ARTICLE
san.2011.0265
Auteur(s) : Fatou Samba Diango Ndiaye fatou.sene1@caramail.com,
M.M. Ka, Seynabou Fall, Awa Dioum, Abdoulaye Pouye, Thérèse
Moreira-Diop
Service de médecine interne
CHU Le Dantec
BP 10599
Dakar
Sénégal
Tirés à part : F. Samba Ndiaye
Introduction
Le lupus est une maladie systémique, non spécifique d’organe
[1], caractérisée par la variabilité des circonstances de
découverte. Les manifestations hématologiques et immunologiques de
la maladie lupique sont rares et posent de véritables problèmes
diagnostiques. Elles constituent les 9e,10e
et 11e critères diagnostiques établis par l’American
College of Rheumatology (ACR).
Les objectifs de notre travail sont de :
- –. décrire la prévalence des manifestations
hématologiques et immunologiques de la maladie lupique à
Dakar ;
- –. analyser et décrire le profil clinique des malades
qui présentent des manifestations hématologiques et
immunologiques ;
- –. évaluer les aspects pronostiques des manifestations
hématologiques et immunologiques.
Matériel et méthode
Du 1er janvier 1997 au 30 septembre 2006, nous avons
effectué une étude rétrospective transversale ayant eu pour cadre
les services de médecine du CHU Le Dantec, de l’hôpital Général de
Grand Yoff (HOGGY), de l’hôpital principal de Dakar, et du service
d’urgences médicales et d’assistance (SUMA).
Cent quarante-deux dossiers de malades avaient été répertoriés.
Étaient inclus dans l’étude tous les patients atteints de maladie
lupique répondant aux critères de l’ACR et ayant bénéficié d’un
bilan biologique et/ou immunologique. Les paramètres suivants ont
été étudiés : épidémiologie (âge et sexe), clinique,
paraclinique :
- –. l’anémie était évaluée à partir du taux
d’hémoglobine. Elle était considérée comme sévère si le taux
d’hémoglobine était inférieur à 6 g/dL ; modérée si ce taux
était compris entre 6 et 10 g/dL, et légère si le taux
d’hémoglobine était compris entre 10 et 12 g/dL ;
- –. la leucopénie : si le nombre de globules blancs
était inférieur à 3 500 éléments/mm3 ;
- –. la lymphopénie : si le taux de lymphocytes était
inférieur à 1 500/mm3 ;
- –. la thrombopénie : si le taux de plaquettes était
inférieur à 150 000/mm3.
Les stigmates immunologiques suivants ont été étudiés :
- –. les anticorps antinucléaires : avec un seuil de
positivité égal à 1/80 ;
- –. les anticorps anti-DNA natifs ;
- –. les anticorps anti-ECT : il s’agissait des
anticorps anti-Sm, des anticorps anti-RNP, des anticorps anti-SSA
et des anticorps anti-SSB. Ils sont négatifs si le taux est
inférieur à 1, peu significatifs entre 1 et 1,4, et positifs si
supérieurs à 1,4 ;
- –. le complément sérique.
L’analyse statistique des données a été effectuée à l’aide du
logiciel Epi-info version 6.0 au seuil de 5 %. La survie est
analysée sur SPSS selon la courbe de Kaplan-Meier
Résultats
Étude descriptive
Cent quarante-deux dossiers ont été colligés sur une période de
neuf ans et neuf mois.
La moyenne d’âge était de 34 ans avec des extrêmes de 6 et 72
ans. Nous avons observé une prédominance des sujets adultes jeunes
avec un pic de fréquence entre 20 et 40 ans (60,60 %). Sur les 142
patients, 88 % étaient constitués de femmes et 12 % d’hommes, soit
un sex-ratio de 0,13. Les principales manifestations cliniques sont
représentées dans le tableau 1.
