ARTICLE
Le terme de ß-thalassémie intermédiaire correspond
à un syndrome ß-thalassémique, de sévérité
atténuée, caractérisé par une anémie
modérée à sévère et microcytaire, une
splénomégalie, des anomalies osseuses modérées,
caractéristiques de la ß-thalassémie. Les transfusions
ne sont pas nécessaires ou seulement de manière occasionnelle.
Dans cet article, nous évoquons des aspects moléculaires
et cliniques qui ont été étudiés récemment.
Les patients ayant une ß-thalassémie intermédiaire
sont le plus souvent homozygotes ou hétérozygotes composites
pour des lésions du locus ß de la globine. Cependant, dans
un nombre limité de cas, un seul gène ß est atteint,
le locus ß de la globine du chromosome opposé n'ayant pas
d'anomalie de séquence.
ß-thalassémie
intermédiaire des homozygotes ß-thalassémiques
Chez les patients homozygotes ou
hétérozygotes composites pour une mutation ß-thalassémique,
trois mécanismes ont été trouvés (tableau
I) [1]. Le premier, le plus fréquent, est l'état
homozygote ou l'hétérozygote composite pour un déterminant
de ß-thalassémie atténuée. Les deux autres
consistent en la cotransmission d'une alpha-thalassémie ou d'un
déterminant génétique responsable d'une production
accrue des chaînes gamma de l'hémoglobine foetale, après
la naissance. Ces trois mécanismes agissent en réduisant
le déséquilibre de synthèse des chaînes (rapport
alpha/non alpha), qui est le déterminant principal de la sévérité
des syndromes thalassémiques.
Mutations moins sévères ou silencieuses
du gène ß
Les mutations «moins sévères» sont associées
à une expression relativement élevée des chaînes
ß par le gène muté. Cette catégorie de mutations
inclut des mutations
1) du promoteur,
2) créant un site alternatif d'épissage,
3) de la séquence consensus entourant le site d'excision épissage
des introns,
4) du site de polyadénylation (tableau
II).
Dans ce contexte, il faut noter qu'une étude coopérative
européenne a montré que les patients ayant cette forme intermédiaire
de ß-thalassémie avaient, dans 40% des cas, la mutation ß+
IVSI nt6 (T->C) ou du promoteur dans 6 autres % [2]. Des mutations
différentes mais situées en même position du promoteur
peuvent induire des phénotypes cliniques très différents
[3, 4]. Par exemple, la mutation C->G en position -87, commune
en Méditerranée, induit une forme sévère chez
les patients, lorsqu'elle est composite avec une autre lésion.
Elle induit un phénotype intermédiaire à l'état
homozygote. À l'inverse, la mutation C->T au même endroit
est responsable d'une forme sévère à l'état
homozygote, mais de présentation plus tardive. Bien que l'homozygotie
pour une mutation «peu sévère» soit toujours associée
à une sévérité intermédiaire, l'hétérozygotie
composite pour une mutation «peu sévère» et une
mutation «sévère» induit un éventail de
sévérité clinique, de la forme peu sévère
à la forme très sévère qui dépend des
transfusions.
Des mutations spéciales sont les mutations «silencieuses».
Elles sont définies au niveau hématologique et à
l'état hétérozygote par un déséquilibre
isolé de la synthèse des chaînes de globine [5].
L'hétérozygotie composite d'une mutation silencieuse et
d'une forme sévère induisant un taux élevé
d'Hb A2 (chez l'hétérozygote) aboutit au tableau
clinique de ß-thalassémie intermédiaire.
La ß-thalassémie silencieuse est due le plus souvent à
la mutation C->T en position -101 dans la boîte CACCC distale,
plus rarement à la mutation A->C au site CAP ou à la
mutation C->G en position 6 en 3' du codon de terminaison. Il est intéressant
de noter que la mutation du site CAP induit une forme de thalassémie
mineure à l'état homozygote et une forme sévère
à l'état hétérozygote composite. Il faut souligner,
en ce qui concerne le diagnostic, que l'état hétérozygote
de la mutation -101 (C->T) est associéà des valeurs limites
de certains paramètres hématologiques ou du taux d'Hb A2
qui, lorsqu'ils sont examinés avec attention, peuvent évoquer
le diagnostic [6]. Contrastant avec le tableau hématologique
modéré de la forme adulte, l'état homozygote de la
mutation -101 (C->T) est un phénotype marqué chez le
nouveau-né et pendant la période qui suit la naissance.
