ARTICLE
Auteur(s) : Clotilde
Binet1, Bénédicte
Gastineau2, Lina Rakotoson3
1Université Paris-X 92001 Nanterre cedex France
2IRD UMR 151 LPED Université de Provence13002 Marseille
France
3Université catholique de Madagascar Université
de Paris-X 92001 Nanterre cedex France
Avec un indice synthétique de fécondité (ISF) de 5,5 enfants par
femme en 2007 [1], l’Afrique subsaharienne reste le continent où la
fécondité est la plus élevée au monde. Toutefois, l’ISF varie
fortement d’un pays à l’autre. En 2007, trois pays affichent un
niveau de fécondité inférieur à trois enfants par femme.
Il s’agit de l’Afrique du Sud (2,7) et de deux îles de l’océan
Indien : l’île Maurice (1,7) et les Seychelles (2,1)1. À
l’opposé, 13 pays présentent encore des indices de fécondité
supérieurs à six enfants par femme, parmi lesquels le Niger et la
Guinée-Bissau qui ont les ISF les plus élevés du continent (7,1) et
du monde [1].
La fécondité de l’Afrique subsaharienne se distingue aussi par
sa précocité. Dans 50 pays en développement ayant fait l’objet
d’une enquête, presque un quart (23 %) des adolescentes de
15-19 ans, mariées ou non, ont déjà donné naissance à un
enfant ou sont enceintes au moment de l’enquête [2]. C’est en
Afrique subsaharienne que cette proportion est la plus élevée. Plus
d’un tiers des jeunes filles (15-19 ans) de Madagascar, du
Niger, du Malawi et du Mozambique ont déjà commencé leur vie
féconde2.
À la fin des années 1960, le phénomène des maternités précoces
est devenu, dans les pays développés et aux États-Unis en
particulier, un thème de préoccupation majeure [3]. Aux États-Unis,
cette préoccupation intervient à un moment où, d’une part, l’âge au
mariage croît, mais la fréquence de la sexualité et de la fécondité
des adolescents ne diminue pas et où, d’autre part, des générations
nombreuses issues du baby-boom deviennent adolescentes. Cette
configuration donne l’impression que la fécondité des adolescents
est « épidémique » [3]. À l’inverse, dans les pays du Sud, les
grossesses précoces ne sont pas considérées comme problématiques.
C’est la Conférence internationale sur la population et le
développement (CIPD), en 1994, qui attire l’attention de tous, au
Nord mais aussi au Sud, sur la question des grossesses précoces et
de leurs conséquences sur la santé et l’avenir des adolescents.
Dans le programme d’action de la CIPD, signé par 179 pays, il est,
tout d’abord, explicitement notifié que les grossesses précoces
contribuent (avec les grossesses tardives, rapprochées et
multiples) pour beaucoup aux taux élevés de morbidité, de
mortalités infantile et juvénile, en particulier dans les pays
pauvres. Le programme d’action reconnaît ensuite le fait que
les grossesses des adolescentes sont risquées et augmentent les
taux de mortalité maternelle (TMM). Enfin, les risques sociaux et
économiques des grossesses précoces sont évoqués en rappelant le
fait que le mariage et la maternité précoces peuvent réduire
fortement la possibilité pour les jeunes femmes de faire des études
et de travailler et risquent de porter un préjudice durable à leur
qualité de vie et à celle de leurs enfants. Les pays
signataires de ce programme d’action s’engagent donc à mettre en
œuvre des politiques visant à « éviter » ces grossesses à risque.
Des objectifs chiffrés sont définis : réduction du taux de
mortalité à moins de 35 pour 1 000 naissances vivantes en 2015
; réduction de moitié du TMM de 1990 à 2000 et une autre moitié
d’ici 2015. Pour réaliser les objectifs de la CIPD, plusieurs pays
du Sud vont entreprendre des programmes de santé de la reproduction
visant à limiter la fécondité des adolescentes.
Six années après la CIPD, plusieurs des Objectifs du millénaire
pour le développement (OMD) reprennent ceux de la CIPD de 1994.
Il s’agit principalement de l’objectif 4 : réduire la
mortalité des enfants de moins de 5 ans et de l’objectif 5 :
améliorer la santé maternelle.
L’objectif 4 vise à « réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015,
le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans ».
Le suivant vise à « réduire de trois quarts, entre 1990 et
2015, le TMM ». Parmi l’ensemble des mesures envisageables pour
atteindre ces engagements (vaccination des enfants, amélioration du
suivi des grossesses, etc.), la diminution des grossesses précoces
tient une place importante, d’autant plus qu’elle pourrait
contribuer aussi à la réalisation de deux autres objectifs : «
assurer l’éducation pour tous » et « promouvoir l’égalité et
l’autonomisation des femmes ». Les grossesses chez les jeunes
ne compromettent pas uniquement la santé et les chances de survie
de l’enfant ou de la femme, mais aussi la scolarisation et l’avenir
professionnel de la jeune fille.
Nous allons traiter principalement des facteurs de risque
économiques et socioculturels des grossesses précoces sur la survie
des enfants. Nous faisons l’hypothèse que l’effet de l’âge de la
mère sur la survie des enfants est moindre lorsque sont prises en
compte d’autres variables contextuelles. En effet, le contexte
économique et socioculturel entourant la fécondité des jeunes
femmes serait un facteur explicatif important, à la fois, de la
fréquence de ces grossesses, des soins donnés aux enfants et enfin
du recours à l’avortement. Tout d’abord, nous allons préciser
l’effet de l’âge de la mère sur la survie des enfants aux dates des
trois enquêtes démographiques et de santé (EDS 1992, 1997, 2003).
