Home > Journals > Public health > Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Biology and research
Public health
Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Imported malaria in northern central Morocco, 1997-2007


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 19, Number 1, 43-7, janvier-février-mars 2009, Étude originale

DOI : 10.1684/san.2009.0137

Résumé   Summary  

Author(s) : Abdelhakim El Ouali Lalami, Mohamed Cherigui, Saad Ibnsouda Koraichi, Saad Maniar, Nora El Maimouni, Mohamed Rhajaoui , Laboratoire régional de diagnostic épidémiologique et d’hygiène du milieu direction régionale de la santé hôpital El-Ghassani Fès Maroc, Laboratoire de biotechnologie microbienne, faculté des sciences et techniques Saiss Fès Maroc, Observatoire régional de la santé direction régionale de santé de Fès Maroc, Département de parasitologie institut national d’hygiène Rabat Maroc.

Summary : After the elimination of autochthonous malaria in Morocco in 2004, control of imported malaria, based on epidemiological monitoring of the parasite and vector control, has become a priority. This retrospective study concerns imported malaria cases identified by optical microscopy at the regional epidemiological diagnostic laboratory of the Regional Health Department of Fes from1997 through 2007. The results obtained showed that 56 of 68 (82%) samples examined were positive. Women accounted for 21% of cases, and all patients were older than 15 years. The positive cases were imported from 13 African countries, in particular, Côte d’Ivoire (14%) and Congo and Burkina Faso (11%). Incidence was highest in 2002 with 11 cases, 1998 with 9 cases, and 2004 and 2005, with 8 each year. Only one death was recorded, in 2002. The species found were Plasmodium falciparum, in 50 cases (89%), Plasmodium vivax in 4 (7%) and Plasmodium ovale in 2 (4%). The city of Fes, capital of the Fes -Boulemane region in northern central Morocco, as a capital, university town, and important spiritual centre, attracts many visitors from countries of sub-Saharan Africa where malaria is endemic. It is thus essential to maintain a high level of malaria monitoring and control in this area. The results of this study will undoubtedly help to guide the programme for imported malaria control and monitoring in our area, as well as the national programme against this disease.

Keywords : imported malaria, parasite, plasmodium, control, Fez, Morocco

Pictures

ARTICLE

Auteur(s) : Abdelhakim El Ouali Lalami1,2, Mohamed Cherigui1, Saad Ibnsouda Koraichi2, Saad Maniar3, Nora El Maimouni4, Mohamed Rhajaoui4

1Laboratoire régional de diagnostic épidémiologique et d’hygiène du milieu direction régionale de la santé hôpital El-Ghassani Fès Maroc
2Laboratoire de biotechnologie microbienne, faculté des sciences et techniques Saiss Fès Maroc
3Observatoire régional de la santé direction régionale de santé de Fès Maroc
4Département de parasitologie institut national d’hygiène Rabat Maroc

Le paludisme ou malaria est une parasitose transmissible, affectant l’homme, les oiseaux et les singes. L’agent pathogène est un protozoaire du genre Plasmodium. La transmission du parasite à l’homme se fait par la piqûre d’un moustique femelle du genre Anopheles.

Quatre espèces exclusivement humaines sont responsables de la maladie : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae.

Le paludisme sévit dans le monde sous forme endémo-épidémique. Il est la première maladie transmissible et mortelle. Chaque année, deux millions de personnes en meurent, le plus souvent des enfants, 90 % de ces décès se produisent en Afrique [1, 2].

En l’absence d’un vaccin efficace et avec l’apparition et l’extension des résistances aux antipaludéens [3-5], l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande, pour la lutte antipaludique, un diagnostic, le plus précoce possible, suivi d’un traitement immédiat ainsi que des mesures spécifiquement adaptées à chaque situation épidémiologique, telles que le dépistage actif et passif, l’enquête autour du cas et la lutte antivectorielle. Ces actions de surveillance et de lutte contre cette pathologie risquent d’être compromises du fait des changements globaux relatifs à la biodiversité et au climat, aux perturbations dans le fonctionnement des systèmes aquatiques, le développement d’espèces résistantes et nuisibles [6, 7], et du côté humain, l’amplification des migrations saisonnières ou durables régionales ou internationales.

