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Malaria transmission in lagoon areas in Côte d'Ivoire: The villages of N'gatty and Allaba


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 20, Number 2, 73-9, avril-mai-juin 2010, Étude originale

DOI : 10.1684/san.2010.0183

Résumé   Summary  

Author(s) : D Fofana, AB Koné, YL Konan, KL Konan, JMC Doannio, EK N'goran , Laboratoire de zoologie et de biologie animale de l'UFR Biosciences Université d'Abidjan-Cocody 22 BP 582 Abidjan 22 Côte d'Ivoire, Institut national de santé publique d'Abidjan BP V47 Abidjan Côte d'Ivoire, Institut national d'hygiène publique d'Abidjan BP V14 Abidjan Côte d'Ivoire.

Summary : The ecological and climatic variations in tropical areas of Africa make the transmission of malaria very heterogeneous. Several species of mosquitoes of the Anopheles genus transmit the disease. In Côte d'Ivoire, studies in the southern and northern forests have shown the involvement of Anopheles gambiae, An. funestus and An. nili in this transmission. This study was conducted in N'gatty and Allaba, two villages in a lagoon area of southern Côte d'Ivoire, in the district of Dabou. The district is located between 05°18 N and 04°27 W, about 40 kilometres from the economic capital of Côte d'Ivoire, and has a surface of 2257.8 km 2. Two lagoon villages, N'gatty and Allaba, about a kilometre apart, were selected as sites for this research. The topography of N'gatty is rugged, with two important sides: a banana plantation on the west and the lagoon on the east, covered by aquatic plants (Pistia stratiotes, Acrosticum aureum, nympheacae and Eichhornia crassipes). This aquatic vegetation separates the last plots of the village from the lagoon. Mosquito populations were sampled from December 2007 through September 2008 by nighttime captures on volunteers three consecutive nights each month, inside six living rooms (4 in N'gatty and 2 in Allaba, a smaller village). The mosquitoes were captured when they landed on the volunteer's legs. There were two teams of catchers for each home\; the first worked from 18:00 h to 24:00 and the second from 24:00 to 06:00. The ovaries and glands of An. gambiae were dissected. The physiological age of the females was determined by the appearance of the trachea on ovarian dissection. The sporozoites were sought by optic microscopy in cooled glands in a drop of physiological salt solution. During the 10 months of this study, 21 137 mosquitoes were caught in N'gatty and 7163 in Allaba. An. gambiae species accounted for less than 2% of the mosquito fauna in the two villages. Overall, the average bite rate was 203.24 bites per man per night (b/m/n) in N'gatty and 137.75 in Allaba. The average number of An. gambiae bites was 4.04 b/m/n in N'gatty and 2 b/m/n in Allaba. Annually, the average An. gambiae bites totalled 1474.6 bites per man per year (b/m/y) in N'gatty and 730 in Allaba. No An. funestus mosquito was caught in Allaba, and its average number of bites per man per year in N'gatty was only 3.65. No infected glands (n \= 420 dissected) were found in N'gatty throughout the investigation. The mean sporozoite rate in Allaba was only 0.285% (n \= 104). The mean entomological inoculation rate (EIR) was estimated at 0.017 infecting bites per man and per night (ib/m/n) in N'Gatty and 6.2 in Allaba. This weak entomological inoculation rate leads us to consider continuing the research for infection of An. gambiae by ELISA techniques. In conclusion, malaria transmission by An. gambiae in this area is very low.

Keywords : Côte d'Ivoire, malaria

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ARTICLE

Auteur(s) : D Fofana1,3, AB Koné3, YL Konan3, KL Konan2, JMC Doannio2, EK N'goran1

1Laboratoire de zoologie et de biologie animale de l'UFR Biosciences Université d'Abidjan-Cocody 22 BP 582 Abidjan 22 Côte d'Ivoire
2Institut national de santé publique d'Abidjan BP V47 Abidjan Côte d'Ivoire
3Institut national d'hygiène publique d'Abidjan BP V14 Abidjan Côte d'Ivoire