Ensuite, nous examinerons l’effet de variables économiques et
socioculturelles (niveau de vie et de scolarisation, province et
milieu de résidence, situation matrimoniale). Enfin, nous parlerons
rapidement de la question de l’avortement comme cause de mortalité
maternelle chez les jeunes femmes.
OMD à Madagascar : bilan et objectifs
Concernant Madagascar, la signature des OMD a été complétée par un
Madagascar Action Plan (MAP), sorte de « feuille de route » pour la
période 2007-2012, avec des objectifs à atteindre similaires ou non
aux OMD selon les domaines d’action. En matière de mortalité
infantile, ils sont relativement similaires, en matière de
mortalité maternelle, le MAP est moins ambitieux.
Objectifs de la CIPD (1994)
Mortalité infantile
L’objectif pour tous les pays est un taux de mortalité infantile
(TMI) inférieur à 35 pour 1 000 en 2015.
Le TMI de Madagascar est de 96 pour 1 000 en 1988-1992
(EDS, 1992). En 2005, à mi-parcours de la CIPD, le TMI est de 94
pour 1 000 [4].
Mortalité maternelle
L’objectif pour tous les pays est de diviser le TMM par deux entre
1990 et 2000 puis encore par deux entre 2000 et 2015.
Le TMM à Madagascar, en 1986-1992, est de 660 décès pour
100 0000 naissances vivantes. Pour remplir l’objectif fixé par
la CIPD, il devait atteindre 330 en 2000 et 175 en 2015.
Le TMM est estimé à 469 pour 1 000 au moment de l’enquête
démographique de 2003-2004. L’objectif annoncé n’a pas été
réalisé.
OMD (2000)
Mortalité infantojuvénile (enfants de moins
de 5 ans)
L’objectif 4 pour tous les pays est de réduire de deux tiers le
taux de mortalité infantojuvénile (TMIJ) entre 1990 et 2015.
À Madagascar, le TMIJ était de 168 pour 1 000 en 1990 [5],
l’objectif est de le réduire à 56 pour 1 000 en 2015. En
1999-2003, le TMIJ observé par l’EDS [6] est de 94 pour
1 000.
Madagascar avait également posé des objectifs en matière de
mortalité infantile. Les autorités publiques souhaitaient un
TMI inférieur à 35 pour 1 000 en 2015, l’objectif sera «
probablement » atteint [7].
Mortalité maternelle
L’objectif 5 pour tous les pays est de réduire de trois quarts le
TMM entre 1990 et 2015.
L’objectif dépend du niveau de mortalité en 1990, niveau qui,
selon les enquêtes, varie. Selon l’OMS, il s’élèverait à 550 pour
100 000 naissances vivantes en 1990 [5]. Pour atteindre
l’objectif, il devrait se situer au-dessous des 137 en 2015, ce qui
semble difficilement réalisable. Une autre source de données est
l’EDS de 1992 qui estime le taux à 660 décès pour 100 000,
pour la période 1986-1992. Le niveau maximum à atteindre en
2015 serait alors, 165 pour 100 000.
MAP (2007)
Mortalité infantile
L’engagement 5, défi 5, est de faire diminuer le TMI de 94 pour
1 000, en 2005, à 47 pour 1 000, en 2012.
Mortalité maternelle
L’engagement 5, défi 6, est de faire diminuer le TMM de 469 pour
100 000 naissances vivantes, en 2005, à 273, en 2012.
En 2000, au moment où les 147 États membres des Nations unies
s’engagent à atteindre les huit OMD, Madagascar présente une
situation peu favorable. La mortalité infantile reste élevée :
99 décès pour 1 000 naissances vivantes3 [8].
La mortalité juvénile (entre 1 et 4 ans) s’élève, elle, à 71
pour 1 000. Pour 1 000 enfants nés vivants, 164 décèdent
avant leur cinquième anniversaire. Les risques de décéder les
plus élevés sont observés chez les enfants nés de jeunes mères
(moins de 20 ans) et de mères âgées (40-49 ans) [8].
Ainsi, le risque de décéder avant l’âge d’1 an est 1,3 fois plus
élevé pour un enfant né d’une mère âgée de moins de 20 ans
(119 pour 1 000) que pour un enfant né d’une mère appartenant
au groupe d’âges 20-29 ans (94 pour 1 000).
La mortalité infantojuvénile est également plus importante
pour les enfants de jeunes mères : elle est de 190 pour 1 000
pour les enfants de mères jeunes contre environ 150 pour 1 000
pour les enfants de mères accouchant entre 20 et 39 ans [8].
Le risque de décéder entre 1 et 4 ans est, de la même façon,
particulièrement élevé pour les enfants issus de mères très
jeunes.
Comme la mortalité des enfants, la mortalité maternelle reste à
un niveau élevé et est liée à l’âge des mères. Le TMM est un
indicateur relativement difficile à mesurer, surtout dans des pays
où l’enregistrement des décès et donc des causes de décès est
défaillant. Des méthodes indirectes sont utilisées, notamment
en interrogeant les individus sur la survie et l’histoire de leurs
sœurs. Avec l’indication de l’âge au décès des sœurs, le nombre
d’années écoulées depuis le décès et le contexte du décès (savoir
si le décès de la femme est intervenu alors qu’elle était enceinte,
en couche ou avait accouché depuis moins de deux mois), il est
possible d’estimer un TMM calculé pour 100 000 naissances
vivantes.