Tableau 1 Principales manifestations cliniques
rencontrées
Principal clinical manifestations observed.
| Données cliniques |
Nombre de patients |
Pourcentage |
| Fièvre prolongée |
82 |
57,7 |
| Amaigrissement |
53 |
37,3 |
| Asthénie |
59 |
41,5 |
| Anorexie |
48 |
33,8 |
| AEG |
75 |
52,8 |
Manifestations cliniques
hématologiques |
81 |
57,0 |
| Signes dermatologiques |
129 |
90,8 |
| Signes articulaires |
97 |
68,3 |
| Signes rénaux |
60 |
42,2 |
| Signes neuropsychiatriques |
25 |
17,6 |
| Signe musculaires |
23 |
16,2 |
| Signes de vascularite |
22 |
15,5 |
| Signes cardio-vasculaires |
13 |
9,2 |
| Sérite |
14 |
9,9 |
Les manifestations hématologiques rencontrées sont l’anémie
clinique dans 57,7 % des cas, suivie des adénopathies (13,4 %), de
la splénomégalie (1,4 %) et du syndrome hémorragique (1,4 %).
Le bilan biologique montre des anomalies hématologiques dominées
par l’anémie (81,7%) qui était le plus souvent modérée avec un taux
entre 10 et 11 g/dL dans 43,6 % des cas. L’anémie était de type
normochrome normocytaire régénérative dans 49,2 % des cas.
La leucopénie était notée dans 19,7 % des cas et la lymphopénie
dans 13,4 % des cas.
La thrombopénie était présente dans 14,8 % des cas.
Étude analytique
L’anémie était combinée à la leucopénie chez 22 patients, soit
dans 15,5 % des cas, tandis que l’anémie et la thrombopénie étaient
associées chez 19 patients soit 13,4 % des cas. Seuls 2,8 % des
patients avaient une pancytopénie.
Concernant l’association des manifestations hématologiques et
immunologiques au cours de la maladie lupique :
- –. l’anémie était associée aux anticorps anti-DNA dans
92,9 % des cas et aux anticorps antinucléaires dans 85 % des cas
(p = 0,08) ;
- –. la leucopénie était liée aux anticorps anti-DNA dans
25 % des cas (p = 0,3) ;
- –. la lymphopénie était liée aux anticorps anti-DNA
natifs dans 10,5 % des cas (p = 0,03) ;
- –. la thrombopénie était liée aux anticorps anti-DNA
dans 15,4 % des cas.
Les tests immunologiques montraient la présence, à des taux
significatifs, d’anticorps antinucléaires dans 97,9 % des cas, des
anticorps anti-DNA natifs dans 45,7 % des cas, les anti-ECT dans
86,95 % des cas (avec les anti-RNP dans 78,3 % des cas, anti-Sm
dans 56,5 % et d’anti-SSA dans 87 % des cas). Les anticorps
anti-DNA et anti-ECT étaient associés aux manifestations
hématologiques respectivement dans 92,0 et 95 % des cas
(p = 0,08).
L’évolution à court terme était favorable chez tous nos
patients, sauf pour l’un d’entre eux qui est décédé dans un tableau
de neurolupus au 10e jour d’hospitalisation.
À moyen et long termes, 59 patients avaient une évolution
favorable avec une rémission, 3 sont décédés, et 24 étaient
irrégulièrement suivis puis perdus de vue. Concernant le suivi
hématologique, tous nos patients n’avaient pas bénéficié
systématiquement de nouveaux bilans : ainsi, sur les 53
patients qui avaient de nouvelles numérations formules sanguines,
39 présentaient encore une anémie modérée.
La corticothérapie était prescrite chez tous nos patients,
associée à des mesures adjuvantes, à la dose initiale de 1 à
1,5 mg/kg. La posologie la plus utilisée était de 60 mg/j chez 88
patients (62,0 %). Cette corticothérapie était associée aux
antimalariques de synthèse (Plaquénil® ou
Nivaquine®).
Les immunosuppresseurs étaient indiqués chez 12 patients
(Endoxan® [cyclophosphamide], méthotrexate ou
Imurel® [azathioprine]). Le cyclophosphamide était
prescrit chez les malades qui avaient une atteinte rénale et
l’azathioprine chez ceux ayant une fibrose pulmonaire.