Par exemple, un foetusus ayant la forme composite -101 (C->T) et ß+
IVSI nt10 avait une absence complète de synthèse de la chaîne
ß alors que le génotype (et le phénotype de l'adulte)
aurait dû être associé à une expression de 2
à 3% de chaîne ß. Un nouveau-né ayant les mutations
ß°39/ß+-101 (C->T) n'avait pas d'Hb A à
la naissance, indiquant aussi que la mutation du promoteur en position
-101 supprime complètement la production de la chaîne ß
par le locus affecté [7].
Ces résultats peuvent être expliqués si des protéines
liant la boîte CACCC sont différentes chez le foetus et chez
l'adulte interagissant de manière différente avec la boîte
CACCC mutée.
Récemment, nous avons étudié un groupe important
d'hétérozygotes ayant la mutation -92 (C->T) et montré
que cette mutation appartient au groupe des ß-thalassémies
silencieuses. Comme pour la mutation -101, les valeurs des paramètres
hématologiques sont limites, suggérant de faire une étude
plus approfondie.
Enfin, nous avons récemment décrit une nouvelle mutation
silencieuse, C->G en position 844 de l'IVS II, dans la séquence
consensus du site accepteur d'épissage. Les hétérozygotes
ont un phénotype allant de la ß-thalassémie silencieuse
à la forme modérée du porteur du trait ß-thalassémique,
alors que les homozygotes ont les manifestations typiques de la ß-thalassémie
mineure classique. Les hétérozygotes composites ayant une
mutation «sévère» associée ont un phénotype
de ß-thalassémie intermédiaire [8].
Nous avons suggéré, ainsi que d'autres, que la variation
de la séquence [(AT)9(T)5] en position -530 en amont du
gène ß de la globine peut être responsable d'une ß-thalassémie
silencieuse. Cependant, nos études ultérieures ont montré
que cette variation de séquence peut être détectée
chez des sujets normaux pour la synthèse des chaînes de globine
[9].
alpha-thalassémie associée
Nous avons confirmé récemment que la cotransmission
d'une alpha-thalassémie (soit par la délétion des
deux gènes alpha, soit par une mutation ponctuelle du gène
majeur alpha2) est capable d'atténuer le tableau clinique
de la ß°-thalassémie homozygote, comme le montre la
plus grande fréquence des génotypes alpha-thalassémiques
chez les patients ayant une ß-thalassémie intermédiaire
par rapport aux patients ayant un même génotype ß°-thalassémique
et une expression clinique sévère [10]. La délétion
d'un seul gène alpha est responsable de l'expression retardée
d'une forme majeure ß°-thal et de la transformation d'une forme
sévère ß+-thal en forme de sévérité
intermédiaire.
Augmentation
des chaînes gamma
Des déterminants responsables de l'augmentation de la
production des chaînes gamma sont à l'évidence capables
de réduire le déséquilibre de synthèse des
chaînes de globine (rapport alpha/nonalpha), induisant une forme
clinique intermédiaire lorsqu'ils sont transmis avec des déterminants
sévères de ß-thalassémie (tableau
III).
Ce groupe inclut des déterminants qui augmentent la production
de la chaîne gamma, en raison de la nature même de la lésion
ß-thalassémique, l'hémoglobine Lepore de manière
inconstante et les ß-thalassémies dues à une délétion
de la région du promoteur appartiennent à ce groupe.
Une autre catégorie est constituée par des déterminants
de persistances héréditaires de l'hémoglobine foetusale
(PHHF) non délétionnelles. Deux mutations sont responsables
de l'atténuation clinique de la ß-thalassémie homozygote:
l'une est la mutation -196 (C->T) [11] liée en cis
à la mutation ß 39 constituant le chromosome dit deltaß-thal
Sarde; l'autre est la mutation -158 Ggamma(C->T) présente dans
les haplotypes III, IV et IX, en déséquilibre de liaison
avec les mutations ß-thal IVSII nt 1 (G -> A) ou les décalages
du cadre de lecture des codons 8 (-AA) et 6 (-A).
Cependant, bien que la mutation -196 à l'état hétérozygote
soit associée à une augmentation de la production de la
chaîne gamma, la mutation -158 est associée à l'augmentation
de l'Hb F, seulement en cas de stress érythropoïétique
[12]. Enfin, un nombre de familles, incluant deux descendances
asiatiques ou sardes ont montré que la cotransmission d'un déterminant
PHHF hétérocellulaire est capable d'améliorer la
forme homozygote de ß-thalassémie.
