ARTICLE
Ce rapport reflète les discussions du Comité national
de biologie médicale mis en place en mai 1999. Chacun des membres
du comité s'est exprimé librement sur l'état actuel
de la formation des biologistes. Le constat est plutôt positif,
mais plusieurs points ont émergé de façon récurrente,
comme la nécessité d'une meilleure intégration des
internes dans les services de biologie, l'adaptation aux développements
nouveaux de la biologie, la spécialisation.
Ce travail de réflexion a servi de base à quelques
propositions concrètes pour rénover l'internat en biologie
et adapter la formation aux évolutions techniques et médicales.
Annexe
Le métier de biologiste
La biologie est une discipline médicale qui, par l'analyse d'échantillons
de sang ou de prélèvements de produits biologiques, contribue
à la démarche diagnostique des maladies et à la surveillance
des traitements. Il existe plusieurs spécialités au sein
de la biologie dont la biochimie, l'hématologie, l'immunologie,
la microbiologie et la parasitologie sont, pour l'instant, les principales.
Dans les laboratoires privés d'analyses médicales, la biologie
est polyvalente. Dans les établissements hospitaliers, les services
de biologie ont soit une activité polyvalente (centres hospitaliers
généraux, CHG), soit une activité spécialisée
(certains CHG et les centres hospitaliers régionaux universitaires,
CHRU).
Le métier de biologiste requiert des connaissances scientifiques,
médicales et techniques étendues et une solide expérience
pratique. De nouvelles spécialités sont apparues comme la
génétique moléculaire et la biologie de la reproduction.
Les biologistes sont impliqués dans les procédures médicales
qui requièrent la manipulation in vitro de matériel
biologique humain. Cette biologie « interventionnelle » inclut
non seulement la biologie de la reproduction mais également la
thérapie cellulaire et la thérapie génique. Une adaptation
de la formation paraît nécessaire en restant dans le cadre
des quatre années d'internat qualifiant. Cette formation doit permettre
l'exercice dans l'ensemble du système de santé français
(laboratoires d'analyses médicales privés, CHG, CHRU) ;
ainsi, elle doit rester polyvalente en tenant compte de l'évolution
des connaissances physiopathologiques et méthodologiques. Elle
doit également permettre au biologiste en formation de s'orienter
vers une spécialité.
Le métier de biologiste, quelles que soient les conditions dans
lesquelles il est exercé, implique la responsabilité à
tous les niveaux de l'examen biologique :
1. il effectue les prélèvements dans les conditions qui
garantissent la qualité de l'échantillon à analyser
;
2. il contrôle les étapes préanalytiques et analytiques
par le choix des techniques et des instruments et de l'organisation et
en assure la qualité dans le cadre du guide de bonne exécution
des analyses (GBEA) ;
3. il valide les résultats et les transmet aux cliniciens dont
il est l'interlocuteur. Il conseille des examens complémentaires
et oriente, si besoin, la stratégie thérapeutique ;
4. dans les établissements hospitaliers public ou privé,
il participe à l'hémovigilance, à la pharmacovigilance,
à l'hygiène hospitalière et gère les examens
délocalisés.
Le métier de biologiste présente cependant les spécificités
liées au mode d'exercice.
Les biologistes dans les laboratoires privés
d'analyses médicales
La polyvalence d'un laboratoire d'analyses médicales est de plus
en plus le fait de compétences juxtaposées et un certain
degré de spécialisation est nécessaire dans les grands
laboratoires (plus de 200 dossiers par jour) dirigés par une équipe
associant plusieurs biologistes ayant chacun son domaine de compétence.
Un point fondamental dans l'exercice de la biologie privée est
le contact avec les patients. La qualité du laboratoire est appréciée
par ses patients sur l'accueil, la réalisation du ou des prélèvements
et le commentaire des résultats.
L'autre interlocuteur du biologiste est le médecin libéral
qui prescrit les examens et attend du biologiste non seulement un résultat
mais une interprétation et souvent une aide au diagnostic.
Enfin, la complexité de l'environnement du laboratoire amène
le biologiste à avoir des relations avec de nombreux autres partenaires
du système de santé notamment les cliniques, les autres
laboratoires et les caisses d'assurance maladie.
