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Survey of diarrhoea survey in Kosovo Mitrovica. August 2001


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 20, Number 1, 9-14, janvier-février-mars 2010, Étude originale

DOI : 10.1684/san.2009.0176

Résumé   Summary  

Author(s) : Irina Quamilè, François Rogerie, Marc Grandadam, Remy Teyssou, Elisabeth Nicand, Jean-Louis Koeck, Irina Fejzia, Yves Buisson, J-L Rey , Hôpital sud de Mitrovicè Kosovo, Drass PACA 23/25, rue Borde 13285 Marseille cedex 08 France <francois.rogerie@sante.gouv.fr>, IMTSSA, allée du Médecin Colonel Eugène Jamot, Parc du Pharo, 13262 Marseille cedex 07 France <marc.grandadam@libertysurf.fr>, Sanofi Pasteur 2, avenue Pont Pasteur 69007 Lyon France <remy.teyssou@sanofipasteur.com>, Hôpital d’instruction des armées du Val de Grâce boulevard Port Royal 75005 Paris France <en.biol-vdg@filcom.com>, Hôpital d’Instruction des armées Robert-Picqué Route de Toulouse 33998 Bordeaux Armées France <jlkoeck@gmail.com>, Laboratoire d’Hygiène et santé publique de Mitrovicè Kosovo, Institut de la Francophonie pour la médecine tropicale Ban Kaognoth rue Samsenthai, BP 9519 RDP Laos <yves.buisson@auf.org>, Le Barry 04180 Villeneuve France.

Summary : The upsurge of diarrhoea observed in children in Kosovo Mitrovica in the spring of 2001 led to a survey, jointly organized by the city health department, the GISPE association and the medical laboratory at the Val de Grâce Hospital (France). The available retrospective data showed an increase in cases of diarrhoea in which Giardia duodenalis was isolated. During the third week of August 2001, all children with diarrhoea consulting in the hospital south of city (n \= 45) had a complete stool analysis. The analyses showed the presence of Giardia cysts and trophozoites in 40% of the cases, and no cases with helminthes or cryptosporidia. Moreover 3 strains of S. sonnei, a microorganism never previously identified, and different pathovars of E. coli in 11 patients were isolated. This “epidemic” appeared to be linked to the poor hygiene conditions that still prevailed 2 years after the events but not directly to the water supply, which was rehabilitated at the end of 1999. It is also necessary to strengthen the capacity of the public laboratories and health-care facilities of the province.

Keywords : acute diarrhoea, Escherichia Coli, Giardia, Kosovo, Shigella

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ARTICLE

Auteur(s) : Irina Quamilè1, François Rogerie2, Marc Grandadam3, Remy Teyssou4, Elisabeth Nicand5, Jean-Louis Koeck6, Irina Fejzia7, Yves Buisson9, J-L Rey2,9

1Hôpital sud de Mitrovicè Kosovo
2Drass PACA 23/25, rue Borde 13285 Marseille cedex 08 France <francois.rogerie@sante.gouv.fr>
3IMTSSA, allée du Médecin Colonel Eugène Jamot, Parc du Pharo, 13262 Marseille cedex 07 France <marc.grandadam@libertysurf.fr>
4Sanofi Pasteur 2, avenue Pont Pasteur 69007 Lyon France <remy.teyssou@sanofipasteur.com>
5Hôpital d’instruction des armées du Val de Grâce boulevard Port Royal 75005 Paris France <en.biol-vdg@filcom.com>
6Hôpital d’Instruction des armées Robert-Picqué Route de Toulouse 33998 Bordeaux Armées France <jlkoeck@gmail.com>
7Laboratoire d’Hygiène et santé publique de Mitrovicè Kosovo
8Institut de la Francophonie pour la médecine tropicale Ban Kaognoth rue Samsenthai, BP 9519 RDP Laos <yves.buisson@auf.org>
9Le Barry 04180 Villeneuve France

Jusqu'en 1997, la République fédérale de Yougoslavie possédait un système de surveillance épidémiologique performant appliqué à 47 maladies infectieuses [1]. Après la tuberculose, les maladies les plus fréquemment notifiées étaient les hépatites et les gastroentérites, surtout dans la province du Kosovo.