Cependant, l'étude européenne montre qu'une proportion élevée
de patients ayant une ß-thalassémie intermédiaire,
homozygote ou hétérozygote composite (ß°-thal,
ß+-thal sévère) n'a pas de modification
au niveau moléculaire qui puisse expliquer l'atténuation
du tableau clinique.
Afin de définir les mécanismes moléculaires de la
forme attenuée de certains patients (homozygotes pour le codon
non sens ß39), nous avons recherché la présence d'une
délétion en amont et caractérisé les sites
HS2-HS3 du LCR et l'enhancer Agamma3'. Nous avons trouvé que quelques
sujets ayant le frame shift (décalage du cadre de lecture)
dans le codon 6 avaient la configuration (AT)9(AT10)
dans le site HS2, associée à une proportion élevée
d'Hb F dans la drépanocytose.
ß-thalassémie,
hétérozygote, de sévérité intermédiaire
Bien que la majorité des
patients ayant une ß-thalassémie intermédiaire soit
homozygote ou hétérozygote composite pour un déterminant
ß-thalassémique, une minorité n'a qu'un gène
ß altéré. Le mécanisme moléculaire de
cette forme inhabituellement sévère chez l'hétérozygote
n'a pas été élucidé dans tous les cas (tableau
IV).
Un phénotype de thalassémie intermédiaire peut être
la conséquence de l'association d'une ß-thalassémie
hétérozygote et de deux gènes alpha supplémentaires
dus à la triplication des gènes alpha à l'état
homozygote (alphaalphaalpha/alphaalphaalpha) [13]. L'association
d'un seul gène alpha supplémentaire alphaalpha/alphaalphaalpha
a un effet variable, certains patients ayant une forme intermédiaire,
d'autres une forme mineure [5]. Dans notre expérience,
la majorité des patients hétérozygotes composites
ß°39 et alphaalphaalpha ont un phénotype de ß-thalassémie
intermédiaire.
Les variants hyperinstables de l'hémoglobine produisent un phénotype
clinique à l'état hétérozygote contrastant
avec l'état hétérozygote des formes classiques de
la ß-thalassémie, asymptomatique. Pour cette raison, les
variants hyperinstables sont appelés aussi ß-thalassémie
dominante. Un nombre croissant de variants hyperinstables ont été
décrits au cours des dernières années. Au niveau
moléculaire on peut distinguer quatre catégories : 1) substitution
d'une base; 2) délétion d'un codon;3) codon stop prématuré
tronquant la chaîne ß;4) décalage du cadre de lecture
allongeant la chaîne ß [14].
La majorité de ces lésions moléculaires réside
dans le 3e exon. Nous avons décrit récemment
quatre de ces variants hyperinstables: Hb Cagliari, Vercelli, Agnana et
Brescia [15-18]. À titre d'exemple, l'Hb Brescia sera détaillée.
Une fille de 14 ans, originaire du Nord de l'Italie, avait une forme accentuée
de ß-thalassémie intermédiaire avec un taux d'hémoglobine
de 6-7g/dl. La coloration au bleu de cresyl montrait soit de grandes inclusions
solitaires au centre des globules rouges ou accolées à la
membrane, soit de nombreuses petites inclusions réparties régulièrement,
comme cela est fréquemment observé en cas d'Hb hyperinstable.
Divers types d'électrophorèse de l'hémoglobine ou
des chaînes de globine n'ont pas révélé de
fraction anormale. L'étude de la séquence du gène
ß mit au jour une substitution T->C au codon 114 remplaçant
une leucine par une proline dans l'hélice G. Le variant n'était
pas détecté chez les parents, indiquant qu'une nouvelle
mutation spontanée (néomutation) était apparue. Le
tétramère d'hémoglobine, très probablement
instable, précipite, formant des inclusions dans les globules rouges
circulants. De plus, la mutation Leu->Pro interfère négativement
avec les quatre contacts alpha1/ß1, de l'hélice
G, inhibant très probablement la formation des dimères alphaß.
Cette patiente avait un syndrome particulièrement sévère
pour une hémoglobine hyperinstable en raison d'une triplication
alpha transmise par son père. L'anémie résulte d'une
érythropoïèse inefficace et d'une hémolyse périphérique.
Il est intéressant de noter que l'Hb Brescia, comme ce fut le cas
pour la mutation du codon 121, a été trouvée dans
quatre familles de différents groupes éthniques, toujours
sous forme de néomutation (Hb Durham).