Chez certains patients, des médicaments comme les antibiotiques,
les antihypertenseurs, le fer, les antidiabétiques oraux, les
antituberculeux et les anticonvulsivants ont été utilisés selon les
besoins.
Étude de la survie
La courbe de Kaplan-Meier montre une survie globale estimée à 7
ans (2 585 jours) dans 89 % des cas (p = 0,03)
(figure
1).
Discussion
Sur le plan général, plus de la moitié des patients (57,7 %)
avait présenté une anémie clinique. Cette anémie avait déjà été
décrite par d’autres auteurs [2, 3].
Les signes cutanéo-muqueux de l’anémie et de la thrombopénie
retrouvés chez nos malades étaient décrits par D. Ziakas chez 10
patients [4].
Sur le plan clinique, nous avons noté la présence d’adénopathies
trouvées dans 13,4 % des cas. Il s’agit toujours d’adénopathies
superficielles cervicales etaxillaires, parfois inguinales et
inflammatoires. Ce taux est nettement inférieur aux données de la
littérature.
Des auteurs tels que Fox et Rosahm [5] considéraient la
fréquence des atteintes ganglionnaires dans 67 % des cas. D’autres
auteurs ont rapporté une prévalence de 32 % [6]. Par rapport à la
topographie de ces adénopathies, nous n’avons retrouvé que des
localisations superficielles. Harvey [7] trouve 50 % dont 37 %
d’adénopathies généralisées et 13 % d’adénopathies cervicales et
axillaires.
Nous précisons que les adénopathies profondes n’étaient pas
systématiquement recherchées chez nos patients, ce qui expliquerait
leur faible prévalence.
Quant à la splénomégalie, elle est rare dans notre étude
puisqu’elle n’est retrouvée que chez deux patients (1,4 % des cas).
Ce résultat est nettement inférieur à celui de Rowell [8] qui est
de 15 % puisqu’elle a été systématiquement recherchée dans leurs
études.
Un purpura avait été noté chez 18 patients dont 2 hémorragiques
et 16 vasculaires. Ces derniers seraient liés à une infiltration
neutrophilique et/ou lymphocytaire au niveau des veinules
post-capillaires. Les deux autres cas de purpura hémorragique
étaient en rapport avec une thrombopénie sévère expliquant en
outre, les saignements extériorisés associés [4]. Les
manifestations hémorragiques telles que rapportées dans notre
travail sont exceptionnelles (2 cas). Les publications faites sur
le lupus à Dakar par Kâ et al. [2, 3], puis par Niang
et al. [9], n’avaient rapporté aucun cas de saignement. Les
travaux de Ziakas et al. [4] rapportaient 14 cas de
manifestations hémorragiques sur une cohorte de 632 malades
lupiques.
Sur le plan biologique, notre démarche diagnostique avait pour
objectif de confirmer les anomalies hématologiques rencontrées chez
nos patients ou de les rechercher systématiquement. Haddouk et
al. [10] dans leur étude faite en juillet 2005 trouve une nette
prédominance des anomalies hématologiques dans 80 % des cas. Ces
anomalies touchent principalement les trois lignées. L’anomalie
hématologique la plus fréquemment retrouvée est l’anémie (81,7 %)
avec un taux moyen d’hémoglobine de 9,8 g/dL d’hémoglobine. Dans la
littérature, la prévalence de l’anémie varie entre 20 et 80 % [11]
comme en témoignent les études de Kâ et al. qui rapportent
une prévalence de 77 % [2, 3], Vila et al. [12], quant
à eux, notaient une prévalence de 67,2 %.
Nos résultats étaient proches des taux décrits dans la
littérature. L’anémie peut avoir plusieurs origines, notamment
inflammatoires, hémolytiques, auto-immunes, carentielles, etc. Ces
différents mécanismes peuvent être intriqués ce qui pourrait
expliquer les anémies sévères rencontrées chez 7,1 % de nos
patients avec un taux d’hémoglobine inférieur à 6 g/dL. Cependant,
l’anémie dans le lupus est le plus souvent modérée comme dans la
majorité de nos observations. Dans notre étude, une leucopénie
(19,7 %) était beaucoup plus fréquente qu’une hyperleucocytose
(11,6 %). Cette dernière n’est pas spécifique de la maladie
lupique. Tous les cas d’hyperleucocytose rencontrés chez nos
patients étaient en rapport avec une infection intercurrente.