L'histoire du paludisme se confond dans la réalité avec celle de l'humanité qui a établi (très tôt) un lien entre certaines fièvres et les eaux stagnantes des marais [1]. Il a fallu attendre 1897, pour que Ronald Ross découvre que les corps en croissant, présents dans le sang périphérique de sujets humains, se développaient et se retrouvaient sous forme de corpuscules arrondis sur l'estomac des dapple wing mosquitoes et que la transmission des plasmodies se faisait par l'intermédiaire de la piqûre d'un moustique [2]. La maladie était jadis plus étendue, mais elle a été éliminée dans de nombreux pays tempérés au milieu du XXe siècle et touche aujourd'hui les régions tropicales et subtropicales [3]. Deux milliards deux cents individus sont exposés au paludisme, soit environ 40 % de la population mondiale. Certains économistes estiment à plus de 12 milliards la perte annuelle du produit intérieur brut (PIB) due au paludisme en Afrique [4].

La prolifération des moustiques est favorisée par les activités humaines telles que l'irrigation, les travaux publics et les changements écologiques associés aux projets de développement, notamment la construction de barrages, de routes, de rizières, etc. [5, 6]. À cela s'ajoutent les facteurs environnementaux naturels (la température, l'humidité relative et les précipitations) qui jouent également un rôle fondamental sur le niveau de transmission et sur l'épidémiologie des maladies [6, 7]. En Afrique intertropicale, la transmission du paludisme est très hétérogène du fait des variations écoclimatiques [8, 9]. Cette transmission est le fait connu depuis longtemps de plusieurs espèces de moustiques du genre Anopheles (Gillies et De Meillon, 1968).

En Côte d'Ivoire, des travaux réalisés dans le Sud forestier et au Nord savanicole ont montré l'implication de Anopheles gambiae stricto sensu (Giles), 1902 [10-12], de Anopheles funestus (Giles), 1900 et de Anopheles nili (Theobald), 1904 [13] dans la transmission du paludisme. Peu de travaux ont été réalisés sur la transmission du paludisme en milieu côtier lagunaire. Notre étude vise à répondre en partie à ce manque de données sur la transmission du paludisme dans cette zone du sud de la Côte d'Ivoire, elle a été conduite dans deux villages lagunaires de Côte d'Ivoire, N'gatty et Allaba, dans le but d'identifier les vecteurs présents dans cette localité et de déterminer ensuite les paramètres entomologiques de la transmission du paludisme. Ce travail fait suite aux travaux réalisés au Bénin [13] sur les problématiques entomologiques et épidémiologiques du paludisme en milieu lagunaire.

Matériel et méthode

Zone d'étude

L'étude a été réalisée dans les villages de N'gatty et d’Allaba, situés en milieu côtier lagunaire du sud de Côte d'Ivoire, dans le département de Dabou. Ce département est situé entre 05°18 de latitude nord et 04°27 de longitude ouest, avec une superficie de 2 257,8 km2. Il est situé à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique ivoirienne. Le climat présente un cycle bimodal marqué par quatre saisons : une grande saison des pluies d'avril à juillet et une petite saison des pluies de mi-septembre à novembre [14], séparées par une grande saison sèche allant de décembre à mars et une petite saison sèche d'août à mi-septembre [14]. La moyenne pluviométrique annuelle est de 1 400 mm de pluie, avec des températures moyennes oscillant faiblement entre 25 et 26 °C. Les deux villages lagunaires de N'gatty et d’Allaba sont distants d'environ un kilomètre (figure 1). Le village de N'gatty présente un relief accidenté avec deux versants importants. Le versant est est limité par la lagune Ebrié et le versant ouest par une bananeraie (plantation industrielle). Au bord de la lagune, on trouve de nombreuses plantes aquatiques (Pistia stratiotes, Acrosticum aureum, Nympheaceae et Eichhornia crassipes) qui séparent les dernières concessions du village et le plan d'eau.

En revanche, le village d'Allaba est situé dans une cuvette au même niveau d'élévation que la bordure lagunaire, avec un sol sablonneux facilitant l'infiltration des eaux de pluie. Il est à remarquer qu’une petite partie de la bordure lagunaire à Allaba est occupée par des plantes aquatiques (A. aureum, Nympheaceae, E. crassipes, etc.). Les populations pratiquent l'hévéaculture autour des deux villages.

