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Coup de cœur - Samedi 4 juin 2016 Volume 11, issue 3, Juillet 2016

Figures





Atézolizumab versus docétaxel en 2e /3e ligne (essai POPLAR) ; résultats en fonction des biomarqueurs [1]

L’essai POPLAR a montré un bénéfice de survie globale (SG) en faveur de l’atézolizumab (anti PD-L1) sur le docétaxel en 2e ou 3e ligne [2]. Cet essai comporte une analyse IHC (SP142) de l’expression de PD-L1 sur les cellules tumorales (TC) et/ou les cellules immunitaires infiltrant la tumeur (TILs) avec un score variant de 0 à 3. Des signatures géniques ont également été étudiées. Les résultats montrent une amélioration de la SG sous atézolizumab corrélée avec les scores TC/TILs ainsi qu’avec une expression tumorale élevée de la signature génique Teff /IFNγ (tableau 1). Par ailleurs des données préliminaires portant sur les analyses d’expression de PD-L1 réalisées sur des cellules tumorales circulantes (CTC) et des métastases cérébrales ont été présentées lors de ce congrès de Chicago. Une expression de PD-L1 positive au niveau des CTC (CK+/-, CD45-, PD-L1+) apparaît comme un facteur pronostique défavorable [3]. Au niveau des métastases cérébrales de cancer à petites cellules, la fréquence élevée de l’infiltration par des TILs et de l’expression de PD-L1 montre l’intérêt potentiel des inhibiteurs des points de blocage de la réponse immunitaire [4].

Pembrolizumab versus docétaxel en 2e ligne (essai KEYNOTE 010) ; résultats en fonction du score PD-L1. [5]

Il s’agit d’informations complémentaires après la publication des résultats globaux concluant à un bénéfice de survie globale (SG) en faveur du pembrolizumab [6]. Les auteurs ont présenté leurs résultats en fonction d’un score d’expression tumorale de PD-L1 (TPS pour Tumor proportion score) avec des valeurs de TPS de 1 à 24 %, 25 à 49 %, 50 à 74 %, et ≥ 75 % (immunohistochimie avec l’anticorps 22C3). Sur les 2222 patients testés pour PD-L1, 34 % étaient inéligibles avec un TPS < 1 %. Sur les 1034 patients éligibles, la répartition était de : TPS 1 à 24 % : 45 % ; 25 à 49 % : 12 % ; 50 à 74 % : 15 % et ≥ 75 % : 28 % (tableau 2). Alors que les résultats du docétaxel en termes de SG (objectif principal) sont comparables dans tous les sous-groupes, les résultats du pembrolizumab sont meilleurs pour les valeurs de TPS élevées. Les meilleurs résultats du pembrolizumab étaient constatés dans le sous-groupe TPS ≥ 75 %. Les auteurs concluent à la supériorité du pembrolizumab quelle que soit l’expression de PD-L1. Quand on considère les différences de SG on peut quand même émettre une réserve sur une conclusion aussi générale et soutenir le débat sur l’intérêt (le besoin ?) d’une sélection des patients (tableau 3). Par ailleurs, Aguiar et al. ont étudié l’impact médico-économique majeur en termes de QALY et de rapport coût/efficience (ICER) d’une prise en compte (ou non…) des niveaux d’expression de PD-L1 [7].

Pembrolizumab et chimiothérapie en 1re ligne. [8]

Il s’agit de résultats intermédiaires des cohortes explorant chez des patients chimio-naïfs les associations pembrolizumab avec, soit carboplatine/paclitaxel (cohorte A, toute histologie) ou carboplatine/paclitaxel/bévacizumab (cohorte B, non-épidermoïdes) ou carboplatine/pémétrexed (cohorte C, non-épidermoïdes). Il existe dans tous les bras une maintenance comportant pembrolizumab seul ou combiné à la chimiothérapie. Les données de survie sans progression (SSP) de 10 mois sont très encourageantes, notamment dans le sous-groupe d’expression élevée de PD-L1 (TPS ≥ 50 %) où la SSP était de 15 mois (tableau 4). Les toxicités apparaissaient gérables (Gr 3-4 de 36, 46, et 42 % selon les cohortes avec principalement hépatite, anémie et neutropénie fébrile).

Liens d’intérêts : L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt avec cet article.