Sur le plan physiopathologique, la dégradation continue de ces
variants hyperinstables ajoute un besoin supplémentaire de protéolyse
des cellules pouvant réduire la protéolyse des chaînes
alpha. Ceci aboutit à l'accumulation et à la précipitation
des chaînes alpha libres, ce qui diffère des observations
faites chez l'hétérozygote ß-thalassémique
classique.
Ces mutations ß-thalassémiques dominantes sont rares. Elles
ont été décrites chez des sujets d'ethnies très
différentes. Elles doivent être suspectées chez les
patients ayant un syndrome de thalassémie intermédiaire,
quand les parents sont normaux ou quand la maladie est transmise selon
un mode dominant.
Enfin, il y a un groupe croissant de thalassémies de type intermédiaire
dans lequel un seul gène ß est atteint, mais aucune autre
lésion n'a encore été trouvée. Dans une famille
de l'Italie centrale, un phénotype intermédiaire de sévérité
variable est transmis dans deux générations [19].
Le séquençage révéla chez tous les patients
une hétérozygotie pour le codon non sens ß39. Il n'y
a pas d'autre anomalie, en particulier dans la région 5' de -670
à +60pb du gène ß. Le père des deux patients
de la deuxième génération a des paramètres
cellulaires de type ß-thalassémie mineure, un déséquilibre
de la synthèse des chaînes et un taux élevé
d'Hb A2. Il peut être considéré comme étant
un porteur atypique du trait ß-thalassémique sur la base
de l'analyse et de la transmission des haplotypes, il apparaît que
ce nouveau déterminant ß-thalassémique ne soit pas
lié au gène ß de la globine. Nous postulons que ce
déterminant est dû à une mutation de l'un des facteurs
transcriptionnels nécessaire au bon fonctionnement du gène
de globine ß. Nous avons trouvé quatre familles dans lesquelles
l'analyse génétique montre la présence d'une condition
de type thalassémique non liée au gène ß de
la globine. Les études de la caractérisation du défaut
moléculaire de ce groupe inhabituel et très intéressant
sont en progrès.
Diagnostic
de la ß-thalassémie intermédiaire
D'un point de vue pratique, il est
important de différencier au moment du diagnostic la thalassémie
majeure de la thalassémie intermédiaire en raison de la
prise en charge. Le régime transfusionnel précoce résulte
d'un diagnostic correct de la forme majeure, afin de prévenir le
développement de l'hypersplénisme et la sensibilisation
aux antigènes érythrocytaires. De même un diagnostic
correct de la forme intermédiaire évitera des transfusions
inutiles. La différenciation de ces deux phénotypes est
cependant difficile (tableau V).
Les critères combinés, cliniques, génétiques,
hématologiques et moléculaires sont nécessaires pour
prendre les décisions thérapeutiques. Bien qu'il n'y ait
pas de frontière nette, le diagnostic est souvent retardé,
à l'âge de 2-5 ans dans les formes intermédiaires.
Les altérations osseuses sont généralement modérées
dans ces formes. Un index simple est l'évaluation de la cavité
médullaire dont la largeur élevée ou son augmentation
récente est en faveur d'une forme majeure. En outre, les enfants
ayant une croissance normale ont une forme intermédiaire. L'évaluation
de la concentration d'érythropoïétine peut être
utile, plus élevée dans la forme intermédiaire que
dans la forme sévère [20]. Des taux relativement
faibles d'HbF (10-50%) chez ces patients ß+-thalassémiques
peuvent également être observés dans la forme intermédiaire.
Un taux très élevé d'Hb A2 est en faveur
d'une mutation du promoteur responsable d'un phénotype intermédiaire.
CONCLUSION
Remerciements
Nous remercions Yves Beuzard pour la traduction. Ce travail a été
financé par un contrat de l'Assessorato Igiene e Sanità
L. R. n.11 30/4/90, università degli studi di Cagliari, CNR, FAYMA
n° 9400535PF41, «Ingegniera Genetica» n° 9400018PF99.
REFERENCES
1. Wainscoat JS, Thein SL, Weatherall DJ. Thalassemia intermedia. Blood
Reviews 1987; 1: 273-9.
2. Cao A. Early prenatal diagnosis of thalassemia and sickle cell disease
using recent development in DNA technology. In: Baya C, ed. Advance
in medical biology (CEE). IOS Press, 1994: 13-52.