Fin juillet 1999, les épidémiologistes et les pédiatres kosovars avaient sollicité l'aide des Forces internationales pour la paix au Kosovo (K-FOR) en raison d'une recrudescence des hépatites épidémiques dans la population déplacée. Une enquête avait été réalisée dans la région de Mitrovicè entre les mois d'août et novembre 1999 [2, 3]. Elle avait confirmé l'épidémie d'hépatite A, favorisée par les mauvaises conditions de vie des réfugiés et par la consommation d'aliments crus. Par ailleurs, cette enquête avait mis en évidence quelques cas d'hépatite E, révélant une cocirculation des deux agents d'hépatites entérotransmissibles, le virus de l'hépatite A et celui de l'hépatite E.

Un système de surveillance de 21 maladies infectieuses ou syndromes, dont la diarrhée aiguë, les parasitoses intestinales et les diarrhées sanglantes, mis en place par l'OMS à partir du 1er janvier 2000 [4], a révélé une recrudescence des cas déclarés de diarrhées au cours de l'été 2000. La K-FOR signalant une nouvelle recrudescence des diarrhées au printemps 2001, une enquête a été réalisée, à l'initiative des épidémiologistes kosovars, pour préciser l'étiologie de ces diarrhées dans la population de Mitrovicè et évaluer les principaux facteurs favorisants.

Méthode

Contexte

La région concernée réunissait les trois cantons serbophones à l'extrême Nord de la province (Zubin Potok, Zvecan et Leposavic), et les trois cantons albanophones de Mitrovicè, Vushtri et Skenderaj plus au Sud.

La population de la ville de Mitrovicè, séparée en deux par la rivière Ibar, était estimée à environ 100 000 habitants en 2001. L'enquête a été réalisée durant la troisième semaine d'août 2001 dans le laboratoire d'hygiène publique jouxtant l'hôpital Sud de la ville, en zone albanophone.

Recueil des données

Enquête rétrospective

Dans un premier temps, les archives collectées à l'Institut d'hygiène depuis septembre 1999 ont été analysées, les documents antérieurs ayant été soit brûlés, soit emportés en Serbie.

Enquête prospective

Le recrutement des patients a été effectué par les pédiatres de l'hôpital Sud de Mitrovicè. Tout enfant consultant pour diarrhée entre le 21 et le 27 août 2001 était inclus dans l'étude. Une diarrhée était définie par « l'émission de plus de deux selles liquides ou semi-liquides par jour ». Un échantillon de selles était recueilli et examiné au laboratoire de l'Institut d'hygiène, et une fiche de renseignements comportant des informations démographiques et alimentaires était complétée par un technicien kosovar. Les examens biologiques des selles ont été réalisés sur place et complétés en France.

Analyses biologiques

Dans le laboratoire de l'Institut d'hygiène, l'examen direct des selles comportait une observation microscopique à l'état frais et après coloration (Lugol®, Gram) ainsi qu'un test d'agglutination au latex pour la détection de rotavirus (Rotalex®, Fumouze Diagnostics, France). La coproculture était systématiquement réalisée sur milieux salmonelles-shigelles et Hektoen [5]. Les colonies ne fermentant pas le lactose étaient identifiées sur galeries de tests biochimiques (Api 20 E, BioMérieux, Marcy l'Étoile, France). Des aliquotes de chaque échantillon prélevé, conservées dans le formol, le MIF et en azote liquide, ont été envoyées en France en respectant les procédures de transport des mati resinfectieuses et des échantillons de diagnostic.

L'examen parasitologique direct a été complété à l'Institut Pasteur de Lille par des méthodes d'enrichissement (MIF, concentration et méthode de Ritchie) et une recherche de cryptosporidies.

Les examens bactériologiques et virologiques ont été complétés au laboratoire de l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce avec la détection des pathovars d’Escherichia coli, des Calicivirus, des Rotavirus et des Astrovirus par amplification génique directe à partir des selles suivant des méthodes précédemment décrites en détail [5].

Analyse statistique

Les données ont été saisies et analysées grâce au logiciel ÉpiInfo™ 06.4, le test de Chi2 de Mantel-Haenszel a été utilisé pour comparer les proportions, le p de Anova pour la comparaison des moyennes en cas de variances homogènes et le test non paramétrique de Kruskal-Wallis dans le cas contraire.

Il s'agit d'une étude descriptive, le recrutement de témoins s'étant révélé impossible. Dans l'analyse, les patients infectés par un agent pathogène sont comparés à l'ensemble des autres patients.

Résultats

Étude rétrospective

L'examen du registre de microbiologie du laboratoire de l'Institut régional de santé publique de Mitrovicè confirmait l'augmentation régulière du nombre de selles diarrhéiques adressées au laboratoire durant l'été 2000 et au début de l'année 2001 ainsi qu'une augmentation parallèle du nombre des selles positives pour au moins un agent pathogène.