Cette méthode de calcul permet de dire que le TMM à Madagascar,
à la fin des années 1990, se situe entre 500 et 600 décès pour
100 000 naissances vivantes [10, 13]. Cet indicateur est
stable depuis le début des années 1980 [9]. Les résultats de
L’EDS de 2003-2004 montrent qu’une femme court un risque de 1 sur
42 de décéder pour cause maternelle sur toute sa vie génésique
(15-49 ans).
Les jeunes femmes présentent des risques élevés de complications
de grossesses ou d’accouchements difficiles du fait de leur âge ;
pourtant, leur suivi médical n’apparaît pas meilleur que pour les
femmes à moindre risque. Environ un cinquième (18 %) des jeunes
femmes enceintes (moins de 20 ans) n’ont pas été suivi par un
personnel médical pendant la grossesse, et la moitié (49 %) ont
accouché sans aucune assistance médicale4 [6].
Il apparaît que le jeune âge d’une femme est un risque
supplémentaire pour la survie de la femme et de l’enfant.
Les causes de mortalité maternelle sont multiples : un tiers
est dû à des complications de la grossesse et 40 % à des
avortements [9]. L’avortement est illégal à Madagascar, ce qui
n’exclut pas que de nombreuses femmes y aient recours. Toutefois,
du fait de son caractère clandestin, il est souvent pratiqué dans
des conditions sanitaires non sécurisées mettant en danger la santé
et la vie de la femme.
Grossesses précoces toujours aussi nombreuses
Les niveaux de mortalité infantile et maternelle sont liés à la
fécondité précoce. Or, les niveaux de fécondité des adolescentes
restent élevés et n’ont pas varié de façon significative depuis le
début des années 1990 (tableau 1). En
1993, le taux de fécondité des 15-19 ans était de 157 pour
1 000, dix ans plus tard, il est encore de 150 pour
1 000. Les évolutions sont à distinguer entre les deux
milieux de résidence : en milieu urbain, le taux de fécondité a
augmenté de 38 %, tandis qu’en milieu rural, elle a chuté de 17 %
(tableau 1). La proportion des très
jeunes filles (15-17 ans), qui sont déjà mères ou en passe de
l’être, est relativement stable entre ces deux dates (figure 1).
Ces observations sont à mettre en perspective avec le fait que
la fécondité générale est nettement en baisse sur la période. L’ISF
passe de 6,3 enfants par femme en 1993 à 5,2 en 2003.
Le groupe des 15-19 ans est celui qui contribue le moins
à ce mouvement de diminution de la fécondité.
La fréquence des grossesses précoces varie beaucoup selon le
contexte économique, social et culturel. En 2003-2004, les
grossesses précoces sont très répandues dans les provinces de
l’Ouest de Madagascar (Toliary et Mahajanga), où les jeunes mères
représentent environ 10 % de l’ensemble des mères. Elles sont un
peu plus nombreuses en milieu rural (7,5 %) qu’en milieu urbain
(5,9 %), et il y a très peu de jeunes mères dans la capitale
malgache (2,3 %). La précocité des grossesses concerne
davantage une population féminine peu scolarisée : 10,5 % des mères
n’ayant jamais été à l’école ont moins de 20 ans contre
seulement 2,1 % des mères qui ont été scolarisées dans le
secondaire.
Le modèle traditionnel malgache valorise une fécondité précoce
et antérieure au mariage. Pour pouvoir se marier, il est bien vu
qu’une jeune femme ait fait preuve de sa fertilité et, dans de
nombreuses régions, les mères célibataires sont bien acceptées par
la société [10]. La dernière EDS confirme d’ailleurs le fait que
les grossesses précoces soient essentiellement le fait de femmes
célibataires. Il faut préciser toutefois que la capitale
Antananarivo et sa région font exception sur la Grande Île où la
fécondité des célibataires est socialement réprouvée.
La christianisation et la colonisation ont été plus fortes
dans cette région que dans les autres, imposant un idéal de
virginité prémaritale stigmatisant la sexualité et la fécondité
hors des liens du mariage [11].
Pour faire diminuer la fécondité précoce considérée comme à
risque, les autorités malgaches ont mis en œuvre une politique
nationale de la santé des jeunes à Madagascar, en 2000, visant à
élargir la portée des services de santé de la reproduction déjà
effectifs aux adolescents. La question des avortements est
aussi évoquée, mais le ministère de la Santé suggère de mettre en
place un système d’information sur le sujet avant de décider
d’intervenir. Avec les ministères malgaches, un acteur important de
santé de la reproduction des adolescents à Madagascar est
l’organisation américaine Population Services International (PSI).
Elle anime Top-réseaux, un réseau de médecins sur l’ensemble du
territoire, formés spécifiquement aux questions de santé de la
reproduction des adolescents. Ce programme, qui a débuté en
1998, compte aujourd’hui 184 médecins5, mais concerne
principalement les zones urbaines de la Grande Île. Aussi, la
majorité des adolescents n’ont pas du tout accès à la contraception
ou un accès limité (approvisionnement irrégulier en contraceptifs,
manque de conseils et d’information, etc.). C’est d’ailleurs ce que
constate le MAP en recommandant d’étendre les services de
planification familiale aux adolescents via des centres de jeunes.