Le biologiste doit, outre l'aspect technique et médical de son
métier, qui demande une actualisation par la formation permanente,
gérer son laboratoire comme toute entreprise : gestion des resources
humaines, gestion financière, etc. Cet aspect et l'effort financier
qu'il doit faire au moment de son installation inquiètent légitimement
les jeunes qui, pour certains, préfèrent s'intégrer
à de grosses structures.
Les biologistes dans les Établissements
de soins publics
Ils doivent satisfaire aux critères de recrutement des praticiens
hospitaliers en biologie, biologie polyvalente ou l'une des spécialités
(voir liste des spécialités du JO).
L'organisation du laboratoire repose fréquemment sur le volume
d'activité : si le nombre de dossiers est inférieur à
150/200 par jour, la biologie est traitée par un seul laboratoire
dont le mode d'exercice est proche de celui d'un laboratoire d'analyses.
Au-delà, il y a souvent un éclatement par spécialité,
comme dans les CHU.
Dans un établissement de soins, l'adaptation des connaissances
et des progrès technologiques modifie le circuit traditionnel de
prise en charge des patients et impose de nouvelles dispositions pour
réagir à cette évolution. Des projets d'organisation
sont élaborés, dans lesquels le « pôle de biologie
» occupe une place prépondérante.
Le rôle du biologiste hospitalier ne consiste pas seulement à
gérer les examens de laboratoire à l'intérieur de
son service : il assure les relations clinicobiologiques entre son service
et les unités de soins - prescripteur et dossier médical
- les services administratifs, les organismes externes à l'établissement,
les bases de données scientifiques, etc.
Pour assurer cette fonction à l'hôpital dans les meilleures
conditions, et en plus de ses compétences scientifiques, le biologiste
doit acquérir d'autres connaissances : la réglementation,
le fonctionnement et la gestion des établissements de soins, la
gestion de l'hôpital et des services hospitaliers, ainsi que des
compétences en économie de la santé et en assurance
de la qualité.
À l'hôpital, toutes les pathologies sont susceptibles d'être
diagnostiquées ; il n'y a donc pas lieu de sélectionner
ou de privilégier la formation dans une discipline plutôt
que dans une autre. L'existence de services de médecine interne,
la juxtaposition de services spécialisés dans des axes de
pathologies variées, ainsi que l'accueil des urgences conduisent
le clinicien à appréhender le patient dans sa globalité.
En réponse, il convient que les compétences des biologistes
soient étendues à tous les domaines de pathologie.
Pour l'obtention des informations biologiques en relation directe avec
le patient, on peut considérer que le recours aux services de biologie
comporte deux volets majeurs :
- une approche immédiate ou à court terme, nécessitant
que les biologistes puissent faire face à toutes les situations
d'urgence ou de réponse rapide. Quelles que soient les conditions
d'organisation choisies par le site pour la biologie, centralisée
ou rapprochée du patient, le biologiste reste le référent,
seul compétent pour les choix et les interprétations ;
- une approche à moyen ou à long terme, réclamant
des analyses dont la sous-traitance peut être discutée. Dans
ce cas, le biologiste local doit constituer un maillon fort entre le prescripteur
et le laboratoire devant réaliser l'étape analytique. Il
convient que ses connaissances scientifiques lui permettent une discussion
pertinente avec ses différents partenaires. La constitution des
réseaux et leur maîtrise prennent ici une place essentielle
pour maintenir la qualité des réponses.
Les biologistes dans les CHU
Ils doivent (sauf pour les MCU-PH et les PU-PH) satisfaire aux épreuves
du concours des praticiens hospitaliers en biologie dans l'une des spécialités
(voir liste du JO).
À la différence des biologistes des laboratoires privés
qui doivent obligatoirement avoir le DES de biologie médicale,
les biologistes des centres hospitaliers universitaires peuvent être
issus d'autres filières. Il est important que l'internat en biologie
soit considéré comme une filière naturelle du recrutement
des biologistes hospitaliers dans toutes les spécialités.
Ils ont trois types de statut :
- praticien hospitalier ;
- praticien hospitalier hors CHU avec FU (pour les biologistes enseignants,
PU ou MCU, dans l'une des facultés de pharmacie). La plupart sont
pharmaciens. Ils doivent demander chaque année l'autorisation de
cumuler leur fonction universitaire avec leur fonction hospitalière.