À partir du mois de mars 2001, Giardia duodenalis est pratiquement devenu le seul parasite pathogène identifié, détecté dans toutes les classes d'âge (figures 1-3).

Les examens bactériologiques des selles ont conduit à l'identification sur les deux ans étudiés de dix entérobactéries pathogènes chez dix patients différents (tableau 1).

Tableau 1 Données bactériologiques rétrospectives disponibles (1999-2001).Table 1. Retrospective data on bacteria in faeces.

Année

Souches isolées

Patients

1999 à partir de septembre

3 Shigella flexneri

3 enfants de moins de 2 ans

1 Salmonella typhimurium

1 enfant de 1 an

2000

2 S. flexneri

1 enfant de 1 an et 1 femme de 18 ans

2 Salmonella typhi

2 enfants de 1 an et de 7 ans

2001 jusqu'en août

2 S. flexneri

1 enfant de 3 ans et 1 homme de 22 ans

Enquête prospective

Caractéristiques des patients

Quarante-cinq enfants diarrhéiques ont été inclus, 16 filles d'âge moyen 3,1 ans (± 3) et 29 garçons d'âge moyen 3,0 ans (± 2), la différence d'âge n'étant pas significative.

Vingt-cinq enfants vivaient en milieu urbain, 20 à Mitrovicè, cinq à Vushtri, les 20 autres résidant dans des villages proches de Mitrovicè ou des quartiers suburbains de la ville. Leur ressource en eau de boisson était le réseau d'adduction (n = 33), un puits (n = 10) ou un approvisionnement en bouteilles capsulées (n = 2).

La consommation de fruits frais était habituelle, notamment des pastèques vendues sous forme de quartiers dans la rue, mais aussi des raisins et des prunes. En revanche, la consommation de salades, d'autres légumes crus et de fromage frais était plus rare (tableau 2). Les habitudes alimentaires n'étaient pas statistiquement différentes selon le lieu de résidence.

Tableau 2 Habitudes alimentaires des 45 patients recrutés.Table 2. Eating habits of 45 patients.

Consommation

Rare

Modérée

Fréquente

Inconnue

Salades

18

14

11

2

Pastèques

10

7

26

2

Autres fruits frais

6

12

25

2

Fromages frais

16

9

18

2

Analyses coprologiques

À l'examen macroscopique, les selles étaient liquides (n = 19) ou semi-liquides (n = 26). Six étaient décolorées et six contenaient du mucus, mais aucune n'était sanglante. L'examen microscopique révélait chez 13 patients une augmentation du nombre des leucocytes fécaux (plus de dix leucocytes par champ au fort grossissement) et chez 31 patients un déséquilibre de flore avec excès (plus de 40 %) de bactéries à Gram-positif.

L'examen parasitologique mettait en évidence des formes végétatives ou des kystes de G. duodenalis (n = 19), ainsi que Blastocystis hominis (n = 6), Entamoeba coli (n = 2) et Endolimax nana (n = 1) ; ces parasites étaient toujours associés à la présence de Giardia, celui-ci étant plus souvent associé à ces parasites qu'aux autres agents pathogènes (p = 0,046). Il n'a pas été observé de cryptosporidies.

L'examen bactériologique a permis d'isoler Shigella sonnei chez trois patients et différents pathovars d’E. coli chez 11 patients : E. coli entéroaggrégants (ECEAg, n = 3), E. coli entérohémorragiques (ECEH, n = 2), E. coli adhérents diffus (ECAD, n = 2), E. coli entéro-invasifs (ECEI, n = 2), E. coli entéropathogènes (ECEP, n = 1) et une association des trois pathovars ECEH, ECAD et ECEI (n = 1).

La détection de virus a été positive 13 fois, pour Calicivirus (n = 10), Astrovirus (n = 2) et Rotavirus (n = 1). L'ensemble de ces résultats a été obtenu en majeure partie grâce à l'utilisation des techniques de biologie moléculaire (tableau 3).

D'une façon générale, les taux d'infection ne présentaient pas de différences significatives en fonction du sexe ou de l'âge, même si les sujets infectés par E. coli étaient plus jeunes que les autres (2,3 vs 4,8 ans). De même, il n'a pas été mis en évidence de lien entre la présence des différents agents pathogènes et le lieu de résidence des patients (p > 0,2).