Le gouvernement malgache s’est donné comme objectif de
parvenir à un taux de prévalence contraceptive des jeunes femmes de
45 % en 20126 (calculée pour toutes les adolescentes de
15-19 ans et toutes les méthodes contraceptives confondues),
alors que ce taux était de 9 %, en 1997, et de 14 %, en 2003 [8,
6]. Plusieurs programmes d’action, menés par des ministères (Santé
et Planning familial, Jeunesse et Sports, etc.) par des
associations nationales ou internationales, s’intéressent à la
question des grossesses précoces comme facteur de risque pour la
santé maternelle et infantile. Ils ont pour objectif, le plus
souvent, de limiter les grossesses précoces via des campagnes
d’éducation et d’information auprès de jeunes visant à promouvoir
l’abstinence sexuelle auprès des jeunes filles [11]. Plus rares
sont ceux qui apportent un soutien économique ou social aux mères
adolescentes. La prise en charge d’une jeune mère et de son
enfant incombe, le plus souvent, à elle-même ou à sa famille.
Tableau 1 Taux de fécondité des 15-19 ans (pour
1 000 femmes) par zone de résidence.Table 1. Adolescent
fertility rates (births per 1,000 women aged 15-19 years) by area
of residence.
|
1993
|
1997
|
2003
|
|
Urbain
|
75
|
121
|
104
|
|
Rural
|
178
|
204
|
165
|
|
Total
|
157
|
181
|
150
|
Âge de la mère et probabilité de survie
de l’enfant
Concernant la mortalité infantile (entre la naissance et le premier
anniversaire), on observe dans toutes les enquêtes une différence
de probabilité de survie entre les enfants, selon l’âge de la mère
(tableau 2). Depuis 1992, ces quotients
de mortalité ont baissé, bien que certaines réserves soient émises
quant à la qualité des données de la dernière EDS [12]. Cette
baisse a concerné toutes les femmes et donc a touché les jeunes
mères. Toutefois, l’écart entre les quotients de mortalité reste le
même : les enfants de mères de moins de 20 ans ont 30 % de
chance de survie de moins que ceux des femmes âgées de
20-29 ans. Pour la mortalité des enfants entre 1 et 4 ans
(4q1), les différences entre les jeunes mères
et les autres sont moins importantes que durant la première année
de vie de l’enfant (1q0). Il est surtout
notable qu’en 2003, la probabilité de mourir entre 1 et 4 ans est
de 48,8 pour 1 000 pour un enfant de jeune mère contre 48,0
pour 1 000 pour un enfant dont la mère est âgée de 20 à
29 ans. Pour ces deux groupes d’âges, l’effet de l’âge de la
mère sur la survie des enfants n’est significatif que durant la
première année de l’enfant.
Tableau 2 Quotients de mortalité infantile et
juvénilea selon l’âge de la mère à la naissance de
l’enfant (pour 1 000 naissances vivantes).Table 2. Under-5
mortality rate, according to the mother’s age at the child’s birth
(per 1000 live births).
|
1q0
|
|
Âge de la mère
|
EDS 1992
|
EDS 1997
|
EDS 2003
|
|
Moins de 20 ans
|
127,5
|
119,0
|
87,9
|
|
20-29
|
99,5
|
93,7
|
61,5
|
|
30-39
|
93,5
|
89,0
|
71,8
|
|
40-49
|
NS
|
NS
|
67,7
|
|
4q1
|
|
Âge de la mère
|
1992
|
1997
|
2003
|
|
Moins de 20 ans
|
90,8
|
80,1
|
48,8
|
|
20-29
|
81,9
|
72,5
|
48,0
|
|
30-39
|
82,7
|
64,3
|
36,6
|
|
40-49
|
NS
|
63,6
|
43,1
|
Survie de l’enfant et caractéristiques
socio-économiques de la femme
Les probabilités de survie avant l’âge d’1 an varient d’une
province à l’autre. Les provinces d’Antananarivo, de
Fianarantsoa et d’Antsiranana bénéficient d’une situation
relativement favorable, avec des probabilités de survie qui sont
supérieures à 930 pour 1 000. On observe également des
différences significatives selon le milieu de résidence, le niveau
de scolarisation et le niveau de vie qui rendent compte du contexte
social et économique dans lequel vivent les enfants.
Les enfants vivant en milieu rural ont les probabilités de
survie les plus faibles, de même que ceux dont les mères n’ont pas
été scolarisées et ceux qui vivent dans des ménages pauvres. Tous
ces enfants ont une probabilité de survie inférieure ou égale à 920
pour 1 000. L’effet de la situation matrimoniale est très
significatif : les enfants dont la mère est célibataire ont une
probabilité de survie plus faible. Seulement 888 pour 1 000
d’entre eux peuvent espérer atteindre leur premier anniversaire
(tableau 3).
Les grossesses précoces et la survie des enfants présentent donc
des variations significatives selon le contexte économique, social
et culturel dans lequel évoluent les femmes. Il paraît donc
nécessaire, pour mieux comprendre les liens entre précocité des
grossesses et mortalité infantile, d’examiner ces relations en
tenant compte d’autres facteurs de risque associés à la fécondité
précoce.
Le tableau 4 présente les risques
relatifs pour un enfant de survivre jusqu’à son premier
anniversaire. Il ressort d’emblée que certes l’âge de la mère
a un effet sur la probabilité de survie de l’enfant, mais les
variables socio-économiques (niveau de vie, niveau de
scolarisation) et les variables contextuelles (province, situation
matrimoniale) influencent aussi significativement la survie des
enfants (tableau 4).