Méthodologie

L'échantillonnage des populations culicidiennes a été réalisé de décembre 2007 à septembre 2008 par des captures de nuit sur des sujets humains volontaires.

Une capture mensuelle de trois nuits consécutives à l'intérieur de six habitations randomisées (quatre à N'gatty et deux à Allaba) a été réalisée. Des moustiques ont été capturés lorsqu'ils se posaient sur les jambes des captureurs volontaires [15]. Deux équipes de six captureurs chacune ont travaillé à l'intérieur des habitations sélectionnées, de 18 à 24 heures pour la première et de 24 à 6 heures du matin pour la seconde. Les captureurs ont effectué une rotation dans les différentes habitations pour éviter les biais liés à leur habileté ou à leur attractivité individuelle [16]. Les moustiques capturés ont été conservés individuellement dans des tubes à hémolyse bouchés avec du coton et rangés par tranche horaire et par habitation [17, 18]. Ils ont été identifiés le lendemain matin au niveau du genre et de l'espèce selon la clé d'Edward (1941) et de Gillies et De Meillon (1968). Les Anopheles ont été dénombrées par lot horaire et par lieu de capture puis conservées afin de déterminer les paramètres entomologiques de la transmission. Les dissections des ovaires et des glandes salivaires des A. gambiae s.l. ont été faites sur un effectif de 104 à Allaba et de 420 à N'gatty. L'âge physiologique des femelles a été déterminé sur l'aspect des trachéoles ovariennes [19]. Les sporozoïtes ont été recherchés au microscope optique dans les glandes salivaires à l'état frais entre lame et lamelle dans une goutte d'eau physiologique.

La densité agressive (nombre de piqûres par homme par nuit [p/h par nuit]), le taux d'infestation (%) et de parturité (%) ont été calculés en utilisant les méthodes standard déjà décrites par Fontenille et al. [9]. La parturité selon le déroulement de l'extrémité des trachéoles ovariennes a été décrite par Detinova, 1963. Le taux d'inoculation entomologique (TIE), exprimé en nombre de piqûres infestées par homme par nuit (pi/h par nuit), a été calculé en faisant le produit du taux d'infestations et de la densité agressive. Le TIE annuel a été exprimé en nombre de piqûres par homme par an, il est calculé en faisant le produit du taux d'infestation moyen annuel (%) et de la densité agressive moyenne annuelle (p/h par nuit) × 365 jours sans tenir compte du fait que la transmission saisonnière entraîne de grandes variations mensuelles.

Résultats

Faune anophélienne

Pour l'ensemble de cette étude, 28 300 moustiques ont été récoltés dont 21 137 à N'gatty et 7 163 à Allaba, de décembre 2007 à septembre 2008, pendant 30 nuits de capture (180 hommes-nuits).

Ces échantillons de moustiques étaient majoritairement d'espèces du genre Mansonia 84,5 et 76,87 % de la faune, respectivement, à N'gatty et à Allaba. A. gambiae a représenté 2 % à N'gatty et 1,4 % à Allaba.

Six espèces anophéliennes (Anopheles brohieri, Anopheles coustani, A. funestus, Anopheles pharoensis, A. gambiae et Anopheles ziemanni) ont été identifiées à N'gatty, seules trois espèces (A. coustani, A. gambiae et A. ziemanni) étaient présentes à Allaba. A. gambiae représente 88 % (n = 420/477) et 96 % (n = 104/108) de cette faune anophélienne, respectivement, à N'gatty et à Allaba.

Deux espèces de Anopheles (A. gambiae et A. funestus) capables de transmettre le Plasmodium ont été identifiées à N'gatty. Un seul individu A. funestus a été identifié durant toute l'étude. En revanche, seule A. gambiae a été récoltée à Allaba. Anopheles melas n'a pas été identifiée.

Densité agressive (ma) et taux de parturité (TP) de A. gambiae

À N'gatty

La densité agressive quotidienne a été estimée en moyenne à 4,04 p/h par nuit pour A. gambiae, soit 1 474,6 p/h par an, mais les variations saisonnières sont importantes, et à 0,01 p/h par nuit pour A. funestus, soit 3,65 p/h par an (tableau 1). Les maxima de l'agressivité de A. gambiae 8 p/h par nuit et 11 p/h par nuit sont atteints, respectivement, en mai et en juin (figure 2). Le taux de parturité moyen a été estimé pour A. gambiae à 56,5 % (tableau 1). Le maximum a été atteint en janvier (TP = 100 %) et le minimum en août (TP = 16,7 %) (figure 1).

