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Il y a tout juste un
an avait lieu la création de l'Onerba (Observatoire national de
l'épidémiologie de la résistance bactérienne
aux antibiotiques) [1]. Cette première année de fonctionnement
a permis de préciser les structures mais aussi d'obtenir des premiers
résultats. Le conseil d'administration (C.J. Soussy) comporte
donc comme prévu des bactériologistes, des pathologistes
infectieux d'origine tant médicale que vétérinaire
et est assisté d'un conseil scientifique regroupant des membres
des quelques onze réseaux s'intéressant au sujet, ce qui
représente en fait près de 400 laboratoires (Y. Péan).
L'état des lieux des résistances a été présenté
pour certaines espèces bactériennes ou pour certaines pathologies.
Pour les résistances « communautaires », deux études
(Afocorpi-bio et Epiville) ont été centrées sur les
infections urinaires (P. Weber) au cours desquelles Escherichia
coli reste (à 68 %) le premier pathogène loin devant
les autres entérobactéries (Proteus mirabilis 4 %,
Klebsiella sp 3 %) ou les bactéries à Gram positif
(entérocoque 8 %, staphylocoque 8 %). En cas d'hospitalisation
récente, le pourcentage d'E. coli diminue au profit des
entérobactéries du groupe 3 (Enterobacter sp., Serratia
sp.) ou des entérocoques. La sensibilité aux antibiotiques
des souches d'E. coli isolées se situe à 61 % pour
les aminopénicillines, 67 % pour l'association amoxicilline-acide
clavulanique, 99,8 % pour les céphalosporines de 3e
génération, 72 % pour le triméthoprime-sulfaméthoxazole,
87 % pour les quinolones de 1re génération, entre
92 % et 95 % pour la norfloxacine ou la ciprofloxacine.
Les entérocoques résistants aux glycopeptides (P.Y.
Allouch) ont fait l'objet de deux enquêtes de portage : chez
des appelés du contigent (Hôpitaux des Armées) (1,1
% de porteurs avec 90 % de E. faecium) ou de patients de réanimation
(ColBVH) (2 % de portage avec aussi principalement E. faecium sans
souche épidémique pulsotypes différents ).
Concernant les entérobactéries
isolées d'hémocultures (M.H. Nicolas), deux études
ont également été présentées (C.CLIN
Nord et ColBVH). D'une manière générale, les bacilles
à Gram négatif sont responsables de 50 % des hémocultures
positives et, parmi ceux-ci, 83 à 95 % sont des entérobactéries
dont 72 à 81 % du groupe 1 (E. coli, P. mirabilis,
Salmonella sp.), 10 à 13 % de groupe 2 (Klebsiella sp.,
Citrobacter sp.) et 9 à 15 % de groupe 3 (Enterobacter
sp., Serratia sp.). Suivant les types de services d'hospitalisation,
d'importantes différences de répartition sont notées
: 83 % de groupe 1 dans le moyen et le long séjour contre 44 %
en soins intensifs. L'origine nosocomiale des souches d'entérobactéries
est associée à une résistance à 11,4 % aux
céphalosporines de 3e génération contre
à peine 1,5 % pour une origine communautaire. Le mécanisme
en est une bêtalactamase à spectre étendu pour 21
% des souches du groupe 2 d'origine nosocomiale et une hypersécrétion
de céphalosporinase pour 25 % des souches du groupe 3 aussi d'origine
nosocomiale.
Les Staphylococcus aureus méthicilline-résistants
(SARM) font l'objet de l'attention d'à peu près tous les
réseaux hospitaliers (N. Marty) dont les données
sont concordantes. Entre 1993 et 1997, la proportion de SAMR a légèrement
diminué passant de 41 à 37 % ce qui est essentiellement
dû à une diminution de cette proportion dans les services
de réanimation alors qu'en moyen et long séjour la tendance
est plus à l'augmentation. Au niveau des prélèvements
pathologiques, cela se traduit par une baisse de 46 à 32 % dans
les hémocultures et de 42 à 31 % dans les prélèvements
pulmonaires. On estime le nombre d'infections nosocomiales à SAMR
entre 25 000 et 45 000 par an dans nos hôpitaux. En revanche, l'évolution
de ces souches vers la sensibilité à la gentamicine s'est
confirmée : 13 % de sensibles en 1993 et 54 % en 1997.
Si cette première année de fonctionnement de l'Onerba
a consisté essentiellement en un recensement des réseaux,
de leurs moyens et des études en cours, les perspectives futures
de travail s'organisent sur plusieurs axes (V. Jarlier) : standardisation
des méthodes de travail en particulier avec la détermination
d'un contrôle de qualité passant par des souches « étalon
» adaptées, méthodologies (y compris informatiques)
pour la surveillance des résistances primaires et secondaires.
Concernant les résistances des principales espèces bactériennes,
chaque réseau continuera à prendre en charge les types d'enquêtes
auxquelles il s'intéresse, ce qui devrait permettre de recueillir
des données sur les entérobactéries, les pyocyaniques
et les streptocoques (non entérocoques), mais il est également
prévu deux enquêtes inter-réseaux centrées
sur les SARM en pathologie communautaire et les Haemophilus influenzae
en situation invasive.
REFERENCES 1.
Pinon G. La création de l'Onerba. Ann Biol Clin 1997 ; 55
: 154. |