Auteur(s) : Philippe DUCROTTE, Isabelle LEBLANC, Philippe DENIS, Groupe de biochimie et de physiopathologie digestive et nutritionnelle, hôpital Charles-Nicolle, 1, rue de Germont, 76031 Rouen Cedex, France..
Résumé : Des modifications de la vidange et de la motricité gastriques sont les conséquences possibles de la quasi-totalité des gestes chirurgicaux concernant l'estomac. Parmi ceux-ci, la gastrectomie distale avec rétablissement de la continuité avec une anse en Y selon le procédé de Roux est l'intervention qui paraît exposer le plus à ce type de complication. Le désordre opératoire le plus habituellement observé est un retard d'évacuation de la phase solide du repas. Inversement, certains gestes peuvent accélérer la vidange initiale des liquides (vagotomie tronculaire) ou des deux phases du repas (gastrectomie distale avec anastomose gastro-jéjunale selon Finsterer). Le plus souvent les symptômes ont une faible valeur d'orientation vers le mécanisme du désordre post-opératoire, et des explorations fonctionnelles sont nécessaires, notamment dans les résistances au traitement de première intention. Ce traitement s'appuie essentiellement sur des conseils hygiéno-diététiques (modifications du volume et de la composition des repas) et l'administration de prokinétiques. Le recours à une voie d'administration autre que la voie orale est parfois nécessaire pour permettre à ces médicaments d'être actifs. L'érythromycine, option thérapeutique nouvelle pour les gastroparésies, est un indiscutable progrès thérapeutique. La totalisation de la gastrectomie a des indications très limitées qui doivent être discutées au cas par cas. Quant à la stimulation électrique du moignon de gastrectomie ou du grêle sous-jacent, elle demeure encore dans le domaine des thérapeutiques expérimentales.
Figure 1. Profil normal d'évacuation des phases liquide et
solide d'un repas lors d'une exploration scintigraphique de la vidange
de l'estomac. Les courbes expriment le pourcentage des isotopes, marquant
respectivement les liquides et les solides, restant dans l'estomac en
fonction du temps.
Figure 2. Profil d'évacuation d'un repas liquide de 750 ml
avant et après vagotomie sélective. D'après Meunier
et al. [21].
Figure 3. Manométrie antro-duodéno-jéjunale montrant
sur les 4 voies d'enregistrement antrales l'absence de réponse
motrice antrale à un repas au cours d'une gastroparésie
après vagotomie tronculaire.
Figure 4. Schéma du cercle vicieux qui peut se créer
après gastro-entéro-anastomose et contrarier la vidange
gastrique.
Figure 5. Profil d'évacuation de la phase solide d'un repas
dans les trois groupes de sujets. A. Un groupe contrôle. B.
Un groupe de malades opérés d'une antrectomie avec anastomose
gastro-jéjunale selon Finsterer. C. Un groupe de malades
opérés d'une antrectomie avec anastomose gastro-jéjunale
selon Finsterer complétée par une vagotomie tronculaire.
D'après Vogel et al. [30].
Figure 6. Profil de vidange d'un repas solide dans un groupe contrôle,
dans un groupe d'ulcéreux duodénaux (UD) et dans deux groupes
de malades opérés d'une gastrectomie distale avec anastomose
gastro-jéjunale selon Finsterer, les uns étant symptomatiques
en post-opératoire (Bll S+), les autres asymptomatiques (Bll S-).
D'après Smout et al. [31].
Figure 7. Principe de la gastrectomie avec rétablissement de
la continuité par une anse en Y selon le procédé
de Roux. Le jéjunum est sectionné à une vingtaine
de cm au-delà de l'angle duodéno-jéjunal. Le grêle
en aval de la section est ensuite monté pour être anastomosé
sur le corps gastrique.
Figure 8. Profil d'évacuation de la phase solide d'un repas
dans trois groupes de malades. A. Malades ayant subi une antrectomie
avec anastomose gastro-jéjunale. B. Malades ayant subi une
antrectomie avec rétablissement de la continuité digestive
par une anse en Y selon le procédé de Roux. C. Malades
ayant subi une antrectomie complétée par une vagotomie tronculaire,
avec rétablissement de la continuité digestive par une anse
en Y selon le procédé de Roux. D'après Van der Mijle
et al. [40].