Selon les données de la littérature, la prévalence de la
leucopénie est de 20 à 80 % [11]. Ces valeurs se rapprochent de nos
résultats. D’autres auteurs tels que Harvey [7] et Dubois [6]
rapportaient une leucopénie au cours de la maladie lupique dans
respectivement 68 et 70 % des cas. Le taux de lymphopénie retrouvé
chez 13,4 % de nos malades, est inférieur à celui décrit par les
auteurs. Dans notre étude, la leucopénie était associée à la
lymphopénie dans 20 % des cas. Ainsi, Vila et al. [12],
sur une cohorte de 134 patients, notaient une leucopénie dans 41,8
% des cas et une lymphopénie dans 64,9 % des cas.
Dans notre étude, étaient notés 14,7 % de cas de thrombopénie,
supérieure aux taux décrits par certains auteurs. Ainsi, Niang
et al. [9] ont retrouvé 6,7 % de thrombopénie dans une étude
effectuée en 2004 à propos de 74 patients lupiques. De même, Kâ
et al. [2, 3] avaient retrouvé 3 % de cas de
thrombopénie sur une cohorte de 30 patients lupiques. Une autre
étude rétrospective multicentrique faite par Ziakas et al.
[4], chez 632 malades lupiques grecs, rapportait 8,4 % cas de
thrombopénie.
La thrombopénie, au cours de la maladie lupique, est le plus
souvent modérée, expliquant l’absence de manifestations
hémorragiques. Le taux supérieur à 50 000/mm3 était noté
dans 50 % des cas par Ziakas et al. dans leur étude. La
thrombopénie est soit de cause immunologique par destruction des
plaquettes recouvertes d’anticorps antiplaquettes, soit toxique
médicamenteuse (immunosuppresseurs), soit infectieuse.
La comparaison des anomalies hématologiques avec celles d’autres
séries est rapportée sur le tableau
2.
Tableau 2 Comparaison des atteintes hématologiques avec
d’autres auteurs.
Comparison of haematological effects with those reported by
other authors.
| Anomalies hématologiques |
Notre étude |
Chahade et al. [13, 23] |
Kâ et al. [2, 3] |
| Anémie |
81,7 % |
- |
77 % |
| Leucopénie |
19,7 % |
30 % |
14 % |
| Thrombopénie |
14,7 % |
13 % |
0,3 % |
Les manifestations immunologiques permettent de confirmer le
diagnostic de la maladie lupique. Gorska et al. [13]
rapportent dans leur étude la corrélation entre les symptômes
cliniques et les désordres immunologiques ainsi que la nécessité du
diagnostic immunologique complet en cas de symptôme isolé.
Nos résultats avoisinent ceux trouvés par d’autres auteurs.
Ainsi, Delegny et al. [18] rapportent, sur une cohorte de
139 cas ayant bénéficié des tests immunologiques, la présence
d’anti-Sm dans 37,1 % des cas, d’anti-RNP dans 58,7 % des cas et
d’anti-SSA dans 47,2 % des cas.
Cette fréquence élevée des anticorps anti-SSA notée dans notre
étude est aussi décrite par d’autres auteurs. Haddouk et al.
[10] confirment, dans leur étude, la prédominance des anticorps
anti-SSA.
Vila et al. [12], dans une étude récente sur les
relations entre les manifestations cliniques et immunologiques sur
une cohorte de 134 patients présentant un LES, notaient ces
résultats : les anticorps antinucléaires (ANA) étaient
détectés dans 93,3 % des cas, les anticorps d’anti-DNA dans 54,5 %
des cas, les anticorps anti-RO dans 30,1 % des cas, et les
anticorps anti-La dans 14,2 % des cas.
Haddouk et al. [10] rapportent ces résultats au cours de
leur étude : les anticorps antinucléaires (97,6 %), les
anti-DNA natif (75 %), anti-Sm (36,9 %), anti-RNP (32,1
%), anti-SSA (54.8 %) et les anti-SSB (14,3 %).
