rations alimentaires, la cellulose de la drêche n’influençant
pas encore la consommation alimentaire ni les performances de
croissance des animaux en post-sevrage. Le régime à 30 % de
drêche s’est avéré meilleur que les trois autres régimes.
En phase de croissance, l’augmentation du taux d’incorporation de
la drêche s’accompagne d’une diminution de la consommation de la
matière sèche. Le gain de poids moyen journalier des animaux
diminue également. En moyenne, il est de 19 %
(p < 0,05) inférieur à celui qui est obtenu avec le
régime témoin, mais aucune différence n’est observée entre les
régimes expérimentaux. À ce stade d’engraissement, il est
vraisemblable que la teneur en eau des régimes ainsi que les
problèmes d’encombrement digestif liés à l’utilisation des régimes
riches en parois végétales limitent la consommation alimentaire et,
par voie de conséquence, la croissance des animaux. Ces
observations confirment celles de Pond et al. et de Meffeja
et al. [2, 3] montrant que l’augmentation du taux
d’incorporation de la drêche humide dans la ration diminue à la
fois l’ingestion alimentaire et le gain de poids moyen quotidien,
accroissant ainsi l’indice de consommation et le coût alimentaire.
Toutefois, il est à relever que l’effet de l’incorporation de la
drêche à 30, 40 et 50 % dans les régimes en phase de
croissance ne diffère pas d’un régime à l’autre quant aux
performances pondérales des animaux.
En phase de finition, l’influence des facteurs précédemment cités
(dilution de l’énergie, encombrement digestif par les fibres moins
digestibles, teneur en eau) est plus accentuée avec les taux
d’incorporation de 60 et 70 % de drêche (IC > 5),
montrant ainsi que le taux optimum d’incorporation de la drêche est
dépassé. Cependant, l’aliment reste efficace à 50 %
d’incorporation (IC = 3,84) puisqu’il ne diffère pas
(p > 0,05) de l’aliment complet
(IC = 3,35).
La dilution de la concentration énergétique dans la ration ainsi
que la teneur élevée en fibres diminuent la consommation d’aliment,
ce qui entraîne une chute de la croissance et la réduction de
l’état d’engraissement des animaux. Ce phénomène se traduit par la
production d’une carcasse maigre expliquée par la faible épaisseur
moyenne du lard dorsal et le pourcentage du gras abdominal des
régimes expérimentaux par rapport au régime témoin (tableau 7).
Tableau 7. Caractéristiques de la
carcasse des porcs nourris avec des niveaux croissants de drêche
ensilée
Table 7. Carcass characteristics of pigs fed with
increasing levels of ensiled brewer’s grain
| Paramètres/traitements |
0 |
50 |
60 |
70 |
ET |
| Poids final (kg) |
61,20 |
56,10 |
52,60 |
55,70 |
3,56 |
| Rendement carcasse avec tête
et pieds (%) |
76,47 |
73,61 |
76,99 |
77,55 |
1,75 |
| Rendement carcasse sans tête
ni pieds (%) |
65,19 |
63,10 |
65,39 |
66,42 |
1,39 |
| Épaisseur moyenne du lard
(cou, dos et rein) en mm |
14 |
6,7 |
10 |
8,0 |
|
| Gras abdominal (%) |
0,41 |
0,48 |
0,38 |
0,37 |
0,06 |
| Estomac (%) |
0,83 |
1,21 |
1,07 |
1,21 |
0,18 |
ET : écart type.
Le tableau 7 montre également un
accroissement du rendement de la carcasse avec des niveaux
croissants de la drêche ensilée dans la ration et une tendance à
l’augmentation du poids de l’estomac. Si, habituellement, les
régimes alimentaires riches en eau s’accompagnent d’une réduction
du rendement en carcasse, les résultats obtenus dans le présent
travail pourraient s’expliquer par le fait que, pendant les heures
de jeûne hydrique qui ont précédé l’abattage, les tractus digestifs
des porcs consommant plus de drêche se sont vidés plus rapidement
que ceux des porcs consommant moins de drêche dans leur ration.
Toutefois, un nombre plus élevé de porcs serait nécessaire pour
confirmer les résultats obtenus.
Analyse économique
Le tableau 8 présente le coût de
production d’un kilo de poids vif par régime alimentaire et par
phase physiologique. Il ressort de ce tableau que les coûts
alimentaires de production d’un kilo de poids vif pour des régimes
de 10, 20, 30 % d’incorporation de drêche en phase
post-sevrage, de 30, 40, 50 % en phase croissance et de
50 % en phase finition sont nettement inférieurs au coût de
production du régime témoin, mais que ces coûts sont accrus aux
taux de 60 et 70 % d’incorporation de drêche ensilée en phase
finition. Il semble donc que, en phase de finition, un taux
d’incorporation de drêche supérieur à 50 % ne soit plus
économique. Les résultats obtenus montrent que, en post-sevrage, un
bénéfice de 108,1 FCFA est obtenu au kilo de poids vif
produit. Il est de 36,9 FCFA en croissance et négatif en
finition (– 410,6 FCFA).
Tableau 8. Coût alimentaire (FCFA)
d’un kg de poids vif par régime d’essai et par phase
physiologique
Table 8. Cost of 1 kg weight per ration and per
physiological phase
| Phase
physiologique |
|
|
Niveau de
drêche et coût |
|
|
| Post-sevrage |
Traitements |
0 |
10 |
20 |
30 |
|
Coût/kg |
443,6 |
413,2 |
392,2 |
335,5 |
| Croissance |
Traitements |
0 |
30 |
40 |
50 |
|
Coût/kg |
467,4 |
438,8 |
425,4 |
430,5 |
| Finition |
Traitements |
0 |
50 |
60 |
70 |
|
Coût/kg |
498,6 |
477,8 |
754,3 |
909,2 |
Conclusion
Les résultats obtenus montrent que les drêches des brasseries
produites en quantité et utilisées de manière empirique par les
éleveurs au Cameroun sont un sous-produit agro-industriel
valorisable comme ingrédient dans les rations alimentaires des
porcs en engraissement. Ensilées, elles permettent une bonne
palatabilité et des performances de croissance correctes. En
association avec un aliment complet équilibré, l’utilisation des
drêches ensilées des brasseries peut être rentabilisée
économiquement à 30 % d’incorporation dans les rations des
porcelets en post-sevrage et jusqu’à 50 % d’incorporation pour
les phases physiologiques de croissance et de finition n
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