Depuis des siècles, le Maroc, pays d’Afrique du Nord très riche en milieux aquatiques, a connu de grandes endémies meurtrières du paludisme, allant jusqu’à 30 % de mortalité dans certaines localités [8]. Pour faire face à cette situation, le Maroc, en 1930, a créé le laboratoire de lutte antipaludique à l’Institut national d’hygiène. En 1964, il a mis en place un Programme national de la lutte contre le paludisme et, en 1975, ce programme a pu permettre l’élimination du paludisme grave à P. falciparum. De plus, depuis 2004, aucun cas autochtone à P. vivax n’a été enregistré [9].

Après l’élimination du paludisme autochtone et devant l’accroissement des déplacements internationaux, le Maroc se doit de lutter contre le paludisme importé.

La région de Fès-Boulemane (située au Centre Nord du Royaume, soit la préfecture de Fès et les provinces de Sefrou, Boulemane et Moulay-Yacoub) est exposée au risque d’introduction du paludisme à cause du mouvement de la population qu’elle subit, de sa proximité des zones à passé épidémiologique récent et à risque potentiel de transmission de paludisme : provinces de Chafchaoun, de Khouribga, de Khimissat et de Taounat [10].

La ville de Fès, métropole de la région de Fès-Boulemane en tant que ville universitaire et capitale spirituelle, représente un pôle d’attraction pour les ressortissants de nombreux pays d’Afrique subsaharienne touchés par le paludisme. Il paraît primordial, en termes de lutte de maintenir dans cette région un très bon niveau de surveillance et de contrôle.

Le but de ce travail est d’étudier la situation, l’évolution et les caractéristiques épidémiologiques des cas positifs du paludisme importé enregistrés au niveau du Laboratoire régional de diagnostic épidémiologique et d’hygiène du milieu (LRDEHM) de la Direction régionale de la santé de Fès entre les années 1997 à 2007.

Les résultats de cette étude devraient orienter le programme du contrôle et de surveillance du paludisme dans notre région, ainsi que le Programme national de prévention et de lutte contre le paludisme (figure 1).

Matériel et méthodes

Lieu de l’étude

Nous avons réalisé cette étude au niveau de l’unité des maladies parasitaires du LRDEHM. Ce laboratoire est situé à l’hôpital El-Ghassani de Fès. Il est la seule entité du ministère de la Santé opérant sur le diagnostic du paludisme et sur le contrôle de cette maladie au niveau régional.

La confirmation du diagnostic, dans le cadre du contrôle qualité externe adopté par le LRDEHM, est réalisée mensuellement avec le Laboratoire national de référence du paludisme au département de parasitologie à l’Institut national d’hygiène de Rabat.

Période et durée de l’étude

Nous avons réalisé une étude rétrospective des cas de paludismes importés identifiés dans l’unité des maladies parasitaires du LRDEHM, sur une période de 11 ans, s’étendant de janvier 1997 à décembre 2007. Au cours de cette période, 68 lames de patients suspects provenant de l’étranger ont été examinées au niveau du LRDEHM.

Cette étude rétrospective est basée sur un recueil de données : la date de la maladie et du diagnostic, la provenance, la nationalité, l’âge, le sexe, l’évolution de la maladie et l’espèce plasmodiale identifiée, chez tous les cas du paludisme d’importation regroupés sur le registre du paludisme au laboratoire.

Le prélèvement de la goutte épaisse et du frottis sanguin s’effectue au niveau du troisième doigt du patient par une piqûre rapide à l’aide de vaccinostyle stérile. Une fois le frottis mince et la goutte épaisse confectionnés, et après coloration au Giemsa de la lame, on procède par examen microscopique à la recherche du parasite [11].

Analyse statistique des données

Elle a été réalisée à l’aide du logiciel ÉpiInfo™. Les graphes ont été réalisés à l’aide du logiciel Excel.

Résultats et discussion

Nombre de cas positifs du paludisme importé durant la période étudiée

Sur un nombre de 68 prélèvements cliniquement suspects colligés au cours de la période 1997 à 2007, 56 cas se sont révélés positifs (soit 82 %) (figure 2).