Certains agents pathogènes apparaissaient plus spécifiquement liés à une source de contamination particulière. Ainsi, les patients qui buvaient de l'eau du réseau étaient moins souvent infectés par E. coli (p = 0,03) que ceux qui buvaient de l'eau des puits. Les patients infectés par un parasite intestinal autre que Giardia consommaient plus souvent de la salade que les autres patients (p = 0,01), aucune relation significative n'a pu être mise en évidence entre la consommation de pastèques ou d'autres fruits ou fromages frais et l'infection par un des agents pathogènes.

Tableau 3 Résultats des examens microbiologiques selon la technique.Table 3. Microbiology findings according to testing technique.

Bactériologie classique

Rotatest®

Bactériologie moléculaire (pathovars d’E. Coli)

Virologie moléculaire

0

3 ECE Ag

10 Calicivirus

3 Shigella sonnei

2 ECEH

2 Astrovirus

2 ECAD

1 Rotavirus

2 ECEI

1 EPEC

1 ECEH + ECAD + ECEI

Discussion

Il faut rappeler que les activités du laboratoire avaient été interrompues de mars à septembre 1999 à cause des événements et qu'elles ont repris progressivement après. L'analyse des données de l'enquête rétrospective n'en montre pas moins une augmentation de l'incidence des diarrhées au cours de l'été 2000 ainsi qu'au début de l'année 2001, avec un accroissement de la proportion des diarrhées à G. duodenalis à partir du mois de mai. Il est probable que la recrudescence des cas de diarrhées en 2001 puisse en grande partie être attribuée à Giardia.

L'enquête prospective confirme la place prédominante de ce parasite parmi les agents entéropathogènes circulant à Mitrovicè puisque 40 % des selles examinées contenaient des formes végétatives et/ou des kystes de Giardia. Par ailleurs, les examens parasitologiques spécifiques n'ont pas mis en évidence d'helminthes ni de cryptosporidies. Seule, la découverte de B. hominis chez 15 % des patients, toujours en association avec Giardia, relance la question du rôle commensal ou pathogène de ce protozoaire [6]. Souvent identifié dans les selles de sujets asymptomatiques, il est parfois le seul parasite reconnu au cours d'épisodes diarrhéiques avec douleurs abdominales et flatulences évoquant la giardiase. La coexistence de Blastocystis et de Giardia est-elle fortuite, résultant d'une contamination simultanée à partir d'une source commune, ou témoigne-t-elle d'une association morbide dans laquelle le premier serait un cofacteur de pathogénicité du second ? Cette question mériterait d'être approfondie dans une région endémique comme le Kosovo.

Cette recrudescence des cas de giardiose ne semble pas d'origine hydrique, les patients infectés par Giardia se répartissant de façon similaire entre buveurs d'eau du réseau et buveurs d'eau de puits, et le réseau d'approvisionnement en eau de la zone a été remis en état dès septembre 1999 [7]. Ce réseau concerne les trois principales villes de la zone, Mitrovicè, Vushtri et Skenderaj. La chloration de l'eau au départ est correcte et paraît efficace puisque les sujets infectés par l'ensemble des pathovars d’E. coli sont moins nombreux chez les buveurs d'eau du réseau, elle est précédée d'une filtration, qui, en principe, élimine les kystes de Giardia. Nous n'avons pas de données sur la chloration résiduelle qui dépend de la qualité des réseaux de distribution et qui varie selon les quartiers. Ce résultat montre l'intérêt de réhabiliter le plus rapidement possible l'approvisionnement en eau dans une situation de postcrise.

De plus, certains militaires de la K-FOR consommant de l'eau importée et en bouteilles ont aussi été infectés. Il semble que sept militaires ont souffert, durant l'été 2001, de diarrhées à Giardia attribuées à la consommation de légumes crus dans les restaurants de la ville.

L'origine hydrique ne peut pas être formellement repoussée ; cette origine étant retrouvée dans des pays à haut niveau d'hygiène [8-10]. Néanmoins, l'origine alimentaire probable est confortée par plusieurs épidémies survenues chez des touristes après des voyages dans la même aire géographique [11, 12]

La consommation de salades paraît associée à la présence de parasites intestinaux autres que Giardia, mais ce lien serait à confirmer par des études analytiques plus fines.

L'isolement de S. sonnei n'avait pas été rapporté au cours des trois années précédentes. Il est possible que ce résultat soit dû à une plus grande performance des techniques utilisées. De même, le grand nombre de pathovars d’E. coli isolés est dû à l'emploi de nouvelles méthodes. Les examens bactériologiques pratiqués dans les structures de santé de l'ex-République yougoslave étant de type conventionnel, il est nécessaire de transférer les techniques de diagnostic moléculaire et de former les personnes pour la mise à niveau des capacités de diagnostic biologique des diarrhées aiguës.