L’effet du niveau de vie et du niveau de scolarisation sur la
survie des enfants est prépondérant. Être issue d’une famille «
très riche » multiplie aussi les chances de survie des enfants par
deux. De la même manière, lorsque la mère a été scolarisée
dans le secondaire, cette probabilité est également plus élevée (de
près de 60 %). Un plus faible niveau de scolarisation n’a pas
d’incidence sur ce risque. Ainsi, bien que les effets du niveau de
vie et du niveau de scolarisation soient indépendants, on peut
supposer que les femmes qui ont suivi des études secondaires vivent
plutôt au sein des catégories aisées de la population. L’effet de
ces deux variables serait donc bien cumulatif : les ménages les
plus riches ont un meilleur accès aux soins de santé et les mères
de ces ménages, très souvent mieux scolarisées, sont plus à même
d’adopter des pratiques alimentaires et sanitaires favorables à la
survie des enfants.
L’importance du contexte familial pour comprendre la survie des
enfants est confirmée par l’effet significatif de la situation
matrimoniale de la mère au moment de la naissance de l’enfant.
Les enfants nés de mères non célibataires ont
significativement plus de chances d’atteindre leur premier
anniversaire que les autres enfants. Ainsi, en dépit d’un contexte
socioculturel ne stigmatisant pas la fécondité hors mariage, du
moins dans la plupart des régions de l’île [14, 15], la prise en
charge des enfants de mères célibataires semble moins bonne que
pour les enfants nés dans le cadre d’unions stables.
Si ces variables sont importantes au niveau individuel, on
retrouve des facteurs contextuels particulièrement discriminants.
Ainsi, les enfants vivant dans les provinces de Toliary, de
Mahajanga et de Toamasina sont plus vulnérables que les autres
enfants : leur probabilité de survie est moindre que pour ceux
d’enfants nés dans les autres provinces de Madagascar. Toutes
choses égales par ailleurs, les enfants nés dans les provinces
d’Antananarivo, de Fianarantsoa et d’Antsiranana ont plus de
chances d’atteindre leur premier anniversaire que les enfants nés
dans les autres provinces. Leurs effets sont aussi élevés que celui
du niveau de scolarisation ou de la situation matrimoniale de la
mère (tableau 4).
Le faible effet de l’âge de la mère sur la survie des enfants,
comparativement à d’autres variables socio-économiques, confirme
l’hypothèse selon laquelle l’âge ne fait qu’intensifier des
problèmes de santé communs à l’ensemble des femmes. C’est aussi
dans l’environnement (sanitaire, familial, social) de la mère et
des jeunes enfants qu’il faut rechercher des explications pour
comprendre la plus forte mortalité infantile des enfants de jeunes
mères.
Une étude rétrospective portant sur les accouchements
prématurés, répertoriés entre le 1er janvier et le 31
décembre 1997, à la maternité de Befelatanana (Antananarivo), a
montré que les adolescentes de moins de 20 ans sont les plus
exposées à l’accouchement prématuré [16]. Ils sont de plus en
plus nombreux chez les femmes jeunes, et les « enfants prématurés
ont un pronostic sombre ». Toutefois, les auteurs notent que, plus
que l’âge, c’est le niveau de vie et l’accès à la surveillance
médicale de la grossesse qui expliquent les accouchements
prématurés. Un faible niveau de vie et une absence de consultation
prénatale augmentent le risque plus que l’âge de la mère.
Malgré les risques sanitaires plus importants, les jeunes mères
ne bénéficient pas d’un meilleur suivi médical que les autres (tableau 5) : seules 34,2 % d’entre elles ont
effectué au moins quatre visites anténatales, minimum recommandé
par l’OMS. De même, elles accouchent rarement en structure
médicale (moins de 30 %) et sont peu suivies médicalement après la
naissance des enfants.
Les grandes enquêtes sanitaires et démographiques montrent, à
Madagascar comme ailleurs en Afrique, qu’au-delà des facteurs
biologiques, il convient de prendre en compte le contexte social,
culturel et économique pour comprendre le lien entre l’âge de la
mère et la survie des jeunes enfants [17]. À Madagascar, celles-ci
sont bien souvent célibataires scolarisées. Comme dans beaucoup de
contextes africains, elles semblent plus vulnérables : elles n’ont
pas d’autonomie financière, souvent peu de ressources, et ont moins
accès aux systèmes de santé que leurs aînées. Inversement, une
grossesse précoce peut rendre encore plus vulnérable une femme en
compromettant sa scolarité et son insertion sociale. Dans les
contextes, telle la capitale Antananarivo, où la sexualité et la
fécondité prémaritales sont réprouvées, les adolescentes
célibataires peuvent subir diverses violences — de la réprobation
sociale à la violence physique — mettant en danger leur
grossesse et leur santé. Une étude récente menée sur Antananarivo
montre qu’une jeune mère célibataire risque, par exemple, d’être
envoyée loin de sa famille, de son quartier afin d’éviter les «
commérages ». Les mères célibataires interrogées racontent les
violences verbales et physiques dont elles sont victimes. Au-delà
des problèmes économiques, la sanction sociale peut être tellement
forte qu’elle peut pousser les jeunes mères à abandonner leur
enfant ou à avoir recours à l’avortement [18] ; or, l’avortement
est une cause majeure de la mortalité maternelle.