Il serait souhaitable que les biologistes des CHU aient tous le même
statut, quelle que soit leur filière d'origine ;
- MCU-PH ou PU-PH pour les biologistes enseignant dans la faculté
de médecine du CHU. Les praticiens ne sont pas obligatoirement
titulaires du DES de biologie médicale. Ils sont médecins
pour la plupart, mais des pharmaciens et même des chercheurs issus
de la filière scientifique peuvent être recrutés après
avoir satisfait au concours de l'une des sections du CNU médical.
Les biologistes des CHU sont spécialisés dans la très
grande majorité des cas. Ils sont le plus souvent enseignants-chercheurs
et leur mission est d'introduire dans la pratique de la biologie médicale
les avancées scientifiques les plus pertinentes (transferts de
technologie) et de préparer la biologie hospitalière de
demain (recherche bioclinique). En maintenant ses connaissances au plus
haut niveau dans son domaine d'expertise, le biologiste hospitalo-universitaire
est un moteur pour le développement de la biologie innovante et
la recherche bioclinique. Fortement impliqué dans la formation
des jeunes biologistes, il guide et encadre leurs premiers pas dans la
recherche.
Les biologistes dans la recherche (publique et
industrielle pharmaceutique), dans l'industrie du réactif, etc.
La culture scientifique et médicale des biologistes les amène
à envisager une formation de recherche pendant l'internat (DEA)
que certains poursuivent par un doctorat d'université. Ils peuvent
alors postuler aux concours de recrutement de chargé de recherche
à l'Inserm ou envisager une carrière dans l'industrie (biotechnologie,
industrie du réactif biologique). Les biologistes occupent également
des postes variés dans l'industrie, incluant l'audit des systèmes
de qualité des laboratoires.
Réflexions sur l'internat qualifiant en
biologie
Le comité a retenu un certain nombre de points forts de l'organisation
actuelle de la formation des futurs biologistes :
- le principe d'un internat qualifiant commun aux internes en médecine
et aux internes en pharmacie donnant droit à l'exercice de la biologie
médicale ;
- la polyvalence de la formation qui laisse les débouchés
très ouverts ;
- l'organisation par inter-région avec un coordonnateur et un
comité pédagogique.
Les discussions ont, de manière assez consensuelle, identifié
un certain nombre de problèmes, dont certains sont difficiles à
résoudre par la seule modification de la maquette de l'internat.
Les connaissances acquises avant l'internat
Les deux concours de recrutement (internat en médecine et internat
en pharmacie) sélectionnent les étudiants sur l'ensemble
des connaissances acquises au 2e cycle dans lequel les grandes
spécialités biologiques mériteraient d'occuper une
place plus importante. Il en résulte que, pour bon nombre d'internes,
les connaissances de base nécessaires à l'exercice des fonctions
d'interne ne sont pas suffisamment solides.
Les semestres hospitaliers
Les internes éprouvent des difficultés à s'intégrer
dans les services de biologie des centres hospitaliers où leurs
fonctions ne sont pas toujours clairement identifiées. Les raisons
en sont multiples :
- la haute technicité requise pour la plupart des systèmes
analytiques oblige à une organisation peu compatible avec l'intégration
temporaire dans la chaîne des tâches à accomplir de
biologistes en formation ;
- les internes changent de spécialité tous les six mois.
S'il existe des points communs à toutes les spécialités
biologiques, les bases scientifiques, techniques et physiopathologiques
sont très différentes. Ils doivent refaire chaque semestre
un effort important d'adaptation.
L'enseignement
La nécessité de confirmer les bases scientifiques des
internes oblige à des enseignements lourds qui limitent la disponibilité
des internes pour leurs fonctions hospitalières et enlèvent
à l'internat qualifiant une partie de son objectif qui est une
formation professionnelle. En fait, plus on veut rendre le futur biologiste
compétent dans tous les domaines de la biologie, moins on lui laisse
le temps d'assimiler les connaissances en les mettant à l'épreuve
de son activité de praticien en formation.
L'enseignement a pour vocation de renforcer et de faciliter la formation
des biologistes qui est basée sur l'internat, c'est-à-dire
l'exercice des fonctions de biologiste sous la responsabilité d'un
encadrement hospitalier. Il faut donc opérer un recentrage sur
la fonction hospitalière qui permet de « trier » les
informations indispensables.