Tableau 1 Évolution des paramètres entomologiques de la transmission des Plasmodium à N'gatty et à Allaba de décembre 2007 à septembre 2008.

Table 1. Trends in entomological indicators of malaria transmission in N’gatty and in Allaba from December 2007 through September 2008.

Mois

Paramètres entomologiques de la transmission du paludisme

Effectif (n)

Densité agressive moyenne (p/h par nuit)

Taux de parturité (%)

Indice sporozoïtique

Taux d'inoculation (pi/h par nuit)

N'gatty

Allaba

N'gatty

Allaba

N'gatty

Allaba

N'gatty (420)

Allaba (104)

N'gatty

Allaba

Décembre 2007

27

13

2

2

96,16

84,61

0,00

0,00

0,00

0,00

Janvier 2008

24

36

2

6

100,00

100,00

0,00

2,85

0,00

0,17

Février 2008

14

6

1

1

60,00

83,33

0,00

0,00

0,00

0,00

Mars 2008

30

0

4

0

33,33

ND

0,00

0,00

0,00

0,00

Avril 2008

35

6

3

1

58,32

33,33

0,00

0,00

0,00

0,00

Mai 2008

93

10

8

2

69,74

50,00

0,00

0,00

0,00

0,00

Juin 2008

131

24

11

4

49,07

78,57

0,00

0,00

0,00

0,00

Juillet 2008

36

4

3

1

51,43

33,33

0,00

0,00

0,00

0,00

Août 2008

12

0

1

0

16,67

ND

0,00

0,00

0,00

0,00

Septembre 2008

18

5

2

1

30,00

ND

0,00

0,00

0,00

0,00

Moyenne journalière

42

10

4

2

56,5

46,3

0

0,285

0

0,017

À Allaba

  • la densité agressive moyenne de A. gambiae est évaluée à 2 p/h par nuit sans tenir compte des variations saisonnières. Les maxima sont atteints en janvier (6 p/h par nuit) et en juin (4 p/h par nuit) (figure 3) ;
  • le taux de parturité moyen a été estimé à 46,3 % (tableau 1). En janvier 2008, toutes les A. gambiae récoltées étaient pares (TP = 100 %).

La comparaison de l'agressivité d'A. gambiae entre N'gatty et Allaba ne révèle aucune différence significative. En revanche, le taux de parturité varie significativement de N'gatty à Allaba (X2 = 24,49 ; ddl = 5 ; p = 1,7 × 10–4).

Variation de l'indice sporozoïtique (s) et du TIE (h)

À N'gatty, l'indice sporozoïtique moyen enregistré est de 0,00 % (n = 420) donc négatif, aussi le TIE (0 pi/h par nuit). La transmission du paludisme par A. gambiae est nulle dans ce village.

L'indice sporozoïtique moyen obtenu à Allaba est de 0,28 % (n = 104). Le TIE moyen est estimé à 0,017 piqûre infectante par homme et par nuit (pi/h par nuit), soit 6,2 pi/h par an. La transmission a été préoccupante seulement en janvier 2008, où le TEI a été estimé à 5,27 pi/h par mois). Dans ces deux villages, le taux d'inoculation étant étroitement lié aux densités agressives, le taux d'inoculation est également lié à la densité agressive « ma » et l'indice sporozoïtique « s » dans la formule de base. La transmission est donc apparue faible tout au long de l'année.

