ARTICLE
Auteur(s) : Yvon
le Moullec1, Pascale Ebner2, Alain Weill3
1. Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris 11, rue
George Eastman 75013 Paris
Tél. : 01 44 97 88 30
Fax : 01 44 97 87 55
<Yvon.LeMoullec@mairie-paris.fr>
2. Ministère de l’Écologie et du Développement durable
Direction des études économiques et de l’évaluation
environnementale Service de la recherche et de la prospective 20,
avenue de Ségur 75302 Paris 07 SP
Tél. : 01 42 19 17 29
Fax : 01 42 19 17 71
<Pascale.Ebner@environnement.gouv.fr>
3. CETP/CNRS/IPSL 10-12 avenue de l’Europe
78140 Vélizy
Tél. : 01 39 25 49 00
Fax : 01 39 25 49 22
<alain.weill@cetp.ipsl.fr>
L’aérosol atmosphérique est constitué par l’ensemble des
particules solides et/ou liquides en suspension dans l’air ;
son spectre dimensionnel est très large puisqu’il recouvre
plusieurs ordres de grandeur allant de 0,001 µm à 100 µm.
Certaines particules sont émises directement dans l’air par des
sources naturelles et anthropiques, mais une part importante est
aussi générée au sein même de l’atmosphère suite à des phénomènes
de nucléation et de condensation faisant intervenir la phase
gazeuse.
Contrairement à d’autres indicateurs de qualité de l’air, ces
particules atmosphériques ne constituent pas une entité chimique
bien définie mais un mélange hétérogène dont chaque élément est
caractérisé par un état (liquide ou solide), une granulométrie, une
composition chimique et une dynamique d’évolution dans
l’atmosphère. Leur diversité s’exprime aussi selon leur origine
(naturelle, anthropique urbaine ou industrielle, intérieure aux
bâtiments) ou leur nature (physico-chimique ou
microbiologique).
S’agissant de la surveillance de la qualité de l’air, les
indices particulaires initialement utilisés en Europe (indice de
fumée noire) ou aux États-Unis (particules totales en suspension)
sont aujourd’hui remplacés par la mesure des particules de diamètre
aérodynamique inférieur à 10 µm (PM10) ou à
2,5 µm (PM2,5). Cependant, si la majorité de la
masse est associée aux particules de diamètre supérieur à
0,1 µm, c’est plus de 90 % des particules qui, en nombre,
ont des dimensions inférieures à 0,1 µm. C’est pourquoi
l’intérêt se porte aujourd’hui vers la fraction ultrafine de
l’aérosol, souvent d’origine anthropique, et susceptible de
pénétrer au plus profond de l’appareil respiratoire et d’y induire
des impacts sanitaires importants.
Les effets sur la santé de l’aérosol émis par les sources de
combustion fixes et mobiles ainsi que par les procédés industriels
sont connus depuis longtemps. Dès 1930, dans la vallée de la Meuse,
puis en 1952 et 1956 à Londres, un fort excès de mortalité avait
été observé pendant les périodes de smog intense. Malgré les
progrès réalisés depuis cette époque et la disparition de tels
épisodes aigus, de nombreuses publications scientifiques
soulignent, ces dernières années, le rôle des particules
atmosphériques dans la survenue d’une vaste gamme d’effets
sanitaires, fonctionnels et biologiques et leur impact sur
l’écosystème et le bâti. Il faut également souligner que, au
quotidien, l’exposition aux particules atmosphériques associe
aérosols chimiques issus de sources extérieures et intérieures et
allergènes biologiques (acariens, poils d’animaux, pollens…).
C’est pourquoi la pollution atmosphérique particulaire fait
aujourd’hui partie des grandes questions d’actualité. De fait, des
interrogations subsistent à plusieurs niveaux tant sur les
inventaires d’émission que sur l’évolution et le vieillissement des
aérosols dans l’atmosphère ou sur les techniques de prélèvement et
d’analyse qui ne sont pas toujours exemptes d’artéfacts. S’agissant
des effets sur la santé, si de nombreuses études épidémiologiques
mettent en évidence des effets des particules urbaines à court
terme, cet impact est moins bien documenté sur le long terme. Au
plan toxicologique, des travaux sont également attendus, dans le
but, notamment, de trouver des explications causales aux données
épidémiologiques qui associent la pollution particulaire à la
mortalité et à la morbidité respiratoires et cardiovasculaires.
C’est dans ce contexte que les responsables du programme
PRIMEQUAL-PREDIT ont décidé de faire le point sur les connaissances
dans le domaine des particules atmosphériques, en organisant en
collaboration avec le Programme national de chimie atmosphérique
(PNCA) un séminaire de réflexion et en confiant à différents
groupes de travail la rédaction d’un état de l’art. Ce travail a
conduit au lancement d’un appel à propositions de recherche lancé
en 2003 et auquel de nombreux chercheurs ont répondu.
PRIMEQUAL-PREDIT, qui existe depuis 1995, est un programme de
recherche sur la qualité de l’air soutenu par le Ministère de
l’Écologie et du Développement durable (MEDD) et l’Agence de
l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), en liaison
avec le ministère chargé de la Santé ; il est plus
particulièrement tourné vers les questions de recherche finalisée,
agissant ainsi en complémentarité du PNCA piloté par le CNRS/INSU.
Il vise à améliorer les connaissances, comme appui aux politiques
publiques, et son objet est de fournir aux décideurs et aux
gestionnaires les bases scientifiques et les outils permettant de
prendre les mesures les plus efficaces pour améliorer la qualité de
l’air et réduire les risques pour la santé et l’environnement.
Les articles qui suivent et qui ont été rédigés à la suite du
séminaire de réflexion font le point sur l’état des connaissances
dans le domaine des impacts sur la santé par les approches
toxicologiques et épidémiologiques. n
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