La parité médecins/pharmaciens
Le principe de cette parité admis lors de la mise en place de
l'internat qualifiant se heurte à la faible attraction qu'exerce
la biologie pour les internes en médecine alors que les pharmaciens
choisissent cette filière en priorité.
L'ouverture de 50 % des postes aux internes en médecine aurait
dû provoquer un appel vers la filière biologie, mais on est
obligé de constater, après 15 ans de mixité, que
la biologie est trop souvent choisie par des internes dont le rang de
concours ne permettait pas de choisir une discipline clinique.
Ce déficit de vocation médicale pour la biologie peut
s'expliquer :
- par la motivation initiale des étudiants en médecine
qui désirent « soigner des malades » ;
- par un manque d'information sur la filière biologie. La réforme
du 2e cycle qui prévoit la possibilité pour les
étudiants en médecine d'effectuer un stage dans un service
de biologie devrait faire apprécier cette filière aux futurs
internes et motiver leur choix ;
- par le déroulement de l'internat en biologie qui, pour l'instant,
laisse une large part à la formation universitaire alors que la
fonction des internes dans les disciplines cliniques est beaucoup plus
concrète et facile à appréhender pour un étudiant
en médecine.
À l'inverse, pour les étudiants en pharmacie qui ont une
formation dans le domaine de la santé et du médicament,
la biologie médicale a une image positive car elle leur permet
d'être directement impliqués dans le diagnostic et le traitement
des maladies.
Propositions
Comment améliorer la formation des internes en biologie et comment
l'adapter aux évolutions récentes et à venir ?
Les semestres hospitaliers
L'internat doit permettre une formation de base, généraliste,
et une spécialisation, soit vers la biologie polyvalente, soit
vers une biologie spécialisée, tout en gardant la possibilité
d'une réorientation en fin d'internat. Le système doit rester
ouvert, simple, et être applicable dans toutes les régions.
Il doit être compatible avec le choix qui se fait par ancienneté
et rang au concours. (À noter que la mixité médecins/pharmaciens
issue de deux concours différents introduit un critère qui
n'est ni le rang de concours ni l'ancienneté.)
À l'heure actuelle, trois types de services sont agréés
pour recevoir les internes en biologie :
- les services qui ont reçu l'agrément en biochimie, hématologie,
microbiologie, parasitologie, immunologie ou biologie polyvalente (quatre
semestres obligatoires incluant chacune des trois premières disciplines)
;
- les services cliniques agréés permettant de valider
un cinquième semestre obligatoire ;
- les services de biologie spécialisée : ce sont des semestres
optionnels, dont certains mènent à un DESC.
Un consensus se dégage sur deux points :
- il faut diversifier les semestres optionnels pour intégrer
de nouvelles spécialités, notamment la génétique
moléculaire et la biologie de la reproduction, permettre une formation
approfondie dans les spécialités traditionnelles, et/ou
dans de nouveaux domaines transversaux comme l'assurance de la qualité.
La liste des spécialités sera actualisée par le Comité
national de biologie médicale ;
- le semestre dans un service clinique doit s'intégrer dans le
projet professionnel de l'interne, en particulier lorsqu'il désire
acquérir une spécialisation plus clinique : maladies infectieuses,
maladies métaboliques, génétique, hématologie,
médecine interne pour la biologie polyvalente. Il ne doit pas être
obligatoire.
Aussi proposons-nous une maquette rénovée de l'internat,
avec deux catégories de poste :
1. les postes de biologie générale : ils permettent
aux internes d'acquérir une expérience dans les activités
biologiques les plus couramment pratiquées, c'est-à-dire
la biochimie, l'hématologie (hématologie cellulaire, hémostase,
immunohématologie), la microbiologie (bactériologie, virologie),
la parasitologie (mycologie), l'immunologie.
L'agrément des services se ferait sur la qualité de l'encadrement
qu'ils peuvent offrir aux internes et leur aptitude à organiser
un enseignement intégré.
On peut imaginer qu'un ou deux biologistes du service soient désignés
comme tuteurs des internes. La fonction de tuteur serait considérée
comme faisant partie intégrante de la charge d'un hospitalo-universitaire
ou d'un biologiste hors CHU avec FU. Elle devrait être prise en
compte dans la carrière des praticiens hospitaliers non universitaires.