Tableau 3 Probabilité de survie des enfants entre 0 et
1 an (pour 1 000 naissances) en 2003-2004.Table 3. Probability
of infant survival to the age of 1 year (per 1,000 livebirths) in
2003-2004.
|
Caractéristiques sociodémographiques
|
Probabilités de survie
|
|
Provinces
|
|
|
Antananarivo
|
953
|
|
Fianarantsoa
|
932
|
|
Toamasina
|
915
|
|
Mahajanga
|
912
|
|
Toliary
|
902
|
|
Antsiranana
|
938
|
|
Milieu de résidence
|
|
|
Capitale
|
967
|
|
Autres villes
|
942
|
|
Milieu rural
|
924
|
|
Niveau de scolarisation de la mère
|
|
|
Aucun
|
905
|
|
Primaire
|
927
|
|
Secondaire et +
|
960
|
|
Niveau de vie de la mèrea
|
|
|
Le plus pauvre
|
905
|
|
Pauvre
|
911
|
|
Moyen
|
927
|
|
Riche
|
948
|
|
Le plus riche
|
966
|
|
Situation matrimoniale de la mère
|
|
|
Célibataire
|
888
|
|
A déjà connu une union
|
931
|
|
Ensemble
|
928
|
Tableau 4 Risques relatifs pour un enfant d’avoir
atteint son premier anniversaire selon différentes caractéristiques
sociodémographiques de la mère (2003-2004).Table 4. Relative risks
for a child to reach his or her first birthday according to various
social and demographic characteristics of the mother (2003-2004).
|
Pourcentage
|
Risques
|
Effectifs
|
|
Âge de la mère
|
|
|
|
|
Moins de 20 ans
|
90,8
|
Réf.
|
5 046
|
|
Plus de 20 ans
|
93,4
|
1,262
|
16 924
|
|
Provinces
|
|
|
|
|
Antananarivo
|
95,3
|
1,520
|
6 110
|
|
Fianarantsoa
|
93,2
|
1,299**
|
4 398
|
|
Toamasina
|
91,5
|
1,012
|
3 601
|
|
Mahajanga
|
91,2
|
0,996
|
3 294
|
|
Toliary
|
90,2
|
Réf.
|
2 997
|
|
Antsiranana
|
93,8
|
1,432**
|
1 685
|
|
Milieu de résidence
|
|
|
|
|
Capitale
|
96,7
|
0,905
|
822
|
|
Autres villes
|
94,2
|
1,005
|
3 542
|
|
Milieu rural
|
92,4
|
Réf.
|
17 721
|
|
Niveau de scolarisation
|
|
|
|
|
Aucun
|
90,5
|
Réf.
|
6 091
|
|
Primaire
|
92,7
|
1,111
|
11 167
|
|
Secondaire et +
|
96,0
|
1,596
|
4 827
|
|
Niveau de vie
|
|
|
|
|
Très pauvre
|
90,5
|
Réf.
|
5 904
|
|
Pauvre
|
91,1
|
0,983
|
4 020
|
|
Moyen
|
92,7
|
1,181**
|
4 724
|
|
Riche
|
94,8
|
1,601
|
3 904
|
|
Très riche
|
96,6
|
1,915
|
3 532
|
|
Situation matrimoniale de la mère
|
|
|
|
|
Célibataire
|
88,8
|
Réf.
|
949
|
|
A déjà connu une union
|
93,1
|
1,458
|
20 324
|
|
Année de naissance de l’enfant
|
|
|
|
|
Avant 1984
|
92,6
|
1,161
|
3 712
|
|
1985-1994
|
92,2
|
Réf.
|
8 283
|
|
1995-2002
|
93,4
|
1,199**
|
10 090
|
|
Constante
|
92,8
|
4,241
|
22 085
|
Tableau 5 Répartition des femmes selon les soins reçus
avant et après la grossesse (grossesse la plus récente).Table 5.
Distribution of women who had a live birth by care provider during
and after pregnancy (for the most recent birth).
|
Parcours sanitaires
|
Moins de 20 ans %
|
Plus de 20 ans %
|
|
Nombre de visites avant la naissance
|
|
|
|
Moins de 3
|
65,8
|
57,3
|
|
4 et +
|
34,2
|
42,7
|
|
Lieu d’accouchement
|
|
|
|
Domicile
|
70,3
|
66,9
|
|
Structure médicale
|
29,7
|
33,1
|
|
Bilan de santé après la naissance
|
|
|
|
Oui
|
40,6
|
43,1
|
|
Non
|
59,4
|
56,9
|
Santé maternelle et avortement
À Madagascar, il est impossible d’étudier les causes de mortalité
maternelle au niveau national du fait du manque de données.
Le chiffre même du nombre de décès liés à des causes
maternelles porte à discussion. On estime que le TMM se situe entre
500 et 600 pour 100 000 naissances vivantes, à la fin des
années 1990 [6]. Les causes de mortalité ne sont pas toujours
bien identifiées, les déclarations des décès à l’état civil ne sont
pas exhaustives. Seule la situation de la ville d’Antananarivo,
capitale de Madagascar, est relativement bien connue.
La quasi-totalité des décès sont déclarés à l’état civil, le
bureau municipal d’hygiène détermine les causes de mortalité et les
hôpitaux publics et les maternités privées, plus nombreux
d’ailleurs, fournissent des statistiques intéressantes.