Discussion

L'étude des moustiques vecteurs de la transmission est un préalable indispensable, en outre pour comprendre l'épidémiologie d'une maladie mais aussi pour mettre en place un contrôle efficace et ciblé de ces vecteurs [20]. L'étude que nous avons réalisée dans deux villages côtiers lagunaires de Côte d'Ivoire (N'gatty et Allaba) avait pour but d'identifier les vecteurs présents et d'estimer le niveau de transmission du paludisme. Le suivi entomologique longitudinal, réalisé pendant dix mois dans ces villages, nous a permis d'identifier six espèces anophéliennes dont deux déjà incriminées dans la transmission du paludisme en Côte d'Ivoire [13]. Il est surprenant, dans ce milieu lagunaire, de ne pas avoir trouvé de A. melas… Durant cette étude, une seule A. funestus a été identifiée, et aucune A. nili n'a été identifiée, cela s'explique par la rareté des gîtes caractéristiques de ces deux espèces !!!! Selon une étude récente en Côte d'Ivoire, les gîtes préférentiels de ces moustiques sont les cours d'eau à végétation dressée et les fleuves [13]. La biologie larvaire de ces espèces est déjà décrite dans le livre de base de Gillies et De Meillon, 1968… La transmission à l'extérieur des habitations n'a pas été étudiée, mais on peut l'estimer négligeable du fait que les habitants ne restent que très peu au-dehors après la tombée de la nuit. Du fait du faible taux d'agressivité de A. gambiae, le cycle d'agressivité horaire n'a pu être observé. Le faible taux d'agressivité de A. gambiae observé dans ces deux villages serait lié à une réduction des gîtes à Anopheles, dont la proportion devra être précisée. En effet, le village de N'gatty est situé en hauteur avec une forte pente, ce qui favorise l'évacuation des eaux pluviales qui se déversent dans la lagune. À Allaba, la grande perméabilité du sable empêche toute formation de retenue d'eau même en saison de pluie. Cette situation a été observée au Bénin où seulement 80 A. gambiae ont été capturées en 15 séances de captures de quatre hommes, soit 485 p/h par an à Fiyégnon situé en zone côtière [21].

Le faible taux d'agressivité est accompagné d'une absence d'infection des glandes à N'gatty et d'un faible indice sporozoïtique de 0,285 %. La recherche de sporozoïtes a été faite selon la méthode classique microbiologique qui semble avoir des limites. Les résultats de recherche des sporozoïtes dans les glandes salivaires, avant le dixième jour du cycle du parasite chez le moustique, peuvent s'avérer négatifs [22]. Les indices sporozoïtiques pourraient être en légère augmentation, car l'observation au microscope ne révèle que 80 % des glandes positives en Elisa [23].

L'utilisation de la PCR décrite par Scott et al. [24] pourrait permettre, de plus, d'identifier les espèces jumelles de A. gambiae présentes telles que A. melas. Dans ces milieux côtiers lagunaires semblables à notre site d'étude [25-27], il a été montré la présence d'une forte proportion de A. melas, aux tendances exophiles [26, 28], ayant une potentialité de transmission très faible par rapport à A. gambiae et dont le rôle vecteur est lié à son comportement vis-à-vis de l'homme.

Conclusion

Dans les villages de N'gatty et d’Allaba, situés en milieu lagunaire de Côte d'Ivoire, la dynamique des populations adultes de A. gambiae semble fortement influencée par la rareté des gîtes larvaires propices au développement des populations préimaginales. La densité agressive moyenne journalière de A. gambiae est demeurée faible toute l'année. Elle a été de 4 p/h par nuit et de 2 p/h par nuit, respectivement, à N'gatty et à Allaba. Cette agressivité a été maximale pendant la grande saison des pluies qui se caractérise par la mise en eau régulière des gîtes larvaires. Si au cours de cette étude, à N'gatty, un habitant n'a reçu aucune piqûre infectante à l'intérieur des habitations, en revanche, à Allaba, chaque habitant a reçu au cours de l'année 6,2 piqûres infectantes. La transmission du paludisme à l'intérieur des habitations est faible dans les deux villages.

Remerciements

Nous tenons à remercier Dr Yao Gokou, directeur départemental de la santé de Dabou ainsi que Ms. Koffi K. Bernard, Ziogba J. Claude et Diallo Adama pour toute l'aide qu'ils nous ont apportée. Nous remercions sincèrement les chefs, les notables et les populations des villages de N'gatty et d’Allaba pour leur collaboration qui nous a permis d'exécuter ce travail. Enfin, nous signalons que cette étude a bénéficié d'un financement du projet MIM/TDR A 50066 de l'Organisation mondiale de la santé.

Références

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