John Libbey Eurotext

Science et changements planétaires / Sécheresse

1990-2014 : la mission inachevée ! Volume 24, issue 4, Octobre-Novembre-Décembre 2013

sec.2014.0411

Auteur(s) : André Kergreis (Rédacteur en chef) andre.kergreis@wanadoo.fr

Tirés à part : A. Kergreis

Sécheresse n’ayant pu mobiliser les moyens financiers nécessaires pour la poursuite de son activité, ce numéro sera le dernier d’une série commencée en 1990. À cette occasion, le comité de rédaction tient à remercier les 2 000 auteurs qui, au cours de ces 24 années, nous ont fait confiance pour publier les résultats de leurs travaux. Le comité exprime également toute sa gratitude aux nombreux relecteurs qui nous ont soutenus et qui ont, pour beaucoup, largement outrepassé le travail de relecture traditionnel en aidant, conseillant, des collègues moins expérimentés dans la présentation et la rédaction de leurs articles afin que ceux-ci répondent mieux aux standards internationaux de l’édition scientifique. En cela, ils étaient dans le droit-fil de la mission que s’était donnée le comité de rédaction à la création de la revue :

  • i). aider les jeunes chercheurs isolés à intégrer la communauté scientifique internationale ;
  • ii). permettre par une diffusion gratuite auprès de la communauté francophone du Sud (laboratoires, bibliothèques…) l’accès de tous aux travaux sur le développement des zones arides et semi-arides.


Il est certain que cet arrêt brutal laisse un goût d’inachevé : il n’est pour s’en convaincre qu’à considérer la soixantaine de propositions d’articles en cours de traitement auprès de la rédaction et qui ne pourront être publiés. Que ces auteurs nous excusent pour le retard à leur signifier l’arrêt de la revue, mais nous avions toujours l’espoir de trouver une solution pour que Sécheresse puisse poursuivre son action.

Différentes possibilités ont été étudiées : revue purement électronique, participation à un « bouquet », « Open Access » et donc prise en charge par les auteurs des frais de publication des articles…

Et considérant comme prioritaires la qualité de la publication et le respect dû à ses auteurs et ses lecteurs, la revue a préféré ignorer certaines dérives et ne pas s’abandonner à certains excès actuels et à l’approche bassement mercantile de nombreux éditeurs occasionnels. La revue n’a pas vocation à émarger à la liste des périodiques scientifiques qualifiés de « prédateurs », liste que tout un chacun peut consulter en ligne.

Au cours de ces 24 années, le comité de rédaction a pu identifier les principales raisons qui, abstraction faite des difficultés liées à la forme, ont motivé les rejets des articles :

  • i). absence de plan pour la présentation de l’article ;
  • ii). bibliographie insuffisante et non actualisée.


Pour le premier point, le comité de rédaction a tenté de remédier à la situation en préparant et en mettant en ligne sur le site www.secheresse.com un document intitulé « Plan type pour la rédaction d’un article scientifique (IRMED) » qui a reçu plus de 10 000 visites.

En revanche, pour ce qui concerne la bibliographie aucune solution n’a été trouvée et de toute évidence un gros effort doit être fait par les auteurs. Aussi, un appel est-il lancé aux chercheurs, en particulier ceux qui se préparent ou sont déjà à la retraite, pour qu’ils proposent au site sécheresse ci-dessus des synthèses bibliographiques actualisées qui pourront être mises en ligne et accessibles gratuitement à tous. La forme ne doit pas nécessairement être celle d’un article mais peut être celle d’une « note technique » présentant de manière synthétique et avec un court commentaire une bibliographie actualisée.

Pour terminer, on rappellera que la revue s’inscrivait dans une double perspective : aide au développement et soutien au français comme langue de communication scientifique. En matière d’aide au développement, la revue a publié plus de 800 articles émanant de plus de 2 000 auteurs (majoritairement du Sud) sur le thème de la lutte contre l’aridité, la sécheresse et la désertification qui sont, hélas, pour beaucoup de pays francophones du Sud leur réalité quotidienne. Parallèlement, une très large diffusion gratuite a été effectuée dans les pays francophones du Sud auprès de plusieurs centaines de laboratoires et de bibliothèques. Nous considérons donc que notre mission d’aide au développement a été parfaitement assumée. Et si un économiste avait la curiosité d’évaluer le rapport coût/service rendu et d’étudier l’impact de la revue auprès des chercheurs du Sud francophone, la revue devrait constituer un réel exemple en matière d’aide au développement. Et pourtant, à ce jour, notre soutien financier provenait quasi intégralement d’un organisme francophone dont la mission première est la défense et la promotion de la langue française. On ne peut donc que remercier l’Agence universitaire de la Francophonie de son soutien de près d’un quart de siècle, mais regretter que ce désengagement ait été quelque peu brutal et qu’aucune transition vers des organismes nationaux ou internationaux dont la mission est l’aide au développement n’ait pu être mise en place.

Le présent numéro lancé il y a maintenant près de deux ans a été coordonné par Vincent Vadez et Jérôme Bossuet de l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT), l’un des 15 centres de recherche membres du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR). Cette coopération avec un organisme dont le siège est situé à Patancheru près d’Hyderabad en Inde montre la capacité de notre revue à coopérer avec des organismes internationaux et à publier des articles de chercheurs non francophones de renommée internationale.

Je voudrais remercier tous les membres du comité de rédaction pour leur engagement et leur disponibilité. Pour terminer, mes remerciements iront aux Éditions John Libbey Eurotext, et tout particulièrement tant à son Directeur Gilles Cahn pour le soutien indéfectible qu’il a toujours apporté au comité de rédaction, qu’à l’ensemble de ses collaborateurs.

Une page est tournée mais peut-être une nouvelle équipe de chercheurs du Nord et du Sud saura-t-elle en ouvrir une nouvelle et faire renaître cette revue qui nous tient tant à cœur ?