3. Rosatelli MC, Oggiano L, Leoni GB, Tuveri T, Di Tucci A, Scalas MT,
Dore F, Pistidda P, Massa A, Longinotti M, Cao A. Thalassemia intermedia
resulting from a mild ß-thalassemia mutation. Blood 1989;
2: 601-5
4. Meloni A, Rosatelli MC, Faa V, Sardu R, Saba L, Murru S, Sciarratta
GV, Baldi M, Tannoia N. Promoter mutations producing mild-ß thalassemia
in the Italian population. Br J Haematol 1992; 80: 222-6
5. Thein SL. ß-thalassemia. Bailliere's Clinical Haematology
1993; 1: 151-75.
6. Galanello R, Barella S, Ideo A, Gasperini D, Rosatelli MC, Paderi
L, Paglietti E, Sollaino C, Perseu L, Loi D, Cao A. Genotype of subjects
with borderline hemoglobin A2 levels: implications for ß-thalassemia
carrier screening. Am J Hematol 1994a; 46: 79-81.
7. Murru S, Pischedda MC, Cao A. A promoter mutation of the ß-globin
gene (&endash;101 C->T) has an age-related expression pattern. Blood
1992;81: 2818-9.
8. Rosatelli MC, Pischedda A, Meloni A, Saba L, Pomo A, Travi M, Fattore
S, Cao A. Homozygous ß-thalassemia resulting in the ,ß-thalassemia
carrier state phenotype. Br J Haematol (in press).
9. Galanello R, Meloni A, Gasperini D, SabaL, Cao A, Rosatelli MC, Perseu
L. The repeated sequence (AT)x(T)y upstream to the ß-globin gene
is a simple polymorphism. Blood 1992; 81: 1974-5.
10. Galanello R, Dessi E, Melis MA, Addis MA, Sanna MA, Rosatelli MC,
Argiolu F, Giagu N, Turco MP, Cacace E, Pirastu M, Cao A. Molecular analysis
of ß°-thalassemia intermedia in Sardinia. Blood 1989;
74: 823-7.
11. Pirastu M, Kan YW, Galanello R, Cao A. Multiple mutations produce
deltaß°-thalassemia in Sardinia. Science 1984; 223:
929-30.
12. Miller BA, Olivieri N, Salameh M. Molecular analysis of the high-hemoglobin
F phenotype in Saudi Arabian sickle cell anemia. New Engl J Med
1987; 316: 244-6.
13. Galanello R, Ruggeri R, Paglietti E, Addis M, Melis MA, Cao A. A
family with segregating triplicated alpha globin loci and beta thalassemia.
Blood 1983; 62: 1035-40.
14. Thein SL. Dominant ß-thalassemia: molecular basis and pathophysiology.
Br J Haematol 1992; 80: 273-7.
15. Podda A, Galanello R, Maccioni L, Melis MA, Rosatelli MC, Perseu
L, Cao A. Hemoglobin Cagliari (ß 60 [E4] VAL->GLU): a
novel unstable thalassemic hemoglobinopathy. Blood 1991; 77: 371-5.
16. Murru S, Loudianos G, Deiana M, Camaschella C, Sciarratta GV, Agosti
S, Parodi MI, Cerruti P, Cao A, Pirastu M. Molecular characterization
of ß-thalassemia intermedia in patients of Italian descent and identification
of three novel ß-thalassemia mutations. Blood 1991; 77: 1342-7.
17. Ristaldi MS, Pirastu M, Murru S, Casula L, Loudianos G, Cao A, Sciaratta
GV, Agosti S, Parodi MI, Leone D, Melesendi C. A spolltaneous mutation
produced a novel elongated ß-globin chain structural variant (Hb
Agrana with a thalassemia-like phenotype. Blood 1990; 75: 1378-80.
18. Murru S, Poddie D, Sciarratta GV, AostiS, Baffico M, Melevendi C,
Pirastu M, Cao A. A novel ß-globin structural mutant, Hb Brescia
(bll4Leu-Pro), causing a severe ß-thalassemia intermedia phenotype.
Hum Mut 1992a; 1: 124-8 .
19. Murru S, Loudianos G, Porcu S, Sciarratta GV, Agosti S, Parodi MI,
Cao A, Pirastu M. A ß-thalassemia phenotype not linked to the ß-globin
cluster in an Italian family. Br J Haematol 1992b; 81: 283-7.
20 Galanello R, Barella S, Turc, MP, Giagu N, Cao A, Dore F, Liberato
NL, Guarnone R, Barosi G. Serum erythropoietin and erythropoiesis in high-
and low-fetal hemoglobin b-thalassemia intermedia patients. Blood
1994b; 83: 561-5.
|