Les statistiques sur la mortalité maternelle à Antananarivo
montrent que l’avortement provoqué est la première cause de
mortalité maternelle. Entre 1984 et 1995, près de la moitié des
décès maternels ont résulté d’avortements, vraisemblablement
provoqués et clandestins [193]. Les conséquences d’un
avortement sont la première cause de mortalité maternelle, quel que
soit le groupe d’âges de la femme. De même, une analyse des
registres des accouchements, des décès et des dossiers cliniques de
la maternité de Befelatanana (maternité publique de référence à
Antananarivo) permet de comptabiliser les décès maternels par cause
[20]. Entre le 1er janvier 1988 et le 31 décembre 1997,
997 décès maternels ont été enregistrés à la maternité. Parmi les
causes obstétricales directes à l’origine de 93 % des décès, les
complications d’accouchements étaient responsables de 57 % des
décès et les complications d’avortements — le plus souvent
provoqués — de 43 % [20].
Bien que tous les groupes d’âges soient concernés, les décès
liés à l’avortement concernent prioritairement les femmes jeunes
[21, 19]. Sur la période 1984-1995, 57 % de la mortalité maternelle
avait pour cause l’avortement pour les 15-19 ans et 60 % pour
les 20-24 ans [19]. Les jeunes femmes qui souhaitent
avorter n’ont pas toujours les moyens d’avoir accès à un avortement
sécurisé. Elles utilisent alors des méthodes très dangereuses pour
leur santé et pour leur vie.
La situation de Madagascar n’est en rien exceptionnelle.
La quasi-totalité des pays d’Afrique subsaharienne
n’autorisent l’avortement que sous certaines conditions strictes
qui rendent très difficile l’accès. Seuls deux pays d’Afrique
subsaharienne l’autorisent sans condition, l’Afrique du Sud et le
Cap-Vert, les autres connaissent des situations comparables à
Madagascar avec certes des niveaux de taux d’avortement et de
mortalité maternelle qui varient. De même, plusieurs études
montrent que, dans d’autres pays, l’avortement concerne surtout les
femmes jeunes : en Côte-d’Ivoire [22] et au Cameroun [23]. Au
niveau de l’Afrique, comme à Madagascar, les conséquences des
avortements clandestins sur la survie et la santé des jeunes femmes
sont importantes. En Afrique subsaharienne, où se situent 40 % de
tous les avortements pratiqués sur des adolescentes dans des
conditions dangereuses à travers le monde en développement, les
données en provenance de sept pays ont révélé que 39 à 79 % des
patientes traitées pour des complications de l’avortement étaient
des adolescentes [24].
À Madagascar, comme en Afrique subsaharienne, pour que le
cinquième OMD soit réalisé, pour que la mortalité maternelle
diminue, il faudra faire porter les efforts sur l’amélioration des
soins de santé de la reproduction en général et surtout sur la
prévention des avortements à risque [25], notamment à destination
des jeunes filles.
Conclusion
Madagascar s’est engagée à remplir les OMD. Les autorités
publiques, les organisations internationales et non
gouvernementales ont mis en œuvre des actions pour faire diminuer
la mortalité infantile et la mortalité maternelle.
Des premiers résultats ont été obtenus, mais les objectifs
fixés par les États membres des Nations unies sont encore loin
d’être atteints.
Les adolescents et adolescentes sont des populations importantes
dans la réalisation de ces objectifs. Les analyses des
enquêtes montrent à quel point les jeunes filles sont vulnérables
pendant et après leur grossesse. Leur probabilité de décéder et
celle de leurs enfants sont supérieures à celles de leurs aînées.
Si ces différences peuvent s’expliquer par des facteurs
biologiques, les analyses des EDS montrent que les variables
socio-économiques (lieu de résidence, niveau de scolarisation,
etc.) doivent être aussi prises en considération.
Des progrès en matière d’accès à la contraception doivent encore
être faits pour éviter les grossesses non désirées aboutissant à
une marginalisation des jeunes mères ou à un avortement.
Il semble que les jeunes ont une mauvaise connaissance des
questions de sexualité et de santé de la reproduction, mauvaise
connaissance qui ne leur permet pas de maîtriser leur fécondité,
même quand les méthodes contraceptives sont facilement accessibles
[26]. De plus, une meilleure prise en charge des jeunes mères
peut être envisagée, comprenant certes une surveillance médicale
spécifique, mais aussi une aide psychologique, sociale et
économique. Au-delà de l’âge, la précarité des jeunes mères est un
facteur de risque important pour leur santé et celle de leur
enfant. Enfin, la question de l’avortement semble cruciale. C’est
une cause importante de mortalité maternelle, notamment chez les
jeunes filles. Au-delà des actions de prévention, des services
post-abortum pourraient aider à une meilleure prise en charge des
complications des avortements et limiter la mortalité des
femmes.
Références
1 PRB. Fiche de données sur la population mondiale 2007. Population
Reference Bureau, 2008.
2 Zlidar VM, Gardner R, Rutstein SO, Morris L, Goldberg H,
Johnson K. Conclusions de nouvelles enquêtes : poursuite de la
révolution dans le domaine de la reproduction. Population Reports,
série M, no 17. Baltimore: Johns Hopkins Bloomberg
School of Public Health, the INFO Project, printemps, 2003.
3 Furstenberg F. “When will teenage childbearing become a
problem? The implications of western experience for developing
countries”. Stud Fam Plann 1998 ; 29 : 246-53.
4 République de Madagascar. Madagascar Action Plan, 2007.
www.map.gov.mg.