Répartition de cas positifs du paludisme importé par année

La figure 3 montre que les années de forte incidence sont 2002 avec 11 cas, 1998 et 2005 avec neuf cas et 2004 avec huit cas. Les années de faible incidence sont les années 2000 et 2006 avec 1 cas.

Répartition des cas positifs du paludisme importé en fonction de pays d’origine

Les pays d’Afrique concernés par le paludisme importé à Fès sont au nombre de 11, et les ressortissants des pays de Côte-d’Ivoire (14 %), de Congo (11 %) et de Burkina Faso (11 %) représentent la majorité des cas positifs (tableau 1).

Ce tableau montre également une disparité du nombre de cas positifs de paludisme importé entre les pays d’Afrique. Il existe un biais évident secondaire au nombre mal identifié d’Africains suivant une chimioprophylaxie ou ayant recours à une automédication.

Les cas indéterminés sont au nombre de 24 (soit 41 %) dont huit cas ont été enregistrés en 1998 et cinq cas en 2002, années de forte incidence, cela doit inciter le laboratoire à améliorer la notification des cas diagnostiqués.

Tableau 1 Répartition de cas positifs du paludisme importé en fonction de pays d’origineTable 1. Distribution of cases positive for imported malaria according to country of origin.

Pays de séjours

Nombre de cas positifs

Pourcentage des cas

Indéterminé

24

42,85

Côte-d’Ivoire

08

14,28

Congo

06

10,71

Burkina Faso

06

10,71

Niger

03

5,35

Sénégal

02

3,57

Mali

02

3,57

Congo Brazzaville

01

1,78

Bénin

01

1,78

Camerone

01

1,78

Mauritanie

01

1,78

Guinée Bissau

01

1,78

Total

56

100

Répartition de cas positifs du paludisme importé en fonction du sexe

La figure 4 montre qu’il y a, dans la série étudiée, plus d’hommes que de femmes touchés par le paludisme (aux environs de 79 contre 21 %).

Répartition des cas positifs du paludisme importé en fonction des espèces

Nous remarquons sur la figure 5 que le nombre du paludisme à P. falciparum est le plus dominant avec un pourcentage de 89 %. Ces données concordent avec les résultats de la littérature et reflètent la situation épidémiologique de l’Afrique, et spécialement en Afrique subsaharienne [12]. En effet, P. falciparum est présent chez 98 % des sujets impaludés où il est à l’origine de désordres graves, voire létaux [13].

Le nombre du paludisme importé à P. vivax, deuxième espèce retrouvée en Afrique du Nord, vient également en deuxième position avec quatre cas, soit un pourcentage de 7 %. Ces quatre cas recensés au LRDEHM de Fès sont répartis entre 1997 avec un cas, deux cas en 1998 et un cas en 2006 originaire du Nord de la Mauritanie.

L’existence de cas du paludisme importé à P. vivax doit susciter une vigilance quotidienne et particulière en matière de lutte et de surveillance du paludisme dans notre région et au Maroc pour deux raisons principales : le P. vivax est la principale espèce responsable du paludisme autochtone, d’une part, et, d’autre part, l’Anopheles labranchiae, vecteur principal du paludisme au Maroc, est souvent récolté et rencontré dans notre pays, en particulier dans les gîtes larvaires de la ville de Fès.

Répartition des cas positifs du paludisme importé en fonction de l’âge

La tranche d’âge la plus touchée, par le paludisme importé, enregistrée de 1997 à 2007 au niveau du LRDEHM est celle des plus de 15 ans. Aucun cas d’enfants âgés de moins de 15 ans n’a été notifié.

Évolution des cas positifs du paludisme importé

L’évolution sous-thérapeutique des patients diagnostiqués au LRDEHM entre 1997 et 2007 est favorable, sauf pour un seul cas de sexe féminin originaire du Mali qui est décédé en 2002 après avoir été diagnostiqué trop tardivement. Selon les recommandations actuelles [14], toute suspicion ou confirmation d’un diagnostic de paludisme impose l’hospitalisation pour la mise en route du traitement.