Les services agréés de biochimie, d'hématologie
et de microbiologie doivent offrir aux internes non seulement une formation
dans leur spécialité, mais également une formation
à la garde polyvalente ainsi qu'une formation théorique
et pratique aux prélèvements. Ces formations transversales
seront organisées chaque semestre par l'ensemble des services agréés
d'un même hôpital ;
2. les postes de biologie spécialisée : ces postes
sont répartis dans les services de biologie spécialisés,
dans des disciplines traditionnelles ou dans des disciplines nouvelles.
Ils permettent d'acquérir une spécialisation ou de renforcer
sa formation dans les disciplines de base. Dans ces postes de biologie
spécialisée, l'interne se verrait confier la responsabilité
d'une activité, il accomplirait un projet défini au début
du semestre avec le responsable du service. Dans le projet, serait éventuellement
intégré un module d'enseignement (voir plus loin).
Les semestres obligatoires et la spécialisation
Pour répondre à l'évolution de la profession, c'est-à-dire
permettre aux futurs biologistes d'acquérir une spécialisation,
il est nécessaire de limiter le nombre des semestres obligatoires.
De nombreuses maquettes ont été proposées au cours
de ces dernières années. Toutes incluent des semestres obligatoires,
le débat portant sur leur nombre et surtout sur les spécialités
dont l'apprentissage est indispensable à l'exercice de la biologie.
L'internat pourrait se dérouler de la façon suivante :
- trois semestres obligatoires en biochimie, hématologie et microbiologie,
car pour l'instant la grande majorité des actes de biologie concernent
ces trois spécialités ;
- cinq semestres optionnels qui permettraient à l'interne de
se former en fonction de son projet professionnel.
Pour l'exercice de la biologie polyvalente, l'interne choisira de préférence
les services de parasitologie/mycologie, d'immunologie, de biologie polyvalente
et pourra renforcer sa formation dans l'une des spécialités
« obligatoires » et/ou acquérir les bases de nouvelles
spécialités. Il pourra également approfondir sa culture
médicale par un stage dans un service clinique ou se former dans
un service spécialisé en assurance de la qualité
(voir scénario 1 à 5).
Pour l'exercice de la biologie spécialisée, l'interne
choisira les services susceptibles de lui apporter les bases nécessaires
à sa spécialité (voir scénarios 6 à
10), y compris des services cliniques.
L'enseignement universitaire
L'enseignement du DES de biologie médicale a fait l'objet de
nombreuses discussions au sein des comités pédagogiques
des inter-régions. Les internes sont souvent très critiques
sur la forme de l'enseignement et du contrôle de connaissances.
Il sont cependant attachés au maintien d'un enseignement théorique,
opinion partagée par de nombreux enseignants. L'argument principal
est la nécessité d'approfondir les notions théoriques
abordées au cours du second cycle indispensables à l'interprétation
des résultats des examens et d'avoir des bases scientifiques suffisamment
solides pour être à même d'actualiser ses connaissances
en fonction des évolutions parfois très rapides des différentes
spécialités biologiques.
L'enseignement de la biochimie, de l'hématologie, de l'immunologie,
de la microbiologie et de la parasitologie
L'enseignement devrait répondre à des objectifs précis
:
- accompagner la formation professionnelle donnée à l'hôpital
par un support théorique ;
- préparer le futur biologiste à s'adapter aux évolutions
médicales, scientifiques, technologiques.
Plusieurs questions se posent comme le volume de l'enseignement, son
contenu, le caractère obligatoire ou facultatif, la validation.
Le volume de l'enseignement : le statut de l'interne prévoit
deux demi-journées par semaine pour la formation. Chaque module
d'enseignement ne devrait pas excéder 80 heures pour permettre
un travail personnel (bibliographie, participation à des congrès,
des séminaires) et ne pas amputer le temps passé par les
internes dans les services hospitaliers.
Le contenu de l'enseignement : il doit être défini
par les associations d'enseignants et pour chaque spécialité,
en distinguant les prérequis (correspondant aux programmes des
2es cycles) et les grands thèmes à aborder dans
le cadre du 3e cycle de biologie médicale. Ceux-ci doivent
être concentrés sur les notions indispensables à la
pratique professionnelle, y compris les plus actuelles.
La validation : il existe à l'heure actuelle une grande
hétérogénéité dans les modalités
de validation des enseignements et dans l'ensemble les membres du comité
sont partisans d'une validation spécialité par spécialité
organisée au niveau de l'interégion. On ne saurait trop
recommander que cette validation ne concerne que des connaissances indispensables
à l'exercice professionnel et permette à l'interne de mesurer
les responsabilités du métier qu'il aura à exercer.