Au total, cette flambée a été favorisée par les conditions d'hygiène encore défavorables qui règnent dans la région, comme l'atteste le grand nombre d'autres agents entéropathogènes isolés. En effet, malgré deux ans de mandat ONU, la fréquence élevée des coupures d'électricité perturbait l'application des mesures d'hygiène individuelle. De plus l'assainissement, en particulier l'évacuation des eaux usées et la destruction des déchets, était encore très déficient, la maintenance des circuits préexistants ayant été relâchée ou abandonnée depuis 1989. Par ailleurs, le service de santé kosovar reste peu opérationnel, ce qui explique son absence de réactivité aux données produites en 2000. À part quelques exceptions, le personnel médical, peu enclin à approfondir les problèmes de santé publique, est plus soucieux selon la tradition soviétique de rendre des résultats réguliers et si possible « conformes à la règle ».

Conclusion

Bien que les conditions de travail, difficiles en raison du contexte postcritique, n'aient pas permis de réaliser une enquête analytique et d'identifier précisément les sources de contamination, G. duodenalis est le principal agent de l’« épidémie » de diarrhées aiguës observée dans la région de Mitrovicè en 2001.

La réhabilitation du réseau d'approvisionnement en eau potable dès 1999 a sans doute permis d'éviter une épidémie massive. En revanche, les conditions générales d'hygiène étaient encore très insuffisantes, notamment en matière d'assainissement, et de gros efforts restaient à accomplir au niveau des marchés et des circuits de distribution des fruits et des légumes.

Une meilleure articulation entre médecins généralistes, épidémiologistes et biologistes aurait dû permettre d'identifier plus tôt l'origine de ces diarrhées et de maîtriser rapidement cette épidémie. Cet épisode souligne la nécessité de restructurer, avec l'aide de la communauté internationale, un véritable service de santé publique au Kosovo, disposant d'un réseau de surveillance et de laboratoires, après remise à niveau de leur personnel et de leur équipement.

Remerciements et autres mentions

Très sincères remerciements à Mehmet et Tafil pour leur accueil, à toute l'association franco-kosovar de Mitrovicè et au Prs D. Camus et J.-P. Boutin pour leur aide.

Financement : aucun ; conflit d'intérêt : aucun.

Références

1 Bakovic T. Statistiques sanitaires de la République socialiste de Yougoslavie. Rapport annuel 1995, Belgrade 1997.

2 Rey JL, Ramadani Q, Soarés JL, et al. Étude séroépidémiologique des hépatites épidémiques à Mitrovicè dans les suites de la guerre du Kosovo (1999). Bull Soc Pathol Exot 2002 ; 95-1 : 3-7.

3 Nicand E, Grandadam M, Rey JL, et al. Viraemia and faecal shedding of HEV in symptom free Carriers. Lancet 2001 ; 357 : 68-9.

4 WHO. Health talks 12. Prishtina Kosovo : Humanitarian Assistance Office. Regional Office for Europe, 2000.

5 Diarrhées infectieuses aiguës, collection Médi/BIO, coordonné par R. Teyssou.

6 Doyle PW, Helgason MM, Mathias RG, Proctor EM. Epidemiology and pathogenicity of Blastomcystis hominis. J Clin Microb 1990 ; 28 : 141-8.

7 Vandevelde T. L'alimentation en eau des populations civiles lors des situations de sortie de crise et de postconflits ; exemple de la ville de Mitrovicè (Kosovo) en 1999-2000. Med Trop 2002 ; 62-4 : 372-6.

8 Ang LH. Outbreak of giardiasis in a day care nursery. Commun Dis Public Health 2000 ; 3 : 212-3.

9 Nygard K, Schimmer B, Sobstad O, et al. A large community outbreak of waterborne giardiasis delayed detection in a non-endemic urban area. BMC Public Heallth 2006 ; 6 : 141.

10 Wahl E, Bevanger L. An outbreak of giardiasis in a child day care centre In Trondheim. Tidsskr Nor Laegeforen 2007 ; 127 : 184-6.

11 Hardie RM, Wall PG, Gott P, Bardhan M, Bartlett LR. Infectious diarrhea in tourists staying in a resort hotel. Emerg Infect dis 1999 ; 5 : 168-71.

12 Hadjichristodoulou C. Outbreak of giardiasis among English tourists un Crete. Lancet 1998 ; 351 : 65-6.


 

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