Les différences de nos résultats notées avec quelques auteurs
peuvent s’expliquer par le coÛt élevé des dosages immunologiques,
d’où le faible nombre de nos patients ayant pu bénéficier de ces
examens.
Dans nos travaux, les anticorps anti-DNA étaient associés aux
signes hématologiques, à savoir l’anémie, la thrombopénie, la
leucopénie et la lymphopénie dans respectivement 10,5, 15,4, 25 et
92,9 % des cas.
Nous avons également trouvé que les anticorps anti-RNP étaient
associés à l’anémie (81,3 %), à la thrombopénie (27,3 %), à la
leucopénie (60 %).
Les anticorps anti-Sm étaient associés à l’anémie (57,1 %), à la
thrombopénie (27,3 %), et à la leucopénie (60 %). Les anticorps
anti-SSA étaient associés à l’anémie (73,3 %), à la thrombopénie
(15,4 %), à la leucopénie (25 %), et à la lymphopénie (10,5 %).
Une étude faite en 2006 par Zhao et al. [19] sur
l’incidence des anomalies hématologiques et leur rapport avec les
paramètres immunologiques au cours de la maladie lupique a montré
que, sur 155 patients lupiques : 67,7 % des patients ont eu
des anomalies hématologiques. Une seule lignée était touchée dans
32,9 % des patients, alors que 34,8 % des patients avaient des
anomalies touchant plusieurs lignées. La positivité des anticorps
anti-Sm parmi les patients présentant des anomalies hématologiques
était de (43,8 %). Les anticorps anti-RNP étaient présents dans
64,8 % chez les patients présentant des anomalies hématologiques.
Ces taux étaient plus élevés que ceux des patients sans anomalie
hématologique (anti-Sm 26,0 %, anti-RNP 44,0 %). La
positivité des anticorps anti-RNP était de 69 % chez les patients
présentant des atteintes de la lignée rouge alors qu’elle était de
44 % chez les patients sans anomalies hématologiques (p < 0,05).
Il n’y avait aucune différence significative dans les anti-RNP
entre les patients sans anomalie hématologique et les patients
présentant une leucopénie ou une thrombopénie. Ils montraient ainsi
que les anomalies hématologiques sont fréquentes chez les patients
lupiques et que leur participation est reliée à l’état de la
maladie. Les anti-RNP ont pu refléter des atteintes de la lignée
rouge, ce qui est en phase avec les résultats de nos travaux où
l’anémie est associée aux anti-RNP dans 81,3 % des cas.
Gorgi et al. [20], dans une étude réalisée en 1996,
démontre l’intérêt de la recherche des anticardiolipines au cours
de l’évolution de la maladie lupique. Ces anticardiolipines sont
fréquemment associés aux maladies auto-immunes, en particulier au
lupus érythémateux disséminé (LED) et exposent à des complications
anticardiolipines thrombotiques. Afin de préciser la valeur
prédictive éventuelle et pronostique de ces anomalies, nous avons
effectué une recherche séquentielle de ces auto-anticorps chez 12
patients atteints de LED, dont la maladie évoluait depuis 2 à 11
ans. L’apparition de ces IgG aCL ne semble pas liée à la durée de
l’évolution de la maladie. En effet, trois de nos patients dont la
maladie évoluait respectivement depuis 2, 7 et 11 ans n’ont jamais
présenté d’aCL malgré les recherches répétées. Ces
anticardiolipines étaient positives dans 80 % des cas au cours
des poussées évolutives.
Conclusion
Les circonstances de découverte du LES sont variables et
polymorphes. Ainsi le diagnostic du LES repose sur les critères de
l’ACR constitués de paramètres cliniques et biologiques. Les signes
hématologiques et les désordres immunologiques constituent des
critères diagnostiques de la maladie lupique. Ces critères sont
accessibles et permettent donc de poser précocement le diagnostic
de lupus afin de traiter précocement le malade.
Remerciements et autres mentions
Financement : aucun ; conflit d’intérêts :
aucun.
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