L'enseignement de spécialités
Ces spécialités, qui font typiquement partie d'un enseignement
de 3e cycle, ne sont abordées qu'au cours de l'internat.
Il faut donc un support théorique qui peut être organisé
spécifiquement sous forme de modules ouverts à plusieurs
disciplines biologiques et cliniques (exemples : la transfusion intéresse
les anesthésistes, l'hémostase les cardiologues, la microbiologie
les infectiologues, etc.) ou de modules de 3e cycle (les écoles
doctorales, les DEA, les autres DES peuvent offrir des possibilités).
Un certain nombre d'actes de biologie spécialisée (la
procréation médicalement assistée, le diagnostic
anténatal, et le diagnostic de certaines maladies génétiques)
requièrent l'agrément par une commission nationale. L'autorisation
à pratiquer ces actes réservés est basée sur
l'acquisition d'une compétence théorique (certificat de
maîtrise, DU, DESS) et sur une expérience pratique et théorique
acquise dans des services spécialisés. Au cours de l'internat,
la formation pratique peut être assurée par des semestres
dans les services agréés et la formation théorique
par un certificat de maîtrise. En revanche, il n'est pas prévu
que les internes puissent suivre l'enseignement d'un DU ou d'un DESS.
Nous souhaitons que cette éventualité soit possible grâce
à une 5e année d'internat. Celle-ci pourrait
être accordée au choix comme l'année recherche qui
deviendrait une année de recherche (DEA) ou de spécialisation
(DU ou DESS) ou bien sur dossier à la fin de l'internat, en liaison
avec un service agréé.
Dans ce contexte, certains internes qui le désirent pourraient
également accéder à une spécialisation dans
le domaine de l'assurance de qualité en biologie.
La formation spécifique à l'exercice polyvalent dans
les laboratoires d'analyses médicales privés ou dans les
centres hospitaliers
Elle implique la maîtrise des prélèvements qui s'inscrit
logiquement dans le cadre de l'internat. Théoriquement, chaque
spécialité devrait assurer l'apprentissage des prélèvements
et de la relation avec le patient qui les subit. Plusieurs actions sont
possibles, notamment auprès des services « validants »
de biologie générale pour qu'ils assurent la formation des
internes dans leurs domaines spécifiques (prise de sang, ponction
de moelle osseuse, prélèvements bactériologiques,
etc.) et vérifier leur compétence en fin de semestre.
L'enseignement de la gestion, de la direction des personnels, de la
fiscalité, etc, pourrait se faire sous la forme d'enseignement
intégré dans le cadre d'un semestre de biologie polyvalente
effectué de préférence en fin d'internat.
La formation spécifique des biologistes spécialisés
Pour se spécialiser, l'interne a plusieurs possibilités
:
- le choix des services,
- les semestres inter-CHU,
- les semestres hors filière,
- l'année de recherche (DEA) dont nous proposons qu'elle puisse
également être consacrée à une spécialisation
(DU, DESS).
Pour acquérir le haut degré de spécialisation requis
dans les services spécialisés hospitaliers, l'interne doit
effectuer un post-internat. L'assistanat constitue une possibilité
de s'intégrer pendant 2 à 4 ans dans un service spécialisé.
Il convient d'examiner la répartition actuelle des postes d'assistant
dans les services de biologie peut-être en fonction du devenir des
assistants au cours des dix dernières années. Un redéploiement,
voire la création d'un nombre limité de postes dans certaines
spécialités, est à envisager, la difficulté
étant de maintenir un équilibre entre les besoins hospitaliers
(les assistants constituent un pool de jeunes biologistes participant
activement aux activités des services) et les besoins de formation
(les assistants devraient être le vivier des futurs experts de la
profession).
D'autres voies de formation sont possibles et notamment le doctorat
d'université. L'existence de postes d'accueil pour les internes
à l'Inserm et au CNRS est à maintenir absolument. Ces postes
permettent aux plus motivés d'effectuer trois années de
recherche à plein temps dans d'excellentes conditions, après
avoir été sélectionnés par un concours. Ils
permettent la formation par la recherche indispensable pour un recrutement
dans un poste hospitalo-universitaire.
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