Résumé : Au cours de leur vie, les cellules sont exposées à une grande variété de stimulus extracellulaires et doivent fournir des réponses biologiques appropriées. La transmission des signaux, de la membrane plasmique qui assure le contact avec le milieu extracellulaire vers le noyau où est réalisée l’expression génique, représente donc un processus fondamental pour le développement et la vie des organismes. Les moyens de transmission des signaux sont extrêmement diversifiés et comprennent aussi bien des stratégies directes, comme les récepteurs nucléaires ou la voie JAK/STAT (signal transducers and activators of transcription), que des stratégies mettant en jeu de multiples étapes comme la voie NF-B (nuclear factor kappa B) , PKA (protéine kinase A) ou encore la voie Ras/MAPK (mitogen-activated protein kinase). Toutes ces voies comportent en outre une étape d’entrée dans le noyau, qui permet la connexion entre la propagation cytoplasmique du signal et les facteurs de transcription nucléaires modulant l’expression génique. Les stratégies employées pour franchir l’enveloppe nucléaire sont également variées. Toutefois, malgré la diversité des moyens employés, les cellules ont adopté plusieurs thèmes communs pour la transmission des signaux, notamment l’emploi d’interactions entre protéines comme moyen de véhiculer le signal et le recours à la phosphorylation comme modification post-traductionnelle porteuse d’information. Enfin, ces différentes voies de signalisation ont été conservées dans différents organismes au cours de l’évolution, ce qui souligne leur intérêt pour la cellule. Chez les mammifères, les protéines participant à la transmission des signaux constituent une cible extrêmement fréquente des mutations jouant un rôle dans le développement tumoral. La compréhension des différentes voies de signalisation représente donc une étape extrêmement importante dans la lutte contre le cancer.
Mots-clés : voies de signalisation, membrane, noyau.
Illustrations
Figure 1. Transmission du
signal par les récepteurs nucléaires. HR : récepteur
de l'hormone ; HRE : élément de réponse à l'hormone
; NLS : signal de localisation nucléaire.
Figure 2. Transmission du
signal par la voie JAK/STAT. ISRE : élément de réponse
aux interférons a et b ; Ser : sérine ; Tyr : tyrosine ; JAK
: JAnus Kinase ; STAT : signal transducers and activators of transcription.
Figure 3. Transmission du signal par la
voie NF-kB. NF-kB : nuclear factor kappa B ; NLS : signal
de localisation nucléaire ; P : groupement phosphate.
Figure 4. Transmission du
signal par la voie PKA. AMPc : adénosine monophosphate cyclique
; C : sous-unité catalytique ; CRE : élément de réponse
à l'AMPc ; CREB : protéine se fixant au CRE ; CBP protéine
se fixant à CREB ; P : groupement phosphate ; R : sous-unité
régulatrice.
Figure 5. A : Recrutement
des adaptateurs à proximité des récepteurs à
activité tyrosine kinase et de Ras. B : Le cycle de Ras. C
: Activation de la protéine kinase Raf. CR1 : domaine conservé
n° 1 ; Hsp90 : protéine de choc thermique ; P : groupement phosphate.
Figure 6. Transmission du
signal par la voie Ras/MAPK. P : groupement phosphate ; TCF : facteur
de complexe ternaire ; SRE : élément de réponse au
sérum ; SRF : facteur de réponse au sérum.
Figure 7. Transport nucléaire
dépendant d'un motif NLS. NLS : signal de localisation nucléaire.
Figure 8. Modules impliqués
dans les interactions entre protéines. En haut : Caractéristiques
des modules. En bas : Exemples de protéines possédant
des modules d'interaction. y : acide aminé hydrophobe ; IRS1 : substrat
du récepteur de l'insuline ; PH : domaine d'homologie avec la pleckstrine
; PTB : domaine liant les tyrosines phosphorylées ; SH2 : domaine
d'homologie avec Src n° 2 ; SH3 : domaine d'homologie avec Src n°
3.
Figure 9. Conservation des
voies MAPK. A : Conservation du module MAPK chez différents organismes.
B : Différents modules MAPK dans les cellules de mammifères.
MAPK : mitogen-activated protein kinase ; MKK : MAP kinase kinase
; MKKK : MAP kinase kinase kinase.