5 OMS. Statistiques sanitaires mondiales 2009. Genève :
Organisation mondiale de la santé, 2009.
6 INSTAT, ORC Macro. Madagascar — Enquête nationale
démographique 2003-2004, Institut National de la Statistique, ORC
Macro, 2005.
7 République de Madagascar. Rapport sur le suivi des objectifs
du millénaire pour le développement à Madagascar. Antananarivo :
ministère de l’Économie, des Finances et du Budget (MEFB),
2004.
8 INSTAT, Macro International Inc. Madagascar — Enquête
nationale démographique 1997. Madagascar : Institut National
de la Statistique: Macro International Inc., 1998.
9 UNDP. Rapport national sur le développement humain 2003.
Genre, développement humain et pauvreté. Antananarivo: Programme
des Nations Unies pour le développement et la population, 2003.
10 Ravalolomanga B. Être femme et mère à Madagascar (Tanala
d’Ifanadiana). Paris : L’Harmattan, 1992.
11 Binet C, Gastineau B. « Messages d’informations sur le sida
et modèles sexués de prévention des risques à Antananarivo
(Madagascar) », Communication présentée au Colloque de l’AIDELF
Démographie et culture, 25-59 août 2008, Québec, 2008.
12 Rajabaly H. « La mortalité des enfants à Madagascar : un
indicateur démographique et sanitaire ». Revue Tsingy 2006 ; 4 :
49-64.
13 CNRE, MacroInt. Madagascar — Enquête nationale
démographique et sanitaire 1992. Centre national de recherches sur
l’environnement et Macro international, 1994.
14 Binet C. Choix du conjoint et fécondité à Madagascar. Thèse
de doctorat, université Paris-X, 2008.
15 Garenne M, Zwang J. “Social change and premarital
fertility in Madagascar”. South Afr J Demog 2004 ; 9 :
27-48.
16 Andriamady R, Rasamoelisoa JM, Rakotonoel H,
Ravaonarivo H, Ranjalahy RJ, Razanamparany M. « Les
accouchements prématurés à la maternité de Befelatanana », centre
hospitalier universitaire d’Antananarivo en 1997. Arch Inst Pasteur
Madagascar 1999a ; 65 : 93-5.
17 Zabin LS, Kiragu K. “The health consequences of adolescent
sexual and fertility behavior in Sub-Saharan Africa”. Stud Fam
Plann 1998 ; 29 : 210-32.
18 Randrianasolo M. L’abandon d’enfants par les mères
célibataires à Antananarivo. Mémoire de fin d’études DEA,
Population et développement, Université catholique de Madagascar,
2005.
19 Waltisperger D, Canterelle P, Ralijaona O. La mortalité à
Antananarivo de 1984 à 1995. Paris : Ceped, Les documents du
Ceped, no 7, 1998.
20 Rasoarimahandry C, Rakotoarimanana M,
Ranjalahy R. « Mortalité maternelle à la maternité de
Befelatanana : CHU d’Antananarivo (1988-1997) ». J Gynecol Obstet
Biol Reprod 2000 ; 29 : 501-8.
21 Andriamady R, Rakotoarisoa, Ranjalahy R, Fidison A. « Les cas
d’avortements à la maternité de Befelatanana au cours de l’année
1997 ». Arch Inst Pasteur 1999b ; 65 : 90-2.
22 Guillaume A, Desgrées du Loû A. “Fertility
regulation among women in Abidjan, Côte-d’Ivoire: Contraception,
abortion or both?”. Int Fam Plan Perspect 2002 ; 28 :
159-66.
23 Meekers D, Calvès AE. “Gender differentials in
adolescent sexual activity and reproductive health risks in
Cameroon”. Afr J Reprod Health 1997 ; 3 : 51-67.
24 UNFPA. État de la population mondiale 2005 — La
promesse d’égalité. Égalité des sexes, santé en matière de
procréation et objectifs du millénaire pour le développement. Fonds
des Nations Unies pour la population, 2005.
25 OMS, Unicef, FNUAP, Banque mondiale. Mortalité maternelle
2005. Rapport OMS, Unicef, FNUAP, Banque mondiale, 2008.
26 Gastineau B, Hanitriniaina O. « Connaissance de la
contraception et sexualité à risque chez les jeunes à Antananarivo
(Madagascar) ». Med Afr Noire 2008 : 207-12.
1 L’île de la Réunion, département
français, a aussi un ISF inférieur à trois enfants par femme (2,4 ;
[1]).
2 Les données proviennent des enquêtes
démographiques et de santé (EDS) menées ces cinq dernières années
en Afrique subsaharienne. Vingt et un pays disposent d’une EDS
récente : Burkina Faso (2003), Cameroun (2004), Congo (2005),
Érythrée (2002), Éthiopie (2005), Ghana (2003), Guinée (2005),
Kenya (2003), Lesotho (2004), Madagascar (2003-2004), Malawi
(2004), Mozambique (2003), Niger (2006), Nigeria (2003), Ouganda
(2006), Rwanda (2005), Sénégal (2005), Tanzanie (2004), Tchad
(2004), Zambie (2001-2002) et Zimbabwe (2005-2006). Source :
www.measuredhs.com.
3 Taux de mortalité infantile, juvénile et
infantojuvénile pour la période de dix ans précédant l’EDS.
Madagascar, 1997.
4 Proportion calculée sur les naissances
survenues au cours des trois années ayant précédé l’EDS.
Madagascar, 1997.
5 www.psi.org.6
www.map.gov.mg.
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