Conclusion

Cette étude nous a permis de dégager les constatations suivantes :
  • sur les 68 demandes de recherche du paludisme 56 étaient positives ;
  • tous les cas proviennent d’Afrique subsaharienne ;
  • les ressortissants de la Côte-d’Ivoire, du Congo et de Burkina Faso représentent la majorité des cas positifs du paludisme importé recensés au laboratoire dans la période d’étude ;
  • les hommes représentent 79 % des cas de patients atteints du paludisme importé à Fès ;
  • 100 % des cas touchés par le paludisme importé ont plus de 15 ans ;
  • les espèces rencontrées sont P.  falciparum (89 %), P. vivax (7 %) et P. ovale (4 %).

Ces résultats méritent d’être complétés en prenant en compte d’autres paramètres d’évaluation clinique et épidémiologique, en particulier sur l’origine exacte des cas diagnostiqués de P. vivax, espèce anciennement autochtone et susceptible de se développer à nouveau. D’autres éléments restent à explorer pour contrôler de façon plus efficace l’éventuelle réimplantation du paludisme au Maroc :

  • l’étude sérologique et la génétique du parasite ;
  • la surveillance et l’identification entomologique, hydrobiologique, écologique et génétique du vecteur de transmission dans notre région ;
  • la confirmation de cas positifs par technique moléculaire ;
  • renforcer la notification des cas tout en veillant à enregistrer toutes les informations accessoires selon les besoins du programme national.

Remerciements

Nous remercions vivement toutes les personnes qui ont contribué de loin ou de près à la réalisation et à la réussite de ce travail par leurs remarques et leurs discussions constructives.

Références

1 Bonneville J, Defrance C, Miklavec T. Guide pratique de lutte contre le paludisme en entreprise. Neuilly (France) : Sanisphere, 2007.

2 Anonyme. Situation du paludisme dans le monde. REH 1999 ; 74 : 265-70.

3 Farcas G, Lovegrove F, Graham C, Zhong K, Kain KC. Evaluation of the Binax NOW ICT test versus PCR and microscopy for the diagnosis of Plasmodium falciparum and Plasmodium vivax malaria in returned travelers. Amer J Trop Med Hyg 2003 ; 69 : 589-92.

4 Durrheim DN. Artemis in-class combination therapy for malaria-unresolved ethical and technical issues. Travel Med Infect Dis 2004 ; 2 : 185-8.

5 Pukrittayakamee S, Imwong M, Looareesuwan S, White NJ. Therapeutic responses to antimalarial and antibacterial drugs in vivax malaria. Acta Tropica 2004 ; 89 : 351-6.

6 Githeko AK, Lindsay SW, Confalonieri UE, Patz JA. Changement climatique et maladies à transmission vectorielle : une analyse régionale. Bulletin de l’OMS 2000 ; 78 : 1136-47.

7 Duvallet G. Parasites, vecteurs de pathogènes et changements climatiques. Hydroécol Appl 2006; 15 : 87-96. Doi: 10.1051/hydro:2006008.

8 Alaoui SN, Jouid N, Benhoussa A, Hajji K. Typologie des habitats d’Anopheles dans une zone urbaine (Diptera culicidae). Entomologiste 1999 ; 55 : 181-90.

9 Ministère de la Santé. Santé en chiffres. Bilan des maladies parasitaires 2005-2007. Rabat : DPRF, 2007. www.santé.gov.ma.

10 Faraj C, Adlaoui E, Rhajaoui M, Lyagoubi M. Estimation of malaria transmission in high-risk provinces of Morocco. Eastern Mediterranean Health Journal 2003 ; 9 : 21-6.

11 Ministère de la Santé du Maroc. Guide des activités. Rabat : Imprimerie Élite, 1997.

12 Trape JF. The public health impact of chloroquine resistance in Africa. Am J Trop Med Hyg 2001 ; 64 : 12-7.

13 Mouchet J, Cannevale P, Coosemans M, et al. Typologie du paludisme en Afrique. Cahiers de santé. 1993 ; 3 : 220-38.

14 OMS. Roll Back Malaria – Faire reculer le paludisme. Décennie des Nations Unies pour faire reculer le paludisme 2001-2010. Genève : OMS, PNUD, UNICEF, Banque mondiale, 1998.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]